LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

vendredi 30 juin 2017

" Si Versailles m'était conté ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


Emmanuel Macron a donc décidé de convoquer le Congrès à Versailles, lundi, pour faire connaître à sa noblesse, à son clergé eu au tiers état sa vision de la France. S’il ramène ainsi le discours de son premier ministre, le lendemain, à un exercice d’exégèse ou pire à un égrenage de calendrier, il confirme surtout qu’il entend réduire le rôle du Parlement au rang d’auditeur, voire de spectateur, alors que sa réforme majeure, la destruction du Code du travail, serait imposée par ordonnances. Déjà, en choisissant François de Rugy pour le perchoir, il s’est assuré de la totale dépendance du personnage, discrédité par son parjure de la primaire socialiste, suspect de convictions variables et dépourvu d’un réseau solide au sein d’En marche ? Le président de l’Assemblée ne tient que par un fil tenu par l’Élysée. Chef du parti, maître du gouvernement, ordonnateur de l’Assemblée, chef des services secrets…le président entend pousser la logique de la Ve République jusqu’à un absolutisme présidentiel.


En fait ce n’est pas tant au Roi-Soleil que veut s’identifier l’hôte du palais présidentiel qu’aux astres du CAC 40 et il rêve de diriger la France comme une entreprise : réunion des élus d’En marche ! en forme de « team building », désignation de Richard Ferrand d’un chef du personnel des députés de sa majorité absolue, prise en main de tous les postes du bureau de l’Assemblée sans place aucune pour l’opposition, réduction du premier ministre à la fonction de directeur général…S’il est bien un lieu où la démocratie n’a pu pénétrer, c’est l’entreprise ; si elle devenait le modèle auquel plier la République, la démocratie en serait chassée. Déjà Angéla Merkel, qui inspire tant Emmanuel Macron, avait voulu mettre des bornes à la souveraineté populaire en prônant la « Marktkonforme Demokratie », la démocratie conforme aux intérêts du marché. En s’appuyant sur un certain goût français pour le chef, le nouveau président espère y parvenir.

jeudi 29 juin 2017

" L'enfer des pauvres et le paradis des riches ", l'éditorial de Maud Vergnol dans l'Humanité de ce jour !


Connaissez-vous le Fmic ? Non, pas le Smic, ce salaire minimum de 1139, 81 euros net avec lequel 1,6 million de salariés sont censés pouvoir boucler leurs fins de mois. Mais bien le Fmic, soit la fortune minimale pour intégrer le classement des Français les plus riches. C’est le magazine « Challenges » qui nous l’apprend dans sa livraison hebdomadaire, avec ce titre enrôleur : « Les secrets d’une hausse sans précédent ».
Si le Smic a augmenté de 0,93% en un an, celui de la Fmic a bondi de 30%, passant de 100 à 130 millions d’euros. Ceci explique donc cela. Le coût du capital s’était déjà terriblement alourdi sous le quinquennat Hollande. Il va exploser sous Macron, au prix d’une grande insécurité sociale, mais aussi d’une probable crise financière majeure.

Plus les riches sont riches, moins la croissance est forte : c’est même le FMI qui le dit…Mais le nouveau président semble guère s’en soucier, obnubilé par le retour sur investissement qu’il doit à ses soutiens, lesquels pourront tranquillement continuer à s’accaparer les richesses avec sa "réforme" de l’ISF. Celle-ci va en effet coûter la bagatelle de 3 milliards d’euros à l’État pour atterrir directement dans la poche des « fmicards ».


Comme si Bernard Arnault, avec un patrimoine estimé à 46,9 milliards d’euros, avait besoin d’un treizième mois pour se payer des vacances ! Mais le problème, c’est le coût du travail, continuent d’asséner en chœur les Pinocchio de l’ultralibéralisme pour justifier d’anéantir toutes les conquêtes sociales. « La ‘’marque France’’ s’est complètement revalorisée », se félicité l’homme d’affaires Richard Attias, adepte des paradis fiscaux. Voilà qui en dit long sur la « start-up nation » voulue Macron, ou le rêve éphémère du « nouveau capitalisme européen » qu’il appelle de ses vœux. Un cauchemar pour le 8,5 millions de pauvres de notre pays, pour les salariés, les chômeurs, les retraités à qui il n’oubliera pas de faire payer l’addition.

mercredi 28 juin 2017

" En toute responsabilité ", l'éditorial de Maurice Ulrich dans l'Humanité de ce jour !




Effacé par l’élection du président de l’Assemblée, le couac, comme on a dit, entre le ministre de l’Agriculture et Nicolas Hulot est sans doute un peu plus qu’une anecdote par ce qu’il signifie. En clair, cette majorité frémissante d’hier pourra-t-elle ignorer longtemps les contradictions qui ne vont pas manquer de surgir dans la société. Il y a comme une illusion lyrique du macronisme. Jusqu’où ? Avant-hier, à la bourse du travail de Paris, François Ruffin, Clémentine Autain, Éric Coquerel, André Chassaigne, des représentants de plusieurs associations et syndicats se sont rassemblés face à la loi travail et ce que l’on en sait. Muriel Pénicaud peut tortiller comme elle veut, avec son expérience de DRH du groupe Danone, ce qu’il en sera du texte qu’elle doit présenter demain et de ses orientations, l’objectif est clair. Assouplir les salariés, faciliter les licenciements, donner aux entreprises le pouvoir de tirer les salaires à la baisse, les horaires en hausse…


Emmanuel Macron n’a pas caché son objectif : une loi El Khomri XXL. Le rassemblement d’avant-hier soir n’est évidemment qu’une étape. De même que celui, hier midi, de plusieurs syndicats d’Île de France devant l’Assemblée, salué par les députés communistes et ceux de la France Insoumise. On parle, de manière assez schématique, de troisième tour de la rentrée. C’est en réalité une vision un peu courte. 70% des Français étaient contre la loi El Khomri. Emmanuel Macron et son premier ministre peuvent se prévaloir de leur majorité à l’Assemblée, mais ils ne peuvent occulter le fait qu’ils représentent moins de 15% de la population du pays. Ce qui va se jouer dans les semaines à venir, pendant les vacances elles-mêmes, c’est une véritable bataille idéologique, une bataille des consciences. La France va-t-elle choisir la régression ou le progrès social, la marche arrière ou la marche avant ? C’est à cette question que les députés, les syndicats devront répondre. En toute responsabilité historique.

lundi 26 juin 2017

" Dans les écarts...", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


À gauche, le grand écart est encore de mise. En cette fin de semaine, le Parti socialiste a tenu un étrange Conseil national, tout entier voué à une illusoire synthèse qui maintiendrait dans le même groupe à l’Assemblée nationale les macrophiles, les partisans d’une opposition franche au nouveau régime, et ceux qui plaident pour un temps suspendu, un ni pour ni contre pour jouer la montre. Sans parler de Manuel Valls, carte en poche, mais que ses trahisons à répétition ont rendu infréquentable. Autre climat au PCF, où le petit progrès en nombre de députés n’a pas occulté les mauvais résultats du premier tour et où l’on veut prendre le taureau par les cornes. Reconstruction d’une gauche de combat, dialogue avec des centaines de personnalités, préparation d’un congrès extraordinaire sur un mode inhabituel, programme de mobilisation sur les dossiers sociaux, interrogations sur la nature même de l’organisation, voire éventuellement sur son nom. La remise à plat est générale. « Tout se transforme, tout s’échappe, et l’achèvement d’hier n’est que le commencement de demain », écrivait Jaurès…À suivre donc. Personne n’échappera aux remises en cause su l’on veut reconstruire la perspectives d’une majorité pour transformer la société.


La nouvelle formation qui, tout juste sortie de la cuisse de Jupiter, a balayé la structuration politique ancienne n’a pas tardé à renouer avec le plus vieillot des fonctionnements politiques. Le président du groupe En marche ! à l’Assemblée a été désigné par le président de la République comme si l’indépendance des pouvoirs exécutif et législatif n’était pas l’indice d’une démocratie accomplie. Richard Ferrand, mouillé dans une drôle d’affaire immobilière a donc été désigné par 99,35% de ses collègues qui semblent avoir de la moralisation une préoccupation évanescente. Déjà, LMEM est au renouveau ce que la musique militaire est à la musique.

samedi 24 juin 2017

Résolution du Conseil national du PCF – 24 juin 2017

Vers un congrès extraordinaire en 2018

Résolution du Conseil national du PCF – 24 juin 2017

Un séisme électoral et politique inédit
La situation issue des campagnes et élections présidentielles et législatives 2017 ne constitue pas seulement un nouveau et profond séisme de la vie politique française, elle en accélère le remodelage de façon inédite.
Les deux principales formations politiques qui ont dirigé le pays n'ont pu accéder au second tour de l'élection présidentielle. Et l'abstention a atteint, aux élections législatives de juin, un niveau historique dramatique qu'il faut comprendre comme une forme de rejet des pratiques et des institutions politiques confisquées et sclérosées. La nature même du régime est en plein bouleversement, et les libertés et droits démocratiques, humains et sociaux de notre peuple sont menacés.
Le président Emmanuel Macron sort conforté d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale pour mettre en œuvre sans plus tarder ses projets de destruction du modèle social français. Le Parti communiste français, ses militant-e-s et ses élu-e-s, seront dès cette semaine dans toutes les luttes et tous les rassemblements pour imposer des reculs au chef de l'Etat, à son gouvernement, sa majorité et au Medef dont président, ministres et député-e-s d'En Marche ! protègent les intérêts.

La question de l'avenir de notre combat posée
La nouvelle situation politique interpelle directement toutes les forces politiques, et pour ce qui nous concerne, elle pose directement la question du rôle et de l'avenir de notre parti.
Dans un contexte de profondes divisions de la gauche de transformation sociale, divisions que le PCF, malgré ses initiatives, n'a pas été en mesure de résorber, le Parti communiste essuie un véritable échec électoral même si l'élection et la réélection de 11 député-e-s manifestent une réelle capacité de mobilisation, de rassemblement et de résistance. Notre parti reste confronté aux problèmes institutionnels du présidentialisme qu'il n'a pas su à ce jour résoudre.
Le Conseil national du PCF tient à remercier chaleureusement les 524 candidates et candidats, les secrétaires fédéraux qui les ont appuyés dans leurs campagnes, les milliers de militantes et militants du Parti qui sont allé-e-s partout à la bataille pour arracher des avancées électorales, et la victoire dans les 11 circonscriptions de nos député-e-s.
Le Conseil national félicite ces derniers pour leur élection ainsi que toutes celles et ceux élu-e-s au second tour grâce au rassemblement de la gauche auquel le PCF a contribué.
Nous saluons également l'entrée au Parlement européen de notre camarade Marie-Pierre Vieu qui vient renforcer le groupe GUE-NGL dont Patrick Le Hyaric est vice-président.
Nous voulons enfin adresser nos amitiés aux député-e-s sortant-e-s du groupe GDR qui ne se représentaient pas ou n'ont pas été réélu-e-s.
Nos député-e-s et le groupe qu'elles et ils ont décidé de former avec 4 député-e-s des Outre-Mers seront un point d'appui précieux pour les luttes qui s'annoncent et les conquêtes à venir du mouvement social et citoyen de notre pays. Leur volonté de rassemblement reste intacte puisque les député-e-s communistes proposent la création d'un « comité de liaison » avec le groupe France insoumise afin de coordonner au mieux l'activité législative et de faire obstacle efficacement aux mauvais coups du gouvernement d'Edouard Philippe.

Pour un processus de débats et d'actions vers un congrès extraordinaire en 2018
Le Parti communiste français est appelé à se réinventer s'il tient à contribuer dans les mois et années à venir à l'amorce d'un processus de transformation sociale au service des intérêts populaires de notre pays.
Le PCF se doit de remettre en chantier une stratégie et des pratiques de conquêtes et de victoires durables pour la transformation sociale. Cela exige de notre part de nous réinventer pour être un parti communiste du XXIe siècle à la hauteur de cet objectif tout en travaillant à l'émergence d'une construction politique, à vocation majoritaire, de l'ensemble de la gauche de transformation sociale.
Le Conseil national du PCF invite les communistes à ouvrir dès à présent un processus de débats, d'actions et d'élaboration collective qui verrait son aboutissement en 2018 par la tenue d'un congrès national extraordinaire dont les thèmes et questions à trancher seront élaborés par les adhérents du Parti eux-mêmes.

Pour un bilan approfondi et collectif
Le Conseil national s'accorde sur le fait qu'un bilan poussé et collectif s'impose à présent à notre parti et à ses directions.
Un bilan qui permette de faire, clairement et lucidement, la part des problèmes politiques présents et de l'expérience de ces 15 derniers mois, de celle des problèmes structurels et stratégiques qui sont les nôtres depuis des années.
Ce travail, pour aboutir, a besoin de l'intelligence collective des communistes, et oblige par conséquent les directions à tous les échelons du Parti à travailler pour réunir les conditions les plus favorables, sous toutes les formes, à la participation de chaque communiste aux débats, élaborations, décisions et leurs mises en œuvre.

Une première liste ouverte de questions à traiter
Le Conseil national a commencé à échanger autour de problématiques que soulèvent les débats des communistes et qui demanderaient un travail collectif de conception et d'action :
  • Comment redevenir le parti des classes populaires, au travail, à l'entreprise, dans les quartiers populaires et la ruralité ?
  • Quelle stratégie de transformation concrète de la société, comment devenir un parti de la conquête citoyenne, dans une visée révolutionnaire ?
  • Comment, à partir de nos bonnes pratiques locales et du travail de nos élu-e-s, de toutes nos expérimentations militantes, construire des outils de notre stratégie nationale de transformation sociale ?
  • Quel rassemblement voulons-nous, avec qui, comment ?
  • Quel nouveau modèle d'organisation ?
  • Quelle conception des collectifs de direction ?
  • Comment reconstruire notre communication et notre identification ?
  • Quels moyens humains et financiers pour mettre en œuvre ces politiques ?
Ces premiers éléments doivent être critiqués et enrichis par les communistes eux-mêmes au cours de l'été au moyen d'un document permettant de formuler les questions politiques à traiter au congrès.

Une proposition de calendrier
Nous proposons qu'une première phase de discussions et de prises d'initiatives se déroule d'ici au 14 octobre 2017avec la tenue d'une assemblée nationale des animatrices et animateurs de section. Celle-ci tirera le bilan de cette phase de consultation et contribuera à établir l'ordre du jour du congrès avant validation par le Conseil national.
Le Conseil national souhaite que ce travail, le plus collectif et commun possible, soit animé au-delà de lui-même et du Comité exécutif national par des groupes de travail composés de responsables fédéraux et locaux, de militant-e-s et d'élu-e-s engagé-e-s concrètement sur les questions à traiter.
La date elle-même du Congrès extraordinaire – soit avant l'été 2018, soit à l'automne 2018 – sera déterminée par les adhérent-e-s lors d'une consultation nationale.
Le Conseil national se réunira en séminaire de travail le 25 août, à l'Université d'été du PCF, pour préparer l'Assemblée nationale des animatrices et animateurs de section d'octobre 2017.
L'Université d'été du PCF (Angers, 25-27 août) et la Fête de l'Humanité 2017 (La Courneuve, 15-17 septembre) constitueront deux rendez-vous nationaux importants dans ce processus général.
Pour débuter, les travaux de la réunion de juin du Conseil national doivent faire l'objet de comptes-rendus dans toutes les sections et fédérations du Parti, de journées de travail locales, et les débats, propositions et demandes des communistes consignés par écrit et transmis à la présidence du Conseil national pour une diffusion plus large.

Des mobilisations immédiates à engager
Le PCF affrontera tous les défis de la nouvelle période – ceux auxquels notre peuple et notre pays font face, ceux qui le concernent directement et ceux d'une gauche fracturée et émiettée – dans la lutte et l'action.
Le PCF appelle à la mobilisation de toutes les forces, individuelles et collectives, de la transformation sociale, démocratique et citoyenne, pour relever ensemble tous ces défis.
Le président Macron et son gouvernement veulent clore leur prétendue concertation sociale avant de l'ouvrir réellement en faisant adopter par ordonnances leur projet de flexibilisation maximale du travail.
Le PCF s'engage dans la bataille contre ces lois d'ordonnances et pour une loi de sécurisation de l'emploi et de la formation afin de lutter efficacement contre le chômage. Pour contribuer à la mobilisation populaire la plus large possible, les communistes organiseront pendant toute la période estivale, partout en France, des initiatives publiques de la campagne « L'été n'est pas fait pour casser le Code du travail », lancée le 1er juin.
Le PCF, engagé également dans la bataille pour la démocratisation des institutions et la défense des libertés publiques, appelle à se mobiliser pour la mise en place du scrutin proportionnel, et prendra une part active à toutes les mobilisations contre le projet d'introduction de l'état d'urgence dans le droit commun.
Le PCF entend faire de ces trois mois à venir l'été des solidarités et de la fraternité en organisant notamment avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent des journées à la mer et des ventes de fruits et légumes solidaires directes du producteur au consommateur.
Du 4 au 9 septembre, semaine de la rentrée scolaire, les communistes de tout le pays prendront des initiatives de mobilisation pour un grand service public de l'école.
La Fête de l'Humanité 2017, fête de la fraternité, de la liberté et de l'égalité, fête des solidarités populaires et de la grande paix humaine, sera en septembre le lieu de centaines de débats politiques sur les défis du moment et un rendez-vous national de lutte et de riposte. Plus que jamais à cette heure, elle est la Fête de L'Humain d'abord face « au chacun pour soi et l'argent pour quelques-uns ».
La diffusion de sa vignette-bon de soutien sous l'impulsion du collectif national, animé par Nathalie Simonnet, sera lancée nationalement le 28 juin à 19h lors de l'initiative publique sur le parvis du siège du Parti avec Patrick Le Hyaric, directeur du journal, Fabien Gay, directeur de la Fête, Nathalie Simonnet et Pierre Laurent.
Les élections sénatoriales de septembre constitueront la troisième et dernière étape du cycle électoral 2017. Leurs enjeux, malgré le type de scrutin, concernent directement l'avenir de nos communes et territoires dont la cohésion et le développement exigent des politiques fondées sur l'ambition d'une République pour tou-te-s. L'élection de nombreuses sénatrices et nombreux sénateurs communistes et de candidat-e-s soutenu-e-s par notre parti constituera une force de résistance et d'alternative offensive au Sénat contre les projets gouvernementaux.

Ouvrir un débat large pour réinventer à gauche
Le Parti communiste français ne se résout pas à la crise et l'affaiblissement historique de la gauche dans notre pays, et relève le défi de la reconstruction de la gauche. Il invite l'ensemble de ses organisations locales et départementales à s'adresser aux millions de femmes et d'hommes de notre pays qui veulent redonner à la gauche tout son sens et qui sont prêt-e-s à réfléchir, débattre et agir avec toutes les forces engagées au service du mouvement populaire et citoyen dans cet objectif, tout particulièrement dans le cadre de luttes politiques et sociales de riposte à la politique d'Emmanuel Macron.
Pour sa part, le PCF, son secrétaire national Pierre Laurent, invitent à l'Université d'été du PCF puis à la Fête de l'Humanité, plusieurs dizaines de personnalités avec lesquelles ce dialogue est en cours et la volonté d'agir est partagée.

vendredi 23 juin 2017

" Dans les pas de Merkel ", l'éditorial de Gaël De Santis, dans l'Humanité de ce jour !


Trois pays européens, trois drames. Le 14 juin, une tour de HLM londonienne s’est embrasée, malgré les demandes répétées des locataires de rénover l’immeuble. 79 personnes ont péri, mettant en lumière une société blessée par les injustices sociales. Le lendemain l’Euro-groupe n’accédait pas à la demande du premier ministre grec, Alexis Tsipras, de restructurer la dette de son pays. Il faudra attendre les élections allemandes, lui a-t-il été répondu. Les jeunes privés d’emploi qui quittent le pays, les malades qui errent dans les hôpitaux sans moyens attendront donc. Et depuis ce week-end, les pompiers portugais, dont les capacités sont affectées par des années d’austérité, ont eu bien du mal à lutter contre le feu. Au sommet européen de jeudi et vendredi, le premier auquel participe Emmanuel Macron, ces drames ne sont pas à l’ordre du jour. Peut-être seront-ils évoqués. Car même chez les dirigeants européens, surgit une prise de conscience. »Les classes moyennes se sont mises à douter » - les autres n’existant pas… –, et il y a donc besoin d’« une Europe qui protège », s’inquiétait jeudi le président Français dans un entretien à huit quotidiens européens, dont le Figaro.
Une prise de conscience bienvenue. Sauf que la moisson de réformes qu’entend défendre Macron est fort maigre : une évolution du statut de travailleur détaché en guise de lutte anti dumping ; une dosette de gouvernance économique qui ne fera qu’aider à appliquer les dogmes actuels ; et une Europe de la défense dont il est précisé qu’elle participera à la course aux armements.


Quant à la méthode, elle s’inscrit dans les pas de ses deux prédécesseurs à l’Élysée : s’arrimer au char d’Angéla Merkel, gardienne du crédo de la baisse des dépenses publiques, pour espérer peser à la table des négociations. Même s’il n’y a pas d’« accord sur tout », France et Allemagne ne doivent plus se rendre à un sommet « sans une position commune », et « demander aux autres d’arbitrer nos désaccords », avance Macron. À Bruxelles, notre président a choisi ses alliés. Enfin, son alliée.

lundi 19 juin 2017

" Bouillonnements sous les cendres " l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


Emmanuel Macron détient les pleins pouvoirs à l’Assemblée, mais le pays ne lui a pas accordés. Les 58% d’abstentions – un record absolu sous la Vème République – signent un tremblement de terre démocratique, une motion de défiance à l’égard de l’édifice politique qui se dessine. Le système pervers qui indexe l’élection des députés sur celle du président, le dégoût des régimes précédents qui se sont succédé sans rien améliorer des conditions de vie des Français, le sentiment que le scrutin était joué d’avance et que le Parlement jouerait un rôle accessoire, la disparition au second tour de candidats qui présentent de vraies alternatives se sont additionnées pour réduire la participation à une minorité. Les élus En marche ! qui vont se bousculer au Palais Bourbon ne mesurent pas que sous les cendres des grands partis qui dominaient jusqu’alors notre vie politique, bouillonne une puissante insatisfaction sociale qui ne reconnaît pas dans un système démocratique corseté. Un parlement aux ordres ne relèvera pas les défis de l’égalité et de la justice.

François Hollande a laissé derrière lui une gauche en ruine qui ne reporte que quelques dizaines de députés. Le PS est exsangue et tous ses représentants – frondeurs ou pas – paient le discrédit de cinq ans de reniements et de conversion libérale. PCF et FI à l’heure où nous écrivons ces lignes n’ont pas capitalisé les presque 20% qu’avait recueillis Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle. La division a brisé l’élan. EELV a disparu de l’hémicycle du Palais Bourbon. Le chantier de reconstruction est immense.

La droite a maintenu des positions dans ses zones historiques d’influence. Mais l’addition est extrêmement lourde et LR est miné par les tentations macronistes, lézardé par l’influence des nouveaux réacs, nié dans sa vocation par le programme commun de la bourgeoisie qu’a présenté Emmanuel Macron, menacé sur son flanc droit par le FN qui, s’il ne transforme pas son score de la présidentielle, fait cependant rentrer des ténors dans l’hémicycle.


Les semaines qui viennent vont être marquées par les régressions sociales programmées dans la réforme du Code du travail. Une nouvelle alchimie devra s’envisager entre les forces politiques progressistes, les mobilisations syndicales et tout le tissu citoyen qui n’est pas près à renoncer au progrès. De quoi inventer – au coude à coude -  de nouvelles façons de faire du commun. En commun.

" Désolés, le Parti communistes n'est pas mort. Ce sera pour une autre fois " !



Déclaration du Parti communistes Français

Ce soir, les français peuvent compter sur 11 député-e-s communistes qui ont été élu-e-s, Jean-Paul Dufrègne (03), Pierre Dharréville(13), André Chassaigne (63), Fabien Roussel (59) et Alain Bruneel (59), Jean-Paul Lecoq (76), Sébastien Jumel (76) et Hubert Wulfranc (76), Elsa Faucillon (92), Marie-George Buffet (93), Stéphane Peu (93) et sur les député-e-s qui formeront, avec eux, un groupe parlementaire d'opposition au gouvernement pour permettre à cette voix libre et combative de servir les intérêts populaires. Les députés communistes travailleront dès cette semaine à constituer ce groupe et agiront sans attendre en faveur des propositions alternatives qu'ils ont élaborées durant leurs campagnes.

Le groupe PCF – Front de Gauche (GDR) est le seul groupe parlementaire qui progresse. 
La cote d'alarme démocratique est une fois encore dépassée, avec une nouvelle baisse de la participation.
Le Parti communiste français demande d'urgence l'ouverture d'un débat national sur le changement de nos institutions, à commencer par l'instauration de la proportionnelle. Tout doit être repensé pour sortir progressivement de la présidentialisation à outrance et pour mieux représenter nos citoyens dans leur diversité.

Les résultats confirment par ailleurs que le Président de la République va disposer d'une majorité écrasante de députés. Le paradoxe est qu'elle ne correspond à aucune majorité dans le pays, ni chez les salariés, ni chez les jeunes et les privés d'emplois qui aspirent à une sécurité d'emploi et de formation pour une vie digne.
C'est inquiétant. Nous appelons à une riposte immédiate la plus large possible pour empêcher que l'été soit celui des mauvais coups.

En effet, dès cet été, les députés d'En Marche ! vont être sommés d'obéir au doigt et à l’œil au Président et au 1er ministre pour leur donner les pleins pouvoirs, au service des milieux financiers et du MEDEF, pour casser le Code du Travail par ordonnances et liquider des acquis que le mouvement progressiste et populaire a gagnés dans notre pays de haute lutte.

Au-delà, les résultats appellent les forces de transformation sociale à ouvrir un immense chantier de reconstruction politique. 
Le Parti communiste français prendra pour sa part des décisions dès son Conseil national des 23 et 24 juin.
La Fête de l'Humanité, en septembre, sera un moment fort de cette riposte et de cette reconstruction.
Le Parti communiste français
Paris le 18 juin 2017

vendredi 16 juin 2017

" L'investissement d'avenir ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


« Le mot ‘’non’’ fermement apposé à la force possède une puissance mystérieuse », écrivait Malraux. À la veille d’un second tour où l’on nous prédit qu’En marche ! disposera d’un pouvoir absolu à l’Assemblée nationale, les vote en faveur des députés qui combattront la casse du Code du travail, la suppression de l’impôt sur la fortune pour les actionnaires, la banalisation de l’état d’urgence et ses restrictions de libertés ou la hausse de la CSG porte une puissance charge d’avenir. Ces bulletins signeront un acte de résistance aux lendemains qui déchantent, proclameront que le nouveau pouvoir trouvera à qui parler et qu’enfin des fondations existent pour construire une société qui fasse passer l’humain d’abord.

Aujourd’hui, autour du monarque présidentiel, se presse l’appareil de la grande bourgeoisie qui espère que son unanimité croissante sonnera la fin de l’histoire rebelle de notre pays de sa gourmandise pour l’égalité et la justice et qu’ainsi une contestation précaire découlera d’une précarité institutionnalisée. Rien ne les gêne dans l’abstention massive des jeunes et des milieux populaires. Si seulement elle pouvait durer, prie-ton au Medef. La paradoxe qui voit pourtant 61% des Français refuser la toute puissance de LREM peut porter les colères hors du champ de la démocratie, les affrontements ailleurs que sur des terrains politiques ou syndicaux. Alors, le pire fermente, les replis bruts et les égoïsmes indifférents.


L’enjeu du scrutin déborde les seuls dossiers explosifs ourdis par les technocrates et les patrons qui accompagnent Emmanuel Macron. L’élection de députés communistes, insoumis, socialistes frondeurs ou écologistes devient une investissement d’avenir pour rebâtir une majorité de gauche qui remette la France sur les rails du progrès social. C’est ouvrir un chantier de débats et d’inventions qui laissera à la porte les conformismes ou les tentations hégémoniques.

jeudi 15 juin 2017

" Repoussoirs libéraux ", l'éditorial de Paule Masson dans l'Humanité de ce jour !


Ainsi la la loi El Khomri était juste un bouchon lancé dans l’océan de la déréglementation. C’est en tout cas ce qui ressort des rencontres entre les organisations syndicales sur la future loi travail. « six heures de réunion pour démanteler cent vingt ans de droit du travail, a ironisé la CGT hier. Le scénario du pire est bel et bien confirmé. La colonne vertébrale du droit social français est mise au rebut. Toutes les protections contenues dans les conventions collectives ou le contrat de travail sont potentiellement visées : recours plus large aux CDD, baisse de salaire, carrière à la tête du client, fin de l’ancienneté, perte de congés payés, révision des indemnités de licenciement ou de départ à la retraite, allongement de la période d’essai, motif de licenciement subjectif…Le projet du gouvernement Macron n’est pas d’adapter quelques règles à la marge. Il change de logiciel.

Il n’est pas besoin d’aller trop loin pour constater l’étendue du désastre. Macron trouve l’inspiration dans les repoussoirs libéraux d’outre- Atlantique. Dans le modèle anglo-saxon, la loi n’encadre pas. Aux Etats-Unis les règles sont différentes d’un État à l’autre, d’une entreprise à l’autre. il n’existe pas de durée légale du travail, ni d’obligation d’accorder des congés annuels, ni même de signer un contrat de travail écrit. Le licenciement est on ne peut plus simple : l’employeur le prononce quand il veut, comme il veut, sans avoir à en justifier la raison. Résultat, la société américaine s’asphyxie dans les inégalités.


Et le peuple des précaires se rebelle. D’importants mouvements sociaux ont arraché des augmentations du salaire minimum. La demande de progrès social porte le succès de Bernie Sanders. Au Royaume-Uni, elle assoit la légitimité de Jeremy Corbyn. Partout, elle nourrit la gauche de combat, avec des hauts et des bas, car en face l’oligarchie tient la barre. La France n’est pas à part. Pour l’heure elle est peut-être leurrée mais elle n’est pas macronisée.    

mercredi 14 juin 2017

" Pas de confiance sans égalité du vote ", l'éditorial de Sébastien Crépel dans l'Humanité de ce jour !


Il paraît qu’à l’Assemblée nationale on s’inquiète. Aucune salle du Palais-Bourbon ne serait assez vaste, hors hémicycle, pour contenir le futur groupe parlementaire présidentiel. L’anecdote en dit long sur ce qui risque de se passer dimanche, tandis qu’à peine 15% des inscrits ont voté au premier tour des législatives pour les candidats d’Emmanuel Macron. Ce décalage sur lequel il a déjà été beaucoup écrit soulève non un problème de légitimité de députés élus selon les règles, mais celui de ces fameuses règles elles-mêmes, en un mot : le problème du mode de scrutin, qui génère une telle distorsion entre l’expression populaire et sa représentation. Bien sûr, il serait sot de réduire l’hégémonie en marche des macronistes à cette cause unique : les reniements des gouvernements, la présidentialisation de la vie politique, le désir de renouvellement sont des ressorts puissants. Mais est-il normal qu’un parti qui pèse moins de la moitié des suffrages exprimés au premier tour puisse remporter à lui seul jusqu’à 100% des sièges d’un territoire ? Le cas n’est pas théorique. Il est en situation de se produire dans de nombreux départements : Aube, Côte d’Or, Gard, Loiret, Lot, Tarn, Yonne… cela a une autre conséquence : si l’on se fie aux p1rojections des sondages, les macronistes compteront en moyenne un député par tranche de 16 000 à 18 000 voix récoltées au premier tour, contre un député pour 130 000 à 390 000 voix pour le PCF et la France Insoumise.


Ainsi, chaque vote n’aura pas le même poids. Voilà un problème à résoudre d’urgence si l’on veut, comme le dit le projet porté par le garde des Sceaux, restaurer « la confiance dans notre vie démocratique ». Seul le scrutin proportionnel peut rétablir l’égalité. Le pouvoir s’est engagé à ouvrir un débat « sur le sujet », pour accoucher d’une dose en fin de mandat. Certains y voient une « ritournelle ». Sans doute parce que la question n’a été que trop débattue, et les changements toujours ajournés.

mardi 13 juin 2017

Une " adhésion " ?, l'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l'Humanité de ce jour !


Tout à leur morgue déployée, de nombreux caudataires du chef de l’État et d’En marche !  y vont de leur interprétation pour le moins prématurée. L’ineffable Gérard Collomb déclare que le premier tour des législatives signe « une réelle adhésion aux réformes que nous avons commencé à mettre en œuvre ». D’autres parlent de « plébiscite ». Que doit-on penser ? Deux choses. Primo : que le pouvoir hégémonique en vue, qui s’apparente à une véritable OPA opérée par la verticalité absolutiste de la monarchie républicaine, monte vite à la tête. Secundo : que le déni de réalité, cette vieille tare de la Vème République, n’en finit pas de provoquer, par soubresauts successifs, une crise démocratique si grave qu’elle menace les fondements mêmes de le représentativité politique. Qu’on en juge.

L’Humanité se targue d’avoir titré en « une » lundi matin sur un évènement considérable dans notre histoire politique, à savoir le taux d’abstention, 51,29%. Il ne s’agit pas d’un recor sous la Ve, comme cela a été dit un peu rapidement, mais bien du record de tous les records à des élections parlementaires, depuis l’instauration du suffrage universel…en 1848. Prenons le mesure, car nous évoquons là l’élection séculaire de la République, celle qui accorde au peuple souverain la possibilité d’élire des représentants afin de voter des lois. Or plus de la moitié des électeurs inscrits ne se sont pas déplacés, auxquels il convient d’inclure les non-inscrits (3 millions) et les mal-inscrits (6 millions). Bilan accablant : près des deux tiers des Français en âge de s’exprimer n’ont pas exercé leur droit. Ce à quoi nous assistons ressemble à une mort lente de la démocratie telle qu’elle a constitué notre histoire républicaine. On aurait tort de n’y voir aucune coïncidence, de ne pas évoquer une crise de régime potentielle. Et les macronistes feraient bien de mesurer les conséquences de leurs mots…


Dans ce contexte ahurissant, nous savons très bien que le second tour s’avance devant nous avec une seule perspective crédible, celle de « sauver les meubles » comme on dit dans ces cas-là. Mais attention quand même. Ce qui ressemble hélas à un maudit « sauvetage » reste fondamental ! Dans une quarantaine de circonscriptions, les citoyens peuvent en effet élire des député-e-s de la gauche de combat, et ce  nombre en lui-même, aussi dérisoire qu’il puisse paraître après tant d’espérances déçues, modifierait le paysage parlementaire. Un vrai pôle de résistance verrait ainsi le jour. D’abord pour lutter conte la régression sociale en marche ; ensuite pour préparer l’avenir et la reconstruction d’une perspective de gauche pour la France. Rassemblement et mobilisation sont donc à l’ordre du jour d’ici au 18 juin. L’affaire est plus sérieuse qu’on ne le croit.

lundi 12 juin 2017

Déclaration de Parti communiste Français


Le Parti communiste français remercie les 524 candidat-e-s qu'il a soutenus ou présentés en France métropolitaine. Il remercie chaleureusement l'ensemble des militantes et militants qui ont mené une campagne exemplaire et combative. Merci aussi aux centaines de milliers d'électrices et d'électeurs qui leur ont fait confiance.

Les résultats du premier tour des élections législatives qui nous sont parvenus à l'heure où nous écrivons, confirment ce que nous exprimions à 20 heures lors des premières estimations.

La fracture démocratique est le premier sujet d'inquiétude. L'abstention, qui atteint un niveau historique de 50 %, n'a fait qu'augmenter depuis 2002, date de l'inversion du calendrier plaçant les élections législatives après l'élection présidentielle et rabaissant ainsi les enjeux de cette élection et le rôle du Parlement au profit de la seule élection présidentielle.

Il est urgent de revoir les institutions de notre pays, de redonner toute sa place à l'élection législative dans le débat démocratique et d'instaurer la proportionnelle à toutes les élections.

Les résultats confirment le risque de voir le parti d'Emmanuel Macron disposer d'une majorité écrasante à l'Assemblée nationale sans rapport avec son influence réelle dans le pays. Il aurait ainsi les mains libres pour mettre en œuvre sa politique libérale.

Il est nécessaire et urgent de se mobiliser au second tour pour barrer la route de l'Assemblée aux candidats du Front national : leurs idées de haine, de racisme, d'exclusions ne doivent pas rentrer à l'Assemblée. Il est nécessaire et urgent de se mobiliser pour faire barrage aux candidats d'En Marche ! ou qui se réclament de la majorité présidentielle, à ceux des Républicains qui soutiendront toutes les régressions sociales. 

Les candidat-e-s soutenu-e-s par le Parti communiste français seront présents au second tour de l'élection législative dans l'Allier avec Jean-Paul Dufrègne, dans les Bouches-du-Rhône avec Pierre Dharréville, dans le Cher avec Nicolas Sansu, dans le Nord avec Alain Bruneel et Fabien Roussel, dans le Puy-de-Dôme avec André Chassaigne, en Seine-Maritime avec Hubert Wulfranc, Sébastien Jumel et Jean-Paul Lecoq, dans la Somme avec François Ruffin, en Haute-Vienne avec Pierre Allard, dans les Hauts-de-Seine avec Elsa Faucillon, Yasmine Boudjenah, en Seine-Saint-Denis avec Stéphane Peu, Marie-George Buffet et Clémentine Autain.

Nous appelons au rassemblement et à la mobilisation la plus large pour faire élire ces candidats qui s'opposeront avec force et détermination à la politique anti-sociale d'Emmanuel Macron, qui participeront à toutes les mobilisations sociales et politiques pour reconstruire un espoir et une perspective de gauche pour la France.
Vous pouvez compter sur ces femmes et ces hommes pour faire entendre vos attentes et vos luttes à l'Assemblée nationale. 
Paris, le 11 juin 2017

dimanche 11 juin 2017

Elections législatives 1er tour : Déclaration de Pierre Laurent

Les résultats du premier tour des élections législatives, s'ils étaient confirmés par le second tour dimanche prochain, placeraient l'avenir du pays dans une situation extrêmement difficile, sous la menace d'une Assemblée nationale dominée par les députés d'En Marche ! et leurs appuis venus des Républicains. Un tel résultat plongerait des millions de nos concitoyens dans une véritable « gueule de bois » démocratique.

La mobilisation est nécessaire au second tour pour empêcher ce hold-up institutionnel contre le pluralisme politique de notre pays, et pour résister aux mauvais coups programmés par le gouvernement d'Emmanuel Macron.

Le nouveau record d'abstention est alarmant pour notre démocratie. C'est le premier échec d'Emmanuel Macron. C'est la conséquence de la présidentialisation aggravée de notre vie politique qui dévalorise un peu plus, à chaque quinquennat, l'élection de l'Assemblée nationale. Et c'est l'échec de tous ceux qui poussent à cette présidentialisation forcenée, construisant une représentation politique dans laquelle la majorité des citoyens se reconnaît de moins en moins.

Nous demandons instamment qu'Emmanuel Macron et le gouvernement ré-ouvrent, sans attendre le lendemain du second tour, le débat sur le changement de nos institutions : l'instauration de la proportionnelle à toutes les élections, qui, seule, permet de refléter la richesse et la diversité politiques du pays, ainsi que celle d'un nouveau calendrier électoral, pour redonner à l'élection législative et au Parlement toute leur légitimité et leur importance dans la vie démocratique de notre pays.

Ce record d'abstention est aussi la marque d'une défiance déjà forte à l'égard du nouveau président de la République, contrairement à ce que veut nous faire croire le déferlement de communication médiatique autour de chaque fait et geste d'Emmanuel Macron : seuls 24 % des électeurs l'ont soutenu au premier tour de l'élection présidentielle et il n'a été élu que par la mobilisation d'une large majorité de femmes et d'hommes qui voulait barrer la route de l'Elysée à Marine Le Pen. Les élections législatives ne témoignent d'aucun élan supplémentaire. Ce sont l'abstention et la division de ses adversaires, singulièrement à gauche, qui amplifient les résultats de ses candidats.

La division des forces de gauche se paie en effet très cher. Les forces qui ont soutenu
Jean-Luc Mélenchon, se sont retrouvées en concurrence suite aux décisions de la direction de la France insoumise. Elles en subissent toutes ce soir les conséquences. C'est aussi le cas du Parti communiste dont le résultat national est très bas.

La gauche est durement affaiblie et même éliminée dans nombre de circonscriptions. Nous le déplorons, malgré tous les efforts que nous avons déployés pour y remédier.

Ce soir, l'urgence est avant tout à la mobilisation pour relever le défi du second tour, face aux candidats de Macron, des Républicains et du FN, pour faire élire les candidats de gauche encore en lice.

Les candidats d'En marche !, ou les socialistes rebaptisés « majorité présidentielle », sont porteurs du programme libéral du Président. Les candidats des Républicains ne sont pas des opposants, puisqu'ils veulent en pousser les logiques libérales le plus loin possible. Ni les uns, ni les autres ne sont nos candidats.

Nous continuerons aussi à faire barrage, partout où c'est nécessaire, aux candidats du Front national, car nous voulons empêcher leurs idées de haine, de racisme et d'exclusion de continuer à prospérer.

Partout où ils sont encore en lice, nous voulons élire dimanche prochain des députés communistes et Front de gauche, des députés d'autres forces de gauche qui sont prêts à combattre aux côtés des forces sociales, la casse le code du travail par ordonnances, la hausse de la CSG, la diminution drastique des effectifs de fonctionnaires, la remise en cause des services publics, comme des moyens des collectivités locales, la restriction de nos libertés publiques, l'amplification des politiques de soutien à la finance.

Ces candidats de gauche sont présents au second tour en Métropole et en Outre Mer pour gagner dans plusieurs dizaines de circonscriptions, dont une partie sont des candidats communistes. Ils deviennent ce soir les candidats de rassemblement de toutes les forces de gauche pour gagner.

Il ne faut pas laisser le second tour des élections législatives aggraver le fossé démocratique créé. La mobilisation des électeurs de gauche est nécessaire, car c'est grâce à l'abstention massive que la « République En Marche » pourrait obtenir dimanche prochain une majorité absolue et monocolore, qui lui donnerait dès cet été les mains libres pour appliquer sa politique libérale.

Les députés communistes et Front de gauche qu'il est possible d'élire dimanche prochain seront un point d'appui solide pour former un groupe, un gage d'espoir pour reconstruire l'avenir et la gauche ; ce sont des femmes et des hommes que vous connaissez, vous savez leur engagement pour vous défendre, proposer un chemin nouveau à notre société, unir les forces nécessaires. Vous pourrez compter sur eux tout au long du quinquennat, dans les luttes comme à l'Assemblée.

Nos militants vont se réunir lundi soir, en lien avec notre direction nationale, pour évaluer la situation issue du premier tour dans chaque circonscription et faire pour le second tour les choix les plus rassembleurs en fonction des situations de chaque circonscription.

Au-delà du second tour, les communistes prendront toutes les dispositions pour analyser la dernière période, faire le bilan de la situation et prendre de nouvelles décisions pour être à la hauteur des problèmes auxquels notre organisation et l'ensemble de la gauche sont confrontés. A l'évidence, pour ce qui nous concerne, il y a aura beaucoup à repenser en lien avec les adhérent-e-s du PCF, et l'audace devra être au rendez-vous. Un Conseil national de notre parti se réunira à cet effet les 23 et 24 juin prochains.

vendredi 9 juin 2017

" Façon puzzle ", l'éditorial de Maurice Ulrich dans l'Humanité de ce jour !


À deux jours des législatives, la crise politique qui mine le pays depuis des années, exacerbée par le quinquennat de François Hollande et les promesses trahies, semble devoir aboutir à ce qu’au nom du renouvellement émerge des urnes la politique la plus libérale que le pays ait jamais connue depuis des décennies. Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont cessé de biaiser depuis une semaine avec le contenu de la loi travail. Mais sa logique est claire. Il s’agit d’exploser le Code du travail façon puzzle, pour reprendre la célèbre phrase des Tontons flingueurs. C’est bien le terme qui convient avec cette volonté d’en finir avec l’ambition collective et partagée du progrès social, avec l’idée que la loi et les conventions collectives sont la protection des salariés contre les empiètements permanents, voire le rouleau compresseur de la quête du profit, de la pression sur le coût du travail.

Ce n’est pas le moindre des paradoxes de cette situation que nombre d’électeurs de gauche semblent aujourd’hui fascinés, captivés par l’oiseleur, à rebours de ce que furent les combats de la gauche. Cela au point d’être en mesure de donner dans une confusion totale des voix de gauche et de droite une majorité sans précédent au président de la République pour mettre en œuvre sans discuter cette politique. Et ne tournons pas autour du pot. Quelles que soient les arguties du premier ministre et de la ministre du travail, la décision annoncée de légiférer par ordonnances est bien un déni de démocratie. Comme le 49-3, les ordonnances sont sur ce point de la loi qui, selon un mot de chateaubriand, permet de « confisquer » la loi.


La réalité, quand bien même elle reste voilée pour beaucoup, c’est que ce pouvoir s’annonce bel et bien antisocial et autoritaire. Il est bien tard pour lever le voile2 et rompre le charme. Il ne l’est pas pour poser des jalons, faire naître le doute, tout faire pour qu’existe au Parlement une véritable force d’opposition qui ne peut venir que de gauche.

jeudi 8 juin 2017

Dimanche, ce n’est pas le 3ème tour des présidentielles ! On vote pour Sofia Dauvergne !



La Vème République et le présidentialisme à l’agonie ! Dimanche nous sommes en principe appelés à élire nos représentants à l’Assemblée nationale. Pourtant! Cette échéance ressemble comme jamais à un troisième tour de la présidentielle. Certes, nous connaissons ce phénomène depuis l’inversion du calendrier électoral, intervenu en 2002. Mais cette fois, les bornes sont franchies ! Un(e) candidat(e) avec un chapeau sur lequel est inscrit le nom de Macron a des chances d’être élu ! Les affiches électorales de trois formations dont le candidat est arrivé dans les premières positions au premier tour des présidentielle sont parlantes. On ne voit qu’eux. Il est heureux que nous échappions à Fillon ! Ce qui est préoccupant c’est de trouver dans ce présidentialisme et cette personnalisation effrénée, ceux qui aiment se présenter comme le fer de lance d’une VIème République. Ne nous trompons pas d’élections. Dimanche, nous avons à élire nos député-e-s. Comme on a pu le voir lors de l’examen d la loi El Khomri, le nombre de députés communistes et du Front de gauche dans la prochaine assemblée sera déterminant pour faire face à une entreprise de démolition des conquêtes sociales et démocratiques ! Avec Sofia Dauvergne et les autres député-e-s communistes qui seront élu-e-s, c’est le peuple qui entre à l’Assemblée nationale ! C’est le premier tour qui est donc décisif !

mardi 6 juin 2017

" Démocratie limitée ? ", l'éditorial de Michel Guilloux dans l'Humanité de ce jour !


Il y a un moyen infaillible de savoir qui dit vrai, c’est d’abattre son jeu. Face à la révélation, hier dans la presse d’un inventaire des futures ordonnances sur l’emploi et le travail, des « sources gouvernementales » guère plus identifiées démentent que ce soit là ce qui va guider Matignon dans un dossier économique dans un dossier économique et social des plus cruciaux pour le pays et des dizaines de millions de travailleurs. Eh bien, que le gouvernement rende publique immédiatement la version qu’il compte faire adopter par ordonnances.

Puisque l’heure  serait à la « moralisation de la vie politique » publier intégralement ce projet de loi serait un exercice de démocratie appliquée. Que chacun, citoyen, salarié et syndicaliste, puisse juger sur pièces. De Jean-Christophe Cambadélis à Roger Gérard Schwartzenberg en passant par Jean-Luc Mélenchon, bien des voix de gauche se sont élevées hier en ce sens. Olivier Dartigolles précisant pour sa part qu « le PCF soutiendra et participera à toutes les actions et mobilisations unitaires permettant le front le plus large possible pour mettre en échec ces ordonnances.


L’on nous explique aussi, signe d’une certaine fébrilité, que ces textes dateraient d’avant l’investiture du nouveau chef de l’Ét           at mais qu’ils proviendraient de l’équipe de campagne du candidat victorieux. De deux choses l’une : ou bien il n’y a aucune différence entre les hypothèses des conseillers du candidat Macron, ou bien leur philosophie comme leur contenu n’a rien à voir…Dans le premier cas, l’on verra les limites vite atteintes du « dialogue social » mis en scène ces jours-ci ; le second paraît bien relever de la science-fiction, tant ces « pistes » s’inscrivent dans la droite ligne néolibérale de ce que l’ex-ministre de l’économie fit inscrire dans la loi qui porte son nom, puis dans la loi travail de sa collègue Myriam El Khomri. Puisque l’époque est à la transparence, que l’exécutif donne l’exemple. Sinon, à cinq jours du premier tour des élections législatives, qu’a-t-il à cacher ?

vendredi 2 juin 2017

" L'argent et la vertu ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !



L’arbre d’une affaire cache à nouveau la forêt des projets. Hier, juché sur « les échasses de la vertu », le secrétaire général d’En marche devenu ministre est au bord de la chute. Petits arrangements entre amis, bonne affaire en famille réglée par les mutualistes, assistance financière parlementaire à un rejeton…la justice s’intéresse désormais aux pas de côté de Richard Ferrand. Sont-ils illégaux ? L’enquête répondra. Mais ils sont au moins immoraux.

L’obstination d’Emmanuel Macron à refuser toute rupture entre la République et l’argent a indiqué une pente. Pour la baliser de garde-fous, François Bayrou, hier,  a annoncé en vrac deux lois et une révision de la constitution. Des mesures à examiner de près, le diable se nichant souvent dans les détails. Mais le péril réside plus profondément dans la philosophie même du nouveau pouvoir ; « libérer » l’argent, qui en prend déjà à son aise avec l’intérêt public.

L’affaire fait les gros titres et les nouveaux gouvernants recyclent désormais les éléments de langage que répétaient, dociles, les dirigeants LR au plus fort de la mise en cause de François Fillon : « la presse n’est pas juge, je n’ai rien à me reprocher, ces faits ne sont pas hors le loi… » Pendant ce temps-là, les ministres fourbissent une vague de mesures brutales contre le droit du travail qu’ils veulent imposer au pas de charge durant l’été. Élargir les pouvoirs du patronat, démanteler les protections des salariés, désamorcer la justice prud’homale en sont les traits majeurs. D’autres mettent au point une hausse de plus de 20 milliards de la CSG, qui va notamment frapper les retraités modestes et exempter le patronat du poids de cotisations sociales.


L’enjeu des élections législatives se situe bien au-delà du sort de Richard Ferrand : le nouveau président disposera-t-il des pleins pouvoirs que lui donnerait à l’Assemblée une majorité godillot acquise à la vénération de l’argent, ou bien sera-t-il contré par une opposition de gauche, fiable et consistance ?

jeudi 1 juin 2017

" Le bruit et le silence ", l'éditorial de Maurice Ulrich dans l'Humanité de ce jour !


Le président de la République en a appelé, en Conseil des ministres, à la solidarité et à la responsabilité autour du cas de Richard Ferrand. Voilà donc Emmanuel Macron, un brin grisé peut-être par l’air euphorisant des sommets internationaux, contraint de redescendre, disons au raz des pâquerettes, pour ne pas être plus trivial. La veille, le premier ministre, bien que prenant note de « l’exaspération » des Français, n’en démordait pas, tout en annonçant le report d’une semaine de la loi sur la moralisation de la vie politique. Ce qui devait être l’acte fondateur d’une République exemplaire risque bien d’apparaître comme un péché originel en mettant en contradiction les grands principes affichés et les faits. À propos sinon de moralisation, on aimerait savoir aussi ce que pense Emmanuel Macron de la retraite à 2,8 millions d’euros du PDG de Publicis, Maurice Lévy. En voilà un qui ne sera pas trop gêné par la hausse de la CSG.


Mais il y a bien plus, en ces jours, qui ne relève pas du péché du projet. Pendant que les rédactions et les dîners en ville bruissent des rumeurs des affaires, le massacre social continue. GM&S, Tati, Vivarte, la Seita, Whirpool, des milliers d’empois sont en jeu. Des vies et des familles sont brisées dans le silence et les quelques annonces qui ont pu être faites pour GM&S n’ont d’autre portée que l’échéance des élections législatives. On se souvient peut-être des paroles d’Emmanuel Macron chez Whirpool, que l’on n’avait pas trop remarquées en raison du tapage. Mais qu’a-t-il dit ? On ne peut pas empêcher une entreprise de délocaliser. C’est une gestion privée. Oui, comme le salaire du PDG de Publicis. Selon un récent sondage, la République en marche pourrait avoir de 320 à 350 députés, décidés à soutenir la politique libérale d’Emmanuel Macron en prenant pour les lanternes du progrès les vieilles recyclées du capital bénies par le Medef et la droite. C’est une mystification et il n’y a que les candidats d’une gauche résolue qui peuvent la démonter.

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