LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 31 janvier 2017

Déclaration du Comité exécutif National du PCF


A 83 jours du premier tour de l'élection présidentielle, les jeux ne sont pas faits. Le deuxième tour cauchemardesque entre François Fillon et Marine le Pen, que l'on nous promet depuis des mois, n'est plus une fatalité.
Une autre histoire peut s'écrire. Les Françaises et les Français ont leur mot à dire, et ils le disent, déjouant tous les scénarios mis en place, refusant les impasses dans lesquelles certains s'acharnent à vouloir les enfermer .
Il y a quelques semaines, la primaire de « la droite et du centre » était présentée à longueur d'antennes, non pas comme devant désigner le candidat de droite, mais le futur président de la République. Mais aujourd'hui, François Fillon est sérieusement fragilisé et sa cote de popularité est en forte baisse : son programme ultra réactionnaire de régression sociale a provoqué prise de conscience et réactions face aux menaces qu'il fait peser sur des attentes essentielles des Françaises et des Français, notamment la possibilité de se soigner grâce à la Sécurité sociale, et de disposer de services publics performants.
Un doute profond, et sans nul doute durable, s'est aussi installé sur une des dimensions sur laquelle il voulait bâtir sa campagne, celui d'un homme intègre. Les Françaises et les Français ne veulent plus transiger avec l'éthique en politique et ils ont raison.
Le Front national cherche à profiter de cette situation en travestissant son programme sous un jour prétendument social et en se donnant une image d’intégrité alors qu'il ne cesse d'être impliqué dans « des affaires ». Cette double imposture peut être démasquée si la bataille des idées est menée dans les semaines à venir.
Rien n'est donc joué, mais rien n'est gagné. La victoire d'une politique de gauche reste à construire.
Le peuple de gauche refuse le découragement et la poursuite d'un quinquennat désastreux marqué par la soumission au monde de la finance. Les mobilisations sont nombreuses dans le pays contre les plans de licenciement, pour les services publics. Le peuple veut des suites politiques à sa mobilisation, singulièrement contre la déchéance de nationalité et contre la loi El Khomri.
Après avoir contraint François Hollande au renoncement, il vient dans la primaire socialiste de bouter hors de la présidentielle Manuel Valls. C'est un fait inédit : ni le Président de la République, ni son Premier ministre dont l'ambition commune était d'installer définitivement le PS dans le social-libéralisme ne seront candidats : le projet politique visant à marginaliser durablement toute ambition de transformation sociale est mis à mal et réouvre le débat à gauche : le PCF, qui y a contribué avec d'autres, s'en réjouit.
Une nouvelle période de la campagne des élections présidentielle et législatives s'engage sous la pression croissante de millions d'électrices et d'électeurs qui cherchent un espoir à gauche.
Benoît Hamon désigné pour représenter le PS à la Présidentielle a appelé dimanche les autres candidats et forces de gauche « à construire ensemble une majorité gouvernementale cohérente et durable pour le progrès social, écologique et démocratique ».
Le Parti Communiste Français, engagé dans la campagne pour Jean-Luc Mélenchon, appelle à amplifier les efforts entrepris et à poursuivre le débat public autour de l'affirmation d'une politique de transformation et des convergences nouvelles pour la gagner. Conformément aux initiatives qu'il prend depuis un an, il appelle à multiplier les initiatives pour permettre la victoire d'une gauche de progrès social et écologique et la constitution d'une majorité politique mettant en œuvre une politique résolument à gauche.
Nous appelons à amplifier la campagne contre la droite et l’extrême droite, pour faire barrage à leur présence au deuxième tour de l'élection présidentielle, à leurs projets d'asservissement de la République, de division, d'exaspération de toutes les inégalités.
Nous appelons à amplifier la campagne pour démasquer Macron, dont le projet libéral a aujourd'hui le large soutien des milieux d'affaires et des banques.
Nous appelons à amplifier la campagne de rassemblement engagée par les communistes autour des propositions de « La France en commun », dans l'élection présidentielle et dans toutes les circonscriptions en vue des élections législatives.
Les élections législatives sont plus que jamais une étape essentielle pour construire une majorité qui vote des lois, au nom et en faveur du peuple ! Nous n'avons pas besoin de député-e-s fillonistes pour sacrifier la Sécurité sociale, de député-e-s macronistes pour voter une nouvelle loi d'ubérisation du travail, de député-e-s lepénistes pour fouler aux pieds les valeurs de la République. Nous avons besoin de député-e-s communistes-Front de gauche, de député-e-s irréprochables au plan éthique, de député-e-s de gauche décidé-e-s à combattre le pouvoir de la finance et à écrire des lois d’intérêt général et d'émancipation humaine pour promouvoir une véritable alternative de progrès social.
Nous appelons toutes les forces de gauche à retrouver le chemin du dialogue, à débattre des projets et des contenus pour travailler au maximum de convergences permettant la construction d'un pacte de majorité.
Pour sa part, le PCF est prêt à toutes les rencontres utiles et met au pot commun du débat nécessaire à gauche ce qu'il considère être les grands axes et les propositions constitutifs d'une véritable politique de gauche.
a) La France a besoin d'une grande ambition de progrès social, d'éradication du chômage, de la pauvreté et de la précarité en assurant une sécurité de l'emploi et de la formation, une augmentation des salaires et l'égalité professionnelle Hommes-Femmes, un développement de la santé publique et de la protection sociale, des services publics et de santé performants assurant l'égalité sur tout le territoire.
b) La France a besoin d'une lutte acharnée contre le pouvoir de la finance, s'attaquant à l'évasion fiscale, pour un tout autre rôle des banques en créant un pôle public financier et bancaire, en nationalisant BNP-Paribas et la Société générale, en réorientant le crédit bancaire les profits et les aides publiques aux entreprises vers l'emploi et les besoins humains. La banque centrale européenne doit agir contre la spéculation et l'évasion fiscale et en faveur de l'emploi et des services publics.
c) La France a besoin d'une nouvelle manière de produire et de se développer alliant une nouvelle industrialisation, l' Économie Sociale et Solidaire, le développement de l'agriculture paysanne, une transition énergétique respectueuse de l'environnement et de l'air que nous respirons ensemble !
d) La France a besoin d'une VIe République, démocratisée où le peuple ait droit de cité, d'un Parlement respecté et élu à la proportionnelle, d'une monarchie présidentielle abattue, et de nouveaux pouvoirs des salariés comme l'a exprimé Pierre Laurent samedi 28 janvier, dans son discours de la Rotonde.
e) La France a besoin d'une politique européenne offensive, utilisant son influence et s'alliant avec toutes les forces progressistes pour sortir de l'austérité, libérer l'Europe de la domination de la finance, l'orienter vers un développement solidaire et soutenable. Une autre coopération régionale, fondée sur les choix souverains des peuples peut agir pour un monde de coopération et de paix à l'heure des inquiétantes menaces que fait peser l'élection de Donald Trump sur la sécurité du monde.
Les initiatives nationales dont le PCF est à l'initiative, la première sur le progrès social le 7 février à Port-de-Bouc, comme ses initiatives locales sont des lieux qu'il met à disposition de toutes les forces, de toutes les énergies individuelles et collectives qui veulent s'engager dans ce travail commun.
Le parti communiste est prêt à répondre aux invitations permettant d'avancer dans ce sens, et participera à la rencontre de l'appel des 100 le vendredi 3 février.
Il invite ses militant-e-s, ses élu-e-s, ses candidat-e-s aux élections législatives, à déployer la campagne dans toutes les circonscriptions pour y construire dans le dialogue et l'action les rassemblements les plus larges pour se doter de député-e-s faisant entrer au Parlement, en juin, le peuple et ses attentes.
Paris, le 30 janvier 2017.

" Maturation en cours ", l'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l'Humanité de ce jour !


On pensera ce qu’on voudra de Benoît Hamon et de la primaire, dont il vient de sortir large vainqueur, mais au moins une chose est sûre désormais. L’instinct de survie « de gauche » des militants socialistes nous dit quelque chose d’assez fondamental sur le moment politique. Et singulièrement sur le peuple de gauche lui-même. Car cette victoire, aussi inattendue pouvait -  elle  paraître il y a deux mois encore, marque non seulement une volonté de rupture avec le hollandisme et le vallsisme, mais, surtout, elle installe dans le débat plus global des propositions supplémentaires pour une véritable alternative. Analysons donc la situation au plus près de la réalité et mesurons le chemin parcouru au fil du quinquennat. Si ce vote est une bonne nouvelle pour la gauche toute entière, allons déjà plus loin.au cœur de ce grand chamboule – tout, que Jean-Luc Mélenchon nomme à juste titre le « dégagisme », il nous reste prioritairement à observer ce qui constitue sans doute la principale leçon des dernières semaines : le besoin de vraie gauche est là, tellement là que beaucoup de libéraux de droite comme de gôche prennent peur. Ils doivent pourtant s’habituer à l’idée. La gauche de transformation sociale pèse beaucoup plus lourd que certains l’imaginaient. Peut – être nous – mêmes, c’est dire…

Voyons bien le phénomène de maturation en cours et à quel point cela donne du crédit et de la force à ceux, à tous ceux, qui ont construit des contenus alternatifs crédibles et donnent de la cohérence, depuis longtemps, à ce qu’ils proposent. Malgré les railleries de toute la médiacratie et le mépris de classe des ordo – libéraux, cette bataille d’idées ne vient pas de nulle part. elle a labouré en profondeur la société et la primaire socialiste n’en est qu’une expression complémentaire. La défaite cuisante du libéralisme au sein même du PS ouvre un nouveau chapitre de débats en profondeur dont l’issue reste incertaine. Mais la gauche républicaine et sociale est bien vivante. Comme est vivant la peuple de gauche, qui ne veut plus entendre parler ni de « trahisons » ni de « renoncements ».

lundi 30 janvier 2017

" Valls censuré par les siens ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


François Hollande s’étant dérobé, c’est à son premier ministre que les électeurs de la primaire socialiste ont présenté la facture d’un quinquennat qui a abîmé la gauche. La hausse de la participation par rapport au premier tour a d’abord profité à Benoît Hamon qui, avec plus de 58%, recueille un total supérieur aux suffrages qui s’étaient portés sur son nom et celui d’Arnaud Montebourg. Le premier épisode avait signalé une envie de gauche, le second l’a confirmée.

Contrairement au discours du cénacle présidentiel, repris avec complaisance par de nombreux médias, les « frondeurs » étaient majoritaires dans l’électorat socialiste. En soi, c’est un rayon de soleil dans un paysage politique de confusion, de dislocation et d’affaissement. Voyez comment le sol se dérobe sous les pieds de François Fillon. Les emplois de complaisance de sa femme, de ses enfants, la dernière révélation concernant 20.000 euros de fonds occultes de la droite sénatoriale vont poursuivre celui qui posait au grand imprécateur de le rigueur. La résolution à faire payer les Français modestes semble se marier harmonieusement avec un goût prononcé pour l’argent. La primaire socialiste elle-même donne lieu à des manœuvres de migrations de caciques du PS vers un autre candidat que celui désigné par ce vote. L’impression de délitement domine. La tumeur libérale introduite par le couple Hollande – Valls  affaiblit tout l’organisme et crédibilise la candidature du libéralisme sans limites portées par un Emmanuel Macron, chantre de l’ubérisation du corps social et de la concurrence généralisée des salariés entre eux. Marien Le Pen se frotte les mains.


La défaite de Manuel Valls ouvre cependant de nouvelles chances de débat, voire de rassemblement à gauche. La dynamique de la campagne de Jean-Luc Mélenchon montre que l’avenir est de ce côté-là. La convergence des forces peut permettre d’éviter que le pire ne surgisse des gravats.

dimanche 29 janvier 2017

" Voeux des communistes et de leurs élu(e)s " : intervention de Brigitte Moranne !



Mesdames, Messieurs, cher(e)s ami(e)s et camarades
Au nom des communistes et de leurs élu(e)s, je vous présente mes meilleurs vœux de petits et grands bonheurs, de joie, de santé, de réussite pour vous et tous ceux qui vous sont chers.
Nous aurions souhaité vous accueillir dans de meilleures conditions mais les édiles de notre ville en ont décidé autrement. Pour eux la démocratie, la liberté d’expression et de critique ne sont que des mots. Respect, considération et courtoisie ne font pas partie du monde dans lequel ils vivent. Mais qu’ils sachent que cela ne nous impressionne nullement. Nous continuerons de jouer le rôle que nous croyons être le nôtre. Nous resterons disponibles pour débattre échanger, agir aussi, lorsque c’est possible dans tout ce qui fait la vie quotidienne des habitants de notre ville dans leur diversité. Qu’il s’agisse du droit à un aménagement agréable et écologique, de l’habitat, de l’éducation, de la santé, de la culture, du sport, de la vie sociale en général.
Présenter ses vœux c’est parler d’avenir, de notre avenir individuel, de notre avenir commun, en France, en Europe et dans le monde. Pour notre part nous avons la conviction que rien n’est jamais écrit d’avance, et que ce sont les peuples qui écrivent l’avenir.
À contre courant des discours ambiants, loin des divisions, des replis sur soi, des haines beaucoup de choses nous rassemble, vivre ensemble dans une société solidaire, fraternelle, qui permette à chacun d’étudier, de se soigner, de travailler, de se cultiver, de prendre sa place, d’être respecté. Notre pays a cette année encore connu la peur et la mort. Des centaines de vies ont été fauchées en France et de part le monde. Au désordre mondial et à la généralisation de la violence, nous croyons qu’il convient d’opposer l’exigence de sécurité humaine et de paix, pour travailler à la coopération et au rassemblement des peuples et à la fraternité humaine. Car loin de l’image que renvoient les médias, la France ce sont aussi ces associations, ces élus injustement poursuivis pour avoir aidé des réfugiés en détresse.
La France de 2016, c’est aussi celle  qui s’est retrouvée dans la rue pour refuser la loi travail, adoptée au bout du compte à coups de 49.3 Ce mouvement exprimait le refus d’une insupportable injustice. Il était l’affirmation d’un peuple qui a envie de prendre sa vie en main et d’agir. Nous n’avons pas manqué d’entendre les censeurs de tous poils nous expliquer que tout çà c’est ringard, démodé, hors de propos, et qu’il vaut mieux écouter les discours de ceux qui nous promettent du sang et des larmes, nous expliquant qu’il vaut mieux :
  • Réduire le nombre de fonctionnaires, tant pis si l’on manque d’infirmières, d’enseignants ou de policiers.
  • Privatiser la sécurité sociale, tant pis si l’on n’a pas les moyens de se soigner.
  • Travailler plus et plus longtemps pour gagner moins.
                                                                                                                                                  
Écoutons Marine Le Pen qui se présente en opposante mais porte aux nues le milliardaire Trump, dur avec les faibles, faible avec les forts. Et pendant qu’elle répand haine et division, les dividendes des gros actionnaires prospèrent.
Écoutons Fillon, qui veut supprimer 500.000 fonctionnaires, casser la sécurité sociale, augmenter la TVA et supprimer l’impôt sur la fortune. Lui qui a trouvé pour son épouse « un revenu universel » à 5000 euros par mois. Et pour quoi faire ?
Écoutons Macron qui se présente comme un perdreau de l’année alors qu’il est comptable des politiques gouvernementales mises en œuvre.
Écoutons Valls, l’ex-premier ministre qui nous promet l’inverse de ce qu’il a fait durant 3 années.
Pour leur part,  les communistes se proposent de mettre en débat d’autres choix. Une étude publiée récemment, révèle que 8 personnes détiennent à elles seules 50% des richesses de l’Humanité. Tous les ans, ce sont en Europe 1000 milliards d’euros d’évasion fiscale, 1000 milliards que les affairistes détournent de la contribution  qu’ils doivent au fonctionnement de la société. Ce chiffre est en France, estimé à 80 milliards. C’est l’équivalent du déficit budgétaire du pays. En 2015 les entreprises du CAC 40 ont versé près de 43 milliards à leurs actionnaires. Ils s’apprêtent à en verser 46 cette année. L’argent coule à flots, mais toujours dans les poches des mêmes.
Nous ne nous le cachons pas, le danger de la situation est immense, mais pour autant la fin de l’histoire n’est pas écrite. Notre objectif se résume en quelques mots. Débattre, échanger, construire, redessiner une ligne d’horizon avec toutes celles et tous ceux qui dans leur diversité ne se résignent pas à la situation actuelle. Nous entendons prendre toute notre place dans les échéances électorales de ce printemps. Au présidentielles d’abord, avec Jean-Luc Mélenchon. Loin de la dépolitisation généralisée, espérée par ceux qui nous gouvernent, nos concitoyens restent attentifs au débat politique, dès lors qu’il réponde à leurs attentes, loin du marigot politicien. Des questions centrales sont de nouveau posées sur les choix de société. Avec « La France en commun », le Parti communiste livre au débat citoyen sa contribution pour l’élection présidentielle et les élections législatives avec la volonté de déjouer le scénario du duel annoncé entre la droite et l’extrême droite et de contribuer à une nouvelle politique à gauche et écologiste, une majorité parlementaire, une majorité populaire, citoyenne et agissante.
La France en commun est aussi un atout pour mener la bataille des élections législatives
C’est à l’Assemblée nationale que se construisent, se votent les lois. Pour notre circonscription qui compte les villes des Lilas, du Pré Saint - Gervais, de Noisy-le-Sec, d’une partie de Bondy et de Romainville, nous travaillons à la construction d’un projet  qui rassemble celles et ceux qui auront soutenu la candidature de Jean-Luc Mélenchon et au-delà si cela s’avère possible. Comment imaginer que ces mêmes forces se présentent séparément, alors qu’elles auront, ensemble, participé au soutien du même candidat à la présidentielle ?  Hors de candidatures de rassemblement, en commençant par les circonscriptions qui comptent un député sortant du Front de gauche, point de salut. Avec ces candidates et candidats, nous voulons ouvrir le débat sur les contenus et construire avec les électeurs les lois qu’elles, qu’ils porteront à l’Assemblée nationale. C’est un acte essentiel car si nos concitoyens contribuaient à l’écriture de ces lois, nous n’en serions pas là.
Ces propositions, nous voulons en faire notre ciment commun dans la campagne électorale et au-delà, en faire une construction citoyenne permanente. C’est cette ambition démocratique qui peut permettre de redonner force à l’espoir, ouvrir un nouveau chapitre de la souveraineté populaire sur les choix politiques qui font notre vie, à commencer par ceux de notre ville, décidés par une poignée d’élus et de techniciens pour le plus grand plaisir des promoteurs immobiliers, à qui rien n’est refusé. On nous parle de faire « de la politique autrement » pendant que notre député sortant va fêter sa 36ème année de présence sans interruption à l’Assemblée nationale et que sa suppléante plie sous le cumul des mandats. Oui, nous avons besoin d’air frais, la souveraineté populaire ne peut être garantie par un député aux ordres du Président quel qu’il soit. Les député(e)s ne sauraient être les godillots de personne, mais des député(e)s libres, rendant compte de leurs actions aux citoyens. Vous le voyez, mesdames, Messieurs, mes  cher(e)s ami(e)s cette année sera bien remplie. Je vous propose que nous profitions ensemble de ce moment de fraternité pour lever le verre de l’amitié et vous dire, que « là, où il y a une volonté, il y a un chemin. »   

" Osons " la nouvelle République ! (Pierre Laurent)


Nous sommes ici avec les candidates et les candidats que nous présenterons aux élections législatives de juin 2017. Nous vous les présentons aujourd'hui, parce que leur campagne va se déployer maintenant, sans attendre, au cœur de la campagne présidentielle et non pas après celle-ci. 

Pourquoi ? Parce que nous, candidats communistes, du Front de gauche, femmes et hommes engagés dans les combats progressistes, partenaires politiques de diverses sensibilités de gauche, avons une conviction : 
une République nouvelle doit naître. Une République où les citoyens se sentent à nouveau pleinement respectés, une VIe république qui renouvelle profondément les institutions et donne un nouveau souffle à la vie politique. Et cet enjeu majeur, c'est un enjeu commun aux deux grandes échéances présidentielle et législatives. Car changer le locataire de l’Élysée ne sera rien si la confiscation actuelle du pouvoir se poursuit.
Autrement dit : pas de nouvel avenir possible pour notre pays, et c'est bien cela que cherche notre peuple, sans ouvrir la voie à un nouveau régime démocratique. 
Il y a urgence car la République est chaque jour trahie dans ses fondements et je connais le poids de mes mots.
La Ve République agonise dans la crise de régime. Née en 1958, il y aura bientôt soixante ans, dans tout un autre monde, quand, au plus fort d'une France enlisée dans la guerre d'Algérie, les forces réactionnaires l'imposèrent, elle n'a cessé de dériver vers ce qui n'est aujourd'hui qu'une monarchie présidentielle totalement inadaptée aux exigences démocratiques du XXIe siècle. 
Avec le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral, le présidentialisme a fini de triompher au détriment de la diffusion des pouvoirs dans toute la société. Résultat, en 1978, l'abstention aux élections législatives était à hauteur de 15 %. Elle était à 45 % lors des dernières élections en 2012 !
Aujourd'hui, le temps est venu d'une nouvelle République du XXIe siècle qui reconstruise le pouvoir des citoyens.
85 % de nos compatriotes estiment que les responsables politiques ne tiennent pas compte de leurs avis ? Comment les blâmer quand ils sont une majorité à refuser le traité constitutionnel européen en 2005, en constatent aujourd'hui les dégâts, et que ce vote a été traîné dans la boue par les dirigeants des deux quinquennats écoulés ? Comment les blâmer quand ils sont une écrasante majorité en 2016, au premier rang les jeunes, à refuser la loi El Khomri, à l'affirmer dans la rue, et que leur magnifique mobilisation est bafouée par le 49-3 ?
***
Nous n'entendons plus, du côté de ceux qui sont au pouvoir, la dénonciation du « coup d’État permanent », qui constitua longtemps le point de rassemblement du camp républicain à gauche.
Mais la gauche républicaine est bien vivante. C'est elle qui a mis en échec l'an dernier le projet insensé de la déchéance de la nationalité pour les bi-nationaux.
Nous sommes les continuateurs des Républicains de l'An I qui en 1792, mirent fin à la monarchie et aux privilèges !
Nous sommes les héritiers des communards de 1871 qui, sous les ruines du Second Empire autoritaire, voulurent une démocratie pleine et entière !
Nous sommes les enfants des artisans de la loi de 1905 qui fonda la République laïque moderne.
Nous sommes les héritiers des résistants de la Seconde guerre mondiale qui bâtirent les fondements d'une démocratie sociale en devenir. 
Et aujourd'hui, nous le disons, de nouvelles fondations sont nécessaires. Voilà pourquoi nous proposons un nouveau pacte Républicain pour une France en commun.
Voilà pourquoi la première décision que prendra la nouvelle majorité de gauche pour laquelle nous sollicitons le suffrage des électeurs sera d'impulser dans tout le pays un grand débat citoyen, un processus constituant, pour aboutir à la rédaction d'un nouveau projet de Constitution soumis à référendum. Le quinquennat à venir doit être le celui qui fondera la nouvelle République que nous appelons de nos vœux.
***
Les grands principes qui guideront cette réinvention démocratique, nous les porterons dans la campagne présidentielle avec notre candidat Jean-Luc Mélenchon, et avec tous nos candidats aux élections législatives. 
Nous voulons sortir du présidentialisme.
Le « domaine réservé » du Président doit être supprimé et toutes les décisions, comme l'action du gouvernement, placées sous le contrôle du Parlement. 
L'élection du Parlement doit retrouver la primauté et être dissociée de la présidentielle. La démocratie mérite mieux que de jouer tous les 5 ans au « Secret story présidentiel ». 
Le 49.3 et toutes les dispositions qui réduisent le rôle du Parlement, laissons-les au musée de l'Ancien régime ! Oui, nous supprimerons le 49-3, les votes bloqués, l'usage à répétition des ordonnances.
Nous voulons faire à nouveau entrer le peuple, tout le peuple au Parlement.
Nous voulons un Parlement à l'image de notre société, où la voix de chacune, de chacun compte pour un. Nous mettrons en place la proportionnelle intégrale à toutes les élections, avec obligation de parité.
Nous accorderons le droit de vote et d'éligibilité sous condition de résidence à tout citoyen qui choisit de vivre sur le sol français, et cela quelle que soit sa nationalité.
Nous limiterons le cumul et le renouvellement des mandats en accordant un statut de l'élu qui permette à un salarié, de toutes conditions, un ouvrier ou une employée comme tous les autres, d'exercer un mandat et de garantir son retour à l'emploi dans une continuité de revenus et de droits.
Nous voulons un Parlement où la voix du peuple fasse la loi.
Nous voulons plus de gouvernement des « experts ». Nous voulons une République qui développe les capacités et l'expertise populaire.
Ce jeune qui se demande de quoi sera fait demain, qui navigue de boîte d'intérim en boîte d'intérim, avec une mission de manutention par-là, un inventaire en grande surface par-là. Nous voulons qu'il devienne député.
Cette jeune infirmière qui ne compte plus ses heures et ses nuits de travail. Celle-là même qui sauve des vies et qui fait de notre système de santé un des plus performants au monde. Nous voulons qu'elle devienne députée.
Cette ouvrière du textile, ce chauffeur Uber, cette cadre dans l'informatique, ce jeune start-uper : tous ceux qui n'en peuvent plus d'une politique qui les ignorent, nous voulons construire avec eux une nouvelle majorité, un nouveau Parlement qui rendra ses droits à notre peuple souverain.
Nous voulons un Parlement éthique, respectueux de l'intérêt général, indépendant des intérêts privés.
Le contrôle des conflits d'intérêts doit être renforcé. 
Et concernant l'affaire Pénélope Fillon qui défraie la chronique, nous proposons de clarifier sans délai les règles en usage en donnant force à ce qui devrait relever du bon sens : interdire l'embauche d'un membre de sa famille comme assistant parlementaire.
Je dis cela en responsabilité, sans verser dans le refrain nauséabond du « tous pourris ». Le Parlement n'est pas peuplé d'emplois fictifs, arrêtons cette fable, mais de centaines d'assistants parlementaires qualifiés qui y travaillent avec compétence en étant souvent trop peu payés.
Et à qui veut braquer ses projecteurs sur les privilèges, et l'emprise de l'argent sur le pouvoir, je cite au hasard quelques directions de travail : l'évasion fiscale, les salaires des grands patrons, les parachutes dorés, les retraites chapeaux… tous privilèges indécents qu'il serait plus que temps, eux, de mettre hors la loi au plus vite.
Nous voulons une République qui redevienne une grande République Sociale, une République de la démocratie économique, une République qui refonde les pouvoirs citoyens dans la cité et dans l'entreprise.
En abrogeant la loi El Khomri du gouvernement Valls-Hollande, la nouvelle majorité que nous voulons construira une grande loi de démocratisation sociale, qui mettra en son cœur de nouveaux droits sociaux et de droits d'intervention dans la gestion des entreprises ! Voilà ce qui manque tant dans notre République ! 
Les pouvoirs doivent changer de mains, et ceux donnés aux citoyens, aux salariés doivent prendre le pas sur ceux de la finance qui gangrènent notre démocratie. La voilà, la révolution politique ! 
C'est en donnant de nouveaux droits à la société dans son ensemble, aux salariés, aux syndicats, aux lanceurs d'alerte que nous récupérerons les 80 milliards de l'évasion fiscale, que nous contrôlerons l'utilisation du CICE, des dividendes et de l'argent des banques. 
C'est en donnant de nouveaux droits aux citoyens que nous développerons l'initiative législative venue de la société, et non des grands intérêts financiers.
C'est en protégeant les Communs numériques par la loi, en établissant un droit inaliénable des citoyens sur les données, que nous protégerons nos libertés, et empêcheront la privatisation de nos vies.
Oui, la modernité au XXIe siècle, ce n'est sûrement pas de donner les pleins pouvoirs présidentiels au banquier Macron, comme si les banques et la finance n'avaient pas assez de pouvoirs.
La modernité, c'est celle qui osera une République des pleins pouvoirs citoyens.
Non décidément, nous n'avons pas besoin de députés fillonistes pour sacrifier la Sécurité sociale, de députés macronistes pour voter une nouvelle loi d'ubérisation du travail, de députés lepénistes pour fouler aux pieds les valeurs de la République. 
Nous avons besoin de députés qui auront à cœur l'égalité.
L'égalité, c'est le socle sur lequel fut bâtie la première République en 1792. C'est pour que l'égalité soit une réalité pour tous que nous portons le projet d'une nouvelle République. L'égalité c'est notre boussole, encore et toujours !
L'égalité dans les droits politiques, l'égalité dans les droits économiques, l'égalité dans les droits sociaux, l'égalité entre toutes et tous !
Notre pacte Républicain c'est l'émancipation conquise pour toutes et tous qui constituent la Nation. Une République, qui, comme l'affirmait Robespierre, puisse « rendre les hommes heureux et libres par la loi ».
Quand de l'autre côté de l'Atlantique, le président Trump assoit dans le fauteuil du bureau ovale les intérêts du grand capital étasunien, attaque l'avortement et les droits des femmes, libère la parole raciste dans un pays où chaque semaine déjà des policiers tuent des hommes parce qu'ils sont noirs, construit des murs et étale le cynisme des intérêts égoïstes du plus puissant, je crois que le monde a besoin d'une France qui reprenne la marche en avant de tous les droits humains.
Nous voulons une République qui inscrive dans sa Constitution la lutte contre toutes les discriminations, le droit à l'avortement, les droits LGBT, qui proclame dans son article premier non pas qu'elle « favorise » l'égal accès des femmes et des hommes à toutes les responsabilités mais qu'elle le « garantit ».
Nous voulons une République qui reprenne le chemin de la décentralisation des pouvoirs, de la décentralisation territoriale, qui replace la commune au centre de la vie démocratique, qui rétablisse la clause de compétence générale à tous les niveaux de collectivités locales.
Nous voulons une République qui dit que, où que l'on soit né, à Grigny ou à Neuilly, en France ou ailleurs, on a les mêmes droits. Et qu'importe nos origines, notre religion, notre couleur de peau, nous sommes toutes et tous indispensables à notre émancipation commune. C'est ça la VIe République que nous voulons construire !
Une République française qui fasse respecter la voix de son peuple souverain en Europe quand les traités vont à l'encontre de ses intérêts, et qui repasse à l'offensive en Europe pour construire, non des murs ou des Brexit ouvrant la voie à de nouveaux paradis du dumping fiscal et social, mais des sommets sociaux pour faire converger les droits humains et les protections sociales, des COP fiscales pour éradiquer l'évasion fiscale des plus riches, des conférences pour la paix et le droit des migrants.
Une République française qui porte à nouveau dans le monde, dans l'enceinte de l'ONU que Trump veut réduire au silence, la voix de la paix, du désarmement, de la démocratisation des institutions internationales, du développement social et écologique partagé contre les logiques de concurrence capitalistes.
***
Ce sont les axes offensifs de notre pacte Républicain. 
Ces avancées démocratiques, nous en sommes certains, sont attendues par notre peuple qui ne supporte plus la caricature de démocratie à laquelle nos institutions et l'emprise des grands intérêts capitalistes nous condamne. 
Nous porterons cette exigence populaire au cœur des campagnes qui s'annoncent. 
Nous sommes des femmes et des hommes du peuple, désintéressés, seulement soucieux de l'intérêt général, et nous le prouvons chaque jour par nos actes, conformes à nos paroles, par notre intégrité.
Je peux le garantir en votre nom à tous : aucun de nos députés ne sera un député godillot, un député soumis à la finance, aux lobbys, aux pressions des intérêts privés, aux injonctions présidentielles. Nous rendrons des comptes au peuple, devant le peuple, et à personne d'autre. 
Nos groupes parlementaires sont les seuls à compter dans leurs rangs des mécaniciens, des ouvriers, des employés, des instituteurs, une acheteuse en informatique, une agent d'assurance, un éducateur spécialisé, une cardiologue, une agent de maîtrise chez EDF, bref, ils et elles sont des élus du peuple !
Nos parlementaires ont tenu les engagements pris devant les électeurs en 2012 quand tant d'autres ont failli. 
Leur place au Parlement est indispensable. Leur travail est salutaire. Et pour la prochaine mandature, plus les parlementaires communistes et Front de gauche seront nombreux, plus la parole populaire sera forte ! Sans eux, vous serez sans voix dans l'hémicycle où s'écrivent et se votent les lois !
***
Pour terminer mes propos je citerai le groupe « I am ». 
Le premier extrait de leur album Rêvolution est sorti il y a une semaine sur Youtube. Et j'en ai retenu deux vers :
« Si on voulait on pourrait faire pencher le vote. De cette jungle on irait jusqu'à fissurer le socle ». 
Oui, fissurons le socle de la Ve République. Dans ces fissures, faisons naître un nouveau pacte Républicain, une nouvelle République Sociale.

Vive la VIRépublique,
Vive la Sociale,
Vive la France. 

samedi 28 janvier 2017

ANRU II GAGARINE : INTERVENTION DE SOFIA DAUVERGNE


ANRU II GAGARINE, NE REPONDRA PAS AUX BESOINS DES 6000 DEMANDEURS ROMAINVILLOIS !
Intervention : Sofia Dauvergne au Conseil municipal du 25 janvier 2017
Délibération : Acquisition auprès de Romainville Habitat des terrains lui appartenant compris dans le périmètre des ilots « 3-4 » et « 6a » du projet de Renouvellement urbain du quartier Youri Gagarine.

"Aujourd’hui malgré les besoins de la population Romainvilloise, en matière d’habitat, la majorité municipale fait le choix de ne pas y répondre.
Romainville bénéficie de la dotation de solidarité urbaine puisque le revenu moyen des habitants de notre ville est faible. En 2013 le taux de pauvreté atteignait 27,5 %. 6000 demandes de logements sociaux sont en attente dixit M. Jacques Champion, adjoint en charge de l’aménagement à l’atelier urbain du 18/01/2017.

En 2013, le pourcentage de logements sociaux était de 45% à Romainville. Cependant, ce taux ne cesse de décroître au fur et à mesure des constructions immobilières (42% chiffre documents ANRU II) inscrites dans la politique d’urbanisme mise en place par l’exécutif municipal.
C’est dans ce contexte que le projet ANRU du quartier Gagarine ne profite ni aux locataires de cet ensemble ni aux personnes en attente de logement social.

Des analyses ont montré qu’au nom de la « Mixité sociale » le projet ANRU II financé par de l’argent public profite essentiellement aux promoteurs privés, aux entreprises du BTP et aux banques. Ainsi, Action Logement (ex 1% Logement) dont sa mission d’origine est de développer le logement social, s’est vu détourner la moitié de son budget pour financer la quasi-totalité (93%) des 5 milliards du budget de l'ANRU au niveau national.
Et nous continuons à réaffirmer la réalité :  les habitants ne sont pas associés à ce projet de reconfiguration de leur quartier et de la ville.


Vous nous demandez de nous prononcer sur l’acquisition auprès de Romainville Habitat de 2 parcelles de terrains lui appartenant afin de les revendre aux opérateurs et ainsi mettre en œuvre la première phase de constructions du projet de renouvellement urbain du Quartier Youri Gagarine.
Sur ces parcelles, il est prévu la réalisation, respectivement, de 75 et 31 logements dont seulement 20% seront des logements sociaux et la réalisation du carré 16/25, un équipement public pour lequel nous sommes bien évidemment favorable.

Pourtant le PLH (Plan local de l’Habitat) d’Est Ensemble 2016/202,  adopté définitivement le 14 décembre 2016 porte l’effort de logements locatifs sociaux à 30%, à l’exception de 3 communes qui ont décidé de l’abaisser à 20%: les 2 villes de droite, Noisy-le-Sec et Bobigny, ainsi que Romainville.
Le contrat de développement territorial signé en 2014 avec l’Etat fixe lui un objectif de production de logements locatifs sociaux à au moins 25% dans les opérations de logements neufs.
Le Projet ANRU Gagarine, si l’on tient compte des démolitions est bien en dessous de ces objectifs. Pas un seul logement supplémentaire prévu pour répondre. aux besoins des 6000 demandeurs dont de nombreux Romainvillois.

Ce projet devait s’inscrire dans le cadre de la loi du février 2014 (loi- 201-173) de programmation pour la ville et la cohésion sociale. Ce qui n’est pas le cas puisque les habitants, pas plus que les élus, n’ont été coconstructeurs de ce projet. C’est pourquoi nous ne participerons pas à ce vote.

vendredi 27 janvier 2017

" Coucou, la revoilà ", l'éditorial de Michel Guilloux dans l'Humanité de ce jour !


Et si, de nouveau, on faisait revivre la formule "Soyons réalistes", demandons l’impossible » ? Parce qu’il y a au moins un point commun à Manuel Valls, Emmanuel Macron ou François Fillon. Dans leur dictionnaire des synonymes, conformisme et fatalisme se disent d’un mot : réalisme. Il est ainsi « réaliste » de gouverner à coups de 49.3 contre son camp et contre son peuple. Il est tout aussi « réaliste », à l’heure de la COP21, de mettre sur la route des autocars pour pauvres conduits par des chauffeurs ultra-pressurés. Et le plus « réaliste » dans tout çà est que l’argent (public) aille encore plus vite aux intérêts (privés). Pendant ce temps, à force de les voir jouer sur leur propre terrain fangeux, les bas du front habités de la passion morbide du culte du chef croient leur heure (re)venue.

Le paysage avant la bataille serait ainsi posé, ressemblant aux décombres de l’après. Inutile d’aller voter, braves gens, ils s’occupent de tout, eux les « réalistes » au vocabulaire restreint au niveau de celui d’un vigile de boîte de nuit en costard cravate : « Çà va être possible ». Le reste du champ politique, à gauche de tous ceux-là qui entendent liquider la notion même de gauche et avec elle toute ambition de transformation sociale, ne l’est donc pas, « réaliste ». Tant mieux.


Prévoir un meeting en recourant à l’hologramme, le jour même où l’obscurantisme ouvrira sa boutique à Lyon. Réclamer sur le modèle de la défense du climat, une « COP » mondiale contre l’évasion fiscale. Rêver d’une VIe République  pour rétablir pleinement le peuple dans sa souveraineté. Et même parler de « revenu universel ». Candidats à l’élection présidentielle ou à la députation, hommes et femmes qui se battent à leurs côtés, celles et ceux qui portent ces idées captent quelque chose du combat incessant de la clarté contre l’obscurantisme. Oui, au pays des lumières, l’utopie a toujours été l’arme des combattants de l’avenir et de l’espérance. Toutes valeurs qui ne se cotent pas en bourse et qui, de ruisseaux « irréalistes » finissent par nourrir les torrents des grands combats transformateurs de l’histoire de notre peuple.

jeudi 26 janvier 2017

" La fable du chevalier blanc ", l'éditorial de Paule Masson dans l'Humanité de ce jour !


L’austère Fillon aime le luxe. Et même s’il s’est taillé une image de républicain intègre, loin de l’agitation bling – bling  de la droite décomplexée, on connaissait déjà la propension du champion de la rigueur budgétaire à dépenser sans compter l’argent des contribuables pour assurer son train de vie de nanti. Premier ministre entre 2007 et 2012, il avait rendu son ministère le plus dépensier du gouvernement, avait fait tripler la surface de l’appartement de Matignon et utilisait les jets présidentiels pour ses déplacements privés…

Jusqu’à présent, ces abus étaient restés souterrains, tant les enquêtes judiciaires qui entachent la droite, de Sarkozy à Balkany, ont pris toute la lumières. Mais le soupçon d’emploi fictif de son épouse, révélé hier par le Canard Enchaîné, déplace subitement le projecteur. Pénélope Fillon, mère au foyer, de son propre aveu « jamais impliquée dans la vie politique de son mari », a gagné en moyenne 5000 euros par mois pendant huit ans comme attachée parlementaire ! Belle somme lorsque l’on sait qu’un assistant touche entre 2000 et 2500 euros mensuels. La révélation est assez sérieuse pour que le parquet financier ouvre une enquête.


 Pauvre Fillon. Dans son starytelling idéal, il aurait tant aimé tenir la fable du chevalier blanc de la politique jusqu’à l’élection présidentielle. Aujourd’hui il sort les rames alors que le courant n’est déjà plus si favorable à ceux qui maintiennent une chape de plomb libérale. À gauche, la dynamique de le campagne de Jean-Luc Mélenchon et la percée de Benoît Hamon dans la primaire socialiste crédibilisent la nécessité d’une autre répartition des richesses, de l’augmentation du Smic, de la baisse du temps de travail…Autant de propositions jugées »irréalistes » et « irresponsables » par ceux qui, de Pierre Gattaz à François Fillon, craignent par-dessus tout que surgisse une nouvelle Nuit du 4 août.

mercredi 25 janvier 2017

" Déni de réalité ", l'éditorial de Maurice Ulrich dans l'Humanité de ce jour !


Le lamentable cafouillage, pour ne pas dire autre chose, auquel nous venons d’assister autour de chiffres de la participation à la primaire de dimanche n’est pas une atteinte de plus au crédit déjà bien entamé du PS. C’est aussi le symptôme d’un déni de réalité. La force propulsive du PS n’est plus et, faute de le reconnaître, la direction socialiste, de manière consciente ou pas, a choisi de la simuler. Au moment où l’on ressort « Tintin au pays des soviets » avec ses usines en trompe l’œil, c’est assez cocasse.

Le même déni de réalité habite Manuel Valls dans son obstination à se poser en candidat présidentiel sans lequel el ne serait point de salut. On se demande par quelle étrange opération proche de la multiplication des pains l’ancien premier ministre, pourrait rassembler autour de lui quand il n’est pas parvenu, dimanche, à le faire avec les plus motivés des électeurs de son camp. C’est dans la même veine qu’il faut apprécier, l’outrance de ses propos à l’encontre de son « camarade » Benoît Hamon, avec un argumentaire dont on peut tout de même s’étonner qu’il soit repris avec tant de zèle par nombre de commentateurs. Il serait, lui, le réalisme, face aux illusions et aux rêves d’une gauche inadaptée au monde moderne. En somme, le réalisme, c’est l’échec, c’est la faillite d’un quinquennat désavoué. Manuel Valls aura beau, ce soir, se hausser du col, se la jouer en costume de présidentiable, on peut parier que rien n’y fera. Le réel, disait Jacques Lacan, c’est quand on se cogne.


Le réalisme de Manuel Valls se prend la réalité en face, mais il se refuse toujours de la voir. Ou, plus exactement, s’il la prend pour partie en compte, c’est avec l’idée de changer de cheval au milieu du gué, pour acter définitivement une rupture. Son refus de répondre à la question de savoir s’il respecterait le choix des électeurs de dimanche prochain est déjà, en soi, une réponse. En revanche, ce qui s’est exprimé dimanche, c’est bien la volonté de ceux qui sont allés voter et, dans les limites que nous avons évoquées plus haut, de remettre le PS sur des chemins de gauche. On peut discuter de leur tracé, mais il serait insensé de les ignorer.

mardi 24 janvier 2017

Collecte des déchets ménagers par aspiration : "danger"



Nous avons beaucoup écrit sur la collecte des déchets ménagers par aspiration. Depuis sa mise en service, les arguments que nous avons développés se sont malheureusement confirmés. Coût exorbitant de ce système. Pannes fréquentes. Nuisances en matière d’odeurs. Les sacs poubelles et autres gravats s’amoncellent au pied des bornes. Le tri des déchets ménagers a reculé dans les lieux où ce système a été mis en place. Quant aux nuisances sonores, elles n’ont pas disparu avec le passage des camions bennes dans les rues avoisinantes. Ce système nous promettait une baisse de la taxe des ordures ménagères. Elle a augmenté dans des proportions loin d’être négligeables.


Mais un fait extrêmement grave vient d’être porté à notre connaissance. Une personne résidant à la villa Respiro, s’apprêtait à déposer son sac poubelle dans la borne lorsque l’aspiration s’est mise en marche. Son bras et sa tête ont été aspirés, lui causant de sérieuses blessures. Sans compter le traumatisme qui s’en est suivi. Cette personne a porté plainte contre Véolia. Malgré ses demandes de rendez-vous auprès des élus, ces derniers n’ont pas cru devoir répondre à sa sollicitation. Ce fait est loin d’être anodin. QUE SE SERAIT-IL PASSÉ S’IL S’ÉTAIT AGI D’UN ENFANT ? D’autant plus que comme le montre la photo ci-dessus, les bornes se trouvent, dans de nombreux endroits, dépourvues de fermeture. Il est donc urgent que des informations nous soient fournies par Véolia dans les meilleurs délais, avant que pareille mésaventure ne se reproduise. 

" Criant et bêlant en pareille intonation...", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !



Le cliché du dernier chic dans les médias dominants. Les débats à gauche opposeraient une « gauche de gouvernement » à une « gauche d’opposition ». Aucuns de ceux qui ressassent ces formules comme des évidences ne s’interroge sur le fait que le première a si mal gouverné que le Président de la République a dû renoncer à se présenter et que son premier ministre vient de se faire infliger un premier carton jaune, avant sans doute un carton rouge dans six jours. Quant à la seconde, qui pour ce journalisme automatique va de Hamon à Mélenchon, elle revendique de gouverner…mais autrement ! Et c’est là que le bât blesse : toucher au système lèse trop de majestés et il faut accabler les profanateurs, sans délai qualifiés d’irréalistes ou d’utopistes. Munis de ces idées creuses érigées en dogme, nos commentateurs se font un  devoir de ressembler au bétail de Panurge, ainsi décrit par Rabelais : « Tous les autres moutons, criant et bêlant en pareille intonation, commencèrent à se jeter et à sauter en mer après, à la file. »


Comment s’étonner alors de l’effondrement de la crédibilité des médias en général ? Une étude internationale présentée au Forum de Davos, montre que la confiance des Français dans les médias est tombée à 33%, contre 38% l’an dernier ! Tout un corps de pensée est en train de craquer à l’échelle mondiale. Bien des choses peuvent émerger des fissures. Le pire aussi quand les faits sont tordus dans un théâtre d’illusions. L’obstination à disqualifier les contestations de la société, à circonscrire au plus mince leur place dans le débat public ouvre un espace aux démagogues de droite et d’extrême droite et exclut de la citoyenneté des millions de personnes repliées sur leurs dégoûts et leurs colères.

lundi 23 janvier 2017

Une belle mascarade organisée par nos élus municipaux (François André)


NOUS PUBLIONS CE TEXTE QUE NOUS A FAIT PARVENIR MONSIEUR FRANCOIS ANDRE

Nos élus ont proposé au bon peuple de Romainville de venir, mercredi 18 janvier, écouter la ‘’bonne parole’’ (celle qui n’admet pas la contestation). Le sujet : L’aménagement urbain des placettes de ce que nous appelions il y a quelque temps ‘’ la place du marché du centre ’’. Cette réunion d’information a fait comme à l’habitude l’objet d’un large effet d’annonce, notamment dans le magazine municipal qui, à ma connaissance, n’a pas été distribué, du moins j’en suis certain dans mon quartier, celui du centre. 
C’est que le sujet est épineux. Nombreux sont ceux qui considèrent que ce projet ne s’intègre pas dans le cœur de notre ville. Des pétitions ont été signées par quantité de Romainvillois.
Devant cette situation, nos élus se devaient d’assurer en termes d’information, un service minimum. La réunion ne devait concerner que l’aménagement de trois malheureuses placettes. Le sujet n’aurait pas dû faire se déplacer grand monde. Eh bien si ! Malgré le froid et tout ce qui pousse à rester à la maison pour suivre l’évolution de l’actualité, le salon d’honneur de l’Hôtel de Ville a fait salle pleine. 

Notre Champion a ouvert la séance par la lecture d’un bien trop long texte qui entre autres fixait ‘’les règles du jeu’’ . La réunion concerne des informations sur l’aménagement des placettes, un point c’est tout. Pour le bâti, il y a eu suffisamment de réunions de concertation pour que nous ne ré- abordions pas ce sujet. Il nous apprend que depuis 2009 une réelle concertation existe avec la population du quartier et notamment dans le cadre du projet Cachin. Je n’habite plus Cachin, je recherche toutes les sources d’information concernant les projets urbanistiques de notre ville. Je puis affirmer, en toute bonne foi, n’avoir jamais été au courant de ces réunions de concertation. Serais-je un cas unique ? 
Monsieur Champion se félicite de certaines avancées : Il est intervenu pour que les travaux de la première tranche de l’espace ‘’bois urbain’’ démarrent enfin. Il nous informe que l’aménagement de la dalle au-dessus de l’autoroute débutera de suite. MERCI Monsieur CHAMPION !

A la suite de quoi les spécialistes, architecte et paysagiste ont vanté leur projet grandiose de jardinets amputés d’espaces nécessaires à l’exploitation du futur métro . Tout cela est fantastique, nous aurons même droit à des revêtements de sol similaires à ceux sur lesquels on peut marcher à New York.
Devant ces brillants exposés, comment imaginer que tous les présents restent bouche bée sans aborder le sujet qui fâche : L’abandon d’une véritable place comme il s’en fait dans toutes les villes. Ce n’est pas le sujet clament nos élus ! Devant la pression du plus grand nombre, qui se sont déplacés pour entendre parler d’autre chose que de la petite taille des végétaux prévus ( en rapport avec les surfaces concernées), l’architecte nous vante l’intégration de son œuvre. Un R+8 dont le 8e étage restera invisible et même, sur un angle bien choisi, le R+8 n’apparaîtra que sur quatre niveaux, ce n’est pas de la magie, ça ?
Le point fort de l’ensemble du projet est bien qu’il facilitera des’’ circulations douces’’ entre Cachin et le cœur de notre village. 
Pourtant il y a malaise, c’est qu’il y a deux voies de circulation à traverser : l’avenue Wilson et l’avenue de Verdun. Alors sur ce point, c’est un balbutiement total : Il faut piétonniser notre ville, mais il faut aussi que quelques voitures circulent, notamment pour ceux qui viendront faire leurs courses à La Vie Claire. Bon cela reste un sujet à étudier !
Dans l’assistance les questions fusent. L’un s’étonne que l’on construise une centaine d’appartements équipés seulement de 49 places de stationnement. C’est la règle partout affirme notre Champion. Mauvaise réponse brillant spécialiste de l’urbanisme. Effectivement l’une des multiples modifications du PLU a introduit une obligation MINIMUM concernant le nombre de places de parkings à créer en lien avec les nouvelles constructions. La possibilité d’en faire plus ne fait pas l’objet d’un interdit !

Avant vingt et une heures, les élus se montrent manifestement las de répondre à tant de questions totalement stupides, du genre : si l’on déduit de vos espaces aménagés la surface des trottoirs, que reste-t-il ? Mais les participants toujours aussi peu enthousiasmés par ce projet souhaitent encore pour une fois faire entendre leur voix. C’est alors qu’une participante nous fait part de ses arguments. La question : Combien de logements seront-ils construits dans le périmètre de la ’’ place’’ ? Réponse : Environ 120. Puisqu’il y a pénurie de logements en île de France nous comprenons bien qu’il faut bâtir, mais le territoire de Romainville n’est-il pas assez étendu pour que l’on réponde à ces besoins sur un autre secteur, permettant ainsi à notre ville de disposer d’une véritable place, lieu de rencontre et de convivialité. Nombreux ont été ceux qui ont applaudi ce raisonnement simple et de bon sens.
Les participants ont quitté la salle emportant avec eux une fois de plus le sentiment qu’ils s’étaient fait berner.

François ANDRE Janvier 2017

" Le bilan censuré ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !




Cinq ans jour pour jour après le discours du Bourget, les électeurs proches du Parti socialiste ont présenté l’addition à Manuel Valls. La loi travail, le 49 – 3, la déchéance de nationalité, les cadeaux mirifiques au patronat…François Hollande avaient de bonnes raisons de fuir un vote sanction. L’ex-premier ministre espérait pourtant faire disparaître le passif du quinquennat derrière les masques de son expérience et de son autorité. Écher et un mat promis pour dimanche prochain. Il n’arrive qu’en seconde position et ne dispose que de la très faible réserve des candidats supplétifs. Encore un sortant, pourrait – on dire, promis à la sortie.

Ceux qui se sont déplacés, hier, ont voulu sanctionner un bilan et, majoritairement, affirmer le souhait d’un ancrage à gauche pour interrompre la dérive libérale entreprise par l’exécutif. Ils ont donc placé en tête Benoît Hamon et accordé plus de 18 % à Arnaud Montebourg. Le faible score de Vincent Peillon confirme qu’il était impossible de tenir un grand écart entre critique et approbation.


La participation à cette primaire socialiste – en baisse sans être indigne – ne garantit pas l’avenir du candidat qui en sortira. Il ne pourra pas, en effet, se targuer d’incarner le vote utile, alors que plane le risque d’un second tour Fillon-Le Pen. À gauche Jean-Luc Mélenchon domine la scène politique, soutenu notamment par le Parti communiste et Ensemble. À droite, l’opération Macron aimante des notables socialistes convertis au libéralisme au point de rejoindre une caravane qui mêle des hommes politiques de droite et des grands patrons. Cependant, le nombre d’électeurs mobilisés redonne une raison d’être au courant socialiste et il serait hasardeux de prédire sa disparition. Choisira-t-il de renouer avec le camp du progrès ? Il lui faudra des actes plus que des discours, fussent – ils du Bourget. 

dimanche 22 janvier 2017

Lettre ouverte de Robert Clément à Alexis Corbière !



Monsieur Robert Clément
Maire honoraire de Romainville
Président honoraire du Conseil général de la Seine-Saint-Denis

Lettre ouverte à monsieur Alexis Corbière, Porte-parole de Jean-Luc Mélenchon



Monsieur, cher ami,


La lettre ouverte que je me permets de vous adresser est celle d’un enfant de Montreuil. Celle d’un élu qui durant de longues années s’est efforcé de servir au mieux les intérêts des populations de notre Département. Celle d’un militant qui toute sa vie durant, n’a eu pour seul objectif : celui de travailler au rassemblement de celles et ceux qui aspirent à vivre dans un monde plus juste, plus humain et plus solidaire. Un militant engagé aujourd’hui dans le soutien à la candidature de Jean-Luc MÉLENCHON et pour faire élire le plus grand nombre possible de député(e)s du Parti communiste, de la France Insoumise, d’Ensemble, ou soutenus par ces mêmes formations politiques.

Hier je vous ai lu. « Voter Jean-Luc MÉLENCHON, c’est écrire une page nouvelle de notre pays en permettant la convocation d’une assemblée constituante qui rompra avec la monarchie présidentielle et mettra les citoyens aux postes de commande », écriviez-vous récemment. Je partage ce point de vue, à condition toutefois que se retrouve à l’Assemblée nationale une nouvelle majorité, porteuse d’une véritable politique de transformation sociale.

Comment prétendre y parvenir sans la présentation de candidatures de rassemblement, seules susceptibles de créer les conditions d’un véritable mouvement citoyen ?

Je vous suis, lorsque vous écrivez : « Durant cinq années, malgré le taux d’abstention record, notamment dans les milieux populaires, qui traduisaient dégoût et colère, jamais le PS n’a demandé une modification significative des politiques menées depuis 2012. Il est resté solidaire de François HOLLANDE coûte que coûte, majoritairement, collectivement. Il est donc temps de rendre des comptes. Responsable et coupable du bilan, aucune amnistie politique ne doit lui être accordée ».

Cher Monsieur Corbière, cher ami,

Vous avez fait le choix de quitter le 12ème arrondissement de Paris pour atterrir en Seine-Saint-Denis, en devenant le candidat de la France Insoumise dans la circonscription, Bagnolet – Montreuil, vous retrouvant ainsi face au député sortant du PS, Razzy Hammadi. Porte parole de Jean-Luc MÉLENCHON, quitte à passer le périphérique, vous aviez la possibilité de prendre une autre décision, bien plus riche de sens, en vous présentant dans une circonscription voisine, celle des Lilas, Le Pré Sant-Gervais, Noisy-le-Sec, Romainville et une parti de la ville de Bondy, là,  où Claude BARTOLONE est élu député depuis trente six ans.

C’est un signe fort que vous auriez adressé aux citoyennes et citoyens de ces villes. Il aurait, sans nul doute, fait évènement dans tout le département et au-delà. Tour à tour, Maire du Pré-Saint-Gervais, Président du Conseil général, ancien ministre, aujourd’hui Président de l’Assemblée nationale, Claude BARTOLONE est l’un des piliers, pour reprendre votre formule, « de l’arrogance intellectuelle solférinienne qui consiste comme toujours à penser que tout doit tourner autour du nombril du PS ». En mettant votre talent et vos compétences au service des populations concernées, en menant un débat projet contre projet, vous auriez ainsi créé les conditions afin que Claude BARTOLONE, soutien actif de l’ex-premier ministre Manuel VALLS, puisse « être jugé à la lumière de ses actes concrets » et de son soutien sans faille à une politique qui n’a fait qu’aggraver la vie des classes populaires.

Au lieu de cela, nous risquons de nous retrouver avec Claude BARTOLONE, parti pour battre des records de représentation à l’Assemblée nationale, accompagné de son compère Razzy Hammadi. Deux socialistes pour le prix d’un !

Je terminerai ce propos en  paraphrasant l’un de vos écrits : « En politique, un petit geste d’apparence anodine, peut parfois être lourd de conséquences ».
En souhaitant que vous preniez le temps de me lire, je vous prie d’agréer, monsieur Corbière, cher ami, l’expression de mes plus cordiales salutations.


                                                                                             Robert Clément

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