LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 31 mars 2016

Conseil municipal du 23 mars : "Intervention de Brigitte MORANNE sur le Budget primitif"

                         


INTERVENTION DU GROUPE FRONT DE GAUCHE-ROMAINVILLE ENSEMBLE SUR LE BUDGET PRIMITIF DE 2016. AU CONSEIL MUNICIPAL DU 23 MARS 2016.

BRIGITTE MORANNE

Monsieur le maire adjoint, Patrice Calsat présente un nouveau budget qui se fait dans la continuité des budgets précédents avec l’objectif de toujours mieux maîtriser les coûts de fonctionnement.
De notre côté, nos commentaires se font également pour l’essentiel dans la continuité critique d’une gestion dont nous n’approuvons pas les grandes orientations.

Notre ville s’est engagée sur le long terme dans une politique de financement des investissements, parfois très lourds, sur la base d’une part d’une vente de patrimoine de la ville (comme par exemple la vente de l’espace public Ambroise Croizat en 2015, Depuis 2006, ce sont 35 449 512, 68 d'euros de patrimoine vendu aux promoteurs !!!) et d’autre part d’un important prélèvement sur les budgets de fonctionnement donc sur les services aux habitants.

Ainsi, la ville, comme chaque année, décide de prendre dès le BP une somme importante à la section de fonctionnement afin de pouvoir financer sa politique d’investissement. Au Budget Primitif 2016, elle représente 5 131 858, 91 Euros. Cette somme prive la population et les services de moyens. C’est un racket !!!
Depuis 2006, soit 10 années, ce sont 72 818 711, 82 Euros de fonctionnement qui ont été injectés à l’investissement soit près d’une fois et demi le budget de fonctionnement de 2016 !!!

 Sur le chapitre 66 : charges financières :

L’intérêt de l’emprunt devrait peser lourd en 2016. Il est prévu une augmentation de 36, 64% par rapport au réalisé 2015(CA 2015). Par contre, si on le compare au Budget primitif 2015 la ligne budgétaire diminue de 6,77%. Cette politique d’investissement est encore la preuve qu’elle impacte considérablement le fonctionnement de la ville.

 Si nous attirons l’attention sur ce type de gestion, c’est parce que Romainville est une ville pauvre, qui bénéficie donc de redistributions verticales et horizontales plutôt conséquentes.

-Le Fond de solidarité de la région est estimé à 1, 78 millions en 2016 (Il correspond aux versements des communes d’Île de France riches au profit des communes d’Île de France pauvres.)

-l’attribution de compensation : c’est le reversement de Est Ensemble à la ville. Il augmente en 2016 de 49,35% par rapport au réalisé 2015.

-La dotation urbaine de solidarité, elle est versée par l’Etat aux communes en difficulté.
Elle bénéficie à ce titre spécifiquement aux villes dont les ressources ne permettent pas de couvrir l’ampleur des charges auxquelles elles sont confrontées.
Lorsque l’on examine ce à quoi la municipalité dépense cette dotation on est en droit de se poser des questions !!!
En effet  depuis des années, cette dotation est utilisée afin de financer les investissements de la municipalité !!! Cette Dotation de Solidarité Urbaine, pour Romainville est passée de 595 875 Euros en 2006 à 1 968 945 Euros en 2015 et est prévue en 2016 à 2 000 000 Euros.

Si on utilise l’argument de la pauvreté moyenne des ménages à Romainville, bien plus élevée qu’en Île De France, alors les citoyens sont en droit d’attendre quels sont les services rendus au quotidien en rapport avec ces chiffres.

A ce jour, nous souhaiterions savoir par exemple :

-Combien d’enfants partent en séjours de vacances ?

-Combien d’enfants sont inscrits au centre de loisirs ?

-Quels moyens donne-t-on à l’accueil des enfants de 0 à 3 ans pour répondre aux besoins de la population.

D’autres questions se posent également lorsqu’on examine précisément les évolutions des dépenses.

-La subvention du centre communal d’action sociale ( CCAS) est en baisse. Elle diminue de 17, 84% de Budget Primitif à Budget Primitif et de 32, 67% du Compte administratif 2015 au Budget primitif 2016.  Quelle en est la raison ?
Alors que notre ville est directement en prise sur la grande pauvreté.

-La subvention de caisse des écoles est aussi en baisse.
Elle diminue de 4, 66% de BP à BP et de 14,09% du Compte administratif 2015 au Budget primitif 2016.

-Les dépenses de personnel ont chuté, malgré comme il l’est précisé dans le budget, la prise en compte du GVT et de la résorption des emplois précaires comme le prévoit la loi de 2012.

Sur la rémunération des titulaires (Comptes 641 11+641 12+ 641 18)

Budget primitif  2015 : 9 425 140,67
Compte administratif  2016 : 8 819 261,50
Variation   605 879,17 soit une diminution de plus de 6%

Budget primitif 2016    8 936 867,00
Par rapport au réalisé 2015, l’augmentation n’est que de 1,33%. Cette augmentation est minime compte tenu du GVT (avancement dans la carrière).
En principe l’augmentation normale est de 2,50% dans une commune.

Sur la rémunération de non titulaires (compte 64131)

Budget primitif 2015    4 393 938, 88
Compte administratif 2016    4 295 713,44
Variation    98 225,44   soit une diminution de plus de 2%.

Budget primitif 2016    4 340 163,72

Par rapport au réalisé 2015, l’augmentation est de 1,03%
Chapitre 65 : ce chapitre retrace les subventions et les indemnités d’élus.

L’augmentation par rapport à 2015 est considérable et correspond à la subvention qui est versée à Est Ensemble .Elle est le fruit de la modification de statut de Est Ensemble.
Les indemnités d’élus ont augmenté quand à elles de 2,93%.

Là aussi, nous souhaiterions plus de précisions quant à l’évolution des effectifs. Est-ce à cause de transferts vers Est-Ensemble ou est-ce-un choix politique de diminuer la masse salariale)

D’autre part, le rapport de la cour des comptes note un taux d’absenteisme inquiétant.
Nous pouvons donc nous poser des questions sur les conditions de travail des employés communaux.

Une fois encore, ce budget est indigne d’une municipalité qui se prévaut de gauche car elle favorise les promoteurs en faisant supporter sa politique d’investissement et ce sur plusieurs générations, sur une population qui se paupérise d’année en année. Le rapport de la cour des comptes page 57 prévoit jusqu’en 2018 10 millions annuels d’investissement, ce qui va encore alourdir la dette qui est déjà très élevée par rapport à la moyenne régionale.


Nous réaffirmons donc que nous n’approuvons pas les grandes orientations de ce budget, c’est pourquoi notre groupe se prononcera contre ce budget primitif de 2016.


                                                                                   Le 23 Mars 2016




dimanche 20 mars 2016

" Résidence Oradour " : la déception d'un accédant :


                               
                   


Nous avons une petite histoire à vous raconter. Un ami, dont l’habitation se trouve proche de l’opération immobilière au coin des rues de Benfleet et Oradour, nous a conté l’histoire d’un jeune couple acquéreur d’un logement visitant les lieux où ils avaient décidé de résider. Déception, désillusion, sentiment d’avoir été trompé sont les mots qui reviennent au cours de cette conversation. 61 m2, pièces exigues, un jardin leur était promis. Mais surprise, 5m2 entouré des autres appartements. Pour les grillades sur le barbecue, il faudra repasser. Et tout cela, tenez-vous bien pour la modique somme de 285.000 euros, ce qui met le m2 à 4800 euros. Ainsi, nous mesurons la fameuse charte devant encadrer les prix est une pure fumisterie. D’après ce document signé en 2012, le prix moyen dans ce quartier était estimé à 4200 euros. Si nous appliquons la fameuse décote de 10% promise, cela met le prix du m2 à 3870 euros. Une bagatelle 930 euros de différence entre l’opération camouflage représentée par  cette fameuse charte et le prix réellement payé par ce couple. Sans compter les désagréments à venir, particulièrement au niveau de la circulation et du stationnement. Décidément Romainville est un lieu rêvé pour les promoteurs qui y font leur beurre !

mardi 15 mars 2016

" Tous propriétaires ", une tromperie !


                         

Tous les gouvernements depuis 2002, relayés par nombre d’élus des collectivités locales, comme c’est le cas à Romainville se font les défenseurs du « tous propriétaires ». Un état des lieux. « En 2014, les aides de l’État pour la construction de logements sociaux (aides à la pierre) s’élevaient à peine à plus de 100 millions d’euros – soit 18 fois plus que le crédit d’impôt Pinel ! »

Quant à savoir à qui profite cet argent, si l’on en croit le dernier rapport de la fondation Abbé Pierre, c’est la prime aux riches. On y apprend que l’accession à la propriété a baissé entre 2001 et 2006 pour les ménages dont les revenus sont inférieurs à 3 SMIC ( -16%) et qu’elle a augmenté moins pour ceux dont les revenus sont supérieurs entre 3 et 5 SMIC ( + 25%) que pour ceux dont les revenus sont supérieurs à 5 SMIC (+59% ). Si ce n’est aux plus modestes, à qui ont réellement bénéficié les aides de l’État ? Toutes ces aides profitent en premier lieu aux promoteurs immobiliers et aux banques dont l’activité est en quelque sorte subventionnée par toutes ces aides, puis aux propriétaires bailleurs et enfin à des locataires des classes moyennes voire supérieures.

Par exemple, un étudiant, enfant d’ouvriers qui, parce que les revenus de ses parents se situent légèrement  au-dessus des plafonds ou simplement parce que l’offre de logements étudiants est dans notre pays ridicule, ne peut pas bénéficier d’un logement CROUS. Il doit donc louer un appartement sur le marché privé, probablement très cher et petit, s’il est dans une grande ville. Prenons maintenant le cas d’un étudiant dont les parents sont cadres supérieurs. Ses parents peuvent acheter un appartement, le louer à leur enfant étudiant – qui touchera l’APL – et bénéficier de  la réduction d’impôt de la loi Pinel qui peut aller jusqu’à 63.000 euros. L’étudiant se retrouve dons dans un appartement dont le loyer est plafonné, dont il héritera et pour cela ses parents paient moins d’impôts grâce à cela ! On voit bien que cette logique progresser la justice et le droit au logement mais aggrave plutôt les inégalités !

 Un autre phénomène inquiétantpour dire qu’elle est alimentée par tous les dispositifs fiscaux soutenant l’accession à la propriété, il faut emprunter de plus en plus d’argent pour acheter un bien. Pour cette raison, on a vu la durée de remboursement augmenter de 15 ans, on est passé à 20, 25 ans, voire 30 ans. Être propriétaire dans ce cas ne veut rien dire de plus que d’être locataire de la banque ! De plus, si l’on n’est pas vigilant sur la qualité du bien que l’on achète, on peut se retrouver à devoir réaliser de coûteux travaux d’entretien et en définitive à ne pas réussir à revendre son bien, ou alors à perte.

Lors des crises immobilières majeures qu’ont connues les Etats-Unis, l’Irlande ou l’Espagne, les citoyens qui se sont fait expulser par leur banque de leur habitation parce qu’ils ne pouvaient plus rembourser, se sont bien rendu compte qui étaient les véritables propriétaires : Pas eux, mais les banques auprès desquelles ils étaient endettés. En France, nous connaissons un autre phénomène inquiétant : celui des propriétés dégradées. C’est le résultat de cette politique entêtée du « tous propriétaires ». Certaines grandes copropriétés sont composées de copropriétaires dont les revenus restent modestes et d’autres qui connaissent des difficultés, liées à la perte d’un emploi. Elles ne peuvent plus assurer les travaux pourtant indispensables. Ces copropriétés sont alors entraînées dans un cercle vicieux qui dégrade considérablement les conditions de vie des habitants.

Cette situation pourtant bien connue devrait faire réfléchir les collectivités locales qui s’engagent dans la construction de grandes copropriétés. C’est le cas dans notre ville avec l’opération dans le quartier Gagarine. Sincèrement est-ce tenir compte des expériences passées que de proposer la construction de plus de 400 logements en accession à la propriété ? Qu’en sera-t-il dans quelques années, ne risquons-nous pas de connaître la situation de certaines copropriétés qui se sont dégradées à une vitesse grand V ? Et que l’on ne vienne pas prétendre que l’on ne savait pas ?

L’idéologie du « tous propriétaires » est une bêtise. Il ne faut pas opposer location et accession à la propriété. Il est grand temps d’en finir avec l’idée, savamment entretenue dans notre ville, selon laquelle le logement social ne serait que celui des « pauvres », conduisant à des « ghettos ». Être locataire, c’est une façon moderne d’habiter, à condition d’avoir un loyer abordable. Elle offre plus de souplesse, de liberté, de mobilité. Il convient de progresser vers la construction d’un secteur locatif fort, indépendant des intérêts privés lucratifs et donc publics, dans lequel les locataires sont protégés par leurs droits et par une réelle gestion démocratique de leur habitat.


Le logement social devrait être l’avant-garde de ce modèle. C’est pourquoi de grands progrès doivent être faits dans la gestion des organismes. Plus de transparence dans les attributions. Plus de pouvoirs pour les élus des locataires qui doivent de rendre compte régulièrement du mandat qui leur a été confié. Le respect du droit au maintien dans les lieux. Quant à l’accession à la propriété, elle doit coexister avec le service locatif public, mais elle doit changer de modèle. La société doit se prémunir contre la promotion immobilière et les accédants doivent gagner des droits, être mieux accompagnés dans leur projet. Dans tous les cas, la clef c’est de faire reculer le marché pour enfin garantir le droit au logement et faire progresser la démocratie dans l’habitat.

dimanche 13 mars 2016

6 ans déjà. Le 13 mars 2010 Jean Ferrat nous quittait




Il aimait tous les mots jusqu’à la déraison !
Il a aimé à perdre la raison !
Il voyait plus haut que l’horizon !
Par sa bouche soufflait la désobéissance !
De la France d’en bas il a chanté les louanges !
Rebelle et sage, il clamait une humanité de partage
S’écriant qu’on n’est pas toujours du côté du plus fort !
Dénonçant le malheur « des enfants dans les mines » !
Il a fait vivre la commune, comme une étoile au firmament
Il connut des années funestes, sans jamais retourner sa veste !
Il a été celui qu’on a voulu faire taire,
Au nom de la liberté sur terre !
Par ses chansons, il a fait aimer le poète Aragon !
En contemplant l’Univers avec « les yeux d’Elsa » !
Il s’en est allé comme il est venu,
Un peu plus calme, un peu plus nu !
Mais il aurait pu vivre encore un peu !


Robert Clément

lundi 7 mars 2016

Romainville : " se réunir, se rencontrer oui, mais où " ?



Chaque année les communistes du quartier des Grands Champs invitent leurs ami-e-s à participer à leur assemblée publique. Cette année 2016, fera exception. En effet nous n’avons pu obtenir la salle Pablo NÉRUDA dont nous avions sollicité l’obtention. Nous ne prétendons pas que les communistes souffriraient d’un quelconque ostracisme lorsque nous rapportons ce fait.

C’est tout autre chose que nous souhaitons évoquer. Les lieux de réunions et de rencontre ont disparu les uns après les autres. Faisons un bref retour en arrière. La salle Marcel PAUL attenant au foyer KÉRAUTRET a été cédé à un promoteur pour produire le « magnifique projet immobilier, dénommé l’Orée des sentes ». La salle Jean Lurçat a subi le même sort, dans le cadre de l’ANRU. Le terrain sur lequel se trouvait le restaurant du personnel communal également cédé à la promotion immobilière. L’espace où se trouve le Mille Club, va subir le même sort. Le foyer Ambroise CROIZAT vient de vivre ses derniers instants. Chaque dimanche matin les associations donnaient rendez-vous à ses adhérents, à la maison des associations et à l’Office municipal des sports, remplacés aujourd’hui par les immeubles « DISNEY-LAND ».


Certains y verront un esprit conservateur, des idées passéistes. Pourtant, comment parler « vivre ensemble », convivialité, citoyenneté si aucun espace ne permet de les faire s’exprimer. N’était-il pas possible de mettre à contribution tous ces promoteurs qui envahissent chaque coin de rue de notre ville ? En tout état de cause, le projet d’une maison des associations se pose de manière urgente. Il conviendra bien d’y répondre.

" Tour maraîchère : Pour l'heure, seuls les locataires de Romainville Habitat sont mis à contribution ! "



Les publi-reportages se sont multipliés ces derniers jours pour vanter ce projet « cher » à madame la Maire. Le titre de l’un de ces billets est assez évocateur : « Après New-York et Singapour, Romainville veut sa tour maraîchère ». Il aurait été plus judicieux d’écrire : « la majorité municipale veut sa tour maraîchère. Quant aux habitants, nous n’en savons rien puisqu’ils n’ont pas été consultés ».

Au-delà de ce que nous avons déjà écrit sur ce projet, la confusion est totale sur le coût de ce « caprice ». Dans un article daté du 4 février, on peut lire : « Pour y parvenir, il faut donc désormais trouver les ¾ des fonds nécessaires à la réalisation du projet estimé à un peu plus de 4 millions d’euros  selon les cabinets d’architectes ». Dans un autre article, on peut lire : « le financement est loin d’être bouclé. Romainville ne dispose actuellement que du quart des 4,6 millions d’euros nécessaires pour la construction du bâtiment. Enfin, si vous écoutez le reportage sur la 3 Paris-Île de France, vous apprenez que le coût est estimé à 5 millions d’euros. Alors qui croire ?

Par contre une chose est certaine,  c’est bien Romainville Habitat qui a lance le concours restreint de maîtrise d’œuvre  sur esquisse afin d’assurer la réalisation du bâtiment maraîcher. Ce qui signifie plus clairement  que le concours au ra coûté le paiement d’une prime aux candidats non retenus, soit environ 60.000 euros.


Et comme les seules ressources de l’OPH sont les loyers des locataires, ces derniers seront heureux d’apprendre que la tour maraîchère aura déjà coûté à chaque famille la somme de 170 euros. Au bout du compte une question se pose. Les locataires seront-ils doublement mis à contribution, comme locataires et comme contribuables ?

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