LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mercredi 31 janvier 2018

« 17 ans », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité de ce jour !


Elles et ils n’ont que leurs mains pour se défendre. Et même projetées en oriflammes, emplies de colère et de rage, mais des cris assourdis par les humiliations subies dont les échos nous parviennent chaque jour. Depuis leur pays occupé par les troupes israéliennes, femmes et hommes de Palestine témoignent à leur manière. Il y a même, parmi eux, les nouveaux visages de la résistance, des visages poupons à peine sortis de l’enfance, dépourvus de rire et de joie, comme si leurs traits affichaient déjà les souffrances d’une lutte sans repos, comme si leurs yeux se muraient dans le désastre.

C’est cette jeunesse palestinienne que le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, veut briser coûte que coûte, quitte à entraver toutes les règles du droit international en assumant d’enfermer dans ses geôles des prisonniers politiques mineurs. Des gamins, des gamines. Comme Ahed Tamini, qui aura 17 ans aujourd’hui et qui, par la grâce des réseaux sociaux, a cessé d’être une simple résidente du village de Nabi Saleh, en Cisjordanie. Depuis un maudit jour de décembre dernier, elle a intégré l’iconographie héroïque, avec sa frimousse d’adolescente, son regard accusateur et ses longs cheveux bouclés. Arrêtée pour avoir bousculé deux soldats israéliens avec sa petite cousine, elle croupit et attend son procès dans la prison militaire d’Ofer, en territoire occupé. Ce sont ces mêmes militaires qui avaient tiré à bout portant dans la tête de son cousin de 15 ans, Mohammed, miraculeusement vivant mais défiguré.


Le procureur a requis douze chefs d’inculpation contre Ahed Tamini, elle encourt sept ans d’emprisonnement ! Le zèle punitif de l’armée à son endroit rappelle que la jeunesse paie un lourd tribut. Entre 500 et 700 jeunes sont ainsi jetés en prison chaque jour en Cisjordanie. Actuellement, au moins 350 mineurs restent emprisonnés dans les cachots de Netanyahou, la plupart accusés d’avoir lancer des pierres. Ils subissent des violences physiques lors de leur arrestation, transfert ou interrogatoire. Ils sont soumis à la torture, à l’isolement. Autant de crimes contre les droits humains qui s’ajoutent à tous les autres.

mardi 30 janvier 2018

« Vigilant », le billet de Maurice Ulrich !



Il faut être très vigilant envers les régimes qui ont en tête l’idée de changer le cours des choses. Emmanuel Macron, toujours soucieux de démocratie dans certains pays, réclame des sanctions contre le Venezuela, coupable « d’une dérive autoritaire inacceptable » après une décision de justice concernant l’opposition et le renvoi dans son pays de l’ambassadeur d’Espagne. 

Çà se discute. On aimerait aussi qu’Emmanuel Macron ait évité de dîner avec le roi du Maroc alors qu’une répression violente contre les couches populaires sévit dans le pays depuis la mort du pêcheur Mohcine Fikri. 

On voudrait qu’il évite d’accueillir sur un tapis rouge Benyamin Netanyahou, qui poursuit par la force l’implantation de colonies dans les territoires occupés et maintient en prison avec des milliers de Palestiniens, Marwan Barghouti ou notre compatriote Salah Hamouri. 

On le souhaiterait intransigeant avec Recep Erdogan, le président de la Turquie, où 300 arrestations ont encore eu lieu hier, après des milliers depuis 2016…

« Cause nationale », l’éditorial de Maud Vergnol dans l’Humanité de ce jour !


117 jours de grève ! 117 jours à tenir bon, pour lever le voile sur ce qui se joue derrière le mur des Ehpad, des conditions de travail des salariés au traitement odieux infligé aux résidants. C’est aux aides-soignantes des Opalines, à Foucherans dans le Jura, qu’on doit d’avoir mis sur la place publique une grande cause nationale trop longtemps négligée par les politiques publiques.

Leur mobilisation exemplaire aura fait boule de neige, au point que la grève nationale d’aujourd’hui est soutenue par toutes les organisations syndicales. Les mobilisations locales les témoignages et coups de colère des aides-soignantes, des médecins, mais aussi des directeurs de ces centres ont permis de mettre sur la table un enjeu de civilisation majeur. Celui de la prise en charge humaine de la vieillesse, et la manière dont la cinquième puissance mondiale traite les personnes les plus fragiles, qui ont participé à la solidarité nationale et qu’on condamne à des fins de vie indignes. La France compte 16 millions de retraités, qui touchent en moyenne 1376 euros par mois. Parmi eux, un demi-million survit avec le minimum vieillesse, soit 800 euros mensuels, quand les prix des places dans les Ehpad varient de 1800 euros à plus de 3000 euros. Des couts prohibitifs qui mettent en difficulté des millions de familles. Tout justifierait pourtant d’élargir les prérogatives de la Sécurité sociale pour répondre au défi du vieillissement. La perte d’autonomie n’est pas un « risque » à abandonner aux appétits de l’assurantiel privé, mais fait partie de la vie.


C’est à la solidarité nationale d’assurer à un individu la poursuite de son existence dans la dignité. Face au déficit de l’action publique, nombre d’Ehpad sont désormais entre les mains de groupes lucratifs, qui vantent aux investisseurs gourmands « des rendements assurés et une douce fiscalité ». « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » expliquait une ancienne présidente du Medef. Et la vieillesse, aussi ?

lundi 29 janvier 2018

« Addiction », le billet de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



Ils étaient toxicomanes, victimes, d’une lourde addiction, et ils ne le savaient pas. Les millions d’automobilistes qui ont cru pendant des années qu’il était économique de rouler au diesel et n’ont toujours pas changé de voiture – allez savoir pourquoi. C’est tellement facile, si on met à part la question du prix, d’acheter une voiture neuve ! – vont être soignés. 

C’est le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, qui, malgré quelques soucis personnels, va s’en occuper et l’explique dans le Journal du dimanche, en commentant les hausses des taxes sur les carburants : « il faut distinguer la fiscalité choisie de la fiscalité subie. Vous n’avez pas le choix de payer vos impôts, mais si vous fumez, à vous d’assumer. 

Pour les carburants l’augmentation de la fiscalité s’accompagne de mesures de transition pour favoriser la sortie du diesel. » Fumeurs et diésélistes, c’est tout comme. Les constructeurs automobiles, évidemment, ne sont pas concernés. Il ferait beau voir. Qu’y peuvent-ils si des millions d’automobilistes accros ont acheté leurs voitures. Sinon, l’addiction au cynisme bête, Monsieur le ministre, çà se soigne comment ?

« En marge des appétits libérés », l’éditorial de Patrick Appel-Muller dans l’Humanité de ce jour !


Le feuilleton n’en finit pas de durer. Un juge d’instruction enquête sur une éventuelle escroquerie autour de la décision du tribunal de commerce qui a permis à Bernard Tapie d’éviter la saisie de ses biens pour rembourser les 404 millions qui lui avaient été versés indûment au terme d’un arbitrage scandaleux, lui-même faussé par d’étranges indulgences. Christine Lagarde, alors ministres des Finances, avait choisi ce montage qui volait l’État au coin du bois. « Négligence », a jugé la cour de justice de le République. Pour solde de tout compte, de cette remarquable gestion…madame a été nommée à la direction du Fonds Monétaire International ! Dans cette affaire, l’un des trois juges du tribunal arbitral est mis en examen pour « escroquerie en bande organisée », de même que l’avocat de Bernard Tapie, et des responsables économiques sont également poursuivis.

La justice semblait décidée à se faire respecter…jusqu’à ce jugement du tribunal de commerce de Paris qui place en état de sauvegarde la société de Bernard Tapie et évité à l’homme d’affaires la saisie de ses biens. L’hôtel parisien (estimé à 92, 5 millions) et la somptueuse villa de Saint-Tropez (53,4 millions) ne peuvent être vendus. C’est sans doute le seul cas où on donne un délai pour rendre le produit d’un délit et qu’on permette d’en garder les actifs. Une nouvelle enquête s’impose donc pour tirer quelques fils supplémentaires de cet écheveau de connivences.


On est pourtant tenté de ranger ce scandale au rang d’une péripétie quand un gouvernement déverse des milliards sur les plus grandes fortunes en supprimant l’impôt de solidarité sur la fortune, en instaurant une flat tax et en choisissant le laxisme à l’égard de l’évasion fiscale. Quand on justifie une politique serve de la richesse et des pouvoirs financiers, on ne peut se garder des appétits financiers.

vendredi 26 janvier 2018

« Un spectre », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !


Emmanuel Macron est-il devenu altermondialiste, s’interrogeait gravement – ironiquement ?– une de nos chaînes d’info au soir de l’intervention de Davos du président français. Curieusement, il avait commencé son discours en anglais, « France is back », vantant sa réforme du Code du travail, la diminution de l’impôt sur les sociétés, la mise  en place d’une taxe forfaitaire sur la capital...« La France est réconciliée avec la mondialisation, l’économie, le succès. » Mais, c’était avec l’air de dire à la fois une chose et son contraire, pour mettre en garde, en français cette fois, l’assistance de chefs d’entreprise et d’investisseurs : « La croissance économique mais une finalité en soi mais un moyen. »

Dans le même mouvement, il invitait les multinationales à renoncer à l’optimisation fiscale à tous crins et à défendre les biens communs que sont l’éducation, la santé, l’environnement. Malencontreusement il oubliait d’évoquer la réduction par l’Union Européenne de la liste des paradis fiscaux, comme l’idée d’une taxe sur les transactions financières, mais son propos a atteint un sommet quand il a invité les pays à « arrêter cette tendance à détricoter le droit social ». Précisément ce qu’il disait avoir fait au début de son propos.


Les président n’a pas la langue fourchue, comme le disaient jadis les Indiens de bandes dessinées. Il sait en revanche ce que risquent aujourd’hui le capitalisme et cette mondialisation qu’il a fait sienne et dont il est l’un des artisans aspirant à un rôle majeur. « La mondialisation traverse une crise majeure. Si nous ne lui donnons pas un sens, les extrémismes gagneront dans dix ou quinze ans dans tous les pays. » Les extrêmes droites ? Non, plus surement ces nouvelles gauches qui apparaissent sur la scène du monde, y compris aux États-Unis, en Grande- Bretagne où le socialisme, le vrai, redevient une idée neuve. Déjà, la veille, le chef économiste du FMI mettait en garde contre les risques politiques de l’explosion des inégalités, de la remise en cause des politiques sociales. Comment continuer sans casser ? Un spectre hante Davos.

jeudi 25 janvier 2018

« Dérapages », le billet de Maurice Ulrich !



Il y a, depuis hier, ceux qui sont au forum économique mondial de Davos et ceux qui ne sont rien. Les dirigeants des mille entreprises les plus puissantes de la planète y sont. Ce n’est pas sans risques. « Il n’est pas rare, écrivait hier le Monde dans un reportage saisissant, d’apercevoir un banquier ou une dame en fourrure chuter sur les trottoirs gelés » (Une dame en fourrure ne peut-être banquière ? Passons). Mais il faut y être. Si votre patron n’y est pas, c’est un moins que rien. Sinon, chutes mises à part, tout va bien et tellement bien que c’est inquiétant. 

Les marchés financiers sont euphoriques mais les dettes publiques se creusent. Où est l’erreur ? Le pire, ce sont les risques politiques liés aux inégalités, comme l’explique le chef économiste du FMI, également dans le Monde. « Les gens peuvent perdre confiance en leurs dirigeants. » Quelle idée ! Mais si un jour les peuples en ont un peu ras le bol, par exemple, que 82% des richesses produites aillent au 1% les plus riches, çà pourrait en effet déraper sur les trottoirs.

" Retour à la case prison ", l'éditorial de Patrick-Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


Le gouvernement joue la montre et laisse en première ligne Nicole Belloubet. La ministre de la Justice va être usée jusqu'à la corde pour faire perdre du temps aux gardiens de prison que l'Élysée espère bientôt découragés par l'inertie qu'on leur oppose. Un pari qui, s'il s'avère perdu devant la détermination des personnels pénitentiaires, sera payé par la garde des Sceaux. Le scénario du « nouveau monde » a tout d'un photocopillage de l'ancien.

Un diagnostic lucide s'impose. Le mouvement en cours ne se résume pas à un accès d'émotion devant une série d'agressions. Il reflète une crise du système judiciaire et pénitentiaire, affaibli par des politiques d'austérité. Les juges manquent dans les tribunaux et les gardiens dans les prisons. Nicolas Sarkozy a poussé à remplir les cellules et ses porte-voix réclament toujours plus de peines sévères, freinant l'évolution de la politique pénale que souhaitait Christiane Taubira. Des affaires juteuses se sont nouées dans la construction de nouvelles centrales sous les contrats de dupes public-privé. La surpopulation carcérale a continué à croître, au mépris des droits de l'homme, fût-il condamné, et de la sécurité de personnels sous-payés. Les détentions provisoires se sont multipliées et allongées ; les désordres psychiatriques ont été jetés là au lieu d'être soignés ; les tensions se sont exacerbées dans les établissements. Les signaux d'alerte se sont multipliés sans faire bouger d'un iota les tenants des postures répressives, ni les comptables qui jugent chaque dépense publique comme une perte pour leurs amis.

Les syndicalistes de l'administration pénitentiaire ont fait les comptes. Le gouvernement leur propose moins d'un centième du cadeau qui a été fait aux très riches avec la suppression de l'ISF ! En son temps, Victor Hugo vitupérait « notre exécrable système financier et économique » et souhaitait des écoles plutôt que des prisons. Ce débat n'est pas clos.

mercredi 24 janvier 2018

« Capital-travail », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité de ce jour !


À Versailles, loin des journalistes, incapables sans doute de saisir la complexité de sa démarche, Emmanuel Macron a donc régalé les milliardaires, se chargeant d’incarner le lien avec 148 PDG de l’hyperpuissance capitalistique mondiale en route sur le chemin pavé d’or de Davos, où ils se retrouveront tous, main sur le cœur, afin de tracer le bonne marche de la finance globalisée. L’ancien banquier n’est pas le moins légitime pour mettre en cohérence son attention portée aux « premiers de cordée » et une opération de com de prestige, fût-elle quelque peu gênante pour le peuple, assez convaincu que ce président des riches fait – ce – qu’il – dit – et –pense, mais qu’ils resteront, eux, les derniers maillons de la chaîne. Demandez aux salariés de Carrefour. Le géant de la distribution réalise 1 milliard de profits en 2017, mais supprime 4500 postes…Le capital décide, le travail subit. Macron est le héros des multinationales : dans le partage des richesses, il veut accélérer le processus en cours depuis trente ans au nom de la fable du « ruissellement ». Le bénéfice au capital, plus jamais aux travailleurs. Tout pour certains, rien pour les autres. Un choix de classe, non ?


À propos de capital-travail, les idées marxistes et communistes pourraient « retrouver une seconde jeunesse », passer « d’une image surannée à un retour progressif », car elles seraient désormais « portées par les nouvelles générations ». Un sondage Viavoice pour la Fondation Gabriel Péri en témoigne et éveille notre curiosité, sinon notre (prudent) enthousiasme. L’institut révèle en effet « un clivage générationnel important et non dénué de sens » : 26% des 18-24 ans et 21% des 25-34 ans déclarent avoir « une image positive » de Marx. Dans la même étude les trois-quarts des Français disent qu’il existe toujours des classes sociales dans la société (76%) et, pour une majorité d’entre eux, que la « lutte des classes » reste d’actualité pour décrire les rapports sociaux actuels (56%). Intéressant, non ? « Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d’abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l’intérêt général. » C’est du Karl Marx. On croirait pourtant lire une définition du macronisme…

mardi 23 janvier 2018

Notre Maire cherche-t-elle à entrer dans le Guiness des records ? (François André)


NOUS PUBLIONS LE TEXTE QUE NOUS A FAIT PARVENIR FRANCOIS ANDRE

Nous avons été dans les premiers à être équipés d’un système de collecte pneumatique des déchets. Je ne reviendrai pas sur cette catastrophe.
Nous avons été nommés au rang de première ville bâtisseuse de France, ce qui a conduit le Président de la République  de l’époque à se déplacer jusqu’à notre modeste ville.  Notre Maire n’a pas tiré grand profit de ce formidable événement, déjà dans la rue le peuple grognait !
        
Nous avons un projet de tour à légumes ! Pour améliorer l’alimentation des citoyens. (Du jamais vu à cette échelle dans notre pays).
 Elément également remarquable, nous sommes quasiment les seuls à ne pas disposer d’une place publique digne de ce nom. Notre Maire aurait-elle peur de permettre au peuple de se rassembler pour contester sa politique ?  
        
Laissons de côté les avancées pour lesquelles la municipalité n’y est pour rien (Métro, Basse de Loisirs, Tram).
Dans la catégorie développement durable, nous sommes aussi des champions. Le slogan à la mode est : ‘’Une couverture végétale exceptionnelle  28 m2 de végétalisation publique par habitant à Romainville’’. Chiffre incontestable car émanant de l’APUR (Atelier Parisien D’Urbanisme), organisme on ne peut plus officiel.

Nous disposons donc de 130 hectares de végétalisation publique soit 37,8 % de la superficie de notre territoire. Cette annonce qui date déjà de Mai 2017 m’avait fortement étonné et j’avais cherché comment il était possible de trouver autant d’espaces, que j’avais imaginés accessibles à tous, dans notre village. A ce jour, je comprends mieux. L’APUR effectue des prises de vues aériennes détaillées où tout ce qui s’apparente à de la verdure est pris en considération : les terrasses végétalisées, les moindres jardinières, l’empreinte des arbres au sol dans la période où ils sont en feuilles.
      
La règle de calcul étant la même pour toutes les villes, il devient intéressant de faire des comparaisons afin de savoir si dans ce domaine, nous sommes aussi, comme annoncé, des superchampions.
Quelques chiffres concernant la couverture végétalisée de la région parisienne :
      - Moyenne sur le 93 (26 communes) = 36%, sur le 92 = 40,50%, sur le 94 = 36,50%
   - Agglomération parisienne = 30% avec les bois de Boulogne et Vincennes.
        
Notre Maire pourrait donc se féliciter de se trouver une fois de plus en tête du peloton. Cependant, cet état de fait est dû à la particularité de notre ville (pour laquelle notre Maire n’y est pour rien) : Romainville inclut dans sa surface non constructive approximativement 30 hectares d’anciennes carrières et 15 hectares de terrain militaire.
        
Avant de chanter haut et fort, il faudrait comparer ce qui peut l’être. Imaginez que Romainville, comme bien d’autres communes, ne soit pas dotée de cette particularité. Dans ce cas nous ne disposerions que de 85 hectares plantés sur un territoire de 300 hectares. La surface de végétation passerait alors de 37,8 à 28 %.
        
Il n’y a donc pas de quoi, pour féliciter les mérites de nos élus, d’orner la colonne Maurice de la place de la laïcité, d’un montage stupide, affichant un slogan d’une signification contestable, ainsi que d’une esquisse où apparait la tour potagère. A noter qu’à l’inverse des secteurs végétalisés, cette dernière,  occasionnera un effet négatif sur le bilan carbone, ce du fait de la consommation d’énergie pour la chauffer. De même l’aménagement de la couverture de l’A3 avec ses malheureuses jardinières n’est pas non plus à valoriser dans ce domaine, ainsi que la pelouse synthétique du stade.


François ANDRE                                                                    Janvier 2018

" A propos de la circulation dans le quartier des Grands-Champs"




Mémorandum
sur le plan de circulation dans les rues de Benfleet, Irène Joliot-Curie, des Mares, Jules Ferry et boulevard Henri Barbusse au sortir de l’autoroute A3
sur l’éclairage public rue Jean Jaurès
et sur l’état de l’ensemble des trottoirs du quartier et ailleurs à Romainville

Les conditions actuelles de circulation des véhicules et de sécurité des piétons dans le quartier sont très mal vécues par les usagers et riverains. Elles appellent des réflexions et des suggestions susceptibles d’apporter une amélioration notable dans la perspective des importants travaux à attendre prochainement de la construction, puis du fonctionnement du tramway.
Il y a environ cinq ans, devant le tollé général soulevé par des décisions municipales prises sans concertation avec les élus ou la population (souvenons-nous : la cité Oradour avait été rebaptisée par dérision la Cité Interdite), une étude avait été confiée « à un cabinet », comme Clemenceau créait une commission pour étouffer une affaire. Effectivement, depuis, plus rien.
Rues des Mares et Jules Ferry
La rue Jules Ferry et ne portion de la rue des Mares ont été mises en sens unique de circulation pour faciliter la construction d’immeubles et l’accès des camions et engins de chantier. Bon ! puisqu’il faut à tout prix faciliter la construction privée à Romainville, pourquoi pas … Les immeubles terminés et tous travaux sur la voie publique achevés, les sens de circulation initiale n’ont pas été rétablis. Les véhicules (hormis ceux qui ignorent le sens interdit de la rue des Mares) continuent d’encombrer pour rien le boulevard Henri Barbusse et ses feux rouges vers la place Carnot, boulevard qui n’en demandait pas tant surtout depuis le démarrage des travaux pour le métro !
Décision totalement sans frais à prendre de toute urgence : rétablissement des sens de circulation tels qu’ils étaient il y a cinq ans.
Rues de Benfleet et Irène Joliot-Curie
Une absurdité incompréhensible à faire disparaître : le sens unique infligé contre toute logique à la portion de rue de Benfleet juste en sortie d’autoroute avec, pour les très nombreux véhicules (y compris des poids lourds) qui se dirigent vers Bagnolet -à noter au passage qu’il n’existe pas d’autre sortie d’autoroute avant le boulevard périphérique- obligation de tourner autour et en plein milieu des établissements scolaires : écoles maternelle et primaires et collège du boulevard Henri Barbusse ! L’inventeur de cet incroyable détournement de circulation n’a rien trouvé de mieux que d’implanter ces démentielles chicanes sur la rue Irène Joliot-Curie, alors qu’il aurait pu suffir de réglementaires ralentisseurs au sol. Il devrait venir quelque soir entre 17 et 19 heures, expliquer aux automobilistes le bien-fondé et les avantages de son dispositif à nul autre pareil ; mais il n’est pas sûr qu’il rentrerait indemne à son douillet bureau.
Récemment les conditions se sont encore aggravées avec, du fait de l’inaccessibilité de la place Carnot, le passage d’autobus rue de Benfleet, ce qui rend à nouveau difficile à certaines heures, l’accès à la Cité Oradour. Mesure d’urgence improvisée et non concertée après mesure d’urgence non concertée, on a vraiment l’impression que la vie des habitants de notre quartier ne suscite pas beaucoup d’intérêt place de la Laïcité …
Là encore, des dispositions sont à prendre de toute urgence pour rétablir la sécurité de chacun - écoliers, passants et riverains- et la sérénité nécessaire à tous : moyennant quelques minimes travaux de voirie, suppression de cet inadmissible sens interdit de la rue de Benfleet et démolition sans délai des chicanes.
Eclairage public rue Jean Jaurès
La rue Jean Jaurès, jadis voie départementale, était destinée par la DDE à être élargie à vingt mètres avec une largeur de pont sur autoroute en conséquence (ce qui fut fait), pour faire pendant à l’avenue Pierre Kérautret. Un éclairage public fut alors, par anticipation, implanté en conséquence avec les gigantesques candélabres d’autoroutes qu’on peut encore voir rue Jean Jaurès.
Cependant, preuve que nos élus savaient jadis reconnaître le caractère parfois insensé de certains projets, et y renoncer, la rue Jean Jaurès fut restituée à la voirie communale au début des années 1970 et le projet de voie de vingt mètres abandonné. Par la suite, l’école maternelle Charlie Chaplin, puis la Cité du Cinéma purent y être heureusement implantées, et l’éclairage public reprit des allures dignes d’une ville et de ses habitants ; mais curieusement, le remplacement des candélabres d’autoroutes s’arrêta au droit de la maternelle Chaplin, allez savoir pourquoi ….
Maintenant que cet autre immeuble jouxtant la Cité Jaurès est terminé et, après inauguration en grande pompe en juillet dernier par nos édiles municipaux, livré à ses occupants, il devient vraiment nécessaire d’achever ce remplacement, d’autant qu’existe le risque d’avoir à changer de modèle de lampadaires. A moins qu’ils ne soient déjà approvisionnés et stockés, mais alors, pourquoi ne pas finir un ouvrage si bien commencé ?
Les trottoirs des rues de notre quartier et d’ailleurs
Il faut reconnaître que le revêtement utilisé depuis quelques années lors de la réfection des trottoirs à Romainville vieillit extrêmement mal. Nos décideurs et responsables de la voirie ne doivent certainement pas traîner souvent sur les trottoirs de la ville, sinon ils reviendraient immédiatement au bon vieux bitume, bien plus facile à mettre en œuvre et à réparer ! Il doit quand même bien exister des écoles pour apprendre à construire des trottoirs sans ces pentes insensées qui font claudiquer les passants comme des manchots empereurs, et bonjour les jours de verglas, pentes plus ou moins fortes au petit bonheur de la hauteur des seuils des propriétés riveraines. A un point tel que, arpentant par exemple le trottoir côté numéros impairs de la rue Jules Ferry, vous devez regarder attentivement à terre et ne surtout pas rêver vers le ciel, sous peine de vous retrouver immanquablement au sol avec ces montagnes russes (si, si, vérifiez !) que n’ont pas remarquées nos techniciens diplômés.
On peut toujours se consoler en se disant que c’est comme ça partout dans Romainville, mais compte tenu de la multiplicité des travaux de construction et de voirie actuellement en cours dans la ville et autant de trottoirs à refaire, les craintes grandissent chez les piétons …
On continue avec d’autres sujets de la vie de quartier ?
Par exemple, le ramassage des encombrants et la propreté* des trottoirs ….


*ça, c’est un euphémisme !

« Percutant », le billet de Maurice Ulrich !




Attention. Nom d’un p’tit bonhomme, on va voir ce qu’on va voir si Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’Agriculture et très proche pendant des années de François Hollande, dont il était le premier collaborateur et le porte-couteau, prend la tête du PS, pour laquelle il est candidat. « Ma loyauté pendant cinq ans, c’est aussi un atout », dit-il dans un entretien sur deux pages publié par Libération. 

La preuve, il était, qui l’eût cru, contre la loi travail, nous dit-il, mais nous n’en avons jamais rien su. Mais surtout, au cas où, il promet l’enfer à ses putatifs adversaires. « Face à Wauquiez, Le Pen ou Mélenchon, il va falloir percuter, et çà, je sais faire. « Et allez, tout le monde sous le percuteur, à gauche comme à droite et à l’extrême droite. Tiens, où est passé Emmanuel Macron ? Mais déjà le monde politique tremble sur ses bases. C’est qu’il ne faut pas le sous-estimer, Stéphane Le Foll, aux côtés de François Hollande et de Manuel Valls, il a déjà bien contribué à percuter le PS.

« Un Grand Canal et une mauvaise pente », l’éditorial de Patrick Appel-Muller dans l’Humanité de ce jour !


Depuis la terrasse du château de Versailles, ils ont contemplé la perspective du Grand Canal. Les cent quarante grands patrons invités hier soir par Emmanuel Macron y ont sans doute goûté la fable du ruissellement : rien de la pièce d’eau immense ne fuit hors du château. Le gratin de la fortune mondiale s’était réuni autour d’un président qui se rêve monarque pour fêter l’année de tous les records. Jamais, au cours de l’histoire, le nombre et la richesse de milliardaires n’avaient autant augmenté. En 2016, 61 personnes détenaient à elles seules autant que la moitié des habitants de la planète, montre le rapport que publie Oxfam ; elles étaient 380 en 2009. La France tient son rang. Elle est championne d’Europe des dividendes versés et ceux-ci ont dépassé pour la première fois 50% des richesses créées. Avant d’aller doctement disserter au sommet de Davos sur « un monde fracturé », ces braves milliardaires souhaitaient célébrer cette apothéose en toute simplicité. L’année prochaine s’annonce somptueuse et leurs résultats seront irrigués par la suppression de l’ISF pour le plus riches et de l’APL pour les plus pauvres, la mise en place de la flat tax et des ordonnances sur le travail, des privatisations et des réductions de l’action publique. Donald Trump  a lui aussi promis des réjouissances dans son pays.


Ces gens-là prennent leurs aises mais goûtent la discrétion. La presse n’était pas conviée au banquet. Elle était en revanche invitée à l’opération de communication autour d’un de ces fleurons de l’industrie mondiale, le deuxième constructeur d’automobile au monde, Toyota. Celui-ci a annoncé 300 millions d’investissements sur son d’Onnaing, dans le Nord. Réjouissant, mais des syndicalistes ont invité à relativiser le geste : cela représente moins de 7 jours de bénéfices pour le groupe japonais. Si tout cela a autant de mal à ruisseler, c’est bien que la mondialisation est sur une mauvaise pente.

lundi 22 janvier 2018

« Bisounours », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !


L’Europe et les relations franco-allemandes méritent mieux et exigent plus que la prestation sur les réseaux sociaux d’Angela Merkel et d’Emmanuel Macron dans le registre des bisounours, à l’occasion du 55ème anniversaire du traité de l’Élysée. La signature du traité en 1963, par de Gaulle et Adenauer, était haute de densité symbolique. Il s’agissait clairement, moins de vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, soit tout juste une génération, d’ouvrir un nouveau chapitre d’histoire entre les deux peuples, alors que les terribles blessures du siècle étaient encore vives. Aujourd’hui, les propos convenus du duo sur la nécessaire amitié franco-allemande, l’appel lancé à la jeunesse à faire vivre cette amitié en étant « curieux les uns des autres » ne font qu’enfoncer des portes ouvertes et sonnent creux au regard des problèmes actuels de l’Europe.


On a bien compris qu’Emmanuel Macron entend désormais jouer le premier rôle. Les sociaux-démocrates du SPD ont approuvé, hier, le principe d’une coalition gouvernementale, mais Angela Merkel reste fragilisée. C’est peut-être une opportunité pour le président français, mais pour quoi faire ? On a déjà eu une idée avec son discours de la Sorbonne. Europe à plusieurs vitesses autour du couple franco-allemand. Recherche pour les deux pays d’une convergence économique et sociale. Fourchette commune du taux d’impôt sur les sociétés pour tous. Humanité et efficacité pour les migrants…Mais chacun de ces points est à mesurer au regard de la politique menée depuis le début du quinquennat. La convergence sociale, c’est la relecture à la baisse du Code du travail vers le modèle allemand, qui a déjà produit des millions de travailleurs pauvres. Le taux d’impôt sur les sociétés, c’est le passage de 33% à 25%. Les mesures annoncées pour les migrants sont un feu vert pour les pays d’Europe les plus réactionnaires. Certes, Emmanuel Macron a fait quelques annonces. Numérique, développement durable, taxe sur les transactions. Demain, aujourd’hui, l’Europe du capital et de la régression sociale. L’Europe contre les peuples continue.

vendredi 19 janvier 2018

« Migrants, étudiants, chômeurs…la société du tri (Laurent Mouloud)


Emmanuel Macron a trouvé LA solution à tous ses problèmes. Elle porte le doux nom de « sélection ». Un mantra que le chef de l’État décline au gré des dossiers contrariants, où il n’aime rien tant que de tracer les lignes de partage entre les humains. Le chômage ? Il faut les fraudeurs et les autres. Les migrants ? D’accord, pour offrir asile à ceux qui fuient les guerres et brimades politiques. Mais gardons portes closes à ceux qui ont l’idée saugrenue de vouloir échapper à la misère économique de leur pays.

La même logique de bon grain et d’ivraie préside la réforme de l’enseignement supérieur. Masqué derrière des « attendus », « prérequis » et autres contorsions de langage un système clair de sélection est mis en place, cette fois, à l’entrée des universités. La liberté pour chaque futur bachelier de tenter sa chance dans la filière de son choix est désormais étouffée. On ne choisit plus, on est choisi dans le grand bain de la concurrence de chacun contre tous. L’argumentation gouvernementale martèle que cette sélection assurera une meilleure adéquation des élèves avec la filière et ainsi une meilleure réussite.

C’est faux. Toutes les études montrent que la sélection généralisée, outre qu’elle exonère le gouvernement de créer de nouvelles places, accentue la différentiation des parcours et accroît la reproduction sociale. Emmanuel Macron le niera face aux caméras. Mais, au fond, cette logique lui sied tant elle est cohérente avec sa philosophie ruisselante, dont la préoccupation fondamentale – et revendiquée – est de conforter les « premiers de cordée ». Une élite destinée à diriger, tandis que les moins gradés se contenteront d’une formation étalonnée sur les attentes des entreprises.


Ne nous y trompons pas ; derrière la société de tri, des embryons aux étudiants, se dessine ce vieux mythe de l’homme tout-puissant rêvant de contrôler la destinée des autres. Les Romains l’appelaient le « Jupiter omnipotens »…

« Happy Birthday », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !


Happy Birthday Donald…La formule est sarcastique, comme dans certains films cultes. Un an à la Maison Blanche et l’éléphant républicain, souvent désavoué jusque dans son propre camp, a déjà cassé tellement de vaisselle, piétinant sans vergogne des acquis majeurs de la politique internationale ! Retrait de l’accord sur le climat, mise en cause du traité nucléaire iranien, ambassade américaine à Jérusalem, menace nucléaire à l’appui avec la Corée du Nord. Dans un monde incertain, le président de la première puissance mondiale apporte toujours plus de déséquilibres, à ce point qu’on en vient à s’interroger sur sa santé mentale.

Mais, est-ce un problème ? On pourra bien passer le cerveau trumpien au scanner, on en sera pas plus avancé pour faire face à une situation qui ne concerne pas les États-Unis. La moitié des électeurs américains a voté pour un milliardaire réactionnaire, raciste, misogyne, dur avec les faibles…Il a flatté les xénophobes et les extrémistes, il a hystérisé les failles entre les « élites » de Washington et « l’Amérique profonde ». Zinzin ou pas, il est au pouvoir et il met en œuvre une politique volontariste, urbi et orbi, en Amérique et dans le monde. On parle parfois de repli américain au motif qu’il répète « America First », l’Amérique d’abord. Mais c’est une erreur. Le budget de l’armée est en augmentation constante et les États-Unis sont déterminés à intervenir partout où cela servira leurs intérêts, dans un bras de fer avec la Chine, dans une moindre mesure avec la Russie et en soumettant l’Europe. Trump ne veut pas de nations pacifiées, soucieuses de progrès et prêtes à coopérer. « America First », çà vaut pour le monde.


Au plan intérieur, si son élection a vu se lever l’Amérique progressiste, s’il louvoie parfois. Il ne perd pas son cap. Destruction de l’Obamacare, instrumentalisation démagogique des migrants…le monde de la finance exulte et celui qui prétendait n’avoir rien à faire avec les loups de Wall Street est allé chercher ses conseillers chez Gold-man Sachs. Trmp est peut-être un brin cinglé. Il est surtout dangereux. Ceux qui dînent avec lui doivent avoir une longue cuillère.

jeudi 18 janvier 2018

Convoi des 31 000 et 45 000 : « Hommage samedi 20 janvier » (Robert Clément)



Samedi nous rendrons hommage aux victimes des convois des 31 000 et 45 000, à 10 h 15 à la Mairie de Romainville et à 11 h au Fort de Romainville. Mardi, je participais à la conférence de Thomas  Fontaine sur l’histoire des femmes résistantes au Fort de Romainville. Rencontre initiée par la  fédération du Parti communiste de la Seine-Saint-Denis. 140 personnes y participaient. L'historien Thomas Fontaine a redonné dans sa passionnante conférence toute l'importance de cette histoire. Il a montré que le fort était le bon site pour un musée de la résistance des femmes. C'est au fort que sont conservés les graffitis gravés par les prisonnières. C'est de là que sont parties 3800 résistantes vers les camps de la mort. 75 ans après le premier convoi des femmes les participants ont dit leur volonté de voir naître un musée pour transmettre cette histoire héroïque et rendre les femmes visibles aussi dans l'imaginaire collectif.

Thomas Fontaine fit référence à son ouvrage « les oubliés de Romainville ». Je me suis souvenu. C’était au début de l’année 2003. Nous évoquions au Conseil général un partenariat portant sur un travail de recherche concernant le Fort de Romainville. C’est ainsi que Thomas FONTAINE a été missionné pour le diriger avec Denis PESCHANSKI et Claudine CARDON-HAMET.  C’est le 17 mai 2005, qu’Hervé BRAMY, alors Président du Conseil général, présentait ce travail de recherche sous la forme de cet ouvrage : « Les oubliés de Romainville. Un camp allemand en France (1940-1944). Dans la présentation de cette publication, Thomas FONTAINE écrit : « On a oublié le Fort de Romainville. Les camps de Compiègne pour les résistants et les « politiques » et de Drancy « pour les juifs », symbolisent aujourd’hui l’internement  et la déportation dans la France occupée. Mais qui se souvient qu’en 1940, les Allemands installèrent à Romainville un de leurs principaux camps d’internement. ». J’y ajoute, pour ma part un élément. Après la libération, une première plaque a  été apposée à l’entrée du Fort, sur laquelle on peut lire : « Ici ont été internés du 1er novembre 1940 au 20 mai 1944, plus de 3900 femmes et 3100 hommes avant leur déportation dans les camps de concentration et les forteresses d’où la plupart ne sont pas revenus. 152 fusillés ont vécu dans ce fort leurs dernières heures avant leur exécution. » Une seconde plaque fut apposée en 1992 sur laquelle il est écrit : le 20 septembre 1942, au 150ème  anniversaire de la bataille de Valmy, les autorités d’occupation désignaient 116 otages. Le lendemain 46 d’entre eux, pris dans le fort étaient fusillés au Mont Valérien et les 70 autres vers Bordeaux. C’était il y a 50 ans. Il y manquait cependant ce qu’écrit Thomas Fontaine dans son ouvrage : « De là partit, le 24 janvier 1943, le premier convoi de résistantes et de prisonnières politiques envoyées à Auschwitz, celui des « 31 000 ». C’est pour cette raison, avec retard sans doute, qu’en 2002, nous avons décidé, avec les Maires des Lilas et de Romainville, et en accord avec les associations de résistants et de déportés,  d’apposer une troisième plaque commémorative à l’entrée du fort. Elle fut inaugurée pour le 60ème anniversaire du départ du convoi et sur laquelle il est indiqué : « Le 24 janvier 1943, du fort de Romainville 230 femmes, résistantes, arrêtées par la police du gouvernement de Vichy, livrées à la gestapo partirent pour Auschwitz. Le 25 janvier 2003, nous leur rendons hommage. Cette plaque porte la signature des Maires des Lilas, de Romainville et du Président du Conseil général. L’histoire de Romainville est, depuis la libération, intimement liée à celle du fort. Je n’oublie pas ici, nos camarades et amis des Lilas. À la libération les héroïnes de la résistance de cette époque, firent don de la statue de Danielle Casanova, œuvre du sculpteur Georges SALENDRE, à Romainville. La commune, se trouvait de ce fait, investie d’un devoir de pérennité. La statue  de Danielle Casanova sera inaugurée le 24 janvier 1956 par Pierre KÉRAUTRET, le premier maire communiste de Romainville, en présence de madame PÉRINI, la mère de Danielle. Les communistes de Romainville, n’ont pas oublié non plus qu’aux côtés de Danielle CASANOVA, de Marie-Claude VAILLANT-COUTURIER, de Maï POLITZER, de Charlotte DELBO, de Madeleine ODRU, de Francine FROMONT, de Jacqueline QUATREMAIRE se trouvaient aussi deux romainvilloises,  Gabrielle ÉTHIS et Henriette PIZZOLI.  C’est dire si les communistes de notre ville, et beaucoup d’autres avec eux, se réjouissent de de la décision qui vient d’être prise. Si nous nous faisions un devoir de commémorer chaque année, en janvier et en avril,  ces femmes, ces héroïnes éprises de liberté, nous avons toujours accompagné ces commémorations, de notre demande de création, au fort de Romainville, d’un mémorial rattaché au Musée national de la résistance. C’est à l’occasion de la cérémonie d’hommage du 50ème anniversaire du départ du convoi,  le 25 janvier 1993, que cette exigence fut exprimée fortement. Marie- Claude VAILLANT-COUTURIER et Madeleine ODRU y étaient présentes. En 2000, le Conseil général demandait le classement du fort de Romainville. La réponse fut négative, le ministère de la défense étant propriétaire du fort. Ce sont également, les nombreuses expositions, la publication d’ouvrages : « Femmes et hommes de Romainville, de la résistance à la libération » publié en 1999 par la ville de Romainville. L’ouvrage « Résistantes, résistants en Seine-Saint-Denis, un nom, une rue, une histoire » édité en 2004 par le Conseil général. Mais c’est surtout, l’action inlassable des résistants, des déportés, de leurs associations, de toutes celles et tous ceux profondément attachés au travail de mémoire et de la transmission de l’histoire, qui aura permis que se réalise ce pourquoi nous nous battons depuis tant d’années, à savoir la décision de créer un lieu de mémoire de la résistance des femmes au fort de Romainville. Comme en écho, aux multiples interventions et actions, qu’il aura fallu mener, nous reviennent ces mots de Danielle Casanova, dans sa dernière lettre avant le départ à Auschwitz : « Nous ne baisserons  jamais la tête. Nous ne vivons que par la lutte… ». Dans le moment politique d’aujourd’hui, dans un monde dangereux et angoissant, où  des femmes, des hommes des enfants fuient les guerres et les persécutions. Alors que l’extrême droite, mais pas seulement, portent la haine, de rejet des autres, le racisme, l’antisémitisme en France comme en Europe. Alors que se poursuivent sournoisement, des campagnes mettant en doute l’engagement des communistes dans la résistance, la création de ce lieu constituerait un outil extrêmement important pour faire vivre la nécessaire vigilance, des jeunes tout particulièrement. Ils pourront ainsi s’approprier tout à la fois ces terribles pages de notre histoire et les valeurs de liberté, de fraternité et de solidarité, si nécessaires dans les temps présents.

« Les oreilles qui sifflent »


L’expression imagée « avoir les oreilles qui sifflent » se dit pour une personne qui pressent que l’on parle d’elle en son absence et pas toujours pour dire du bien.

À Romainville, les bouches s’ouvrent. Les gens commencent à en avoir  ras le bol de voir la place du marché massacrée, les pavillons rasés, le territoire colorisé par les promoteurs, l’immeuble dit le « Grand Ségur » dominer l’église, le château qu’on a laissé démolir….etc.

Les élus de gauche protestent au Conseil municipal, les associations manifestent, font des recours. Toujours en vain !
Mais ces récriminations commencent à parvenir ç la mairie dont les oreilles commencent à siffler.
Alors que faire dans une telle situation ?

Il faut se servir de la bonne vieille méthode que les pompiers utilisent lorsqu’un incendie menace une forêt : allumer un contre-feu. Et c’est ce que vient de faire par deux fois la municipalité.

D’abord en décidant d’adjoindre un « volet patrimoine » au Plan Local d’Urbanisme (PLU) après l’avoir modifié 13 fois, et toujours dans le sens souhaité par les promoteurs. Trop tard disent les associations qui défendent le patrimoine !

Ensuite ce fut l’extraordinaire carte de vœux  de la Maire recensant sous la forme d’un plan les, bien modestes squares de la ville. Naturellement il ne faut pas oublier les espaces verts que constituent les anciennes carrières mais ils sont interdits d’accès. Restent les deux parcs (ex-communal et ex-départemental) indispensables à la population et aujourd’hui bien utiles pour donner l’impression (photos à l’appui) que la future base de plein-air de la Corniche des forts (dont ils feront partie) existe. 2 parcs qui ont été créés en 1970 par des élus communistes. Faut-il le rappeler.

UN ROMAINVILLOIS EN COLÈRE

«Constat de fiasco », l’éditorial de Patrick Appel-Muller dans l’Humanité de ce jour !


S’il n’est pas encore enterré, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est mort. Le constat de décès, signé hier par Édouard Philippe, témoigne d’errements successifs. Lancé il y a quinze ans sans une information et une consultation citoyenne suffisantes, il trépasse avec la négation des résultats d’un référendum départemental qui comptait 500 000 votants ! La démocratie et la citoyenneté ne peuvent en sortir que meurtries et les partisans d’hier deviennent des opposants d’aujourd’hui. Les seuls qui s’en sortent sans dommages sont les actionnaires de Vinci qui savaient qu’ils toucheraient de précieux dividendes si l’équipement se faisait…et s’il ne se faisait pas grâce à de confortables indemnités.

Une autre décision pouvait-elle être prise ? Sans doute pas. Le projet avait vieilli au terme d’un chemin de croix de procédures – 179 décisions de justice – et d’occupation du bocage. Il rencontrait une opposition croissante. Désormais, les équipements géants sont plus vivement questionnés sur leur coût en matière d’environnement et de deniers publics. Sur ce dernier point, il n’est hélas pas certain que l’extension de l’aéroport de Nantes sera plus économe. Aménagé, répondra-t-il aux besoins des 8 millions d’habitants du bassin de transport aérien ? N’ajoutera-t-il pas des nuisances sonores dans un environnement urbain dense ? La ZAD restera-t-elle un objet de haute tension, voire de violences, si son évacuation est finalement menée à bien ? Ce nouveau cap, contraire aux engagements de campagne d’Emmanuel Macron, verra-t-il se dresser face à lui des élus ou des électeurs ulcérés ? Le gouvernement n’aura rien à craindre, c’est certain, d’un Richard Ferrand qui s’est exclamé « enfin ! » après l’annonce d’une décision qui désavouait toutes ses positions ! La souplesse d’échine semble une caractéristique obligée dans le « nouveau monde ».


Édouard Philippe a tranché un dossier qui s’éternisait et beaucoup en sont soulagés. De nombreuses questions restent cependant en suspens et combien d’amertumes.

mercredi 17 janvier 2018

« Le cri des infirmières »


Le problème de la France, ce n’est pas son soi-disant déclin ou appauvrissement. Le problème de la France. C’est que le travail du grand nombre fait la richesse d’une poignée d’autres, et que le gouvernement, pas pour les autres, ne met plus d’argent où il devrait le mettre pour développer notre pays. Entendez le cri des infirmières des hôpitaux et des EHPAD : « Entre ce qu’il faut noter sur l’ordinateur ou le dossier, les protocoles et les procédures administratives, je n’ai plus le temps de faire mon métier de soignante ! » « Dans la réalité, nous avons moins de cinq minutes pour l’aide à la toilette ou l’aide au repas en EHPAD…C’est inhumain ! «  « les contraintes financières modifient profondément notre travail…Nous poussons les familles à reprendre les patient-e-s, quitte à en culpabiliser certain-e-s ! » « Les temps de prévention et d’éducation sanitaire ne sont pas financés… » Voilà monsieur Macron, la parole venue du « bas de la corde », celle qui vient d’exploser aussi ces derniers jours dans les prisons, et fait souffrir tous les jours des centaines de milliers d’agents dans tous les services publics, à commencer par la plus précieux d’entre eux, l’école.


Pour reprendre l’exemple de l’hôpital, les regroupements « GHT » vident les établissements de proximité de leur sens, le désert sanitaire s’étend. Les zones blanches, çà n’existe pas seulement dans la téléphonie. Et quand l’hospitalisation privée prendra le pas, que faudra-t-il faire madame Buzyn ? Négocier en contrepartie sonnantes et trébuchantes avec le privé pour qu’il daigne couvrir les zones blanches. Nos parlementaires, Pierre Dharréville, Laurence Cohen, Dominique Watrin sont à pied d’œuvre et l’hôpital, les EHPAD seront une de nos grandes causes en 2018. Le tout « ambulatoire pourrait conduire à fermer 7 lits sur 10 d’ici à 2020 ! Ce que veut la population, ce ne sont pas des superstructures hospitalières mais des hôpitaux publics de proximité travaillant en concertation avec les services spécialisés, de recherche et d’enseignement, dans un parcours de soins intégrant une offre publique ambulatoire de centre de santé, des équipes en nombre suffisant et bien formées, investies dans la prise en charge partagée. (Extraites des vœux de Pierre Laurent)

Invitation : « Vœux du PCF de Romainville et de leurs élues »



                  BRIGITTE MORANNE
Secrétaire de la Section de Romainville du Parti Communiste Français. 
Elue communiste « Romainville Ensemble Front de Gauche »
                 
                 SOFIA DAUVERGNE

Elue communiste « Romainville Ensemble  Front de Gauche »
Elue communautaire Front de Gauche à « Est-ensemble »
                 
                SAMIA AFROUNE
Elue communiste « Romainville Ensemble Front de Gauche »
                 
                Le Conseil Local du P.C.F de Romainville

vous présentent leurs meilleurs vœux pour l’année 2018 et vous invitent

à une réception amicale le : 

                  SAMEDI 27 JANVIER A 18 h 30


                SALLE DE L’ESPACE CACHIN
                Avenue de la Résistance – Romainville

  

« Petits fauteuils », le billet de Gérard Streiff !


Jean-Pierre Raffarin doit avoir des problèmes avec sa retraite. Pourtant le bonhomme, qui fut député, sénateur, président de région, ministre, premier ministre (et aussi banquier) ne doit pas manquer. Mais faut croire que si : on apprend en effet qu’il vient d’être coopté au conseil d’administration de deux grosses sociétés, Pierre et Vacances la semaine dernière, Plastic Omnium cette semaine. Bonjour les jetons de présence.


On dira que cette manière de compléter sa pension est originale : il suffit d’accumuler les petits fauteuils qui rapportent. Est-ce que cette mesure figurera dans le projet de Macron de réforme des retraites ? Pas sûr, car ce genre de fauteuil est assez rare à trouver, y aura pas de place pour tout le monde.

« Justice », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !


Où est la justice quand trois détenus doivent coexister dans neuf mètres carrés ?une condamnation n’est pas, ne devrait pas être, une condamnation à une perte de la dignité dans laquelle aucun être humain ne saurait se reconstruire.

Les surveillants de nos prisons ont toutes les raisons de se mobiliser pour leurs conditions de travail. Les questions particulières posées par des détenus radicalisés, l’agression de Vendin-le- Vieil ou hier encore l’agression d’une surveillante à Lyon appellent sans doute des réponses nouvelles mais on ne saurait les dissocier de la crise de notre système pénitentiaire. Des démagogues sécuritaires parlent de laxisme, réclament des conditions de détention toujours plus dures mais la réalité c’est que nous avons un problème, non seulement avec nos prisons mais avec la philosophie même, n’ayons pas peur du mot, de la justice et même de notre police.

On entend ces temps-ci des mots étonnants. Le ministre de la justice demande une justice plus ferme. Est-ce bien son rôle de semer sur les magistrats un doute qui ne profite qu’à une droite et son extrême qui ne demandent que çà. On entend dire cà et là, que face à la délinquance, aux agressions totalement condamnables – soyons clairs – qui ont eu lieu ces derniers temps contre des policiers, « la peur doit changer de camp ». La justice n’a pas à être plus ou moins ferme au gré des souhaits de sui que ce soit. Elle à être juste en ayant les moyens de l’être et ce ne sont pas les dernières orientations avancées par la garde des Sceaux qui vont le lui permettre. La police n’a pas vocation à faire peur. Elle est au service des citoyens et de l’ordre républicain. Elle doit poursuivre en en ayant les moyens et l’état d’esprit ceux qui doivent l’être et rassurer les autres, dans les quartiers huppés comme dans les plus populaires.


Oui, nous avons un problème. Après des années de politiques sécuritaires, dont celles des deux derniers quinquennats, une véritable vision républicaine de la justice, de la police, de la peine est à reconstruire.

mardi 16 janvier 2018

« France, terre d’asile », l’éditorial de Michel Guilloux, dans l’Humanité de ce jour !


Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Ne cherchez pas. Ces verbes ne sont pas les têtes de chapitre de la future loi immigration mais le titre du message diffusé par le pape François pour la journée mondiale du migrant et du réfugié, dimanche. « L’histoire de notre pays et le devoir de notre pays est d’accueillir des gens qui sont dans la souffrance, les accueillir, tous. » Ne cherchez pas. Cette déclaration n’est pas du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, mais du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. « Que l’invraisemblable budget qui sert à alimenter la machine de guerre à travers le monde accorde une part, un miette seulement pour aider les citoyens des pays en détresse, pour l’eau potable, l’éducation, la médecine, la création d’entreprises, l’équilibre – la justice. » Ne cherchez pas. Pareille hauteur de vue ne provient pas de l’Élysée. Elle est du Nobel de littérature J. M.G. Le Clézio.

Depuis 1989, et la reprise du « seuil de tolérance » par François Mitterrand, la formule se voulait aussi ferme, de son premier ministre d’alors, « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde », est le seul argument de ceux qui s’opposent aux immigrés à défaut d’avoir une vraie politique d’immigration et d’aide au développement. Elle n’a servi, jusqu’à des projets tel celui de la déchéance de nationalité, qu’à accompagner la prospérité de l’extrême droite et d’étroits calculs d’intérêts qui n’ont rien à voir avec l’avenir du pays.


La France ? Mais de la vallée de la Roya à Menton, du col de Montgenèvre au village auvergnat de Bellenaves, de Lyon à Nantes, de Paris à Calais, elle ouvre les bras et les cœurs à ces hommes et ces femmes, dont nombre d’enfants. Auraient-ils dû faire partie de ces milliers de noyés en Méditerranée ? Devrait-on les laisser mourir de froid dans la neige ? Faudrait-il ajouter à la violence des trafiquants d’une rive celle des nervis de ce côté-ci ? Les bons sentiments n’ont rien à faire ici. Quelle France et quelle Europe si l’accueil se résumait au tapis rouge pour les expatriés de la City ou pour les rois de l’ubérisation sauvage et, pour les autres, tous les autres, qu’ils soient étrangers, chômeurs, lycéens, une seule méthode : le tri.

lundi 15 janvier 2018

« Déni d’humanité », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dan l’Humanité de ce jour !


Pinçons- nous bien fort pour y croire. « C’est un projet de loi totalement équilibré », déclare Gérard Collomb dans le Parisien d’hier. Il parle, vous l’avez compris, du projet de loi sur l’asile et l’immigration, dénoncé par toutes les associations afférentes et bien au-delà, puisqu’apparaissent de plus en plus clairement des dissensions au sein de la majorité parlementaire. Si l’on peut dire, le ministre de l’Intérieur passe même aux aveux en confiant : « Il n’est jamais agréable de passer pour le facho de service. » Et pour cause. Doublement de la durée de rétention, raccourcissement des délais de recours, intention affichée d’accroître sensiblement le nombre d’expulsions, instauration du contrôle des migrants résidant dans les structures d’accueil, etc. : Les majorités conservatrices n’avaient pas pris de mesures aussi contraignantes, qui bafouent l’esprit de notre République et ses traditions multiséculaires, qui entrent en contradiction avec un statut de la convention de Genève datant de 1951 et nous renvoient loin en arrière dans les références abjectes. De Pasqua à Sarkozy, les pires droitiers n’avaient pas osé. Emmanuel Macron y va. Et au pas de charge. Oubliant au passage ses engagements de candidat, quand il louait l’action d’Angéla Merkel qui, clamait-il, « a sauvé notre dignité collective en recueillent des réfugiés en détresse ».


Dans ce dossier ultrasensible et potentiellement ravageur pour le pouvoir, où est précisément la dignité de l’exécutif ? Le défenseur des droits, Jacques Toubon ne le cache pas : « La volonté des pouvoirs publics actuels de considérer qu’il existe des bons et des mauvais migrants, des migrants accueillables et d’autres rejetables par une sorte de tri, est un erreur absolue. » Tout comme le prix Nobel de littérature Jean-Gustave Le Clézio, qui pousse un cri de colère dans l’Obs ; « Comment peut-on faire le tri. Comment distinguer ceux qui méritent l’accueil, pour des raisons politiques, et ceux qui n’en sont pas dignes ? Est-il moins grave de mourir de faim, de détresse, d’abandon, que de mourir sous les coups d’un tyran ? » Les migrants maltraités d’aujourd’hui sont nos parents ou nos frères d’hier. Qui peut assurer qu’il ne sera pas lui-même un migrant de demain ?

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