LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mercredi 10 janvier 2018

" Confusion des genres ", l'éditorial de Maud Vergnol dans l'Humanité de ce jour !


Mariama ne sera pas enterrée dans les pages « faits divers ». Une marche silencieuse parcourra Montreuil aujourd’hui pour rendre hommage à la jeune femme assassinée par son conjoint le 29 décembre. Son nom vient s’ajouter au décompte macabre des féminicides commis en France, où une femme meurt tous les trois jours sous les coups d’un homme. Ces violence n’épargnent aucun milieu, aucune génération, aucune nationalité, aucune religion. Le calvaire de Mariama, victime d’un mariage forcé, est tristement emblématique de la spirale infernale des rapports de domination. Au bout de la chaîne : des morts, des conjoints, des amants qui considèrent avoir droit de vie ou de mort sur « leur » femme. Un assassinat n’est pas un « drame conjugal ». Encore moins un « crime passionnel ».

La lutte contre le sexisme a besoin d’une révolution du langage et des représentations. Non, l’emploi du mot « féminicide » n’est pas la dernière lubie d’une poignée d’hystériques. Inscrit en lettres rouges sur la Abribus ou le sol des parcours de manifestations, il a fait son apparition, ces dernières années, grâce aux associations féministes qui plaident en faveur d’une reconnaissance légale du féminicide. Près de 20 pays l’ont déjà intégré dans leur législation, permettant non seulement de rendre visible un fléau trop longtemps enfermé dans la sphère privée, mais aussi d’adapter les politiques publiques à ce phénomène systémique.


En France, une première étape a été franchie avec l’introduction récente d’une circonstance aggravante dans le Code pénal. Bien sûr, ces avancées, même considérables, ne permettront pas à elles seules de s’attaquer à l’ensemble des mécanismes sociaux qui engendrent les violences faites aux femmes. La récente campagne de pub initiée à Béziers, tournant en dérision un féminicide, a rappelé la banalisation de ces violences dans l’espace public, distillant dans l’inconscient collectif que le corps des femmes est un objet qu’on peut brutaliser. Une femme qu’on peut défenestrer. Violence symboliques, violences physiques : ne rien laisser passer.

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