LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 6 février 2018

«Silence, on censure », l’éditorial de Maud Vergnol dans l’Humanité de ce jour !


Les inquiétudes n’étaient donc pas infondées. Souvenez-vous, c’était il y a presque deux ans. Le Parlement européen votait la directive sur le secret des affaires, après un intense lobbying dans les couloirs de Bruxelles, en dépit d’une grande mobilisation citoyenne. Parmi les craintes avancées alors ; l’arme de dissuasion massive que cette directive représentait contre les journalistes et le droit à l’opacité la plus totale pour les multinationales. « Hors sujet ! », « Faux procès ! » rétorquaient alors les défenseurs du texte. Seuls les eurodéputés du Front de gauche, les écologistes et trois socialistes avaient eu le courage de s’y opposer, anticipant les dangers des retranscriptions dans le droit national. Le couperet vient de tomber en France avec la décision du tribunal de commerce d’ordonner au magazine  « Challenges » de retirer de son site internet un article sur les difficultés financières de Conforama au nom du secret des affaires.


« Ne laissons pas les entreprises dicter l’info ! » alertait la pétition lancée, notamment, par Élise Lucet en 2015. C’est exactement ce qu’il vient de se passer avec cette décision qui pourrait faire jurisprudence et qui s’est traduite par une scène baroque, digne des grandes heures de la censure : un éditorial de « Challenges » taisant le nom de la société qui l’a fait condamner ! En effet, l’hebdomadaire ne doit plus publier une information sur cette affaire, « sous astreinte de 10 000 euros par infraction constatée ». Face à une telle menace financière, qui acceptera encore de prendre des risques ? la condamnation de « Challenges, qui a fait appel, nécessite solidarité et mobilisation. « Le principe de la liberté de la presse n’est pas moins essentiel, n’est pas moins sacré que le suffrage universel », défendait Victor Hugo en 1848. « Favorisez, Messieurs, favorisez cette grande liberté, ne lui faites pas obstacle ! lançait-il à l’Assemblée constituante. Songez que le jour où…l’on verra ce principe lumineux, la liberté de la presse, s’amoindrir au milieu de nous, ce serait dans la civilisation toute entière l’effet d’un flambeau qui s’éteint ! »

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