LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 25 avril 2013

Le gouvernement se prononce contre l'amnistie sociale

Malgré le vote positif au Sénat, le gouvernement sous pression se prononce contre la loi, proposée par le Front de gauche, dite d’amnistie sociale. C’est le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, qui l’a annoncé ce matin : "Le gouvernement manifestera son opposition claire et ferme à toute forme d'amnistie".
Alors que la proposition de loi communiste, déjà adoptée au Sénat, doit être examinée le 16 mai prochain à l'Assemblée, le ministre Alain Vidalies a affirmé sur France Info que "la position du gouvernement dans ce débat sera non, nous ne sommes pas favorables à cette amnistie, ni à aucune autre". "Ca a été la position du président de la République depuis l'origine et ce qui se passe en ce moment montre qu'il faut avoir une seule réponse, le respect de la loi républicaine pour tous".
"Le droit à manifester, le droit à faire grève sont des grands principes constitutionnels. Mais justement, pour respecter la force de ces principes, il ne faut pas permettre en quelque moment que ce soit des débordements" qui "entrent dans le champ de la loi pénale".
Une loi de justice sociale
La commission des lois de l'Assemblée devrait examiner ce mercredi le texte, adopté au sénat le 27 février, avec les suffrages de plusieurs sénateurs socialistes et appuyé par la CGT. Déposée par les sénatrices Annie David et Éliane Assassi, cette loi prévoit l’annulation des condamnations pénales pour des faits commis à l’occasion de mouvements sociaux ou d’activités syndicales ou revendicatives. Mais aussi l’amnistie des sanctions disciplinaires dans l’entreprise, la réintégration des salariés licenciés et la suppression des empreintes génétiques et autres informations nominatives recueillies lors des procédures judiciaires.
« "Salariés taisez-vous, patrons vous avez les mains libres pour réprimer" : voilà le message du gouvernement qui choisit ainsi son camp : celui du Medef contre les travailleurs » résume le Parti de gauche dans un communiqué. « Déjà réduit au sénat en excluant les militants de RESF et les défenseurs de l’environnement, le texte y avait malgré tout trouvé une majorité. C’en était trop pour le gouvernement qui appelle à un nouveau coup de force contre la représentation nationale et sa propre majorité ! »
Et la violence des patrons
Début mars, Jean-Luc Mélenchon pointait déjà du doigt Laurence Parisot, qui « cherche à assimiler l’amnistie sociale à un encouragement au "cassage". Elle veut faire passer les salariés et les militants en lutte pour de vulgaires casseurs. Je dénonce son silence sur la violence patronale, les licenciements boursiers, la violence que les travailleurs retournent contre eux-mêmes par les suicides au travail. »
Comme un triste écho, un salarié de chez Renault s’est suicidé sur son lieu de travail cette semaine, à l'usine de Cléon, laissant une lettre dans laquelle il dénonce "pression" et "chantage" de la part du groupe, nommant directement Carlos Ghosn, le PDG du groupe.
Pierre Laurent en appelle à la responsabilité des députés, les enjoignant de respecter le vote du Sénat. "Dès aujourd’hui, j'appelle à ne pas laisser faire ce mauvais coup. La parole doit revenir aux députés de gauche qui peuvent, comme leurs collègues du Sénat, voter cette loi le 16 mai."

mercredi 24 avril 2013

Refus de l'amnistie sociale : « Après le mariage, le divorce »

Le ministre des relations avec le Parlement vient de déclarer que le gouvernement s'opposera, lors de son prochain examen à l'Assemblée nationale, au vote de l'amnistie des syndicalistes.
Alors que ce texte a rassemblé une majorité de gauche au Sénat, que la Ministre de la justice s'était engagée publiquement à sa mise en œuvre, Alain Vidalies annonce un invraisemblable renoncement. Cette trahison est insupportable.
A l'heure où les chiffres du chômage atteignent des taux historiquement élevés, elle laisse entendre que le « choc de moralisation » passerai par la condamnation de salariés qui ont lutté courageusement contre la casse de l'emploi.
Cette amnistie sociale est inscrite dans les valeurs de gauche. Elle a été votée après chaque élection présidentielle. Pour la première fois, Nicolas Sarkozy s'y était refusé.
Hier, la gauche s'est retrouvée pour faire avancer l'égalité en votant le mariage pour tous. Dès le lendemain, Monsieur Vidalies propose le divorce.
Olivier Dartigolles, Porte-Parole du PCF

lundi 22 avril 2013

Edito de l'Humanité : côté cour, côté jardin


"La loi du bâillon imposé aux parlementaires est aussi un très mauvais signal adressé au monde du travail", estime Jean-Paul Piérot dans l'éditorial de l'Humanité de ce lundi.
Dans la rue, sous les projecteurs des médias, la droite, toutes chapelles confondues, s’agite, s’époumone contre le droit au mariage pour tous. Cette démonstration, dont Paris fut hier une fois de plus le théâtre, présente pour elle deux avantages. En premier lieu, elle permet de fédérer, sur un sujet qui fait consensus dans la partie la plus rétrograde de la société, l’UMP, le FN et les satellites plus ou moins contrôlés gravitant à leur périphérie. Que la majorité des Français soit favorable à ce nouveau droit, à ce progrès de la société, n’est finalement pas l’essentiel pour les stratèges de la droite : cette grand-messe de la réaction prépare l’opinion à d’autres alliances lors des prochaines échéances politiques, en premier lieu les élections municipales de 2014.
Mais le second avantage de cette excitation printanière consiste à mettre en scène le spectacle d’une opposition se présentant comme radicale et identitaire contre le gouvernement et le Parti socialiste. Des manifestations répétées, avec si possible quelques images d’affrontements avec la police, donnent à peu de frais l’image d’une opposition mobilisée. Cette radicalisation surjouée, qui encourage dans son sillage des actes de haine et de violences, fait passer au second plan d’autres questions qui ne font pas controverse avec le gouvernement. Et cela pour une raison simple, c’est que la droite n’a rien ou si peu à redire aux orientations de l’exécutif en matière de politique économique et sociale. Ainsi va la droite, côté cour, côté jardin. 
Le coup de force commis dans la nuit de samedi à dimanche par le gouvernement contre le débat sénatorial sur le projet de loi de flexibilisation de l’emploi pour couper court à la discussion des amendements déposés par le groupe communiste et par une partie des sénateurs socialistes et écologistes a été traité pour le moins discrètement par les médias. Tout aussi discrètement, les sénateurs de l’UMP ont pu s’abstenir, pour permettre son adoption, sur le texte du projet de loi inspiré et soutenu par le Medef. L’utilisation par le gouvernement Ayrault de l’article 44.3, une mesure d’exception qui met fin à toute discussion, non pas contre l’opposition, mais contre une composante de la majorité sénatoriale, n’est pas un acte anodin. C’est un geste qui laissera des traces dans les relations entre l’exécutif et la partie la plus à gauche de la représentation parlementaire.
La loi du bâillon imposé aux parlementaires est aussi un très mauvais signal adressé au monde du travail. Comment un projet de loi sur la réforme du droit du travail, critiqué dans ses fondements par de grandes organisations syndicales, peut-il être imposé à la hussarde par un gouvernement se réclamant de la gauche? Cette question suscite le malaise au sein même du parti principal de la gauche et au gouvernement, où l’on voit réapparaître à l’égard de plusieurs ministres la célèbre mise en garde, formulée en l’occurrence par Alain Vidalies : « Quand on est au gouvernement, on la ferme ou on démissionne... »
Il y a tout juste un an, le premier tour de l’élection présidentielle posait l’équation qui allait dessiner la victoire de François Hollande, le 6 mai 2012, arrivé en tête au premier tour, talonné par un Nicolas Sarkozy suivi par la candidate du FN à un haut niveau. L’apport des 4 millions de voix du Front de gauche fut décisif au second tour pour donner ses chances au changement. Douze mois ont passé et la déception populaire est à la mesure du renoncement présidentiel. 
Le 5 mai, de la Bastille à la Nation, la gauche qui ne renonce ni ne se renie fera entendre une autre voix.

dimanche 21 avril 2013


Moi, Président, je verrouillerai le Sénat….

HolmoipreImpensable! Alors que les sénateurs communistes et républicains défendaient pied à pied au Sénat leur position hostile au projet de loi sur l’Accord National Interprofessionnel (ANI) en multipliant les prises de parole autour de leurs amendements, le gouvernement a décidé de demander un vote bloqué, procédure parlementaire qui empêche le vote sur chaque amendement au profit d’un vote global à la fin de l’examen de tous les amendements. C’est un coup de force exigeant des parlementaires qu’ils se conduisent en godillots.
«C’est un acte grave qui ne restera pas sans conséquences et sans lendemains, nous n’acceptons pas cette parodie de débat», a lancé la présidente du groupe CRC (communiste) Eliane Assassi. Les sénateurs communistes, furieux du déroulement du débat sur le projet de loi sur l’ANI, ont retiré samedi soir tous leurs amendements et quitté la séance.
Dans un communiqué le PCF exige « le respect du Parlement et le déverrouillage du débat sur l’ANI au Sénat. Depuis trois jours, alors que le ministre Sapin parle d’un projet de loi historique, il refuse d’accepter le moindre amendement et verrouille le travail parlementaire. Le Gouvernement veut une parodie de débat. Les débats se déroulent devant un hémicycle déserté par l’UMP qui laisse faire et le PS qui joue les muets du sérail. »
Les protestations conjointes du groupe CRC, des sénateurs écologistes et de la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann sont systématiquement écartées. « Cela doit cesser, déclare le PCF. Le débat doit être libéré de cette consigne de fermeture. Le PCF appelle le gouvernement à laisser le Parlement légiférer en toute sérénité sans pression ni blocage ».
«Vous ne vouliez pas d’un débat au Sénat, a protesté E. Assassi. Vous avez choisi de mettre fin au débat de manière violente, excessive alors que nous vous démontrions point par point que ce projet de loi, l’accord qu’il reprend, est un accord largement favorable aux intérêts patronaux», a-t-elle ajouté. Les sénateurs communistes avaient déposé plus de 400 amendements. « Il s’agit d’un coup de force pas seulement contre la démocratie parlementaire, mais aussi contre le monde du travail », s’est indignée Eliane Assassi. « Nous en reparlerons« , a-t-elle avertit.
Eliane Assassi a fait valoir que « le débat a commencé seulement jeudi après-midi. Nous sommes samedi matin, pour un texte de cette importance, ça me paraît peu« . D’un côté le gouvernement prétend que ce texte est important et de l’autre, il bâcle la discussion et passe en force en imposant un vote bloqué. « C’est la démonstration de l’incapacité du gouvernement à répondre aux questions et aux contre-propositions formulées par les 450 amendements élaborés avec le monde du travail qui s’opposaient frontalement au projet de loi rédigé par le Medef« , ont protesté les sénateurs CRC.
«Je regrette la décision du gouvernement, je comprends les communistesje regrette cette situation qui a conduit à ce qu’on ne puisse pas débattre des amendements», adéclaré le sénateur écologiste Jean Désessard à la reprise des débats. La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, une des rares socialistes à s’opposer au texte qu’elle juge «déséquilibré», a également retiré ses amendements et critiquer le recours au vote bloqué.

vendredi 19 avril 2013


Le problème, M. Hollande, c’est encore et toujours la finance !, par P. Ivorra

570finance












On est dans une situation très paradoxale. Les banques centrales des grands pays capitalistes injectent massivement de l’argent dans les tuyaux des économies et cela ne met pas un terme à l’atonie de l’activité et à la dégradation de la situation de l’emploi.
La Banque du Japon a annoncé son intention de doubler la quantité de monnaie en circulation dans le pays. Elle entend racheter aux banques une part importante de leurs actifs risqués et acquérir encore plus d’obligations 
du Trésor. La Fed, banque centrale des États-Unis, continue elle aussi à faire marcher 
la planche à billets, tandis que la Banque centrale européenne (BCE), plus frileuse, annonce néanmoins qu’elle poursuivra une politique monétaire accommodante 
« aussi longtemps que nécessaire ».
Pour autant, ce déluge monétaire, quasiment tombé du ciel, ne produit aucun miracle. Il a manifestement du mal à arroser l’économie réelle. Les banques hésitent à prêter. Ainsi, selon les données de février 2013 de la Banque de France, les encours de crédit aux entreprises n’ont progressé que de 0,2 % en un an dans l’Hexagone. Les PME françaises interrogées par l’institution monétaire, fin 2012, indiquent que l’accès aux crédits de trésorerie s’est compliqué.
Dans la zone euro, l’encours des crédits aux entreprises a continué de reculer en février dernier, baissant de 2,6 % en l’espace d’un an. Il a baissé de 8 % en Espagne, de 4 % au Portugal, de 3 % en Italie. La demande de crédit dans l’Europe du Sud, particulièrement frappée par la récession et les politiques d’austérité, est beaucoup plus faible que dans le reste 
de la zone euro, et les conditions d’octroi 
y sont plus dures. Les taux espagnols sont 
ainsi près du double des taux allemands.
Si elles n’ont pas servi à accorder des crédits aux entreprises, où sont donc passées 
ces liquidités ? Les banques les utilisent 
pour intervenir sur les marchés financiers. 
Elles les placent en achetant des titres 
de dette publique. Elles gavent les grands groupes privés en achetant leurs obligations 
et elles boursicotent.
Cela permet de comprendre, par exemple, qu’en dépit de la poursuite de la récession en Espagne, malgré un taux de chômage qui atteint des sommets, bien que les coupes budgétaires ruinent les conditions d’existence de la population, la Bourse de Madrid s’est redressée en 2013 par rapport à 2012. En France, le tour de prestidigitation est tout aussi réussi : le CAC 40 progresse nettement.
Quant à Wall Street, il bat des records. On comprend que le FMI s’inquiète du gonflement de nouvelles bulles spéculatives dans le monde. Le problème, M. Hollande, c’est encore et toujours la finance !
Pierre Ivorra

jeudi 18 avril 2013

Dans l'Humanité de ce jour : " les dessous chics" par Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon



« VIVE LA CRISE » !

Le 22 février 1984, Antenne 2 diffuse une émission surprenante par sa violence idéologique. Son objectif est de faire comprendre que les services publics, les protections sociales et l’État redistributeur des richesses, c’est ter-mi-né ! Christine Ockrent annonce au journal télévisé de 20 heures qu’un Conseil des ministres exceptionnel a pris des mesures d’urgence, dont la baisse de 20% des allocations des chômeurs ou l’établissement d’une liste de médicaments qui ne seront plus remboursés. Le téléspectateur est sous le choc : ces mesures sont en conformité avec le tournant libéral pris sous le masque de la « rigueur » et de la « désinflation compétitive » par le gouvernement socialiste depuis 1983.

Yves Montand apparaît et annonce que « ce flash est faux. Vous avez eu peur, et c’est normal car vous vous y attendiez ! » Selon lui la France connaît aujourd’hui « une  véritable mutation » et doit rentrer « dans un monde nouveau ». Il se charge donc avec enthousiasme et cynisme d’expliquer les raisons de la crise de manière « aussi passionnante qu’un film ».

Yves Montand montre, reportages à l’appui, que les privilèges des Français sont tellement intégrés dans la vie quotidienne qu’ils paraissent « naturels ». Après la demande d’un treizième mois de salaire, d’un quatorzième, et pourquoi pas d’un dix-septième : toujours plus ! Or ces privilèges, « c’est fini ! » proclame avec vigueur Yves Montand. Michel Albert est aussi présent. C’est un oligarque comme les aime le libéralisme avec des fonctions dans la finance combinée avec du pouvoir dans les institutions européenne et dans les médias et enfin au cœur de l’État avec la responsabilité de la planification dans le développement de l’économie. Il n’hésite pas à parler « d’un retournement historique, l’Europe commençant à glisser vers le sous-développement ». Il menacera même l’Europe, si les mesures ne sont pas prises, « de devenir une sorte d’Afghanistan » !

Les experts libéraux de droite comme de gauche, assumant désormais la liberté totale des mouvements du capital, ponctuent de leur savoir cette émission, comme Denis Kessler diplômé d’HEC et futur numéro deux du Medef, ou Alain Minc, inspecteur des finances après être sorti de sa promotion de l’ENA, qui était en 1984, directeur de la compagnie Saint-Gobain. Ce dernier personnage est emblématique de ces libéraux qui peuvent conseiller les Présidents de la République de la gauche libérale ou de la droite extrême : François Mitterrand et Nicolas Sarkozy. La conclusion d’Yves Montand : « Notre bateau tangue. Il menace de couler. Que le gouvernement soit de droite ou de gauche, on ne peut plus gouverner ce bateau. Les recettes politiques ne marchent plus. Toutes les issues sont bloquées. Les idéologies, c’est de la blague, çà ne sert plus à rien. » Yves Montand présente en apothéose une rencontre idyllique entre Reagan et Thatcher, certainement dépourvus de toute idéologie, et un reportage fiction dans lequel les ouvriers d’une entreprise préfèrent se mettre à temps partiel avec un demi-salaire plutôt que d’être confrontés au chômage.

L’histoire bégaie. Les spéculateurs ont mis en péril la finance mondiale. Les travailleurs devront payer les pots cassés. Après Thatcher, ils ont Blair. Après Sarkozy nous avons Hollande. Il va falloir que l’histoire parle clair.

Cet article est paru dans l’Humanité de ce jour. À un moment où son existence est menacée, nous avons voulu souligner l’importance de la présence, chaque jour, du journal de Jean Jaurès. Comme l’écrit Edmonde Charles-Roux, écrivaine, Présidente d’honneur des Amis de l’Humanité : « La disparition de l’Humanité serait un grand malheur » et Marcel Trillat d’ajouter: « Tant que l’Huma est là, il y a de l’espoir ».

Telles sont les raisons pour lesquelles, nous vous invitons à agir vite en participant  à la souscription exceptionnelle pour sauver l’Humanité. "Laisser disparaître ce journal aujourd’hui, ce serait comme se  mettre un bâillon sur la bouche" !


mercredi 17 avril 2013

Edito : La " part d'ombre "...


Par Jean-Emmanuel Ducoin.
D’ordinaire, l’intelligence des humains permet de limiter l’exercice de leurs décisions à tout ce qui regarde leur rapport avec les choses, où elle est on ne peut plus vitale. Passés au laminoir du train fou de l’économie libéralo-globalisée, nos gouvernants ont-ils perdu tout sens des réalités au point de nier leur propre intelligence, leurs promesses, et même ce qui a constitué, un jour, leur engagement solennel dans le camp du progrès, celui de la gauche? Si certains cherchent la vraie « part d’ombre » (sic) du tandem Hollande-Ayrault, qu’ils analysent froidement ce qui s’est passé hier au Conseil des ministres et ils comprendront comment et pourquoi certains socialistes ont lâché leur fil d’Ariane – la lutte pour la justice –, qui, par tradition républicaine, a toujours reposé sur l’union du populaire et du régalien.
Hier, donc, le gouvernement a présenté son « programme de stabilité » pour 2013-2017. Le choix des mots est déjà un programme ; le contenu, une horreur. La France prévoit en effet un nouveau tour de vis de près de 20 milliards d’euros pour 2014, après les 40 milliards de cette année, concentré principalement sur ce que le premier ministre en personne nomme « les dépenses ». L’objectif ? Rentrer dans les clous à coups de marteaux. Lisez plutôt : « Nous devons convaincre la Commission européenne de notre sérieux », avouait un proche conseiller de Jean-Marc Ayrault. Jadis, on voulait rassurer Billancourt; aujourd’hui c’est Standard & Poor’s qu’on ne veut plus désespérer. Restait à Pierre Moscovici de mettre ça en forme : « Ce qui importe pour moi, c’est que la réduction du déficit nominal procède de celle du déficit structurel et pas l’inverse. » On appréciera au passage la sémantique novlanguesque. Hier, Ayrault assurait mener une « politique de gauche » pas « de l’incantation ». Mais, samedi dernier, avant le conseil national du PS, il affirmait : «Il n’y a pas d’alternative à notre politique.» Soyons cruels : ça ne vous rappellerait par hasard la prière libérale de Margaret Thatcher, « There is no alternative » ? Curieux pied de nez auquel est venue se mêler Angela Merkel. Elle a souhaité, hier, le « succès » de la France pour réduire ses déficits. Vous avez voté Hollande ou Merkel au second tour de la présidentielle ?
Rassurons-nous. À entendre MM. Hollande, Ayrault et Moscovici – il y a quelques semaines nous aurions pu rajouter Cahuzac –, il ne s’agit en aucun cas d’une politique d’austérité. Selon eux, leurs choix depuis onze mois permettent au contraire « d’éviter l’austérité ». Au-delà de la supercherie, vérifions le sens exact. Définition du mot « austérité » appliquée à l’économie, lue dans le Larousse 2013 : « Visant à limiter les dépenses… » Que ces messieurs s’inspirent vite de Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde. » Or le malheur en question enfonce les portes. Le FMI et l’OFCE viennent d’annoncer que la France était en récession. Nous y sommes… Après l’administration Obama, qui conseille à l’Europe de penser un peu « à la relance » (on croit rêver), l’OFCE s’inquiète d’une zone euro qui boit « le calice de l’austérité jusqu’à la lie ». À défaut d’entendre les héritiers du Temps des cerises, nos gouvernants écouteront peut-être ceux qui les ont poussés dans la nouvelle religion de la finance. C’est même urgent. Car, pendant ce temps-là, l’espérance de vie en bonne santé, qui progresse depuis la Seconde Guerre mondiale, stagne en Europe, selon une étude qui évoque « un indicateur important des politiques européennes ». Faut-il une meilleure preuve que les logiques austéritaires conduisent au pire 

Programme de stabilité : "des perspectives trompeuses qui visent à rassurer pour ne pas changer de cap "



Le gouvernement est engagé dans une course folle d'annonces d'hypothèses économiques qu'il dit « volontaristes », mais qui se révèlent irréalistes. Ces errements conduisent à des révisions en baisse drastique qui s'accompagnent à chaque fois d'un alourdissement de la facture pour les travailleurs et leurs familles. Le programme de stabilité concocté pour Bruxelles prévoit ainsi un effort budgétaire de 20 milliards d'euros en 2014 après celui de près de 40 milliards d’euros cette année. L’objectif pour Matignon est de limiter la progression des dépenses publiques entre 0,2 et 0,3 % en 2014. Cela correspondrait à un freinage exigeant une recherche d'économies de l'ordre de 15 milliards d'euros par rapport à l'évolution que devrait connaître la dépense publique du seul fait du vieillissement des populations, des progrès de la médecine et des difficultés économiques. Tout cela pour aller vers une dette publique de 94,3 % du PIB en 2014, contre 93 ,6 % en 2013. Voici le résultat de la politique d'austérité, choisie par François Hollande : malgré les sacrifices sociaux exigés, le poids relatif des dettes publiques augmente !

Bien que déjà contraint de rabaisser à 0,1 % son hypothèse initiale de croissance pour 2013, celle-ci, selon le FMI, demeure très surestimée, la France étant, selon lui, en récession. Et pour 2014, le pari du gouvernement (+1,2%) est fortement contesté par le FMI (0,9%), mais aussi par le Haut conseil des finances publiques présidé par le socialiste Migaud.

Malgré cet embellissement systématique des prévisions, le scénario gouvernemental suggère qu'avec un nouveau recul de 0,6 % des effectifs cette année, la promesse de Hollande sur le chômage ne sera pas tenu avec un tel cap. Ces perspectives trompeuses visent à rassurer pour ne pas changer de cap comme le recommandent Mme Merkel et la BCE. Ce n'est pas pour cela que les Français ont élu Hollande en mai dernier. Il faudrait, au contraire, avoir la force de rompre avec cette trajectoire qui va contribuer à maintenir la zone euro en récession. Il faut une relance vigoureuse des services publics, de l'emploi et des salaires en cherchant à construire une solidarité entre pays européens de mise en cause de l'austérité et du refus de la BCE de créer de la monnaie pour répondre aux besoins populaires.

mardi 16 avril 2013

Daniel Daugny vient de nous quitter


Carnet

Nous venons d’apprendre la triste nouvelle. Daniel DAUGNY. Militant de la CGT et du Parti communiste Français vient de nous quitter. Daniel était apprécié de ses camarades et ami-e-s. C’était un homme bon, serviable et dévoué. Sous ses aspects bougons, Daniel  avait « le cœur sur la main ». Toutes celles et tous ceux qui l’ont connu et côtoyé ont le souvenir d’un homme, d’un ami, d’un camarade droit, courageux et fidèle à ses engagements. Dans ces douloureuses circonstances, les communistes de Romainville partagent la peine de ses proches. Ils tiennent à assurer Jacqueline, son épouse, ses deux enfants et ses quatre petits enfants de toute leur affection.

lundi 15 avril 2013

Rien ne les arrête !


Nous publions ce courrier qui est une nouvelle illustration de la main mise des promoteurs immobiliers sur notre ville, avec la complicité des élus de la majorité municipale dont"le laisser faire" est scandaleux.

"Bonjour chers amis de l'asso ARDE, et de l'asso ASVR,

Voici que nous sommes aussi concernés par un projet d'immeuble qui  
viendra s'élever au bout de notre jardinet en lieu et place d'un  
pavillon double qui s'y trouve actuellement. Ce sera aux 89 et 91  
avenue de Verdun juste à côté du collecteur des ordures aspirées par  
voie pneumatique ! Le permis de construire a été délivré sans que la  
municipalité ne se prononce vraiment car elle a laissé filer et c'est  
donc un acquis "tacite". Le projet de la SCI "Les Jardins de Flo"  
prévoit la construction de trois immeubles 1 R+5 et 2 R+3+combles.  
Cela fera 33 logements ! Donc encore 33 familles de + à Romainville !  
Dans la description de l'architecte, partie concernant les abords pas  
un mot sur le pavillon de notre voisin ni le nôtre. On est pourtant en  
droite ligne mais à l'arrière.
Est ensemble émet un avis réservé. Le raccordement à la pompe  
pneumatique n'est bien évidemment pas prévu. Est ensemble demande un  
local spécifique pour les encombrants, non prévu dans le projet.
Le département émet un avis réservé quant aux questions  
d'assainissement.
Les sapeurs pompiers de Paris jugent que la sécurité ne sera pas  
assurée quant aux ventilations et accès pompiers.
Dommage car il est prévu un chauffage collectif par chaudière à bois  
avec stockage de ce bois dans un des sous-sols. Un autre sous-sol sera  
lui dédié à un parking !
Voilà pour les nouvelles, après consultation du dossier de PC à la  
Mairie.
Si vous avez des conseils à me donner sur une éventuelle démarche je  
suis preneuse".
Merci !
Amitiés
Titia


Non, la réforme des rythmes scolaires ne s’attaque pas aux vraies causes de l’échec scolaire

BerthnorythV. Peillon, avec sa loi de refondation place, bien à tort, au centre de sa démarche, la question des « rythmes scolaires ». Le réseau éducation du PCF propose cette Lettre ouverte aux parents d’élèves.
En prenant comme levier la réforme des rythmes scolaires, la loi de refondation ne s’attaque pas aux véritables causes de l’échec scolaire. Il n’y pas de rythmes naturels pour les apprentissages et l’affirmer, c’est rendre les élèves ou leurs familles responsable des difficultés qu’ils rencontrent.
La fatigue des enfants
L’un des arguments principaux du ministre, c’est que les enfants sont fatigués en fin de journée. si l’on creuse un peu, cet argument est contestable. d’abord, dans une certaine mesure, il est normal que lorsqu’on a bien réfléchi, bien appris, on soit un peu fatigué ; il serait même inquiétant que les enfants reviennent comme si rien ne s’était passé dans la journée. ce qui est en jeu, c’est plutôt les réels apprentissages, pour que ce soit de la « bonne fatigue » : pour cela, il faut des moyens pour la formation afin d’aider les enseignants.
Ensuite, en quoi le fait de remplacer des heures d’école par des heures de périscolaire résout le problème de la fatigue ? Si l’on veut des activités périscolaires de qualité, alors les enfants devraient se passionner dans des activités ludiques, et revenir tout aussi fatigués. Mais cette fatigue est d’une autre nature que celle qui relève de la concentration scolaire ; il est vrai que certains enfants fatiguent plus vite que d’autres à l’école. Mais, comme par hasard, ceux qui sont endurants face à l’effort viennent de familles où, hors de l’école, on les conduit d’école de dessin en école de judo, ou enécole de musique…
Bref, ils sont entraînés hors de l’école à se concentrer de façon scolaire. au nom de cette différence, la réforme veut remplacer du temps scolaire, qui permettrait d’entraîner tout le monde à se concentrer sur l’étude scolaire : au contraire, c’est à l’école qu’il faut créer les dispositions pour l’étude scolaire !
Les élèves qui réussissent le mieux à l’école sont ceux qui ont le plus d’activités culturelles et sportives à l’extérieur. ce n’est pas l’école qui fatigue les élèves mais l’ennui et les échecs, épreuves aussi terribles qu’injustes :
• parce que les obstacles pour comprendre ce qui est  attendu de l’institution scolaire sont nombreux et que plus de 50% des élèves n’ont pas les outils pour les surmonter si l’école ne les leur donne pas
• parce qu’ils sont dans des classes surchargées
• parce qu’ils vont de classe en classe lorsque leur enseignant n’est pas remplacé en primaire ou sont privés d’enseignement dans le second degré
• parce que les enseignants débutants ne sont pas formés et que les plus anciens ne bénéficient que rarement de formation continue
• parce que l’école échoue encore à donner à tous les élèves les clés nécessaires à l’entrée dans des univers culturels ambitieux et variés.
Le parti communiste affirme qu’il faut plus et  mieux d’école, en particulier pour celles et ceux qui n’ont que l’école pour réussir leur scolarité.
Les enseignants ne sont ni corporatistes ni hostiles au changement.
Ils veulent défendre leur métier comme tous les travailleurs.
Ils le font d’autant plus fortement que le fonctionnement et les orientations du système scolaire engagent l’avenir de leurs élèves et du pays. En
défendant leur métier, ils agissent pour que l’école fasse progresser et réussir tous les enfants.
Ils revendiquent des conditions de travail qui permettent l’exercice d’un métier de plus en plus difficile.
Leurs conditions de travail se dégradent d’année en année avec des effectifs qui s’alourdissent ; une absence de formation initiale et la quasi disparition de la formation continue ; une multiplication de tâches administratives aussi lourdes qu’inutiles. Leur pouvoir d’achat a régressé de 2000 à 2010 et leur salaire est plus bas que dans la moyenne des pays de l’OCDE.
Le parti communiste soutient les enseignants qui demandent à être consultés pour défendre une école publique, laïque, gratuite et nationale, pour
faire entendre leurs exigences d’une véritable refondation et contribuer à la construction d’une école authentiquement démocratique
Les missions des animateurs ne sont pas des « petits boulots » et ne se confondent pas avec celles de l’école
Ils ont pour fonction d’apporter aux élèves des temps de qualité différents des temps scolaires, mais qui comptent dans le développement et la réussite scolaire : repas partagés, découverte de nouveaux horizons culturels, projets collectifs.
Or ils interviennent dans des conditions souvent fort difficiles : cantines surchargées, absence de locaux pour accueillir les élèves… et leurs conditions de travail vont s’aggraver : le taux d’encadrement des enfants va passer de 10 à 14 pour les moins de 6 ans, et de 14 à 18 pour les 6 ans et plus, dans le cadre des activités périscolaires.
mal payés, soumis aux angoisses de la précarité, ils demandent un vrai statut et une formation, qui ne livrent pas leur embauche à la débrouillardise individuelle.
Pour le parti communiste, les animateurs revendiquent légitimement le respect de leur travail. Respecter leur métier, c’est ne pas leur demander de faire au rabais ce que doit faire l’école.
Les parents ne sont pas démissionnaires 
Ils n’ont pas à résoudre à la maison ce que l’école ne prend plus en charge (apprentissage du travail individuel avec les devoirs).
Il est anormal que tant de familles, légitimement inquiètes de l’avenir de leurs enfants, estiment devoir recourir aux cours payants pour assurer leur. Ils veulent être reconnus comme des interlocuteurs, quelles que soient leur histoire ou leurs situations, leur connaissance des codes de l’école.
Le parti communiste dénonce les idées reçues qui maltraitent les personnes, qui évacuent les vraies questions, empêchent la réflexion de celles et ceux qui s’intéressent aux questions d’éducation.
Dès maintenant, il est possible de transformer l’école pour :
➢ donner le goût d’apprendre à tous les élèves en leur donnant les clefs pour comprendre ce que l’école attend d’eux, en pensant l’école prioritairement pour ceux qui n’ont que l’école pour entrer dans les apprentissages scolaires
➢ permettre à tous les élèves d’entrer dans les savoirs en construisant une réflexion critique : ils doivent tous accéder à une qualification reconnue et avoir la possibilité de s’approprier des outils d’émancipation
➢ créer des conditions matérielles de scolarisation à la hauteur des exigences pour de véritables apprentissages
➢ bâtir un projet de formation des enseignants qui reconnaisse leur métier et leur permette d’enseigner
➢ penser la spécificité des milieux que fréquentent les élèves : école, centre aéré, milieu familial, dans le respect des rôles de chacun de chacun.

samedi 13 avril 2013

Censure bonus malus énergie : le PCF se félicite de cette décision

Dans le magazine municipal d'avril un article est consacré à Delphine Batho venue vanter la proposition de loi "bonus malus" sur les factures énergétiques, quelques heures avant son adoption à l'Assemblée nationale. Au nom de la lutte contre la précarité énergétique, il s'agissait en fait d'inciter les consommateurs à réduire leur consommation d'énergie. Sauf que le Conseil constitutionnel vient d'annuler l'article 2 de cette loi jugé "contraire au principe d'égalité des consommateurs". Les communistes s'en réjouissent, eux qui avec leurs député-e-s avaient pointé une atteinte grave à la péréquation tarifaire et à la solidarité nationale. Vous pouvez prendre connaissance de la déclaration de PCF sur ce sujet.


"L’article 2 de la loi instituant un « bonus malus sur les consommations énergétiques de réseau afin d’inciter les consommateurs domestiques à réduire leur consommation d’énergie » a été jugé contraire au principe d’égalité des consommateurs devant les charges publiques. Le Conseil constitutionnel a donc déclaré l’article 2 et les dispositions inséparables de cet article contraire à la Constitution.

Le PCF se félicite d’une telle décision. Il a, tout au long du parcours chaotique de cette loi, combattu ses dispositifs néfastes.

En effet, le PCF et ses élus n’ont pas manqué de dénoncer l’instauration d’un bonus malus totalement déconnecté de la réalité, inefficace aux regards des objectifs d’économies d’énergie et constituant une double peine pour les familles qui ne peuvent faire face, financièrement, à la rénovation de leur logement. Le Parti communiste avait pointé cette inégalité de traitement parmi les citoyens notamment par la prise en compte dans le calcul du volume de base de la zone géographique. C'est une atteinte grave à la péréquation tarifaire et à la solidarité nationale.

Vouloir faire des économies d’énergie par le seul signal prix revient ni plus ni moins à culpabiliser les ménages dans leur façon de consommer. La sobriété énergétique, c’est consommer moins pour des usages identiques.

L’électricité et le gaz sont des biens de première nécessité, tout le monde doit y avoir accès, au même tarif, quel que soit le lieu d’habitation. Le PCF rappelle son exigence d’une mise en place d’une commission pluraliste (élus, salariés, usagers, entreprises, organisations syndicales, associations, partis politiques) pour fixer en toute transparence les tarifs du gaz et de l’électricité.

A l’occasion du débat sur la transition énergétique qui se déroule actuellement, il est temps de porter la mise en œuvre d’une politique volontariste de l’énergie autour d’un pôle public seul à même de répondre au défi de la transition énergétique et d’assurer l’accès à l’énergie pour l’ensemble de nos concitoyens".

vendredi 12 avril 2013

Un américain...A Romainville !!!!!!





Chacun(e) se souvient du film de Vincente Minnelli : « Un américain à Paris ». Hier il était à Romainville. C’est un quotidien du matin qui nous l’apprend en lui consacrant un article. Ce New-Yorkais a été appelé à la rescousse par nos édiles municipaux pour vanter une énième fois la « fameuse ferme urbaine ». 

On pourra nous faire remarquer que nous sommes d’éternels insatisfaits. Il y a de quoi. Car rien de plus ne nous est appris. Qui va la payer ? L’ANRU, nous dit-on. Comme si les contribuables, et les locataires de Romainville Habitat en particulier, ne participaient pas déjà grandement au financement de cette opération de rénovation urbaine. 

Le couple d’agriculteurs va-t-il oui ou non être sollicité pour participer aux coûts d’investissement ? Silence radio. Pour le reste ce sont les mêmes approximations. Les seuls choux, poires, tomates, pommes pouvant prétendre au label BIO seront ceux produits sur le toit puisque les autres ne seront pas cultivés hors sol. 

Quant au Plan Local d’Urbanisme, il aurait été « modifié pour que chaque construction puisse accueillir un jardin sur le toit ». Ne serait-ce pas davantage pour favoriser de nouvelles constructions, pour densifier, pour donner un coup de main aux promoteurs immobiliers, quitte à sacrifier le patrimoine historique de notre ville, comme on voudrait le faire avec la construction du « Grand Ségur » face à l’église ? 

Oui insatisfaits nous sommes, car tout est dans la communication, dans l’esbroufe, dans la posture. Rien ne nous est dit sur l’essentiel. Comment peut-on, consacrer un article sur le vote du budget dans le « magazine d’informations municipales », sans que ne soit énoncé le moindre chiffre ? Dans une période où nos concitoyens ne se reconnaissent plus dans des pratiques qu’ils jugent, à juste titre, insupportables, qui veulent voir restauré leur pouvoir démocratique, dont ils se sentent dessaisis, l’exemple devrait être donné par celles et ceux exerçant des responsabilités locales. Au lieu de cela nous avons droit à une communication « infantilisante » et « abêtissante ». 

Il est pourtant une note positive que nous souhaitons donner à ce court billet. Nous reprenons au vol une formule contenue dans l’article consacré à la visite du « spécialiste new-yorkais »,  Il y est écrit :

 « ALORS ROMAINVILLE, LE NOUVEAU « SEATTLE » DU 9-3 ?

Si cela pouvait être vrai. C’était le 30 novembre 1999 : Ce jour là une grande mobilisation altermondialiste perturbe la Conférence de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Réunissant 133 pays elle a pour but  de développer encore plus le libre échange, dans les marchés des biens, des services et des produits agricoles. Le troisième millénaire devait être celui du libéralisme à tout crin, des multinationales, et des actionnaires.

Face à cette organisation, pour la première fois, l’ensemble des mouvements activistes ont manifesté à Seattle : les écologistes, les défenseurs des droits de l’homme, les syndicats, les travailleurs, les paysans, le Tiers-Monde, les militants d’Occident. Tous unis autour de l’idée qu’il faut organiser la mondialisation et la gérer autour d’autres valeurs que le seul capitalisme marchand. C’est la naissance de l’altermondialisme. Alors Romainville bientôt le « SEATTLE » du 9-3 ? Alors oui, trois fois oui. Quelle bouffée d’air pur ce serait, dans une ville plutôt marquée dans sa gestion par le « laisser-faire « du marché ». Dans un moment où grandit l’exigence de voir la France se libérer des logiques  de l’argent et des forces de la finance sur la vie sociale, économique et politique, ce serait la meilleure des nouvelles pour rassembler, unir les forces qui ont voté pour le changement et mettre en œuvre une politique résolument de gauche.


mercredi 10 avril 2013


INFORMATION LUE SUR LE BLOG DE LA VILLA "SOLEA"


« Nexity, l’art de vivre en Ile-de-France… et à Romainville »


(Cliquer pour agrandir)
Ces propos extraits de la luxueuse plaquette du programme Confidence(Nexity Fereal), dont la commercialisation a débuté ce week-end (2-3 mars 2013), feront très certainement rire (très) jaune les acquéreurs du programme Villa Solea.
Car la notion de « résidence de standing » paraît très légèrement exagérée nous concernant, eu égard à la médiocrité de l’exécution et des finitions : comme nous n’avons de cesse de le répéter, nous n’avons jamais eu l’impression d’habiter une résidence neuve !
Il suffit de faire le tour de Villa Solea pour constater l’incroyable état de délabrement de certains équipements, pourtant réceptionnés il y a un an à peine, ou de voir l’état consternant des façades, rapiéciées de toutes parts…
Sans compter le fonctionnement erratique de la chaufferie, privant régulièrement les résidents de chauffage et d’eau chaude sanitaire…
Quant à « l’écoute constante de ses clients »…, ce sera sans commentaire…
Pour le reste, nous tirerons notre chapeau à l’équipe marketing deNexity, toujours aussi forte pour vendre du rêve : pour un peu, on aurait signé pour un nouvel appartement, ce matin, au bureau de vente situé auPré-Saint-Gervais (une bulle de commercialisation serait actuellement en construction à Romainville) !
Les visuels sont tous plus spectaculaires et alléchants les uns que les autres, le concept épatant (« rencontre de trois éléments – l’eau, le bois et la nature - »), et les espaces communs d’une beauté renversante : noue paysagère avec « présence d’un petit cours d’eau qui parcourt le site, à l’emplacement d’un puits existant déjà par le passé », solariums communs et « Jardin des carillons » à l’ambiance zen sur les toits des immeubles…
Nous voilà revenus quatre ans en arrière, lors de la découverte du programme Villa Solea, particulièrement prometteur sur papier glacé… On connaît la suite !
Et l’on ne peut donc s’empêcher de songer dès à présent aux éléments qui pourraient être supprimés lors du permis balai (cours d’eau, platelages bois, solariums communs, … ? Les paris sont ouverts !)…
Pour l’instant, la commercialisation serait réservée pendant un mois aux Romainvillois et salariés de la ville (un justificatif serait nécessaire, ce qui n’est nullement mentionné sur la page Internet du programme), et les prix affichés sont de l’ordre de 4500 à 4600 euros du m2 en TVA 7%.
A noter, pour finir, que l’agence signataire du programme (SAA – Studio Authier & Associés) publie sur son site un élément intéressant : les coûts de superstructure sont de l’ordre de 1225 HT par m2 habitable. A rapprocher des 7,6% de marge d’exploitation du promoteur pour 2012 (lire l’article de La Tribune sur le sujet : La marge du promoteur Nexity est-elle trop élevée ?)…
Alors, à vos chéquiers !?

mardi 9 avril 2013

Il y a urgence :" arrêtons la mise en vente de notre ville " !




Les promenades dans notre ville sont devenues décidément bien tristes et monotones. Les grues envahissent le paysage, des panneaux publicitaires vantant la vente d’appartements sont accrochés partout (à hauteur d’homme faites attention). Des bureaux de vente sont installés à tous les coins de rue. Dans de nombreuses voies, pour circuler à pied, nous nous voyons contraints de descendre des trottoirs. Les embouteillages atteignent des niveaux record. Après cela qui peut nier cette évidence : Romainville est placée sous la coupe des promoteurs immobiliers.

Dans une ville, il existe deux façons d’aborder son aménagement et son urbanisme. Ce que nous appellerons « l’urbanisme des promoteurs immobiliers » dont le seul objectif est de faire de l’argent par n’importe quel moyen et un urbanisme maîtrisé par les élus à qui les habitant(es) ont confié un mandat et qui se doivent de leur en rendre compte.

Évidemment faire ce second choix implique de s’opposer fermement à ces spéculateurs patentés, et de faire prévaloir les besoins de la population avant leurs intérêts égoïstes. À Romainville, tous les promoteurs immobiliers se livrent à une publicité mensongère qui laisse de marbre les élu-e-s de la majorité. Certains écrits des promoteurs vont même jusqu’à prétendre que les travaux du métro ont commencé en 2010, comme d’ailleurs ceux de la base de loisirs. Très nombreuses sont les propriétés communales qui leur sont cédées sans qu’aucune contre partie ne leur soit demandée. Par exemple celle de participer au financement d’équipements publics dont auront besoin les nouveaux propriétaires lors de leur arrivée dans notre ville. Cette politique comporte de redoutables revers, en particulier une flambée des prix de l’immobilier qui ne se dément pas. Nous livrons quelques chiffres à votre réflexion.

Une étude réalisée entre 2006 et 2011 par SeLoger sur 200 villes (hors Paris) où les prix de l’immobilier ont le plus augmenté indique que Romainville se situe en 62ème position avec une augmentation de 22, 21%. Durant cette période le coût moyen du m2 est passé de 3300€ à 4000€.
Devant Bagnolet (3700€ le m2 et +17%),
Bobigny (3300€le m2 et + 15%), Le Blanc Mesnil (3100€ et +15%),
Villemomble (3400€ le m2 et +15%),
Le Raincy (4170€ le m2 et +15%).

Si nous nous référons à l’article du Nouvel Observateur en date du 21 mars 2013, nous lisons que pour un appartement de type F3, Romainville se positionne en 7ème position  derrière Montreuil, Les Lilas, le Pré Saint Gervais, Saint-Denis, Pantin et Neuilly-Plaisance avec un prix moyen de 4454€ au m2. Des villes comme Saint-Ouen ou Bagnolet bordant Paris et bénéficiant du métro arrivent derrière.

Ce n’est pas une anecdote. C’est sans doute l’un des sujets de préoccupation parmi les plus importants de nos concitoyens. Nous le mesurerons lorsqu’ils auront à répondre à cette question simple : « Quel est l’avenir de la ville dans laquelle nous vivons »? Mesurons-nous toutes les conséquences de cette envolée des prix de l’immobilier ? Les coûts des loyers deviennent exorbitants et le droit au logement devient inaccessible pour un nombre grandissant de familles. Cette spéculation, c’est aussi une entrave au pouvoir d’achat et à l’activité. C’est, et ce n’est pas rien, la disparition de l’esprit, de l’histoire, de la mémoire de la ville. Ce que la spéculation met en danger, ce n’est pas seulement le droit au logement ou le développement économique, c’est cet esprit là, c’est la dimension émancipatrice de la ville.

Pour illustrer notre propos,commentons l'une des publicités dont nous sommes envahis. Celle-ci est récente, elle vient de faire l’objet d’un week-end de lancement. Les titres sont parlants : « devenez propriétaire à 6 minutes de Paris ». « Découvrez Romainville et son esprit village ». Sérieusement que reste-t-il de cet esprit village, qui part en fumée au gré d’opérations immobilières qui le défigurent ? Et Savez-vous le nom de ce « havre de paix : « Confidence ». Confidence pour confidence savez-vous qui porte cette opération ? : NEXITY. Oui, ce promoteur de la villa « RESPIRO » qui avait « omis » d’informer les futurs acheteurs que la centrale de collecte des déchets ménagers par aspiration serait installée à proximité de leurs habitations. Oui, celui là même qui a produit la villa « SOLÉA ». Où l’état de délabrement de certains équipements ne donne pas aux acquéreurs l’impression d’habiter une résidence neuve. Où les disfonctionnements de la chaufferie privent régulièrement les résidents  de chauffage et d’eau chaude. En récompense, une 3ème opération a été confiée à ce promoteur sans scrupules.

Notre curiosité  nous a conduits à aller voir sur le site les prix pratiqués. Nous vous en donnons un avant goût :
·       2 pièces, au Sud, 1er étage : 214.000€ soit 5100€ au m2
·       2 pièces, au Nord, RDC : 232.000€ soit 5600€ le m2
·       3 pièces, à l’Ouest, 2ème étage : 296.000€ soit 4850€ le m2
·       3 pièces, au Nord, 2ème étage : 310.000€ soit  4700€ le m2
·       4 pièces, à l’Ouest, 3ème étage : 382.000€ soit 4500€ le m2
·       5 pièces, au Sud, 1er étage : 530.000€ soit 4500€ le m2

Et souvenez-vous en avril 2012 le magazine d’informations municipales nous annonçait la signature d’une « charte historique » avec les promoteurs immobiliers, parmi lesquels NEXITY. C’était pour monsieur Champion « un grand moment dans l’histoire de Romainville ».
1.     Les constructions devaient s’intégrer harmonieusement dans leur paysage. À y voir de plus près, il ne semble pas que ce soit une réussite.
2.     Les logements devaient respectés les surfaces minimum (45m2 pour un T2 et 75m2 pour un T3). Dans cette opération « Confidence » la surface d’un T2 est de 41m2 et de 58m2 à 67m2 pour un T3.
3.     La charte devait permettre de limiter le renchérissement du foncier. Ainsi les prix de sortie devaient être diminués de 10% par rapport au prix du marché. POUR LE CENTRE VILLE LE  PRIX DU MARCHÉ EST AFFICHÉ À 4500€, ET LES PRIX PRATIQUÉS PAR LES PROMOTEURS SIGNATAIRES DEVAIENT ÊTRE DE 4050€. NOUS EN SOMMES BIEN LOIN.

Nous terminerons par cette déclaration d’un des promoteurs signataires : « Cette charte nous permet de réaliser des programmes  de qualité qui répondent aux attentes de la population. Tout le monde est gagnant ». Non monsieur, vous peut-être mais pas les acquéreurs. Voilà ce que l’on a appelé « un grand moment d’histoire ». Pour qui ? 

Intervention de Pierre Laurent sur l'affaire Cahuzac (PCF)

L'heure est grave pour la France. Les aveux de fraude de Jérome Cahuzac, et les révélations d'énormes évasions fiscales organisées par des banques, des chefs d'entreprises et des personnalités politiques vers les paradis fiscaux, provoquent la colère et l'indignation. Ces scandales jettent le discrédit sur notre pays, son gouvernement. Ils symbolisent – non pas seulement la dérive personnelle hautement condamnable d'un ministre – mais l'emprise toujours plus étouffante des logiques de l'argent, les forces de la finance sur la vie sociale, économique et politique de la France.
En mai dernier, c'est pour en finir avec cette domination du fric - que la droite de Nicolas Sarkozy incarnait avec toujours plus de cynisme et d'autoritarisme – que les Français ont voulu le changement de politique.
Le message de la majorité du pays était très clair : combattre le règne de la finance, reconstruire une République sociale, solidaire et éthique.
Aujourd'hui, les Français se sentent trahis. Ils sont de plus en plus nombreux à ne pas reconnaître dans la politique actuelle une politique de gauche. Le scandale Cahuzac sonne, dans ces conditions, comme un coup de massue. Celui qui incarnait la politique d'austérité imposée sans son accord à notre peuple, était un professionnel de l'évasion fiscale !
C'est insupportable. Le désaveu populaire est massif. La politique de François Hollande et du gouvernement Ayrault n'a plus la confiance des Français. Et surtout de celles et ceux qui, majoritairement, ont voulu mettre la barre à gauche, vers le retour de la justice sociale et de l'égalité dans la République.
Ce qui rend la situation plus insupportable encore, c'est que le Président de la République et le gouvernement s'entêtent à ne rien entendre de l'exigence du pays de voir la politique de la France changer de cap.
Soumission aux politiques d'austérité européennes, explosion du chômage, échec des prévisions économiques du gouvernement, pacte de compétitivité égal à 20 milliards de cadeaux fiscaux supplémentaires pour les entreprises, tentative de transcription de l'accord de l'ANI dans la loi avec le soutien du Medef … la politique du gouvernement amplifie la crise au lieu de la combattre.
Et quand le choc Cahuzac révèle cet insupportable fossé : les sacrifices pour les uns, l'évasion fiscale pour les autres, rien ne devrait changer !
Le pays est atterré. La France va à la catastrophe si tout continue comme cela. Il faut sauver notre pays du désastre politique qui s'annonce.
Pour cela il y a une urgence : un changement de cap fort, global, concret, rapide de la politique nationale, pour mettre en œuvre une nouvelle politique résolument de gauche qui s'attaque au pouvoir de la finance et restaure le pouvoir démocratique des citoyens, des élus eux aussi bafoués, sur les choix de la République. L'ennemi c'est la finance.
La crise ce n'est pas les « élus tous pourris » comme le chante le Front national, lui même éclaboussé dans l'affaire Cahuzac.
La solution, ce n'est plus seulement une moralisation de la vie politique réduite au seul contrôle accru – certes nécessaire – du patrimoine des élus et des ministres.
  • La vérité c'est qu'au cœur de la crise, se trouvent deux grands causes :
1. La domination organisée de la finance, des marchés financiers, de leurs critères d'évaluation et de rentabilité, sur toutes les activités de la société, sur tout notre système économique et institutionnel. Que ces pratiques passent par des voies légales ou frauduleuses.
2. Le dessaisissement là encore organisé, au profit de la finance, des citoyens, des salariés, des institutions élues sur tous les grands choix qui engagent la vie des citoyens et du pays. La souveraineté populaire est minée de toute part.
  • Dans ces conditions, le Parti communiste lance un double appel :
à la mobilisation de toutes les forces, de toutes les citoyennes, tous les citoyens qui ont voulu le changement au printemps dernier, pour reprendre en main le cap du redressement de la France.
Partout, sous toutes les formes possibles, prenez la parole, reprenez le pouvoir, dites haut et fort : nous voulons la politique de gauche pour laquelle nous avons voté l'an dernier, et pas cette politique d'austérité et d'inégalités qui mène la France dans le mur.
  • à la construction populaire et démocratique d'un nouveau contrat politique pour le pays, autour de deux axes :
Un programme de lutte contre la domination de la finance, avec une réforme fiscale d'ampleur ; un contrôle public et démocratique sur les banques, le crédit, la monnaie et la finance ; la priorité donnée aux salaires, à la protection sociale, à la sécurisation de l'emploi, aux services publics, à l'investissement industriel et écologique contre les dividendes et la rentabilité financière. La France doit résister aux injonctions d'austérité de l'Europe.
Une refondation démocratique de nos institutions par un processus constituant jusqu'à une 6e république : avec une lutte contre les conflits d'intérêts, entre le monde des affaires et les institutions politiques, une réelle indépendance de la justice, une démocratisation des élections par la proportionnelle, de nouveaux droits pour les salariés dans les entreprises, pour que l'intérêt général guide notre organisation sociale et économique, la remise en chantier de l'acte 3 de la décentralisation aujourd'hui largement rejeté dans le pays
C'est autour de ces axes que doivent se rassembler les forces de changement, les citoyens qui refusent la dérive actuelle, pour reconstruire un nouveau contrat majoritaire, une nouvelle majorité, un nouveau gouvernement.
  • Dans l'immédiat, nous faisons quatre propositions :
1. Suspendre immédiatement le débat parlementaire sur l'ANI, qui creuserait encore le fossé avec les forces sociales de notre pays.
J'appelle solennellement les parlementaires de gauche à prendre la mesure de leurs responsabilités, en cas d'adoption de ce texte. Et mettre à l'ordre du jour un débat immédiat sur la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales. (cf rapport d'Eric Bocquet – commission d'enquête du Sénat sur la fraude et les évasions fiscales).
2. Engager toutes les forces disponibles pour exiger un changement de cap de la politique dans la préparation de la grande marche citoyenne, décidée pour le 5 mai prochain. Notre engagement se fait sur une base claire et unique. Celle de la déclaration commune de toutes les forces du Front de gauche du vendredi 5 avril 2013 : « contre l'austérité et la finance, marche citoyenne pour la VIe République », et de l'appel qu'elle contient, « à toutes les forces de gauche, et individus qui ont voulu le changement en mai dernier », d'organiser avec nous cette marche.
3. Lancer dans tout le pays, la réunion d'assemblées citoyennes ouvertes à toutes ces forces pour travailler les bases d'un nouveau contrat politique de changement majoritaire.
4. Préparer avant l'été une première grande étape de ce travail citoyen et populaire pour la tenue d'assises nationales pour la refondation sociale et démocratique de la République.
Vous l'aurez compris, l'heure n'est pas à mes yeux à diviser, à opposer, à écœurer. L'heure est à rassembler, à unir, à construire. La solution réside plus que jamais dans la mobilisation et l'intervention active de notre peuple
Pierre Laurent

lundi 8 avril 2013

L'éditorial de Patrick Le Hyaric dans l'Humanité de ce matin !


Séisme démocratique !


Aucun petit rafistolage ne permettra de faire face aux violentes convulsions que provoque ce qui est désormais appelé « l’affaire Cahuzac ». Aucun discours moralisateur, aucune loi, aucune promesse présidentielle répétée durant les campagnes électorales, n’ont ralenti l’apparition de multiples scandales politico-financiers. Au-delà de l’ignoble comportement personnel de l’ancien ministre, il est clair qu’un système a permis qu’il vienne s’ajouter à beaucoup trop d’autres. Une putréfaction avancée est en cours.

La consanguinité et l’inceste permanent entre le pouvoir d’état, le monde des affaires et les grands médias dominants éclatent au grand jour. Ensemble depuis des années, ces puissants, arrogants, dominateurs et méprisants vis-à-vis des gens de peu, du haut de leur compétence prétendument indiscutable, détricotent fil après fil les droits économiques et sociaux au nom d’une pensée et d’une politique uniques. Cela ne vise qu’un objectif : satisfaire les appétits de l’argent-roi. Quand ils nous vantent les bienfaits de la « liberté totale de circulation du capital et des marchandises », ils savent que plus de la moitié de la valeur de ce commerce passe par ces sociétés financières installées dans les paradis fiscaux.

Quand le ministre du budget rabote les dépenses publiques et sociales, il sait que s’il faisait rapatrier la valeur annuelle de la fraude fiscale, il n’y aurait aucun déficit budgétaire. Fraudeur lui-même, il ne peut le faire. Dans un tel climat, le gouvernement devrait prendre l’initiative de suspendre le débat sur l’accord « flexibilité du travail » et consacrer le temps nécessaire à une discussion associant nos concitoyens sur l’état de la République. Il ne le fait pas. Sur ce sujet comme sur les autres, la caste de l’oligarchie ment effrontément en faisant croire que cela irait mieux si les travailleurs avaient moins de droits. Une nouvelle fois, ce n’est pas le travail qui est sécurisé, ce sont les profits à venir. Le dénoncer est l’exact contraire d’un populisme brandi désormais comme un ultime bouclier par tous ceux qui entendent, d’une manière ou d’une autre, défendre un système à bout de souffle.
L’engagement contre la politique d’austérité et de chômage et pour une nouvelle démocratie ne font donc qu’un. Toutes celles et ceux qui ont voulu, il y a un an, chasser M. Sarkozy du pouvoir, peuvent à nouveau aujourd’hui se rassembler dans un large mouvement contre la dictature des puissances financières et pour une refondation démocratique de la République au service de l’intérêt général.
C’est le sens de la proposition du Front de Gauche de lancer un processus constituant de refondation pour une véritable République sociale et démocratique. Enoncer ce seul objectif constituerait déjà une rupture. Il ne concerne pas qu’une fraction de la gauche ou une fraction du pays, mais bien l’immense majorité du peuple qui, plus ou moins confusément ressent cet irrépressible besoin de changement démocratique et progressiste. La marche citoyenne du 5 mai doit être la plus unitaire, populaire et ouverte possible pour prétendre être un point de départ de la réappropriation souveraine par les citoyens de leur République nouvelle à construire. Préparons-la sans attendre ! Notre pays a tant besoin d’un souffle nouveau.

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