LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mercredi 25 avril 2018

« Peut-on critiquer la politique israélienne », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité de ce jour !



Peut-on dire ce que l’on pense du gouvernement israélien sans être taxé d’antisémitisme ? La question ces temps-ci, hante opportunément le débat public. En témoigne l’agression que vient de subir le directeur de l’Iris, Pascal Boniface, à l’aéroport de Tel-Aviv. Crachats, bousculade violente. Insultes : « Suceur de bites d’Arabe, sale fils de pute. » Menaces : « On va te crever les yeux. »Invité en Israël par l’Institut français de Jérusalem pour une série de conférences, Pascal Boniface a été mis à l’abri par la police, qui s’est bien gardée d’interpeller ses agresseurs. L’affaire n’a l’air de rien. Elle illustre au contraire l’ampleur des cabales dont sont victimes tous ceux qui de près ou loin, expriment leur opinion – souvent leur indignation – sur la politique israélienne. Parce qu’il critique depuis des années les agissements du pouvoir israélien, Pascal Boniface est accusé d’antisémitisme. Cette qualification, en contradiction totale avec ses combats personnels, se veut infâme et déshonorante. Il n’est pas le seul. Combien d’élus français de gauche, singulièrement des communistes, ont été refoulés d’Israël en raison de leur soutien à la campagne BDS ?

Critiquer l’extrémisme des pouvoirs israéliens = antisémitisme…Il y a quelques décennies, cette formule paraissait absurde, sauf dans quelques cercles jusqu’auboutistes. Cette idée devient aujourd’hui un lieu commun, que répètent en boucle et sans nuances, jusqu’à lui faire perdre tout son sens, les supporters les plus aveugles du premier ministre Benyamin Netanyahou, sur la base d’un obscur procès d’intention qui pose comme présomption irréfragable que le moindre critique ne serait en réalité que le masque d’une haine antijuive sournoise et inavouable, relevant à ce titre de la catégorie fourre-tout de l’ « antisionisme », et donc…de l’antisémitisme. Nous conjurons les humains de bonne volonté d’élever les consciences ! Est-ce un délit de répéter que c’est la volonté du gouvernement israélien d’occuper la Palestine et transformer Gaza en prison à ciel ouvert ? Qui osera nous accuser d’antisémitisme, nous, antiracistes de toujours, parce que nous écrivons pour la énième fois que l’exécutif israélien viole tous les chapitres du droit international, ce que chacun sait pourtant, à l’ONU comme dans le reste du monde.

mardi 24 avril 2018

« Mots piégés dans le clair-obscur », l’éditorial de Maud Vergnol, dans l’Humanité de ce jour !



Les mots aussi font des ravages. Le lent glissement sémantique du débat politique, qui permet aujourd’hui à un ministre de l’intérieur dit « progressiste » de reprendre à son compte le terme de « submersion migratoire «, est en passe d’occuper  tout l’espace public. Les termes du débat sur la loi asile et immigration témoignent d’une dérive idéologique, qui voit s’épanouir les « paniques identitaires » sur les bancs de la représentation nationale. L’extrême droite ne cache pas sa satisfaction, n’hésitant pas comme Nicolas Sarkozy en son temps, à se réclamer ostensiblement de Gramsci. L’auteur des « cahiers de prison » doit se retourner dans sa tombe ! Car cette récupération tactique de celui qui rappelait que la conquête du pouvoir passait par les idées, et donc par le langage, est une aberration totale. L’intellectuel communiste appelait à mener la bataille des idées pour soustraire les classes populaires à l’idéologie dominante afin de conquérir le pouvoir, ne cessant, au prix de la liberté,  d’œuvrer à la construction du « parti des opprimés ». Son œuvre est l’antithèse des manipulations idéologiques à l’œuvre aujourd’hui, qui consistent à camoufler la violence sociale sous des expressions abstraites, à substituer au discours politique la communication et « les éléments de langage », à imposer des débats piégés en diffusant subrepticement des sens implicites, voire de préjugés, tapis dans les usages de certains mots.

L’appel qui prétend lutter contre l’antisémitisme, rendu public dimanche, en est l’illustration dramatique. C’est l’aboutissement inquiétant des amalgames imbéciles entre musulmans et terroristes, critique de la politique israélienne et antisémitisme. Dénonçant contre toute raison, « une épuration ethnique à bas bruit », il exonère à bon compte la responsabilité de l’extrême droite, dont le gourou négationniste Jean-Marie Le Pen vient d’être définitivement condamné pour ses propos iniques sur les chambres à gaz. Les monstres ont déjà surgi, et le nouveau monde tarde à vraiment apparaître.

lundi 23 avril 2018

Face à Macron, nous sommes de toutes les mobilisations

Les mobilisations et les colères sociales s'étendent dans le pays contre les politiques d'austérité et d'injustice du gouvernement Macron, contre son arrogance et son autoritarisme. Les communistes sont de toutes ces mobilisations, dans le droit fil des votes de nos parlementaires à l'Assemblée nationale et au Sénat contre les lois et les budgets qui provoquent aujourd'hui tant de rejet. La journée d'action interprofessionnelle du 19 avril a marqué une nouvelle étape de l'extension de ces luttes. Des centaines de milliers de femmes et d'hommes participent désormais aux grèves et à de multiples actions pour leurs revendications, pour l'avenir des service publics, pour améliorer leurs conditions de vie et de travail, pour défendre leurs emplois, leur pouvoir d'achat, le droit aux études, pour  stopper les logiques libérales et conquérir de nouveaux droits.
Dans ces mobilisations multiples, un climat nouveau est en train de grandir. Dans les AG, les manifestations, dans les entreprises et sur les marchés, les débats s’aiguisent et la recherche de convergences, de solutions plus justes pour le plus grand nombre et d'idées alternatives aux logiques  de la finance capitaliste est mise en débat. Le mouvement peut et doit encore beaucoup grandir pour faire reculer le pouvoir Macron. Celui-ci ne s’y trompe pas en utilisant la force. Procédé connu, que nous condamnons fermement pour faire casser les mouvements en cours. C'est donc le moment d'intensifier nos actions, de populariser arguments et solutions nouvelles, d'unifier ces luttes car toutes se heurtent aux mêmes logiques d'austérité et de déréglementation sociale.
Emmanuel Macron et ses ministres trustent les médias, qui relaient quotidiennement les arguments du pouvoir. La bataille d'idées fait rage. Nous invitons les communistes, aux côtés des syndicalistes, à riposter pied à pied en portant des propositions alternatives pour financer les services publics, l'emploi, le pouvoir d'achat, les universités et l'éducation, et pour en finir avec les privilèges accordés à la finance, aux actionnaires, aux grandes fortunes. Dans cette bataille d'idées, les communistes  peuvent largement diffuser l'Humanité, l'Humanité Dimanche, la presse régionale progressiste, comme La Marseillaise, l’Echo. Ils peuvent également relayer, via les réseaux sociaux, toutes les luttes en cours, toutes les propositions et les argumentaires alternatifs développés par celles et ceux qui sont en lutte, et notamment les  vidéos argumentaires, les cahiers d'acteurs émanant du PCF, de ses parlementaires et élus·e·s. Nous pouvons inonder la toile si chacune et chacun les partage. Au-delà des réseaux sociaux, nous appelons à multiplier les réunions publiques et points de rencontre pour mettre en débat les propositions alternatives à la politique de Macron, afin que le pays s'empare de cette idée : "oui, d'autres choix sont possibles". 
Nous appelons l'ensemble des communistes à initier et à investir partout où ils vivent, où ils travaillent, les mobilisations, et à participer à tous les rassemblements, débats, manifestations, du local au national.
Dans tout le pays, préparons désormais un très grand 1er mai 2018 de mobilisations et de convergences qui aura une couleur particulière cette année. La vente militante du muguet par les communistes doit être ce jour là l'occasion d'un débat à grande échelle dans tout le pays.
Nous appelons les communistes à être présents et actifs, avec leurs propositions, dans tous les rendez-vous d'ores et déjà annoncés et dans ceux qui le seront dans les jours à venir, pour faire d'avril, mai et juin trois mois de luttes généralisées dans le pays : aux côtés des cheminot.e.s et des électriciens et gaziers, dans chacune de leurs journées de grève ; le 25 avril aux manifestations des chômeuses et chômeurs ; au meeting unitaire de la gauche et des écologistes du lundi 30 avril, Place de la République à Paris, et dans les initiatives unitaires de la gauche dans le pays ; le 3 mai avec les enseignant.e.s et les lycéen.ne.s contre la sélection ; le 5 mai à la manifestation « pot-au-feu : la fête à Macron » ; le 22 mai avec les fonctionnaires et les hospitaliers; le 9 juin pour la  « Marche sur l’Élysée » des « oublié.e.s de la République » ; le 14 juin avec les retraité.e.s ; le 23 juin à l' initiative nationale à l'appel de la Convergence des services publics et à toutes les autres initiatives qui continuent de se construire.
Le Parti communiste fera tout, au cœur de ces mois de luttes, pour que la convergence professionnelle, syndicale et des forces de gauche se renforce. Il agira pour qu'une date nationale de mobilisation réunissant l'ensemble de ces forces permette au pays de montrer son unité et sa force face au mépris du pouvoir. Il travaillera à la construction d'une plate-forme de convergence commune au maximum de ces forces.
Au service de cette dynamique, nous mettons sur la table la proposition d'une votation citoyenne nationale sur l'avenir du service public ferroviaire et de tous les services publics dont l'organisation serait à co-construire avec toutes les organisations, les citoyen.ne.s, les élu·e·s locaux qui le souhaitent.
Nous appelons à organiser la solidarité concrète avec les grévistes, mais aussi avec toutes celles et ceux qui souffrent et ont besoin de protection.
Nous proposons également d'organiser dans tout le pays des chaînes humaines pour protéger nos biens communs que sont les services publics et les emplois menacés dans les entreprises en lutte.

Le Comité exécutif national du Parti communiste français

Paris, le 22 avril 2018

« Berezina morale », l’éditorial de Michel Guilloux dans l’Humanité de ce jour !



Outre le goût pour le roulement des muscles, le remilitarisation de l’Europe, la célébration de la loi du fric et le mépris pour tout ce qui pourrait relever de la solidarité, les présidents français et des États-Unis partagent bien d’autres choix politiques, dont la figure du migrant pourrait être le sinistre trophée. Au Palais Bourbon, on a poursuivi, ce week-end, l’édification d’un autre « mur » de dispositions légales abjectes. On essaye toujours de saisir l’étrange logique d’un ministre de l’intérieur qui, entre autres, explique que « le dispositif national d’asile étant aujourd’hui occupé à 20% par des gens qui devraient être éloignés immédiatement », la priorité est de multiplier par deux la durée de détention et de la porter de 45 à 90 jours. On appréciera l’humanité du même, envisageant, face à ceux que le sort réservé aux enfants offusquait, de séparer les familles en plaçant ceux-ci à l’ASE, le temps de traitement du dossier familial, sans parler des femmes enceintes, à l’ère du MeTo.

« Berezina morale » estime la Cimade, l’organisation chrétienne de défense des persécutés et déplacés de force, depuis les années 1939 et 1940. Une brèche a toutefois été ouverte au sujet du délit de solidarité. Les débats ont été prolongés au-delà du souhait du « maître des horloges ». Des fêlures apparaissent dans la discipline de caserne du groupe majoritaire. Autant de raisons pour tous, des citoyens sur le terrain aux associations et jusqu’aux élus de gauche dans leur diversité, de poursuivre un effort commun, des cols et des rues de tout le pays au Parlement.

Les migrations, dont l’Europe et la France « n’accueillent » qu’une infime part, ont deux sources majeures : la guerre économique, qui laisse un continent comme l’Afrique à l’état de terre à piller, et la guerre tout court. Les récents bombardements de la Syrie et maintenant le dossier iranien à la sauce Trump n’apportent aucune solution aux peuples de la région. À l’opposé de cette politique de la canonnière, la solution est politique et multilatérale, donc dans un cadre reconnu et par des voies diplomatiques n’excluant aucun terme de l’équation. La France s’est toujours grandie quand elle a choisi cette voie.

dimanche 22 avril 2018

Prélèvement à la source : « l’enfumage de Gérard Darmanin » !


« L’impôt s’adaptera à votre vie. C’est une grande simplification. Désormais le contribuable paiera l’impôt sur le revenu au moment où il le recevra…Rien ne change concernant les réductions d’impôts. L’impôt à la source n’est pas une réforme du calcul de l’impôt, mais la façon de le payer » ; Voici donc ce que vient de déclarer le ministre du budget. Quel aplomb ! Comment celui qui a en charge ce dossier peut-il proférer de tels mensonges. Certes les réductions d’impôts seront bien prises en compte… MAIS À L’ÉTÉ 2019. J’ai écrit sur ce sujet le 13 avril dernier Voici d’ailleurs ce que vous retrouvez sur le site gouvernemental :
5. Vais-je garder le bénéfice de mes réductions et crédits d'impôt sur mes dépenses effectuées en 2018 ?
Oui, le bénéfice des réductions et crédits d'impôt acquis au titre de 2018 sera maintenu. Ceux-ci seront pris en compte au moment du solde de l'impôt, à l'été 2019.
Pour les services à domicile et garde d’enfant de moins de 6 ans, le versement d’un acompte de crédit d’impôt est prévu au premier trimestre 2019. Il sera égal à 30 % du crédit d’impôt de l’année précédente (crédit 2018 au titre des dépenses 2017).
Le solde sera versé en août 2019, après la déclaration de revenus qui reste inchangée et qui permettra de déclarer le montant des dépenses engagées en 2018 ouvrant droit au crédit d’impôt.

En clair vous allez permettre aux entreprises et à l’État de faire de la trésorerie sur votre dos

samedi 21 avril 2018

Qui dit mixité sociale, dit mixité sociale en termes d'habitat (François André)


Nous publions ce texte que nous a fait parvenir François André !
Notre Maire ne cesse de nous rabâcher que ses options urbanistiques sont guidées par la volonté d’une mixité sociale. A Romainville, ce processus est bien lancé, il suffit de constater l’afflux sur notre territoire de jeunes couples qui ne trouvent pas à se loger dans Paris intra-muros. Leur Paris sera maintenant Romainville, qui disposera du métro à leur porte dans quelques années. Cet état de fait ne me choque pas, cependant, il n’est pas sans conséquences.
Notre municipalité qui se dit de gauche, avec à sa tête un Maire qui s’est écarté du PC pour manœuvrer à sa guise, ne fait pas à ce jour la démonstration que la mixité et l’équité prônées s’appliquent. C’est bien par une politique sociale de l’habitat que l’on peut atteindre cet objectif.
Certes C V nous avait annoncé la couleur depuis bien longtemps, par des déclarations du type: ‘’Je veux qu’il y ait des riches à Romainville’’ ou encore ‘’notre ville dispose d’un parc de logements sociaux bien au-dessus de la moyenne nationale (près de 50%°)’’. En d’autres termes, des pauvres nous en avons assez. Qu’ils aillent ailleurs !
Les treize bailleurs sociaux de Romainville croulent sous les demandes de logement qu’ils ne peuvent pas satisfaire. Ces demandes nombreuses sont dues à la précarité que subissent nombre de foyers franciliens. Notre élue, pour faire bonne figure, à institué en 2012, une charte des promoteurs sensée limiter la pression foncière. Qu’en est-il à ce jour: On constate que certains appartements sont mis en vente à près de 5.000 euros du m2. Cela va dans le sens souhaité : Un afflux de riches dans notre village. C’est bien pour ceux qui peuvent se le permettre, mais pour les autres, ceux qui vivaient là que deviennent-ils ?
Rassurez- vous, cet aspect de la situation est maîtrisé (on aime bien utiliser ce terme). Alors un exemple : Le 20 Mars, C V et son aéropage inauguraient la ZAC Jean-Lemoine. 188 logements dont 123 en accession (s’ils sont loués, ils le seront à loyer libre). 51 en prêt locatif intermédiaire (PLI). 14 en prêt locatif social (PLS). De quoi s’agit-il ? Les promoteurs profitant de prêts intéressants, s’engagent à louer ces logements à des prix plafonnés, pendant une durée déterminée.
Les PLI sont destinés à des locataires qui du fait de leurs revenus ne peuvent pas prétendre à des logements de type HLM. Le montant du m2 de loyer est plafonné à 12.50 euros.*
Les PLS s’adressent aux moins nantis, le plafond de location est de 9.06 euros du m².*
Pensez-vous que les promoteurs vont se priver d’appliquer ces tarifs maximum ?
Dans le même temps les locataires des bailleurs sociaux pour la plupart, tirent la langue en fin de mois, ont des loyers (pour Romainville Habitat) qui varient entre 4 et un peu plus de 5 euros du m2 (calcul ramené à la surface habitable et non corrigée).
Faut-il en dire plus sur la politique de cohésion et d’équité sociales vantée par notre Maire ?
François ANDRE Avril 2018
* Sources : Agence Nationale de l’Habitat, valeurs applicables au secteur A

vendredi 20 avril 2018

« Une mauvaise chose » ; l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !


Quand les scandaleuses surenchères extrémistes de Laurent Wauquiez sur l’immigration et le droit du sol ne suffisent pas à faire un programme, la droite n’a d’autres ressources que de voler au secours de l’action du gouvernement, quitte à prendre ses désirs pour des réalités. Hier l’éditorialiste du Figaro voyait dans la journée d’action « le chant du cygne rouge », autrement dit les soubresauts d’agonie d’une CGT isolée qui serait le « dernier vestige marxiste du XXe siècle, c’est – à – dire du monde d’avant ». Voilà une rhétorique propre à séduire les lecteurs du journal de Serge Dassault, mais la réalité est autre. Hier, l’intersyndicale CGT-CFDT-Unsa de la SNCF annonçait qu’elle suspendait ses rencontres avec la ministre des Transports, Élisabeth Borne. La rupture de l’unité d’action syndicale sur cette question n’est pas à l’ordre du jour. Plus largement, le malaise profond qui travaille la France des retraités, des hôpitaux, des Ehpad, de la fonction publique, des universités, n’a rien à voir avec le chant du cygne.

L’opinion est partagée sur l’action d’Emmanuel Macron. Une part non négligeable le crédite d’une réelle volonté de réformes sans en mesurer la portée en termes de régression sociale et il est exact que, en l’absence d’alternative aujourd’hui crédible, un récent sondage avance qu’il recueillerait 36% des voix si une élection présidentielle avait lieu. Dans le même moment pourtant 52% des Français estiment que son élection est une « mauvaise chose ». Les sondages sont ce qu’ils sont mais l’expression pèse lourd. Elle est le terrain des protestations multiples qui s’expriment, en même temps qu’une sourde inquiétude travaille des millions de Français face à une politique de mise en cause des services publics et des solidarités, favorable aux plus riches. Il ne s’agit pas de vestiges marxistes mais des réalités et si tous ceux-là ne sont pas dans les grèves ou les manifestations, ils ont bien le sentiment que cette politique n’est pas bonne pour eux. Ce n’est pas le monde d’avant, c’est celui d’aujourd’hui et des jours à venir.

jeudi 19 avril 2018

« Train de solidarité », l’éditorial de Paule Masson dans l’Humanité de ce jour !


Il y a huit jours, dans un coup de gueule sur le plateau de C à vous devenu viral sur les réseaux sociaux, l’actrice Corinne Masiero demandait à Emmanuel Macron « d’arrêter ses conneries » et « d’écouter un peu plus les gens ». Après tout c’est ce que demandent les cheminots, les fonctionnaires, les retraités, et toutes celles et tous ceux qui manifestent aujourd’hui dans le cadres de la journée interprofessionnelle organisée par la CGT et SUD. Ils ne refusent pas les réformes, ils veulent qu’elles servent le service public, l’intérêt général, la justice sociale et les perspectives d’une meilleure vie. La réponse, cinglante, est venue hier d’une petite phrase lâchée ^par le président de la République : « si je cède sur les 80 km/h, si lje cède aux cheminots qui râlent, puis sur Notre-Dame-des Landes, on ne tient plus rien, on ne fait plus rien. »

La posture donc, contre l’écoute, antienne des adeptes d’un TGV de réformes qui livre le pays aux appétits du privé. En décidant d’initier des mouvements au long cours de grèves intermittentes, les cheminots (et d’autres) font preuve d’une grande lucidité sur le rapport de forces. Pour assurer les arrières de son traitement de choc libéral, le chef de l’État, lui, cherche de plus en plus ses soutiens à droite. Laurent Wauquiez et le groupe LR ont largement contribué à faire adopter en première lecture le projet de loi de réforme ferroviaire qui anéantit le statut protecteur des cheminots.

Alors, oui, la lutte risque d’être longue et la bataille du rail n’est pas encore gagnée. Mais elle n’est pas perdue. « Chacun est l’ombre de tous », disait Paul Éluard. Un train de solidarité se met en route pour aider les grévistes à dresser une digue de résistance face à la vague de destruction des droits collectifs. Des cagnottes fleurissent et disent aux cheminots qu’il faut tenir, pour le bien de toutes et tous. Celle lancée par des dizaines d’artistes et intellectuels a déjà recueilli plus de 800 000 euros.

mercredi 18 avril 2018

Fret SNCF : une mise à mort sur fond de provocation (PCF)

Fret SNCF : une mise à mort sur fond de provocation (PCF)

En marge de la visite d’Elisabeth Borne, Edouard Philippe et Nicolas Hulot sur le port de Bonneuil-sur-Marne, le gouvernement et la direction de la SNCF ont annoncé la filialisation du fret SNCF.
Alors que les cheminot-es sont en lutte depuis le début du mois d’avril pour défendre le service public ferroviaire, marchandises et voyageurs, cette annonce, faîte par voie de presse, est une véritable provocation.
Cette filialisation, justifiée par la nécessité d’une recapitalisation, marque l’étape ultime de la destruction du fret SNCF engagée depuis 2006, date de son ouverture à la concurrence.
À l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique est une urgence absolue, cette décision aura pour conséquence de multiplier les camions sur les routes. C’est un non-sens absolu.
Depuis le début du conflit, le gouvernement tente de justifier sa réforme par l’amélioration que susciterait l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs.
Plus de dix ans après son ouverture à la concurrence, nous avons avec le fret l’illustration parfaite de cette stratégie : la concurrence n’améliore pas le service.
Depuis 2006, fret SNCF a vu son nombre de salariés divisé par 2.5, plus de 400 gares de triages ont fermé, 1.6 million de camions supplémentaires sont jetés chaque année sur les routes et la part modale de transport de marchandises transportées par rail est aujourd’hui inférieure à 10%. Voilà ou mène l’ouverture à la concurrence.
Le PCF demande au gouvernement d’annuler cette décision et d’engager une grande politique publique concernant le transport de marchandises avec pour objectif d’accélérer le report modal de la route vers le rail.
Le fret ferroviaire doit être déclaré d’intérêt national et rester dans 100% public.

Parti communiste français,

Macron à Strasbourg : "Somnambule quand même"

Macron à Strasbourg : "Somnambule quand même" (PCF)

Le Président vient de s’exprimer devant le Parlement européen affirmant son refus d’appartenir à « une génération de somnambules ». Mais tout dans son discours est dangereux pour la paix, la démocratie et la coopération des peuples européens. Il ne suffit pas d’appartenir à une nouvelle génération pour avoir des idées neuves.
La forme était choyée. Les mots de « souveraineté », « démocratie », « protection », utilisés jusqu’à l’overdose. Mais les propositions concrètes consistent à poursuivre l’agenda néolibéral de ses prédécesseurs : orthodoxie budgétaire, poursuite des libéralisations, dumping social, remilitarisation du continent. Et je ne parle pas du simulacre de démocratie dont le verrouillage des conventions citoyennes en France est symptomatique. Tous les ingrédients sont là pour aggraver le rejet de cette Union européenne par les peuples, et pour nous emmener dans de nouvelles tourmentes.
Pour rendre leur souverainetés aux peuples, pour protéger les travailleurs.ses et les secteurs stratégiques, il faut rompre avec la primauté accordée aux intérêts des marchés sur les intérêts populaires. Ces derniers s’expriment avec fracas dans les facs, les hôpitaux et les EHPADs, à la SNCF, sur les barrages hydrauliques, dans la 4e vague féministe, dans la solidarité avec les migrants.
Pour combattre la politique de Macron, en France comme en Europe, le PCF appelle à l’unité des forces progressistes dans la rue et à travers une plateforme et une liste issues des luttes aux élections européennes.

Parti communiste français,

Européennes : le PCF décline l'invitation du Premier ministre à participer au "comité de surveillance"

Vous trouverez ci-dessous le courrier de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, au Premier ministre Édouard Philippe concernant son invitation à participer au comité de surveillance transpartisan.

"Monsieur le Premier Ministre,

Je vous remercie de votre courrier nous invitant à désigner un représentant du Parti communiste français dans la « commission de surveillance » du processus de concertation sur l’avenir de l’Union européenne, dont votre gouvernement a pris l’initiative.
Notre parti est, par principe, très favorable à l’idée d’un débat citoyen, libre et pluraliste, tant à l’échelle de la nation qu’à celle de l’Union européenne, sur ce qui doit changer dans les politiques comme dans le fonctionnement de l’UE pour sortir par le haut de la profonde crise de confiance et de légitimité que traverse la construction européenne.
L’une des propositions emblématiques du PCF, depuis la campagne des élections présidentielles de 2012, est, au demeurant, dans cet esprit, l’organisation d’ « États généraux de la refondation de l’Union européenne ». L’expérience de démocratie citoyenne -sans équivalent à ce jour- que fut la campagne pour le « non de gauche » au projet de traité constitutionnel de 2005, que nous nous honorons d’avoir initiée, a montré ce que pouvait être la créativité politique des citoyennes et des citoyens dès lors que les moyens leur sont donnés de s’investir en connaissance de cause dans le débat sur les enjeux européens. On ne dira, d’ailleurs, jamais assez combien le mépris de la souveraineté populaire qui a suivi cet authentique débat démocratique à l’échelle de toute une société a miné la crédibilité des dirigeants politiques français et européens, en matière de « consultation » des citoyens !
C’est dans ce contexte que nous avons étudié votre proposition. Or, nous constatons que la démarche proposée comme le questionnaire envisagé sont doublement sujets à caution. D’abord, l’alternative « plus d’Europe - moins d’Europe », à laquelle vous vous référez, nous paraît biaisée, la vraie question étant, à nos yeux : « Quelle Europe ? » Ensuite, le libellé des questions suggéré -et leur ordre- ne sont pas anodins : commençant par le thème de la lutte contre le terrorisme, jugé consensuel, la liste proposée relègue à l’arrière-plan les enjeux sociaux, tout en les détachant des politiques économiques dont ils sont pourtant indissociables, et les laissent dans le flou.
La « convergence sociale et fiscale » n’a, en effet, d’intérêt que si elle est orientée vers le haut ! Quant à la question, si sensible, des services publics, elle est purement et simplement évacuée.
J’ajoute que la commission à laquelle vous nous proposez de nous associer est chargée de la seule « surveillance » du processus, non à l’élaboration de celui-ci. Oserais-je enfin rappeler que l’expérience des « consultations » menées par votre gouvernement en France-même, qui ne laisse guère de marge d’initiative aux consultés, tout comme les nouvelles règles -particulièrement inéquitables- que votre gouvernement vient d’édicter concernant l’expression des différentes formations politiques dans les media durant la campagne des prochaines élections européennes, ne sont pas de nature à lever nos préventions au sujet du déroulement effectif de votre projet de « consultations » européennes.
Dans ces conditions, nous sommes malheureusement au regret de devoir décliner votre invitation à nous joindre à ladite commission.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma considération distinguée. 

Pierre Laurent"

« Images », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour!



« Je ne veux pas faire partie d’une génération de somnambules ». Je veux appartenir à une génération qui veut défendre la démocratie. » On retiendra évidemment ces fortes paroles d’Emmanuel Macron hier devant le Parlement européen. Encore faudrait-il ne pas endormir les Européens en général et les Français en particulier.

Les conseils donnés à Emmanuel Macron hier par le chef de file du groupe conservateur PPE, majoritaire dans l’Hémicycle ramènent ces envolées à leurs justes proportions. « La grève à la SNCF, disait-il hier dans un entretien publié par le Figaro, est un cas d’école, je souhaite bonne chance au président ! La réussite de ses réformes intérieures est un préalable au succès européen. » En d’autres termes, il peut raconter ce qu’il veut, seule la réussite de ses « réformes » libérales comptera.

En réalité, le président n’est pas dupe de son propre discours. Le « en même temps » macronien dont se sont régalés nombre de commentateurs est un double langage. Il parle de démocratie et il accentue la logique autoritaire de nos institutions. Il dit vouloir favoriser l’aide à l’accueil des migrants quand viennent à l’Assemblée des mesures toujours plus restrictives. Il parle de souveraineté et reçoit avec empressement le premier ministre Justin Trudeau avec en ligne de mire la signature du Ceta, l’accord de libre-échange avec le Canada ouvrant la voie à des importations échappant aux normes sanitaires et environnementales encore en vigueur.

Emmanuel Macron dit encore se méfier des tentations autoritaires en Europe, il assure entendre les colères de peuples mais c’est pour mieux installer le pouvoir sans partage de la mondialisation libérale au cœur  de son entreprise, qu’il s’agisse de la loi travail, de la SNCF, de la sélection à l’université…Ce discours d’hier sans portée réelle n’était pas autre chose que le lancement de la campagne pour les élections européennes, poursuivie en soirée dans les Vosges, à Épinal. Une histoire en images.

lundi 16 avril 2018

« Le trio guerrier », l’éditorial de Patrick Le Hyaric dans l’Humanité de ce jour !



Personne ne peut soutenir le dictateur de Damas, encore moins ses exactions contre son peuple et particulièrement les enfants. Mais ici comme en Irak, en Libye, en Afghanistan, ajouter des bombes aux bombes n’a jamais permis la paix et la sécurité. On peut même se demander si ces mâles communiqués de guerre ne s’opposent pas aux objectifs proclamés. C’est pourtant cette stratégie qu’a choisi le trio Trump – Macron – May, sans consultation de leur parlement respectif, sans mandat de l’Organisation des Nations Unies, sans engagement d’aucun autre pays européen, sans soutien matériel des autres pays de la région.

Le ministre des affaires étrangères a voulu enrubanner l’opération dans un faux tissu de droit international en se référant à ce que l’on appelle le chapitre 7 de la charte des Nations unies et à la résolution de septembre 2013 enjoignant la Syrie à respecter ses engagements des destruction des armes chimiques. Or, tous ces articles de ce chapitre 7 obligent à obtenir l’accord de Conseil de sécurité avant toute intervention. Ce n’est pas le cas ! Il convient donc de mesurer la gravité de la portée des décisions de ce trio guerrier, avouant que ces actes ne changent rien à la victoire du sinistre Assad. Ils favorisent l’entrée dans un monde-jungle où le droit international est foulé aux pieds. Pour les populations de la région, ils prolongent les pires colonialismes et impérialismes. Tous les jours, Israël agit dans l’impunité la plus totale. La Turquie occupe Afrin et emprisonne. Les populations du Yémen vivent sous un tapis de bombes occidentales. Les impérialistes occidentaux alliés de ces mêmes pays et couverts l’Otan sont non seulement d’un silence de plomb, mais complices.

L’autre lourde conséquence de ces bombardements réside dans la justification que vont y trouver de nouveaux pays pour se surarmer, y compris avec la bombe atomique. Les liens historiques de la France avec la Syrie l’obligent à descendre du porte-bagages des États-Unis et s’engager pour aider à l’émergence d’un projet démocratique nouveau en respectant les aspirations des peuples. Elle doit, en lien avec la Russie et l’Iran notamment,  travailler à une conférence internationale de paix, de reconstruction et de codéveloppement du Proche et du Moyen-Orient. Il n’y a donc pas d’issue pour les peuples dans ce jeu guerrier des grandes puissances pour un nouveau partage des territoires et des richesses. La guerre doit être repoussée et la force du droit et de la politique être réhabilitée.

samedi 14 avril 2018

Syrie une nouvelle escalade guerrière sans espoir (PCF)

Après le très probable bombardement chimique particulièrement ignominieux effectué par le régime syrien sur la population de la Ghouta, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France viennent de réaliser une attaque punitive contre plusieurs sites qu' ils ont identifiés comme étant les centres de production d’armes chimiques du régime.

L’engrenage d’actions militaires unilatérales et illégales vient donc de connaître une nouvelle escalade guerrière sans que cela ne puisse ouvrir le moindre espoir de règlement du conflit syrien. L’ONU a été une nouvelle fois mise hors jeu. Les trois pays qui ont frappé cette nuit prétendent envoyer un message de fermeté et de force du « camps occidental " contre la Syrie , et aussi contre son allié,  la Russie. Ce faisant, la France joint son action à celle de Donald Trump qui est le premier à bafouer le droit international, comme il vient de le faire dans le conflit israélo-palestinien. La France parle de fermeté quand elle n’en affiche aucune face à  l’entrée  de l’armée turque sur le territoire d’Afrine, ni face à sa politique de nettoyage ethnique  contre la population kurde.
Le message de la France continue ainsi de se brouiller et de perdre toute efficacité politique  dans cette région  si sensible.

Le Président de la République  a annoncé une discussion au Parlement ...après le déclenchement de l’intervention de nos forces armées -une pratique impensable dans d’autres pays qu’on nous cite si souvent en exemple, comme l’Allemagne ! Il est nécessaire que ce débat permette au moins d’exiger un changement de cap pour notre politique internationale au Proche-Orient, afin que la France œuvre enfin pour un règlement  politique global de tous les conflits de la région qui mettent en danger la paix dans le monde. L’après Daesh ne doit pas transformer la Syrie en un champ de manœuvre et de partage au service des logiques des grandes puissances. Le PCF soutient l’appel du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres pour la tenue d’une conférence internationale de règlement politique et de paix pour la région sous l’égide de l’ONU.


Parti Communiste Français,

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