LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 23 janvier 2018

Notre Maire cherche-t-elle à entrer dans le Guiness des records ? (François André)


NOUS PUBLIONS LE TEXTE QUE NOUS A FAIT PARVENIR FRANCOIS ANDRE

Nous avons été dans les premiers à être équipés d’un système de collecte pneumatique des déchets. Je ne reviendrai pas sur cette catastrophe.
Nous avons été nommés au rang de première ville bâtisseuse de France, ce qui a conduit le Président de la République  de l’époque à se déplacer jusqu’à notre modeste ville.  Notre Maire n’a pas tiré grand profit de ce formidable événement, déjà dans la rue le peuple grognait !
        
Nous avons un projet de tour à légumes ! Pour améliorer l’alimentation des citoyens. (Du jamais vu à cette échelle dans notre pays).
 Elément également remarquable, nous sommes quasiment les seuls à ne pas disposer d’une place publique digne de ce nom. Notre Maire aurait-elle peur de permettre au peuple de se rassembler pour contester sa politique ?  
        
Laissons de côté les avancées pour lesquelles la municipalité n’y est pour rien (Métro, Basse de Loisirs, Tram).
Dans la catégorie développement durable, nous sommes aussi des champions. Le slogan à la mode est : ‘’Une couverture végétale exceptionnelle  28 m2 de végétalisation publique par habitant à Romainville’’. Chiffre incontestable car émanant de l’APUR (Atelier Parisien D’Urbanisme), organisme on ne peut plus officiel.

Nous disposons donc de 130 hectares de végétalisation publique soit 37,8 % de la superficie de notre territoire. Cette annonce qui date déjà de Mai 2017 m’avait fortement étonné et j’avais cherché comment il était possible de trouver autant d’espaces, que j’avais imaginés accessibles à tous, dans notre village. A ce jour, je comprends mieux. L’APUR effectue des prises de vues aériennes détaillées où tout ce qui s’apparente à de la verdure est pris en considération : les terrasses végétalisées, les moindres jardinières, l’empreinte des arbres au sol dans la période où ils sont en feuilles.
      
La règle de calcul étant la même pour toutes les villes, il devient intéressant de faire des comparaisons afin de savoir si dans ce domaine, nous sommes aussi, comme annoncé, des superchampions.
Quelques chiffres concernant la couverture végétalisée de la région parisienne :
      - Moyenne sur le 93 (26 communes) = 36%, sur le 92 = 40,50%, sur le 94 = 36,50%
   - Agglomération parisienne = 30% avec les bois de Boulogne et Vincennes.
        
Notre Maire pourrait donc se féliciter de se trouver une fois de plus en tête du peloton. Cependant, cet état de fait est dû à la particularité de notre ville (pour laquelle notre Maire n’y est pour rien) : Romainville inclut dans sa surface non constructive approximativement 30 hectares d’anciennes carrières et 15 hectares de terrain militaire.
        
Avant de chanter haut et fort, il faudrait comparer ce qui peut l’être. Imaginez que Romainville, comme bien d’autres communes, ne soit pas dotée de cette particularité. Dans ce cas nous ne disposerions que de 85 hectares plantés sur un territoire de 300 hectares. La surface de végétation passerait alors de 37,8 à 28 %.
        
Il n’y a donc pas de quoi, pour féliciter les mérites de nos élus, d’orner la colonne Maurice de la place de la laïcité, d’un montage stupide, affichant un slogan d’une signification contestable, ainsi que d’une esquisse où apparait la tour potagère. A noter qu’à l’inverse des secteurs végétalisés, cette dernière,  occasionnera un effet négatif sur le bilan carbone, ce du fait de la consommation d’énergie pour la chauffer. De même l’aménagement de la couverture de l’A3 avec ses malheureuses jardinières n’est pas non plus à valoriser dans ce domaine, ainsi que la pelouse synthétique du stade.


François ANDRE                                                                    Janvier 2018

" A propos de la circulation dans le quartier des Grands-Champs"




Mémorandum
sur le plan de circulation dans les rues de Benfleet, Irène Joliot-Curie, des Mares, Jules Ferry et boulevard Henri Barbusse au sortir de l’autoroute A3
sur l’éclairage public rue Jean Jaurès
et sur l’état de l’ensemble des trottoirs du quartier et ailleurs à Romainville

Les conditions actuelles de circulation des véhicules et de sécurité des piétons dans le quartier sont très mal vécues par les usagers et riverains. Elles appellent des réflexions et des suggestions susceptibles d’apporter une amélioration notable dans la perspective des importants travaux à attendre prochainement de la construction, puis du fonctionnement du tramway.
Il y a environ cinq ans, devant le tollé général soulevé par des décisions municipales prises sans concertation avec les élus ou la population (souvenons-nous : la cité Oradour avait été rebaptisée par dérision la Cité Interdite), une étude avait été confiée « à un cabinet », comme Clemenceau créait une commission pour étouffer une affaire. Effectivement, depuis, plus rien.
Rues des Mares et Jules Ferry
La rue Jules Ferry et ne portion de la rue des Mares ont été mises en sens unique de circulation pour faciliter la construction d’immeubles et l’accès des camions et engins de chantier. Bon ! puisqu’il faut à tout prix faciliter la construction privée à Romainville, pourquoi pas … Les immeubles terminés et tous travaux sur la voie publique achevés, les sens de circulation initiale n’ont pas été rétablis. Les véhicules (hormis ceux qui ignorent le sens interdit de la rue des Mares) continuent d’encombrer pour rien le boulevard Henri Barbusse et ses feux rouges vers la place Carnot, boulevard qui n’en demandait pas tant surtout depuis le démarrage des travaux pour le métro !
Décision totalement sans frais à prendre de toute urgence : rétablissement des sens de circulation tels qu’ils étaient il y a cinq ans.
Rues de Benfleet et Irène Joliot-Curie
Une absurdité incompréhensible à faire disparaître : le sens unique infligé contre toute logique à la portion de rue de Benfleet juste en sortie d’autoroute avec, pour les très nombreux véhicules (y compris des poids lourds) qui se dirigent vers Bagnolet -à noter au passage qu’il n’existe pas d’autre sortie d’autoroute avant le boulevard périphérique- obligation de tourner autour et en plein milieu des établissements scolaires : écoles maternelle et primaires et collège du boulevard Henri Barbusse ! L’inventeur de cet incroyable détournement de circulation n’a rien trouvé de mieux que d’implanter ces démentielles chicanes sur la rue Irène Joliot-Curie, alors qu’il aurait pu suffir de réglementaires ralentisseurs au sol. Il devrait venir quelque soir entre 17 et 19 heures, expliquer aux automobilistes le bien-fondé et les avantages de son dispositif à nul autre pareil ; mais il n’est pas sûr qu’il rentrerait indemne à son douillet bureau.
Récemment les conditions se sont encore aggravées avec, du fait de l’inaccessibilité de la place Carnot, le passage d’autobus rue de Benfleet, ce qui rend à nouveau difficile à certaines heures, l’accès à la Cité Oradour. Mesure d’urgence improvisée et non concertée après mesure d’urgence non concertée, on a vraiment l’impression que la vie des habitants de notre quartier ne suscite pas beaucoup d’intérêt place de la Laïcité …
Là encore, des dispositions sont à prendre de toute urgence pour rétablir la sécurité de chacun - écoliers, passants et riverains- et la sérénité nécessaire à tous : moyennant quelques minimes travaux de voirie, suppression de cet inadmissible sens interdit de la rue de Benfleet et démolition sans délai des chicanes.
Eclairage public rue Jean Jaurès
La rue Jean Jaurès, jadis voie départementale, était destinée par la DDE à être élargie à vingt mètres avec une largeur de pont sur autoroute en conséquence (ce qui fut fait), pour faire pendant à l’avenue Pierre Kérautret. Un éclairage public fut alors, par anticipation, implanté en conséquence avec les gigantesques candélabres d’autoroutes qu’on peut encore voir rue Jean Jaurès.
Cependant, preuve que nos élus savaient jadis reconnaître le caractère parfois insensé de certains projets, et y renoncer, la rue Jean Jaurès fut restituée à la voirie communale au début des années 1970 et le projet de voie de vingt mètres abandonné. Par la suite, l’école maternelle Charlie Chaplin, puis la Cité du Cinéma purent y être heureusement implantées, et l’éclairage public reprit des allures dignes d’une ville et de ses habitants ; mais curieusement, le remplacement des candélabres d’autoroutes s’arrêta au droit de la maternelle Chaplin, allez savoir pourquoi ….
Maintenant que cet autre immeuble jouxtant la Cité Jaurès est terminé et, après inauguration en grande pompe en juillet dernier par nos édiles municipaux, livré à ses occupants, il devient vraiment nécessaire d’achever ce remplacement, d’autant qu’existe le risque d’avoir à changer de modèle de lampadaires. A moins qu’ils ne soient déjà approvisionnés et stockés, mais alors, pourquoi ne pas finir un ouvrage si bien commencé ?
Les trottoirs des rues de notre quartier et d’ailleurs
Il faut reconnaître que le revêtement utilisé depuis quelques années lors de la réfection des trottoirs à Romainville vieillit extrêmement mal. Nos décideurs et responsables de la voirie ne doivent certainement pas traîner souvent sur les trottoirs de la ville, sinon ils reviendraient immédiatement au bon vieux bitume, bien plus facile à mettre en œuvre et à réparer ! Il doit quand même bien exister des écoles pour apprendre à construire des trottoirs sans ces pentes insensées qui font claudiquer les passants comme des manchots empereurs, et bonjour les jours de verglas, pentes plus ou moins fortes au petit bonheur de la hauteur des seuils des propriétés riveraines. A un point tel que, arpentant par exemple le trottoir côté numéros impairs de la rue Jules Ferry, vous devez regarder attentivement à terre et ne surtout pas rêver vers le ciel, sous peine de vous retrouver immanquablement au sol avec ces montagnes russes (si, si, vérifiez !) que n’ont pas remarquées nos techniciens diplômés.
On peut toujours se consoler en se disant que c’est comme ça partout dans Romainville, mais compte tenu de la multiplicité des travaux de construction et de voirie actuellement en cours dans la ville et autant de trottoirs à refaire, les craintes grandissent chez les piétons …
On continue avec d’autres sujets de la vie de quartier ?
Par exemple, le ramassage des encombrants et la propreté* des trottoirs ….


*ça, c’est un euphémisme !

« Percutant », le billet de Maurice Ulrich !




Attention. Nom d’un p’tit bonhomme, on va voir ce qu’on va voir si Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’Agriculture et très proche pendant des années de François Hollande, dont il était le premier collaborateur et le porte-couteau, prend la tête du PS, pour laquelle il est candidat. « Ma loyauté pendant cinq ans, c’est aussi un atout », dit-il dans un entretien sur deux pages publié par Libération. 

La preuve, il était, qui l’eût cru, contre la loi travail, nous dit-il, mais nous n’en avons jamais rien su. Mais surtout, au cas où, il promet l’enfer à ses putatifs adversaires. « Face à Wauquiez, Le Pen ou Mélenchon, il va falloir percuter, et çà, je sais faire. « Et allez, tout le monde sous le percuteur, à gauche comme à droite et à l’extrême droite. Tiens, où est passé Emmanuel Macron ? Mais déjà le monde politique tremble sur ses bases. C’est qu’il ne faut pas le sous-estimer, Stéphane Le Foll, aux côtés de François Hollande et de Manuel Valls, il a déjà bien contribué à percuter le PS.

« Un Grand Canal et une mauvaise pente », l’éditorial de Patrick Appel-Muller dans l’Humanité de ce jour !


Depuis la terrasse du château de Versailles, ils ont contemplé la perspective du Grand Canal. Les cent quarante grands patrons invités hier soir par Emmanuel Macron y ont sans doute goûté la fable du ruissellement : rien de la pièce d’eau immense ne fuit hors du château. Le gratin de la fortune mondiale s’était réuni autour d’un président qui se rêve monarque pour fêter l’année de tous les records. Jamais, au cours de l’histoire, le nombre et la richesse de milliardaires n’avaient autant augmenté. En 2016, 61 personnes détenaient à elles seules autant que la moitié des habitants de la planète, montre le rapport que publie Oxfam ; elles étaient 380 en 2009. La France tient son rang. Elle est championne d’Europe des dividendes versés et ceux-ci ont dépassé pour la première fois 50% des richesses créées. Avant d’aller doctement disserter au sommet de Davos sur « un monde fracturé », ces braves milliardaires souhaitaient célébrer cette apothéose en toute simplicité. L’année prochaine s’annonce somptueuse et leurs résultats seront irrigués par la suppression de l’ISF pour le plus riches et de l’APL pour les plus pauvres, la mise en place de la flat tax et des ordonnances sur le travail, des privatisations et des réductions de l’action publique. Donald Trump  a lui aussi promis des réjouissances dans son pays.


Ces gens-là prennent leurs aises mais goûtent la discrétion. La presse n’était pas conviée au banquet. Elle était en revanche invitée à l’opération de communication autour d’un de ces fleurons de l’industrie mondiale, le deuxième constructeur d’automobile au monde, Toyota. Celui-ci a annoncé 300 millions d’investissements sur son d’Onnaing, dans le Nord. Réjouissant, mais des syndicalistes ont invité à relativiser le geste : cela représente moins de 7 jours de bénéfices pour le groupe japonais. Si tout cela a autant de mal à ruisseler, c’est bien que la mondialisation est sur une mauvaise pente.

lundi 22 janvier 2018

« Bisounours », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !


L’Europe et les relations franco-allemandes méritent mieux et exigent plus que la prestation sur les réseaux sociaux d’Angela Merkel et d’Emmanuel Macron dans le registre des bisounours, à l’occasion du 55ème anniversaire du traité de l’Élysée. La signature du traité en 1963, par de Gaulle et Adenauer, était haute de densité symbolique. Il s’agissait clairement, moins de vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, soit tout juste une génération, d’ouvrir un nouveau chapitre d’histoire entre les deux peuples, alors que les terribles blessures du siècle étaient encore vives. Aujourd’hui, les propos convenus du duo sur la nécessaire amitié franco-allemande, l’appel lancé à la jeunesse à faire vivre cette amitié en étant « curieux les uns des autres » ne font qu’enfoncer des portes ouvertes et sonnent creux au regard des problèmes actuels de l’Europe.


On a bien compris qu’Emmanuel Macron entend désormais jouer le premier rôle. Les sociaux-démocrates du SPD ont approuvé, hier, le principe d’une coalition gouvernementale, mais Angela Merkel reste fragilisée. C’est peut-être une opportunité pour le président français, mais pour quoi faire ? On a déjà eu une idée avec son discours de la Sorbonne. Europe à plusieurs vitesses autour du couple franco-allemand. Recherche pour les deux pays d’une convergence économique et sociale. Fourchette commune du taux d’impôt sur les sociétés pour tous. Humanité et efficacité pour les migrants…Mais chacun de ces points est à mesurer au regard de la politique menée depuis le début du quinquennat. La convergence sociale, c’est la relecture à la baisse du Code du travail vers le modèle allemand, qui a déjà produit des millions de travailleurs pauvres. Le taux d’impôt sur les sociétés, c’est le passage de 33% à 25%. Les mesures annoncées pour les migrants sont un feu vert pour les pays d’Europe les plus réactionnaires. Certes, Emmanuel Macron a fait quelques annonces. Numérique, développement durable, taxe sur les transactions. Demain, aujourd’hui, l’Europe du capital et de la régression sociale. L’Europe contre les peuples continue.

vendredi 19 janvier 2018

« Migrants, étudiants, chômeurs…la société du tri (Laurent Mouloud)


Emmanuel Macron a trouvé LA solution à tous ses problèmes. Elle porte le doux nom de « sélection ». Un mantra que le chef de l’État décline au gré des dossiers contrariants, où il n’aime rien tant que de tracer les lignes de partage entre les humains. Le chômage ? Il faut les fraudeurs et les autres. Les migrants ? D’accord, pour offrir asile à ceux qui fuient les guerres et brimades politiques. Mais gardons portes closes à ceux qui ont l’idée saugrenue de vouloir échapper à la misère économique de leur pays.

La même logique de bon grain et d’ivraie préside la réforme de l’enseignement supérieur. Masqué derrière des « attendus », « prérequis » et autres contorsions de langage un système clair de sélection est mis en place, cette fois, à l’entrée des universités. La liberté pour chaque futur bachelier de tenter sa chance dans la filière de son choix est désormais étouffée. On ne choisit plus, on est choisi dans le grand bain de la concurrence de chacun contre tous. L’argumentation gouvernementale martèle que cette sélection assurera une meilleure adéquation des élèves avec la filière et ainsi une meilleure réussite.

C’est faux. Toutes les études montrent que la sélection généralisée, outre qu’elle exonère le gouvernement de créer de nouvelles places, accentue la différentiation des parcours et accroît la reproduction sociale. Emmanuel Macron le niera face aux caméras. Mais, au fond, cette logique lui sied tant elle est cohérente avec sa philosophie ruisselante, dont la préoccupation fondamentale – et revendiquée – est de conforter les « premiers de cordée ». Une élite destinée à diriger, tandis que les moins gradés se contenteront d’une formation étalonnée sur les attentes des entreprises.


Ne nous y trompons pas ; derrière la société de tri, des embryons aux étudiants, se dessine ce vieux mythe de l’homme tout-puissant rêvant de contrôler la destinée des autres. Les Romains l’appelaient le « Jupiter omnipotens »…

« Happy Birthday », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !


Happy Birthday Donald…La formule est sarcastique, comme dans certains films cultes. Un an à la Maison Blanche et l’éléphant républicain, souvent désavoué jusque dans son propre camp, a déjà cassé tellement de vaisselle, piétinant sans vergogne des acquis majeurs de la politique internationale ! Retrait de l’accord sur le climat, mise en cause du traité nucléaire iranien, ambassade américaine à Jérusalem, menace nucléaire à l’appui avec la Corée du Nord. Dans un monde incertain, le président de la première puissance mondiale apporte toujours plus de déséquilibres, à ce point qu’on en vient à s’interroger sur sa santé mentale.

Mais, est-ce un problème ? On pourra bien passer le cerveau trumpien au scanner, on en sera pas plus avancé pour faire face à une situation qui ne concerne pas les États-Unis. La moitié des électeurs américains a voté pour un milliardaire réactionnaire, raciste, misogyne, dur avec les faibles…Il a flatté les xénophobes et les extrémistes, il a hystérisé les failles entre les « élites » de Washington et « l’Amérique profonde ». Zinzin ou pas, il est au pouvoir et il met en œuvre une politique volontariste, urbi et orbi, en Amérique et dans le monde. On parle parfois de repli américain au motif qu’il répète « America First », l’Amérique d’abord. Mais c’est une erreur. Le budget de l’armée est en augmentation constante et les États-Unis sont déterminés à intervenir partout où cela servira leurs intérêts, dans un bras de fer avec la Chine, dans une moindre mesure avec la Russie et en soumettant l’Europe. Trump ne veut pas de nations pacifiées, soucieuses de progrès et prêtes à coopérer. « America First », çà vaut pour le monde.


Au plan intérieur, si son élection a vu se lever l’Amérique progressiste, s’il louvoie parfois. Il ne perd pas son cap. Destruction de l’Obamacare, instrumentalisation démagogique des migrants…le monde de la finance exulte et celui qui prétendait n’avoir rien à faire avec les loups de Wall Street est allé chercher ses conseillers chez Gold-man Sachs. Trmp est peut-être un brin cinglé. Il est surtout dangereux. Ceux qui dînent avec lui doivent avoir une longue cuillère.

jeudi 18 janvier 2018

Convoi des 31 000 et 45 000 : « Hommage samedi 20 janvier » (Robert Clément)



Samedi nous rendrons hommage aux victimes des convois des 31 000 et 45 000, à 10 h 15 à la Mairie de Romainville et à 11 h au Fort de Romainville. Mardi, je participais à la conférence de Thomas  Fontaine sur l’histoire des femmes résistantes au Fort de Romainville. Rencontre initiée par la  fédération du Parti communiste de la Seine-Saint-Denis. 140 personnes y participaient. L'historien Thomas Fontaine a redonné dans sa passionnante conférence toute l'importance de cette histoire. Il a montré que le fort était le bon site pour un musée de la résistance des femmes. C'est au fort que sont conservés les graffitis gravés par les prisonnières. C'est de là que sont parties 3800 résistantes vers les camps de la mort. 75 ans après le premier convoi des femmes les participants ont dit leur volonté de voir naître un musée pour transmettre cette histoire héroïque et rendre les femmes visibles aussi dans l'imaginaire collectif.

Thomas Fontaine fit référence à son ouvrage « les oubliés de Romainville ». Je me suis souvenu. C’était au début de l’année 2003. Nous évoquions au Conseil général un partenariat portant sur un travail de recherche concernant le Fort de Romainville. C’est ainsi que Thomas FONTAINE a été missionné pour le diriger avec Denis PESCHANSKI et Claudine CARDON-HAMET.  C’est le 17 mai 2005, qu’Hervé BRAMY, alors Président du Conseil général, présentait ce travail de recherche sous la forme de cet ouvrage : « Les oubliés de Romainville. Un camp allemand en France (1940-1944). Dans la présentation de cette publication, Thomas FONTAINE écrit : « On a oublié le Fort de Romainville. Les camps de Compiègne pour les résistants et les « politiques » et de Drancy « pour les juifs », symbolisent aujourd’hui l’internement  et la déportation dans la France occupée. Mais qui se souvient qu’en 1940, les Allemands installèrent à Romainville un de leurs principaux camps d’internement. ». J’y ajoute, pour ma part un élément. Après la libération, une première plaque a  été apposée à l’entrée du Fort, sur laquelle on peut lire : « Ici ont été internés du 1er novembre 1940 au 20 mai 1944, plus de 3900 femmes et 3100 hommes avant leur déportation dans les camps de concentration et les forteresses d’où la plupart ne sont pas revenus. 152 fusillés ont vécu dans ce fort leurs dernières heures avant leur exécution. » Une seconde plaque fut apposée en 1992 sur laquelle il est écrit : le 20 septembre 1942, au 150ème  anniversaire de la bataille de Valmy, les autorités d’occupation désignaient 116 otages. Le lendemain 46 d’entre eux, pris dans le fort étaient fusillés au Mont Valérien et les 70 autres vers Bordeaux. C’était il y a 50 ans. Il y manquait cependant ce qu’écrit Thomas Fontaine dans son ouvrage : « De là partit, le 24 janvier 1943, le premier convoi de résistantes et de prisonnières politiques envoyées à Auschwitz, celui des « 31 000 ». C’est pour cette raison, avec retard sans doute, qu’en 2002, nous avons décidé, avec les Maires des Lilas et de Romainville, et en accord avec les associations de résistants et de déportés,  d’apposer une troisième plaque commémorative à l’entrée du fort. Elle fut inaugurée pour le 60ème anniversaire du départ du convoi et sur laquelle il est indiqué : « Le 24 janvier 1943, du fort de Romainville 230 femmes, résistantes, arrêtées par la police du gouvernement de Vichy, livrées à la gestapo partirent pour Auschwitz. Le 25 janvier 2003, nous leur rendons hommage. Cette plaque porte la signature des Maires des Lilas, de Romainville et du Président du Conseil général. L’histoire de Romainville est, depuis la libération, intimement liée à celle du fort. Je n’oublie pas ici, nos camarades et amis des Lilas. À la libération les héroïnes de la résistance de cette époque, firent don de la statue de Danielle Casanova, œuvre du sculpteur Georges SALENDRE, à Romainville. La commune, se trouvait de ce fait, investie d’un devoir de pérennité. La statue  de Danielle Casanova sera inaugurée le 24 janvier 1956 par Pierre KÉRAUTRET, le premier maire communiste de Romainville, en présence de madame PÉRINI, la mère de Danielle. Les communistes de Romainville, n’ont pas oublié non plus qu’aux côtés de Danielle CASANOVA, de Marie-Claude VAILLANT-COUTURIER, de Maï POLITZER, de Charlotte DELBO, de Madeleine ODRU, de Francine FROMONT, de Jacqueline QUATREMAIRE se trouvaient aussi deux romainvilloises,  Gabrielle ÉTHIS et Henriette PIZZOLI.  C’est dire si les communistes de notre ville, et beaucoup d’autres avec eux, se réjouissent de de la décision qui vient d’être prise. Si nous nous faisions un devoir de commémorer chaque année, en janvier et en avril,  ces femmes, ces héroïnes éprises de liberté, nous avons toujours accompagné ces commémorations, de notre demande de création, au fort de Romainville, d’un mémorial rattaché au Musée national de la résistance. C’est à l’occasion de la cérémonie d’hommage du 50ème anniversaire du départ du convoi,  le 25 janvier 1993, que cette exigence fut exprimée fortement. Marie- Claude VAILLANT-COUTURIER et Madeleine ODRU y étaient présentes. En 2000, le Conseil général demandait le classement du fort de Romainville. La réponse fut négative, le ministère de la défense étant propriétaire du fort. Ce sont également, les nombreuses expositions, la publication d’ouvrages : « Femmes et hommes de Romainville, de la résistance à la libération » publié en 1999 par la ville de Romainville. L’ouvrage « Résistantes, résistants en Seine-Saint-Denis, un nom, une rue, une histoire » édité en 2004 par le Conseil général. Mais c’est surtout, l’action inlassable des résistants, des déportés, de leurs associations, de toutes celles et tous ceux profondément attachés au travail de mémoire et de la transmission de l’histoire, qui aura permis que se réalise ce pourquoi nous nous battons depuis tant d’années, à savoir la décision de créer un lieu de mémoire de la résistance des femmes au fort de Romainville. Comme en écho, aux multiples interventions et actions, qu’il aura fallu mener, nous reviennent ces mots de Danielle Casanova, dans sa dernière lettre avant le départ à Auschwitz : « Nous ne baisserons  jamais la tête. Nous ne vivons que par la lutte… ». Dans le moment politique d’aujourd’hui, dans un monde dangereux et angoissant, où  des femmes, des hommes des enfants fuient les guerres et les persécutions. Alors que l’extrême droite, mais pas seulement, portent la haine, de rejet des autres, le racisme, l’antisémitisme en France comme en Europe. Alors que se poursuivent sournoisement, des campagnes mettant en doute l’engagement des communistes dans la résistance, la création de ce lieu constituerait un outil extrêmement important pour faire vivre la nécessaire vigilance, des jeunes tout particulièrement. Ils pourront ainsi s’approprier tout à la fois ces terribles pages de notre histoire et les valeurs de liberté, de fraternité et de solidarité, si nécessaires dans les temps présents.

« Les oreilles qui sifflent »


L’expression imagée « avoir les oreilles qui sifflent » se dit pour une personne qui pressent que l’on parle d’elle en son absence et pas toujours pour dire du bien.

À Romainville, les bouches s’ouvrent. Les gens commencent à en avoir  ras le bol de voir la place du marché massacrée, les pavillons rasés, le territoire colorisé par les promoteurs, l’immeuble dit le « Grand Ségur » dominer l’église, le château qu’on a laissé démolir….etc.

Les élus de gauche protestent au Conseil municipal, les associations manifestent, font des recours. Toujours en vain !
Mais ces récriminations commencent à parvenir ç la mairie dont les oreilles commencent à siffler.
Alors que faire dans une telle situation ?

Il faut se servir de la bonne vieille méthode que les pompiers utilisent lorsqu’un incendie menace une forêt : allumer un contre-feu. Et c’est ce que vient de faire par deux fois la municipalité.

D’abord en décidant d’adjoindre un « volet patrimoine » au Plan Local d’Urbanisme (PLU) après l’avoir modifié 13 fois, et toujours dans le sens souhaité par les promoteurs. Trop tard disent les associations qui défendent le patrimoine !

Ensuite ce fut l’extraordinaire carte de vœux  de la Maire recensant sous la forme d’un plan les, bien modestes squares de la ville. Naturellement il ne faut pas oublier les espaces verts que constituent les anciennes carrières mais ils sont interdits d’accès. Restent les deux parcs (ex-communal et ex-départemental) indispensables à la population et aujourd’hui bien utiles pour donner l’impression (photos à l’appui) que la future base de plein-air de la Corniche des forts (dont ils feront partie) existe. 2 parcs qui ont été créés en 1970 par des élus communistes. Faut-il le rappeler.

UN ROMAINVILLOIS EN COLÈRE

«Constat de fiasco », l’éditorial de Patrick Appel-Muller dans l’Humanité de ce jour !


S’il n’est pas encore enterré, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est mort. Le constat de décès, signé hier par Édouard Philippe, témoigne d’errements successifs. Lancé il y a quinze ans sans une information et une consultation citoyenne suffisantes, il trépasse avec la négation des résultats d’un référendum départemental qui comptait 500 000 votants ! La démocratie et la citoyenneté ne peuvent en sortir que meurtries et les partisans d’hier deviennent des opposants d’aujourd’hui. Les seuls qui s’en sortent sans dommages sont les actionnaires de Vinci qui savaient qu’ils toucheraient de précieux dividendes si l’équipement se faisait…et s’il ne se faisait pas grâce à de confortables indemnités.

Une autre décision pouvait-elle être prise ? Sans doute pas. Le projet avait vieilli au terme d’un chemin de croix de procédures – 179 décisions de justice – et d’occupation du bocage. Il rencontrait une opposition croissante. Désormais, les équipements géants sont plus vivement questionnés sur leur coût en matière d’environnement et de deniers publics. Sur ce dernier point, il n’est hélas pas certain que l’extension de l’aéroport de Nantes sera plus économe. Aménagé, répondra-t-il aux besoins des 8 millions d’habitants du bassin de transport aérien ? N’ajoutera-t-il pas des nuisances sonores dans un environnement urbain dense ? La ZAD restera-t-elle un objet de haute tension, voire de violences, si son évacuation est finalement menée à bien ? Ce nouveau cap, contraire aux engagements de campagne d’Emmanuel Macron, verra-t-il se dresser face à lui des élus ou des électeurs ulcérés ? Le gouvernement n’aura rien à craindre, c’est certain, d’un Richard Ferrand qui s’est exclamé « enfin ! » après l’annonce d’une décision qui désavouait toutes ses positions ! La souplesse d’échine semble une caractéristique obligée dans le « nouveau monde ».


Édouard Philippe a tranché un dossier qui s’éternisait et beaucoup en sont soulagés. De nombreuses questions restent cependant en suspens et combien d’amertumes.

mercredi 17 janvier 2018

« Le cri des infirmières »


Le problème de la France, ce n’est pas son soi-disant déclin ou appauvrissement. Le problème de la France. C’est que le travail du grand nombre fait la richesse d’une poignée d’autres, et que le gouvernement, pas pour les autres, ne met plus d’argent où il devrait le mettre pour développer notre pays. Entendez le cri des infirmières des hôpitaux et des EHPAD : « Entre ce qu’il faut noter sur l’ordinateur ou le dossier, les protocoles et les procédures administratives, je n’ai plus le temps de faire mon métier de soignante ! » « Dans la réalité, nous avons moins de cinq minutes pour l’aide à la toilette ou l’aide au repas en EHPAD…C’est inhumain ! «  « les contraintes financières modifient profondément notre travail…Nous poussons les familles à reprendre les patient-e-s, quitte à en culpabiliser certain-e-s ! » « Les temps de prévention et d’éducation sanitaire ne sont pas financés… » Voilà monsieur Macron, la parole venue du « bas de la corde », celle qui vient d’exploser aussi ces derniers jours dans les prisons, et fait souffrir tous les jours des centaines de milliers d’agents dans tous les services publics, à commencer par la plus précieux d’entre eux, l’école.


Pour reprendre l’exemple de l’hôpital, les regroupements « GHT » vident les établissements de proximité de leur sens, le désert sanitaire s’étend. Les zones blanches, çà n’existe pas seulement dans la téléphonie. Et quand l’hospitalisation privée prendra le pas, que faudra-t-il faire madame Buzyn ? Négocier en contrepartie sonnantes et trébuchantes avec le privé pour qu’il daigne couvrir les zones blanches. Nos parlementaires, Pierre Dharréville, Laurence Cohen, Dominique Watrin sont à pied d’œuvre et l’hôpital, les EHPAD seront une de nos grandes causes en 2018. Le tout « ambulatoire pourrait conduire à fermer 7 lits sur 10 d’ici à 2020 ! Ce que veut la population, ce ne sont pas des superstructures hospitalières mais des hôpitaux publics de proximité travaillant en concertation avec les services spécialisés, de recherche et d’enseignement, dans un parcours de soins intégrant une offre publique ambulatoire de centre de santé, des équipes en nombre suffisant et bien formées, investies dans la prise en charge partagée. (Extraites des vœux de Pierre Laurent)

Invitation : « Vœux du PCF de Romainville et de leurs élues »



                  BRIGITTE MORANNE
Secrétaire de la Section de Romainville du Parti Communiste Français. 
Elue communiste « Romainville Ensemble Front de Gauche »
                 
                 SOFIA DAUVERGNE

Elue communiste « Romainville Ensemble  Front de Gauche »
Elue communautaire Front de Gauche à « Est-ensemble »
                 
                SAMIA AFROUNE
Elue communiste « Romainville Ensemble Front de Gauche »
                 
                Le Conseil Local du P.C.F de Romainville

vous présentent leurs meilleurs vœux pour l’année 2018 et vous invitent

à une réception amicale le : 

                  SAMEDI 27 JANVIER A 18 h 30


                SALLE DE L’ESPACE CACHIN
                Avenue de la Résistance – Romainville

  

« Petits fauteuils », le billet de Gérard Streiff !


Jean-Pierre Raffarin doit avoir des problèmes avec sa retraite. Pourtant le bonhomme, qui fut député, sénateur, président de région, ministre, premier ministre (et aussi banquier) ne doit pas manquer. Mais faut croire que si : on apprend en effet qu’il vient d’être coopté au conseil d’administration de deux grosses sociétés, Pierre et Vacances la semaine dernière, Plastic Omnium cette semaine. Bonjour les jetons de présence.


On dira que cette manière de compléter sa pension est originale : il suffit d’accumuler les petits fauteuils qui rapportent. Est-ce que cette mesure figurera dans le projet de Macron de réforme des retraites ? Pas sûr, car ce genre de fauteuil est assez rare à trouver, y aura pas de place pour tout le monde.

« Justice », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !


Où est la justice quand trois détenus doivent coexister dans neuf mètres carrés ?une condamnation n’est pas, ne devrait pas être, une condamnation à une perte de la dignité dans laquelle aucun être humain ne saurait se reconstruire.

Les surveillants de nos prisons ont toutes les raisons de se mobiliser pour leurs conditions de travail. Les questions particulières posées par des détenus radicalisés, l’agression de Vendin-le- Vieil ou hier encore l’agression d’une surveillante à Lyon appellent sans doute des réponses nouvelles mais on ne saurait les dissocier de la crise de notre système pénitentiaire. Des démagogues sécuritaires parlent de laxisme, réclament des conditions de détention toujours plus dures mais la réalité c’est que nous avons un problème, non seulement avec nos prisons mais avec la philosophie même, n’ayons pas peur du mot, de la justice et même de notre police.

On entend ces temps-ci des mots étonnants. Le ministre de la justice demande une justice plus ferme. Est-ce bien son rôle de semer sur les magistrats un doute qui ne profite qu’à une droite et son extrême qui ne demandent que çà. On entend dire cà et là, que face à la délinquance, aux agressions totalement condamnables – soyons clairs – qui ont eu lieu ces derniers temps contre des policiers, « la peur doit changer de camp ». La justice n’a pas à être plus ou moins ferme au gré des souhaits de sui que ce soit. Elle à être juste en ayant les moyens de l’être et ce ne sont pas les dernières orientations avancées par la garde des Sceaux qui vont le lui permettre. La police n’a pas vocation à faire peur. Elle est au service des citoyens et de l’ordre républicain. Elle doit poursuivre en en ayant les moyens et l’état d’esprit ceux qui doivent l’être et rassurer les autres, dans les quartiers huppés comme dans les plus populaires.


Oui, nous avons un problème. Après des années de politiques sécuritaires, dont celles des deux derniers quinquennats, une véritable vision républicaine de la justice, de la police, de la peine est à reconstruire.

mardi 16 janvier 2018

« France, terre d’asile », l’éditorial de Michel Guilloux, dans l’Humanité de ce jour !


Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Ne cherchez pas. Ces verbes ne sont pas les têtes de chapitre de la future loi immigration mais le titre du message diffusé par le pape François pour la journée mondiale du migrant et du réfugié, dimanche. « L’histoire de notre pays et le devoir de notre pays est d’accueillir des gens qui sont dans la souffrance, les accueillir, tous. » Ne cherchez pas. Cette déclaration n’est pas du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, mais du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. « Que l’invraisemblable budget qui sert à alimenter la machine de guerre à travers le monde accorde une part, un miette seulement pour aider les citoyens des pays en détresse, pour l’eau potable, l’éducation, la médecine, la création d’entreprises, l’équilibre – la justice. » Ne cherchez pas. Pareille hauteur de vue ne provient pas de l’Élysée. Elle est du Nobel de littérature J. M.G. Le Clézio.

Depuis 1989, et la reprise du « seuil de tolérance » par François Mitterrand, la formule se voulait aussi ferme, de son premier ministre d’alors, « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde », est le seul argument de ceux qui s’opposent aux immigrés à défaut d’avoir une vraie politique d’immigration et d’aide au développement. Elle n’a servi, jusqu’à des projets tel celui de la déchéance de nationalité, qu’à accompagner la prospérité de l’extrême droite et d’étroits calculs d’intérêts qui n’ont rien à voir avec l’avenir du pays.


La France ? Mais de la vallée de la Roya à Menton, du col de Montgenèvre au village auvergnat de Bellenaves, de Lyon à Nantes, de Paris à Calais, elle ouvre les bras et les cœurs à ces hommes et ces femmes, dont nombre d’enfants. Auraient-ils dû faire partie de ces milliers de noyés en Méditerranée ? Devrait-on les laisser mourir de froid dans la neige ? Faudrait-il ajouter à la violence des trafiquants d’une rive celle des nervis de ce côté-ci ? Les bons sentiments n’ont rien à faire ici. Quelle France et quelle Europe si l’accueil se résumait au tapis rouge pour les expatriés de la City ou pour les rois de l’ubérisation sauvage et, pour les autres, tous les autres, qu’ils soient étrangers, chômeurs, lycéens, une seule méthode : le tri.

lundi 15 janvier 2018

« Déni d’humanité », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dan l’Humanité de ce jour !


Pinçons- nous bien fort pour y croire. « C’est un projet de loi totalement équilibré », déclare Gérard Collomb dans le Parisien d’hier. Il parle, vous l’avez compris, du projet de loi sur l’asile et l’immigration, dénoncé par toutes les associations afférentes et bien au-delà, puisqu’apparaissent de plus en plus clairement des dissensions au sein de la majorité parlementaire. Si l’on peut dire, le ministre de l’Intérieur passe même aux aveux en confiant : « Il n’est jamais agréable de passer pour le facho de service. » Et pour cause. Doublement de la durée de rétention, raccourcissement des délais de recours, intention affichée d’accroître sensiblement le nombre d’expulsions, instauration du contrôle des migrants résidant dans les structures d’accueil, etc. : Les majorités conservatrices n’avaient pas pris de mesures aussi contraignantes, qui bafouent l’esprit de notre République et ses traditions multiséculaires, qui entrent en contradiction avec un statut de la convention de Genève datant de 1951 et nous renvoient loin en arrière dans les références abjectes. De Pasqua à Sarkozy, les pires droitiers n’avaient pas osé. Emmanuel Macron y va. Et au pas de charge. Oubliant au passage ses engagements de candidat, quand il louait l’action d’Angéla Merkel qui, clamait-il, « a sauvé notre dignité collective en recueillent des réfugiés en détresse ».


Dans ce dossier ultrasensible et potentiellement ravageur pour le pouvoir, où est précisément la dignité de l’exécutif ? Le défenseur des droits, Jacques Toubon ne le cache pas : « La volonté des pouvoirs publics actuels de considérer qu’il existe des bons et des mauvais migrants, des migrants accueillables et d’autres rejetables par une sorte de tri, est un erreur absolue. » Tout comme le prix Nobel de littérature Jean-Gustave Le Clézio, qui pousse un cri de colère dans l’Obs ; « Comment peut-on faire le tri. Comment distinguer ceux qui méritent l’accueil, pour des raisons politiques, et ceux qui n’en sont pas dignes ? Est-il moins grave de mourir de faim, de détresse, d’abandon, que de mourir sous les coups d’un tyran ? » Les migrants maltraités d’aujourd’hui sont nos parents ou nos frères d’hier. Qui peut assurer qu’il ne sera pas lui-même un migrant de demain ?

samedi 13 janvier 2018

Nouvel impôt ou pas ? Le flou entretenu par Emmanuel Macron


Après la suppression de la taxe d’habitation, "la fiscalité locale sera entièrement repensée", vient de dire madame Gourault, secrétaire d’État auprès du ministre de l’intérieur : savant flou, qui correspond à celui entretenu par Emmanuel Macron sur ce sujet. Devant l'Association des maires de France, le 23 novembre dernier, le président de la République a laissé entrevoir la suppression totale de la taxe d'habitation : "Si cet impôt est mauvais pour 80% des Français, il a peu de chance d'être bon pour les 20% restants…" Sauf que les élus locaux ne voient pas la perspective d'un bon œil : pour eux, elle est synonyme de perte de recettes, la taxe d'habitation servant au financement de services publics au niveau communal (21,9 milliards d'euros en 2016)
Pour rassurer les collectivités, le gouvernement promet dans un premier temps de compenser les pertes "à l'euro près". Mais les collectivités perdent au passage leur autonomie fiscale, pendant que l'Etat creuse son déficit. C'est pourquoi Emmanuel Macron leur a également fait miroiter, le 23 novembre, ceci : "Je pense que cette réforme ne doit être qu'un début. Un début nécessaire et juste. Je souhaite que nous allions plus loin". Annonçant à terme "une refonte en profondeur de la fiscalité locale et en particulier communale".Revoilà donc le flou, "refonte de la fiscalité" étant souvent synonyme de nouvel impôt.

Alors, comment assurer l'autonomie fiscale des collectivités en supprimant comme prévu la taxe d’habitation mais sans créer de nouvel impôt ? "Il n'y a que deux solutionsSoit on crée un nouvel impôt, dont il faut définir les règles : quelles assiettes toucher, s'il doit être communal, intercommunal, départemental ou régional... Soit on fait un transfert d'impôt, par exemple en fléchant une part de la TVA ou de l'impôt sur le revenu vers les communes. Mais pour que cette seconde solution puisse être efficace, cela induit soit une augmentation des prélèvements, soit des économies de la part de l'Etat". Conclusion : pour remplacer la taxe d'habitation, il n'y aura pas nécessairement de nouvel impôt, mais sans aucun doute une augmentation d'autres prélèvements.

vendredi 12 janvier 2018

POUR MADAME BUZYN, L’HÔPITAL NE DOIT PAS AVOIR UNE ACTIVITÉ DÉMESURÉE !


Ce vendredi, la ministre de la santé Agnès Buzyn a estimé qu’il fallait « inventer un nouveau mode de financement » des hôpitaux publics, ce qui est très difficile techniquement car «  il n’y a pas dans les tiroirs aujourd’hui aucun modèle alternatif ». « Il faut qu’on arrive à transformer le modèle de financement de l’hôpital pour que ce ne soit pas uniquement un financement qui pousse à une activité démesurée. Il faut qu’on valorise la compétence particulière des hôpitaux, l’enseignement, la recherche, la capacité à faire une bonne médecine ». Oui vous avez bien lu, IL NE FAUT PAS UNE ACTIVITÉ DÉMESURÉE DE L’HÔPITAL. Autrement dit, ne soyez pas malades ! Concentrons-nous sur des soins utiles ! Madame Buzyn se moque du monde !

Qu’elle demande aux femmes et aux hommes qui travaillent au quotidien à l’hôpital avec des moyens en baisse. Elles, ils subissent le non remplacement des départs en retraite, les fermetures de service. Ces personnels, toutes catégories confondues sont en souffrance, car on leur demande toujours plus avec moins, ils subissent les suppressions de lits, la vétusté du matériel. Il n’y aurait pas d’alternative. C’est comme Margaret Thatcher qui aimait opposer cette sentence définitive à ceux qui osaient ne pas voir le monde à sa façon. Toutes les propositions formulées par les parlementaires communistes lors de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale. La fraude patronale, selon la cour des comptes,  coûte 20 milliards d’euros aux finances de la sécurité sociale. Le gouvernement, rapport à la main pouvait se saisir de la question. Refusé. Pourquoi ne pas mettre à contribution les laboratoires, qui vont bénéficier de l’obligation pour les vaccins, pour assurer la gratuité des nouvelles vaccinations. Refusé. Une taxe sur les salaires prive les hôpitaux de quatre milliards d’euros. Supprimons-là.

Fondamentalement, les difficultés rencontrées par l’hôpital public et plus généralement l’accès aux soins, l’étatisation de la sécurité sociale, sont le résultat de la prédation toujours plus sauvage des richesses par les privilégiés de l’argent. En d’autres termes entre la finance et l’hôpital, la sécurité sociale pour tous il faut choisir. Le gouvernement et sa ministre de la santé l’ont fait !

Mercredi dernier le groupe communiste à l’Assemblée nationale a organisé une rencontre sur le thème « l’hôpital en danger, politique à refonder », en présence des actrices et des acteurs des luttes nombreuses qui se déroulent sur cette question dans tout le pays. « L’hôpital est en crise,  dit l’invitation. De toutes parts nous reviennent les signaux d’alarme tirés par des personnels en souffrance et en lutte. Comme vous, nous sommes convaincus qu’il faut agir. Or, les décisions prises par le gouvernement sont en train d’aggraver encore la situation, nous ne pouvons, nous y résoudre. Lors de des semaines de contrôle de l’Assemblée nationale chaque groupe parlementaire décide du sujet qu’il souhaite inscrire à une séance qui lui est réservée. Nous avons décidé de la consacrer à l’hôpital et d’interroger Mme la Ministre de la santé et nous souhaitons préparer cette séance à ciel ouvert, avec vous »


Eh bien, que madame Buzyn ne vienne pas dire, en écoutant les député-e-s communistes,  qu’en dehors de l’orthodoxie libérale, point de salut pour l’hôpital public

«Contre-feux ! Le nouvel épouvantail « illibéral » (Maud Vergnol)



« Illibéralisme », Emmanuel Macron a utilisé plusieurs fois ce terme lors de ses vœux  à la presse. « Plusieurs régimes politiques sont tentés par l’illibéralisme politique, et à chaque fois c’est évidemment la presse qui est la première menacée », a – t – il  affirmé. Pourquoi brandir soudainement ce terme jusqu’à présent absent des discours politiques ? 

Le président de la République qui a déjà importé une série de concepts anglo-saxons dans le débat public, connaît trop bien la valeur des mots pour l’avoir choisi sans arrière-pensée politique. « L’illibéralisme » est en effet un concept introduit dans les années 1990 pour désigner ces régimes démocratiques sur le papier, parce qu’ils tirent leur légitimité d’élections réelles, mais qui musellent la démocratie et remettent en cause les libertés individuelles. 

Emmanuel Macron désignait donc, avec ce terme, le premier ministre hongrois Viktor Orban, ou le turc Recep Tayyip Erdogan. Alors pourquoi ne pas parler tout simplement de dérives autoritaires ? Sans aucun doute parce que le concept « d’illibéralisme », présente un autre avantage : discréditer toute alternative au libéralisme économique, sur lequel est savamment entretenue la confusion avec le libéralisme politique. Et ainsi distiller dans les esprits que tout projet politique « post-libéral » du point de vue économique serait suspect, forcément antidémocratique et autoritaire. 

Cette instrumentalisation politique est loin du sens que lui donne l’historien Pierre Rosanvallon, qui définit l’illibéralisme comme « la tentation de réduire la démocratie à une légitimation par les urnes des gouvernants, dénonçant les permanences bonapartistes de la pratique du pouvoir. Une tentation qui n’est pas étrangère à Emmanuel Macron.

« Empoisonnement », l’éditorial de Paule Masson dans l’Humanité de ce jour !


Le scénario noir se répète. Après la vache folle, le poulet à la dioxine, les lasagnes à la viande de cheval, les œufs au fipronil, le lait infantile contaminé à la salmonelle déclenche une nouvelle crise alimentaire d’ampleur. La bactérie a été détectée en août, l’alerte seulement formulée en décembre. Les lots de lait ont alors fait l’objet d’un rappel mais des boîtes se trouvaient encore en rayons il y a quelques jours. L’enchaînement coupable des faits oblige le gouvernement à réagir, plutôt mollement. Stéphane Travert, le ministre de l’agriculture évoque « un disfonctionnement majeur » quand l’affaire révèle des cas d’empoisonnement de nourrissons ! Face à l’accumulation de mauvaise foi, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « mise en danger de la vie d’autrui ». C’est la moins que l’on puisse faire et un comble lorsqu’il s’agit d’entreprises dont la fonction première est de nourrir !

Le problème n’est pas en réalité de se perdre en conjecture pour trouver qui de Lactalis ou de Leclerc est le plus coupable. La responsabilité doit interroger un modèle qui a couronné l’agrobusiness dont tout ce petit monde fait partie. L’industrialisation de l’alimentation a concentré la nourriture entre les mains de quelques multinationales, de la graine plantée, dont Monsanto s’arroge la propriété, à la transformation et son lot de malbouffe, en passant par la distribution, qui dicte les prix et étrangle les paysans. La nourriture est devenue chair à spéculation. La course à la rentabilité, dictée par la chier des charges du commerce mondial, a sonné le glas de la qualité et de la diversité.


L’acte de manger devrait conforter la vie. Aujourd’hui il rend malade, alimente toutes les pathologies modernes, obésité, diabète, cancers. Issu de la révolution verte, le système est devenu tout-puissant mais il est à bout de souffle, contesté, en proie à la défiance grandissante d’une partie du public qui craint pour sa santé et cherche les moyens de mettre en marche une révolution. Elle pourrait s’avérer délicieuse.

jeudi 11 janvier 2018

" Coup d'Etat local ", l'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l'Humanité de ce jour !


Loin des regards et de l’attention des citoyens, un big-bang institutionnel et territorial se prépare en silence. Il concerne la plus grande de nos régions, celle dite du Grand Paris, qui, selon la formule consacrée n’est rien d’autre que « le poumon économique de la France ». Cette zone de 131 communes dont le PIB est jalousé par certains États de l’Europe s’apprête à vivre une contre-révolution : le pouvoir actuel, dans la lignée de ses prédécesseurs, veut imposer ni plus ni moins que la sortie de notre histoire républicaine à la française, comme en témoigne une note du préfet d’Île-de-France révélée avant les fêtes qui professe la suppression de tous les départements, donc de leur compétence. Inutile de chercher la « cohérence ».Elle porte un unique nom : libéralisme. Et un cadre, soi-disant « libre et non faussé » : l’Europe des régions, par lesquelles les territoires et les métropoles s’extraient des processus citoyens en privilégiant les logiques marchandes et la compétition économique. Résumons ; seules les grandes régions, mises en concurrence entre elles, sortiront vivantes du champ de bataille financier.


L’affaires est grave, mais loin d’être achevée. Car au départ, le Grand Paris était une idée qui aurait pu déboucher sur un projet mettant en œuvre  plus d’égalité, plus de solidarité et plus d’inclusion en tant que réponse politique aux inégalités sociales et territoriales d’espaces urbains en profonde mutation. Le chemin inverse semble privilégié, visant à minimiser les champs d’action des collectivités locales pour réduire au maximum la place des services publics. À l’étape actuelle, la métropole du Grand Paris reste une communauté d’élus et pas celle des citoyens. Pourtant, quand on leur donne la parole, les habitants concernés ne taisent pas leurs aspirations, qui oscillent entre espoir d’égalité et peur du déclassement. Ils savent que l’avenir de leur territoire peut leur échapper et se transformer en relégation territoriale…Chacun doit pouvoir juger sur pièces et s’opposer à la vision libérale de l’aménagement du territoire, donc de nos vies quotidiennes. Çà s’appelle la démocratie.

mercredi 10 janvier 2018

Migrants disparus en mer : " Les politiques de l'UE et des États membres sont responsables "


Une fois encore, la Méditerranée s'est transformée en cimetière.

Ces derniers jours, ce sont plus d'une centaine d'hommes et de femmes migrants qui ont péri en mer ou sont disparus dans le naufrage de leur embarcation.

Une fois encore, ce sont les politiques de l'Union européenne et des États membres qui sont responsables de ces drames.
Car la solution est connue : la mise en place de voies de passage sécurisées pour permettre à ces exclus de rejoindre l'Europe et de fuir l'enfer libyen.

Pierre Laurent, en visite hier au Centre d'accueil d'urgence Porte de la Chapelle, a eu l'occasion de rappeler l'inhumanité de cette politique. En présence de Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs solidarité et de Paul Duprez, son président, il a souligné le rôle remarquable de ce centre. Il a rappelé l'exigence du retrait de la circulaire du 12 décembre (condamnée par toutes les associations) autorisant l'inspection dans les centres d'accueil des migrants et de leur situation administrative.
Pierre Laurent a également condamné les mesures annoncées de la prochaine loi migratoire par Emmanuel Macron, qu'il a qualifié de « particulièrement dure » qui place en priorité une politique d'exclusion massive et de dissuasion migratoire.

" Confusion des genres ", l'éditorial de Maud Vergnol dans l'Humanité de ce jour !


Mariama ne sera pas enterrée dans les pages « faits divers ». Une marche silencieuse parcourra Montreuil aujourd’hui pour rendre hommage à la jeune femme assassinée par son conjoint le 29 décembre. Son nom vient s’ajouter au décompte macabre des féminicides commis en France, où une femme meurt tous les trois jours sous les coups d’un homme. Ces violence n’épargnent aucun milieu, aucune génération, aucune nationalité, aucune religion. Le calvaire de Mariama, victime d’un mariage forcé, est tristement emblématique de la spirale infernale des rapports de domination. Au bout de la chaîne : des morts, des conjoints, des amants qui considèrent avoir droit de vie ou de mort sur « leur » femme. Un assassinat n’est pas un « drame conjugal ». Encore moins un « crime passionnel ».

La lutte contre le sexisme a besoin d’une révolution du langage et des représentations. Non, l’emploi du mot « féminicide » n’est pas la dernière lubie d’une poignée d’hystériques. Inscrit en lettres rouges sur la Abribus ou le sol des parcours de manifestations, il a fait son apparition, ces dernières années, grâce aux associations féministes qui plaident en faveur d’une reconnaissance légale du féminicide. Près de 20 pays l’ont déjà intégré dans leur législation, permettant non seulement de rendre visible un fléau trop longtemps enfermé dans la sphère privée, mais aussi d’adapter les politiques publiques à ce phénomène systémique.


En France, une première étape a été franchie avec l’introduction récente d’une circonstance aggravante dans le Code pénal. Bien sûr, ces avancées, même considérables, ne permettront pas à elles seules de s’attaquer à l’ensemble des mécanismes sociaux qui engendrent les violences faites aux femmes. La récente campagne de pub initiée à Béziers, tournant en dérision un féminicide, a rappelé la banalisation de ces violences dans l’espace public, distillant dans l’inconscient collectif que le corps des femmes est un objet qu’on peut brutaliser. Une femme qu’on peut défenestrer. Violence symboliques, violences physiques : ne rien laisser passer.

" Tribune d'Hervé Bramy et de Robert Clément "


NOUS RELAYONS UNE TRIBUNE D'HERVE  BRAMY ET DE ROBERT CLEMENT PUBLIEE DANS LE MAGAZINE DU CONSEIL DEPARTEMENTAL

Monsieur le président,

Récemment, l’Assemblée départementale que vous présidez a dénoncé l’asphyxie financière que subit notre collectivité. Elle est à la fois générée par la hausse des « dépenses sociales » qui traduit les difficiles conditions de vie des habitant·e·s et par les politiques d'austérité des finances publiques conduites dans le pays depuis trop longtemps maintenant. Cette aggravation de la situation de notre département nous conduit à nous associer aux initiatives que vous prenez pour alerter nos concitoyen·ne·s. C'est le sens même de ce texte que nous pensons utile de rendre public. Nous souhaitons, au regard de notre expérience, vous faire part de notre sentiment sur cette dégradation ancienne et continue de la situation financière que connaît notre Département. Reconnaissons-le, à gauche, nous avons eu de très nombreux débats et nous avons perdu beaucoup de temps.
Ce problème n'est pas nouveau.
Car en fait, tout commence dès le 10 décembre 2002, lors d’une séance spéciale de notre Assemblée départementale consacrée au projet de loi constitutionnelle, que Monsieur Raffarin aimait appeler « la mère de toutes les réformes ». Nous alertions sur ses dangers. Nous disions alors que ces dispositions allaient bouleverser la vie quotidienne des Français·e·s c'est pourquoi nous avions porté l’exigence d’un référendum populaire. Les faits nous ont malheureusement donné raison. Le 28 mars 2003, cette loi constitutionnelle fut adoptée à l’unanimité, à l’exception des parlementaires communistes. Elle constitue, à notre sens, une des causes principales des difficultés que vivent les départements avec le transfert du RMI (devenu RSA), des routes nationales et le transfert des personnels TOS des collèges. Ainsi en lieu et place de la République des proximités, c’est la République des inégalités aggravées que nous concoctait ce projet présenté au nom de la décentralisation.

Pas de décentralisation sans transferts financiers !
Comme nous n’avons cessé de le clamer, année après année, « il ne peut y avoir de décentralisation sans les transferts financiers qui l’accompagnent». Car si depuis  1982, chacun reconnaît les avancées que les différentes lois de décentralisation ont permises, comment ne pas constater qu’une profonde réforme de la fiscalité locale et une refondation des relations avec l’État et les collectivités s’avérait indispensable. Au lieu de cela c’est le chemin inverse qui a été pris. Dès 2004, quitte à passer pour d’horribles centralisateurs, nous exigions de « l’État qu’il reprenne, au nom de la solidarité nationale le versement des allocations aux bénéficiaires du RMI, puis du RSA ». En 2005 nous éditions une première carte pétition citoyenne pour que l’État rembourse sa dette qui n'a cessé depuis d'augmenter. Nous étions bien seuls à clamer cette exigence au sein de l'assemblée des Départements de France. Depuis cette requête a fait son chemin, mais beaucoup trop lentement à notre goût. Dans le même temps, nous exigions que l’autonomie des personnes âgées dépendantes soit inscrite comme un droit, au même titre que le droit à la santé ou à la retraite. C’est ce que nous nommions la 5e branche de la Sécurité sociale. Depuis lors, la situation n’a fait que se dégrader pour en arriver au nouveau constat que vient de faire l’Assemblée départementale. Enfin, c'est également durant cette période que contraints à augmenter les impôts départementaux pour équilibrer le budget,  nous  décidions dans le même mouvement de financer à 50 % la carte Imagin'R pour tous les jeunes collégien·ne·s et étudiant·e·s du département, l'attribution d'un chèque aux familles pour lutter contre la fracture numérique des collégiens, l'aide au permis de conduire pour les jeunes en insertion professionnelle. Ces avancées ont pour une part disparu et nous le regrettons en constatant qu'elles ont été préservées en Val-de-Marne par exemple. Malgré toute nos mobilisations, nous ne sommes pas vraiment parvenus à faire reconnaître par l’État les spécificités de notre département qui est loin d'être dépourvu de potentiels et d'atouts.
Nous signons votre pétition
Monsieur le président, vous avez adressé aux foyers de notre département une pétition pour le maintien des services publics de proximité. Nous nous associons volontiers à cette initiative, qui s’inscrit d’ailleurs dans l’action que nous  n’avons jamais cessé de mener pour le maintien des départements. Notre conviction n’a jamais varié, car elle est fait partie intégrante, selon nous, du combat contre les inégalités sociales et territoriales. En 2012, nous nous exprimions ainsi : « À un moment où les dividendes des actionnaires explosent, n’est-il pas temps d’envisager  la taxation des actifs financiers ? L’asphyxie financière des départements, et particulièrement le nôtre, est due pour l’essentiel aux dépenses liées à l’APA et au RSA non compensées par l’État. Sa dette à l’égard de la Seine-Saint-Denis s’élève à 800 millions d’euros. Il est justifié de demander son remboursement. [...] Mieux vaut prendre les choses à l’endroit et mettre au cœur de la réflexion ce qui fait la vie quotidienne des habitants : salaires, emploi, formation, logement, transports, services publics. Et comment imaginer que nous pourrions y répondre sans que soient portés d’autres choix, d’autres logiques économiques, sociales, écologiques  et démocratiques. L’agglomération parisienne est une mégapole internationale. Elle ne peut se passer de l’intervention de l’État en tant que garant de  la  solidarité  nationale ». Ce que nous disions à l'époque reste vrai encore aujourd'hui.
Et voici que le nouveau président de la République s’apprête à annoncer prochainement, la fin des Conseils départementaux dans les grandes métropoles. Ce serait le cas pour les trois départements de la petite couronne parisienne. Trois collectivités représentant 20 000 agents et plus de 5 milliards d’euros de budget. Ainsi 50   années après leur création, nous en reviendrions en quelque sorte   au « Département de la Seine ». Alors que tout appelle à une nouvelle décentralisation, à un nouvel âge de la démocratie, le schéma qui se profile, ressemblerait davantage à une « recentralisation », à l’échelle métropolitaine. Et comme toujours, les mêmes arguments : « réduire les coûts », « mutualiser », « faire des économies », « plus de superposition des échelons » …Cette même rengaine nous est servie depuis une bonne vingtaine d’années.

Avenir des départements : placer le débat entre les mains des citoyens
Pour notre part, nous disons qu'il faut ouvrir le débat en grand pour remettre les citoyen·ne·s dans le jeu et faire grandir l'exigence que ce n’est pas au président de la République, pas plus qu’au président de la Métropole ou à la maire de Paris  de décider de l’avenir de nos départements, c’est à leurs habitant·e·s.
On nous dit que les compétences assumées aujourd’hui par les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de Marne le seraient par les Conseils territoriaux et la Métropole. Quelle efficacité pourrait-on attendre de la gestion des quelques 400 collèges, auxquels il faut ajouter ceux de Paris, par la Métropole ? Comment oser parler de doublons alors que les départements assument des compétences qui ne se recoupent aucunement avec celles des  autres  collectivités ? Que deviendraient les 20 000 agents concernés ? Imaginons que les compétences sociales soient assumées par les conseils territoriaux - il en existe 11 dans les trois départements - à l’évidence, ils ne possèdent ni les mêmes moyens, ni les mêmes ressources. Ainsi, alors qu’on nous répète que ce nouveau « mécano » vise à réduire les inégalités sociales et territoriales, il ne ferait que les aggraver. Le Département est bien le seul espace pertinent pour traiter de manière égalitaire tou·te·s les citoyen·ne·s.
La commune dont l’existence est réduite à sa plus simple expression, 11 conseils territoriaux, la région et une Métropole branchée sur Bruxelles, faisant la pige à Francfort et au « Grand Londres ». Voilà ce que souhaiteraient imposer Macron et son gouvernement, dans la continuité de la loi NOTRe. Une « architecture » éloignant toujours plus les citoyen·ne·s des pouvoirs de décision. Alors qu’il s’agirait au contraire, de renforcer la démocratie locale en approfondissant la décentralisation des pouvoirs autour des trois échelons que sont la commune, le département et la région, avec l'ambition de lutter contre les graves inégalités sociales et territoriales
qui dévorent une des plus riches régions d'Europe. Vous pouvez donc compter sur notre détermination à nous opposer à la disparition des départements
On ne demande pas l'aumône, on porte plainte
Constatons objectivement que les politiques d'austérité des finances publiques ont également contribué à rendre la vie difficile à nos collectivités, aux services publics de proximité et ont réduit l'investissement des Département. Près de 11 milliards d'euros ont été soustraits arbitrairement à l'ensemble des collectivités durant la période 2015 à 2017. Pour les cinq années à venir ce sont 13 nouveaux milliards d'efforts financiers qui sont demandés aux collectivités locales. Pour les départements c'est la double peine. Augmentation des versements RSA conséquence d'un haut taux de chômage structurel, augmentation des versements APA compte tenu de l'allongement de vie de nos aîné·e·s et baisse des dotations versées par l’État au nom de la réduction du déficit public imposé par les règles du traité européen de Maastricht. C'est ce double effet ciseaux qui asphyxie notre département. Nous ne pensons pas comme M. Castaner, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement et délégué général La République en marche, que « Notre pays est drogué à la dépense publique ». Il est grave de porter une telle appréciation sur la réalité sociale de notre pays alors que les dépenses des collectivités ne pèsent que pour 8% environ dans la dette publique !
L'argent existe pour satisfaire nombre de besoins humains aujourd'hui sacrifiés sur l'autel de la finance comme tiennent à le rappeler les conseillers départementaux communistes. La place manque ici pour proposer des alternatives aux choix financiers, passés et actuels, des gouvernements successifs. Pour notre part, nous considérons qu'il est toujours temps d'élargir, à gauche, les mobilisations et les rassemblements de toutes celles et tous ceux qui veulent en finir avec les politiques d'austérité, la réduction des services publics rendus à la population et du nombre de fonctionnaires, et enfin agir pour d'autres politiques financières au service du développement humain.
Nous restons disponibles pour cela.
 Robert Clément

Président du Conseil général de Seine-Saint-Denis de 1993 à 2004


Hervé Bramy,

Président du Conseil général de Seine-Saint-Denis de 2004 à 2008

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