LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

dimanche 2 août 2015

Le parcours résidentiel, c'est le droit au logement pour tous !


Pourquoi la notion de « parcours résidentiel » est-elle un slogan de propagande dans les conditions de sa mise en œuvre dans notre ville ? Pour une raison extrêmement simple. Les conditions de logement proposées ne le sont pas pour les plus modestes et parce que le coût de l’accession à la propriété devient de plus en plus inaccessible. La première magistrate le proclame elle-même dans les réunions publiques: « il n’y aura pas un logement social supplémentaire, car je ne veux pas de ghettos ». Cela veut-il dire que le logement social conduit inévitablement au ghetto. Pourtant la ville du Pré-Saint-Gervais compte 47% de logements sociaux, et n’a pas la réputation d’être un ghetto. Que dire par contre de la ville de Clichy-sous-Bois qui compte, elle 33% de logements sociaux. Et comme pour faire peur, on continue allègrement d’affirmer que Romainville compte plus de 50% de logements sociaux. C’est un mensonge grossier que nous avons dénoncé, chiffres à l’appui. Nous y revenons. Nous rappelons nos sources :

  • Celle du journal «  Le Monde » datant de 2013 et donnant le chiffre de 45,03% (nous publions cette référence en fin de cet article)
  • L’autre provenant de monsieur Champion lui-même, qui écrit dans un article du magazine municipal de février 2012 : « Sur 4763 logements sociaux l’OPH en gère 3450 » Donc si nous prenons en compte le nombre de logements (10910, chiffre publié dans le magazine de juillet-août) nous arrivons au chiffre de 43,6%. Ce sont d’ailleurs les chiffres de l’INSEE.
  • Plus récemment « EST ENSEMBLE » a publié une photographie des 9 villes que comprend l’agglomération avec les pourcentages de logements sociaux qu’elles comptent (document à la fin de cet article). La seule ville dépassant les 50% est Bobigny. Précisons que le Vice –Président responsable à l’habitat à « Est Ensemble » n’est autre que monsieur Champion. Comment dans ces conditions retrouver dans le dossier sur l’aménagement de ce mois le chiffre de 50,9%. Cet enfumage des esprits, osons le dire devient insupportable !

Une nouvelle fois, monsieur l’Adjoint au Maire à l’aménagement  vante cette « charte des promoteurs » signée en 2012 et qui devrait selon ses dires garantir la mixité sociale, la qualité architecturale et environnementale et une commercialisation à des prix abordables. Ainsi après avoir bradé nombre de propriétés communales, il s’agissait avec cette charte de ramener les promoteurs à la raison. Ce n’est qu’un écran de fumée : la preuve.

En 2012,  madame Valls nous disait  que le prix moyen en centre ville s’élevait à 4500 euros (c’est encore le prix aujourd’hui) et qu’il passera à 4050 euros grâce à la décote de 10% pour les Romainvillois. Or dans le projet Grand’place, le m2 est vendu pour un F3 à 5100 euros. Si nous appliquons la décote de 10%, le prix de vente se situe à 4590 euros c'est-à-dire 90 euros de plus que le prix moyen. Nous sommes loin des 4050 euros annoncés. Quant à l’architecture je laisse à nos lecteurs le soin d’apprécier….Ces petites unités, pour reprendre la formule de monsieur Champion.

Dans les Bas Pays, le prix moyen se situant à 3800 euros, grâce à la décote de 10% les Romainvillois  devraient pouvoir bénéficier d’un prix au m2 s’élevant à 3420 euros. Or dans l’opération Villanova l’acquisition d’un F3 s’élève à 4200 euros. Avec la décote elle est de 3780 euros, soit à 20 euros près le prix du marché.

La méthode est classique, les promoteurs connaissant leur « métier ». Les prix de vent annoncés dépassent de 10 à 15% le prix du marché. On applique la fameuse décote et ils restent supérieurs au prix du marché.

Nous atteignons les sommets lorsqu’il nous est dit que la municipalité « a souhaité y introduire une obligation d’informer les riverains, en amont du dépôt de permis de construire. Quel aveu ! Cela veut dire qu’il n’y a donc eu aucune concertation sur les très nombreux projets qui sont sortis de terre ces dernières années. Par ailleurs, les permis de construire étant signés par madame la Maire, celle-ci pouvait faire obligation aux promoteurs de présenter leurs projets aux habitants, sans que cette contrainte ne soit inscrite dans une charte, qui n’empêche d’ailleurs pas les promoteurs immobiliers d’imposer leur loi. Celle de l’argent.


samedi 1 août 2015

La mixité sociale c'est la guerre aux pauvres !



Dans le magazine municipal, deux mots traversent l’ensemble des articles consacrés à l’aménagement et à l’habitat : « MIXITÉ et PARCOURS RÉSIDENTIEL. À priori rien de choquant. Pourtant à y regarder de plus près ? En dépit du consensus qui entoure ce terme de mixité sociale, et au risque de surprendre c’est une notion fourre tout, hypocrite qui masque les vrais enjeux. Çà ne veut pas dire la même chose de faire venir des gens plus aisés chez des gens plus modestes, que des familles plus riches chez les pauvres.

Donc en apparence ce qu’on appelle la « gentrification » favorise la mixité sociale dans les quartiers populaires, mais en fait, elle la détruit. On peut légitimement s’interroger sur l’omniprésence de la mixité sociale dans les discours politiques alors que le contexte socio-économique est de plus en plus inégalitaire. Il y a un écart problématique entre des politiques nationales qui accroissent les inégalités sociales, et ce vœu pieu de faire vivre ensemble des ménages de la petite bourgeoisie intellectuelle et les classes populaires.

La « gentrificatiion » rapporte de l’argent, mais à qui ? Et au détriment de qui ? On est au cœur d’enjeux sociaux conflictuels, notamment pour l’appropriation de l’espace central. Pour les classes populaires, le plus souvent cela signifie un logement beaucoup plus lointain, des temps de transport qui augmentent, donc une dégradation des conditions de vie qui s’ajoute à leur paupérisation par ailleurs. La politique de rénovation urbaine a certes favorisé l’arrivée de familles résidant auparavant à Paris, notamment, mais elle a chassé toujours plus loin les familles populaires, du fait de l’absence de logement social ou bien parce que le coût de l’accession à la propriété à Romainville était hors de portée des moyens dont ils disposaient.


C’est cette politique qui est mise en œuvre à marche forcée dans notre ville : « Changer la population ». Pour notre part nous avons toujours dit que cette « mixité sociale » répétée comme une espèce de sésame devait tout à la fois permettre d’accueillir les familles qui souhaitent venir résider dans notre ville mais rester solidaire des familles qui souhaitent continuer à y vivre. Cela implique évidemment une politique d’aménagement et d’habitat bien différente que celle mise en œuvre. Elle nécessite la construction de petites unités comportant logement social, logement intermédiaire et accession à la propriété. C’est en ce sens que le terme de parcours résidentiel est un faux semblant. On ne peut faire référence à ce concept que si tous les habitants ont une possibilité de choix quelque soient leurs conditions sociales et les moyens dont ils disposent. C’est un sujet sur lequel nous reviendrons dans un prochain article.


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