LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

vendredi 27 juillet 2012

Des paroles aux actes !

La région Ile-de-France délocalise un centre d'appels au Maroc

Info le Parisien La région Ile-de-France délocalise un centre d'appels au Maroc

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Alors que le gouvernement a déclaré la guerre aux délocalisations de centres d'appels à...

mercredi 18 juillet 2012

SOCIAL-ECO - le 18 Juillet 2012

Editorial Par Jean-Paul Piérot

Face à la casse de PSA : Et maintenant, des actes !


Dans l'humanité aujourd'hui : élus, syndicalistes et économistes livrent un premier inventaire de ce que l'État pourrait mettre en œuvre pour refuser le diktat de PSA. Pour Jean-Paul Piérot, qui signe l'éditorial : "Non, l'État n'est pas désarmé, condamné à déplorer sans réagir".

Bernard Thibault a posé la bonne question : comment le gouvernement pourrait-il annoncer et mettre sur les rails un plan de soutien à la filière automobile en laissant liquider pour la première fois depuis plus de 
vingt ans tout un site de production ? À quoi ressemblerait un tel plan dont le préalable serait la suppression de 8 000 emplois directs, et bien davantage encore d’emplois induits, notamment dans la sous-traitance ? Le défi devant lequel la décision des dirigeants du groupe PSA place le gouvernement n’est pas la « réindustrialisation » du site d’Aulnay, ni la « reconversion » des salariés, mais la poursuite de la production de véhicules. Sinon, avoir créé un ministère du Redressement productif ne serait qu’un coup de communication trompeuse, un portefeuille de la parole.

Au cours de son interview télévisée du 
14 Juillet, François Hollande a affirmé que « l’État 
ne laissera pas faire ». C’est beaucoup mieux que « l’État ne peut pas tout », cet aveu d’impuissance qui fut tant reproché à Lionel Jospin et qui coûta cher à la gauche plurielle en 2002. Mais il est temps maintenant de briser les tabous sur les moyens dont dispose la souveraineté nationale pour faire entendre raison à un groupe industriel, fût-il privé, qui porte atteinte aux intérêts économiques et sociaux du pays. Non, l’État n’est pas désarmé, n’est pas condamné à déplorer sans pouvoir agir. L’emploi est la préoccupation numéro un des Français, celle-ci a pesé lourdement dans la défaite de Nicolas Sarkozy et, inversement, dans la victoire de la gauche. C’est bien parce qu’ils nourrissaient quelque espoir qu’un président de gauche ne laisserait pas sans réagir monter la courbe du chômage et s’allonger la liste des fermetures d’entreprises sous pression des actionnaires que les électeurs ont congédié le président des riches.

L’extrême violence de la décision de M. Varin, 
le choc produit dans l’opinion font du sort des ouvriers de PSA un test pour le quinquennat qui commence, une sorte d’examen de passage qui va marquer d’une manière ou d’une autre la nouvelle séquence politique.

Le législateur dispose d’une large palette 
de mesures possibles pour inciter une direction d’entreprise à cesser de traiter les salariés comme une simple variable d’ajustement vouée à payer les conséquences de ses erreurs stratégiques. Moyens fiscaux, législation sur le chômage partiel, interdiction des licenciements économiques quand des dividendes sont versés aux actionnaires, extension des droits du personnel… dans la course de vitesse engagée avec les licencieurs, les délocaliseurs, les profiteurs, il y a urgence à légiférer, à faire la preuve que le politique peut avoir 
le dernier mot.

Et aurait-on oublié qu’un État dispose du pouvoir de nationaliser, totalement ou partiellement, une société pour y faire prévaloir l’intérêt national ? Il n’est guère difficile de démontrer qu’au moment où le gouvernement veut relancer le secteur automobile, la liquidation programmée de l’usine d’Aulnay porterait un coup sérieux au redressement 
de la production et aux conditions de vie de milliers 
de travailleurs qui savent fabriquer des automobiles.

mardi 17 juillet 2012

courrier des élus du "Groupe communiste, citoyen, front de gauche, pour une transformation sociale et écologique" :

Pour une réunion extraordinaire de l'assemblée départementale concernant l'avenir de PSA-Aulnay

Dans un courrier adressé au Président PS du Conseil général, les élus du "Groupe communiste, citoyen, front de gauche, pour une transformation sociale et écologique" demandent la convocation d’une séance extraordinaire du Conseil général pour que "l’assemblée départementale pèse de tout son poids dans la mobilisation" contre la fermeture du site de PSA-Aulnay.

Pour les conseillers généraux communistes et Front de Gauche, pas question en effet de laisser le département rester spectateur d’un désastre industriel et social, que rien ne justifie économiquement.

Pas question non plus d’engager le Conseil général dans le piège tendu par les "apôtres de la reconversion du site" : rien n’est joué pour peu que toutes les forces vives de Seine-saint-Denis se mobilisent aux côtés des salariés et que le gouvernement prenne les décisions nécessaires pour empêcher PSA de liquider nos fleurons industriels et leurs emplois.

Ci-dessous, le courrier de Gilles Garnier à Claude Bartolone :

« Annoncée officiellement le 12 juillet, la fermeture du site PSA d’Aulnay Sous Bois avec la perte des 3 300 emplois serait accompagnée de la disparition de 7000 emplois induits parmi la sous-traitance et la maintenance automobile. Elle suscite à juste raison beaucoup d’émotion, d’inquiétude et de colère.

Pour notre département, cette fermeture aurait des conséquences humaines, sociales et économiques catastrophiques.


17 juillet 2012

Le Président de la République a reconnu, lors de son intervention télévisée du 14 juillet que les dirigeants de PSA avaient menti. Il reconnaît donc que Peugeot avait décidé de fermer l’usine d’Aulnay depuis des années et que cette décision n’a rien à voir avec la soi-disant baisse des ventes de PSA pour le premier semestre 2012".

Le président a déclaré cette décision "inacceptable". En effet, elle est inacceptable car la stratégie choisie par le groupe PSA n’a qu’une seule origine baisser brutalement la masse salariale pour engranger toujours plus de profit, alors que le groupe a déjà récolté un chiffre d’affaire record en 2011 de 59,9 milliards d’euros (+7%) et versé 457 millions de dividendes aux actionnaires.

Mais suite à l’émotion légitime suscitée par l’annonce du groupe PSA vient le temps de l’action pour empêcher cette catastrophe humaine, sociale et industrielle que rien ne justifie économiquement

Les salariés organisent leur riposte et notre groupe d’élu-es est à leurs côtés pour demander le maintien du site et la totalité des 3 300 emplois. Nous voulons permettre à l’assemblée départementale de peser de tout son poids pour contribuer à cette mobilisation.

Aussi, nous vous demandons solennellement la convocation d’une séance extraordinaire de l’Assemblée Départementale dès le mois de septembre. »




Les promoteurs en terrain conquis !

Nous publions cet article lu dans un quotidien du matin. Ainsi, les promoteurs immobiliers, non contents de faire la pluie et le beau temps à Romainville, s'arrogent maintenant le droit d'assigner au tribunal des riverains attachés au patrimoine et à l'histoire de notre ville. Sur ce blog nous avons, il y a quelques mois, alerté nos concitoyens sur ce projet immobilier, qui risque de défigurer notre centre historique. Faut-il rappeler qu'aucune concertation des riverains n' a été organisée, sans parler d'un prix de vente au m2 particulièrement élevé. Pour notre part, nous sommes solidaires des riverains et de leur association qui refusent de voir un promoteur immobilier imposer sa loi. Le dernier mot doit revenir aux habitants qui dans leur grande majorité sont attachés à la sauvegarde du centre historique de notre ville. Il serait intéressant de connaître le point de vue de la majorité municipale de madame le Maire. À suivre...


lundi 16 juillet 2012

Egal à lui-même !

Élu président de l’assemblée nationale, nous aurions pu penser que contrairement à son habitude, Claude Bartolone se montre plus discret et plus mesuré dans ses propos. Il n’en n’est rien. Ayant sans doute beaucoup du mal à quitter les habits de commentateur privilégié du Parti socialiste qu’il était, pour ceux de Président de l’Assemblée nationale, il s’est encore distingué en se posant en perpétuel donneur de leçons.

D’abord à l’égard des député-e-s d’Europe Écologie les Verts, leur rappelant qu’en tant que force de la majorité, ils devaient suivre le « fil rouge » du PS que sont les 60 engagements de François Hollande.

Les sommets sont atteints, lorsqu’il critique sur RTL l’abstention des député-e-s communistes au vote de confiance au gouvernement, la « jugeant « grave » car, dit-il, quand un pays est dans la situation qui est celle de la France actuellement, plus nous serons rassemblés et mieux se serait ». Après cela, que valent ses nombreuses déclarations sur son souhait de ne pas présider une « assemblée godillot » ? Depuis quand un groupe politique de l’assemblée nationale doit-il déterminer ses prises de position à partir des souhaits de son Président ?

Car enfin, s’il y a lieu de se féliciter de la défaite de la droite à laquelle le Front de gauche a largement contribué, force est de constater que le premières mesures du gouvernement sont marquées par les contradictions du projet présidentiel entre une volonté déclarée de justice sociale et un discours sur la rigueur qui endosse les habits de l’austérité budgétaire européenne.

Comme la rappelé André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) : « Toutes les mesures qui iront dans le sens de la justice sociale, d’une relance efficace de l’activité et du recul des privilèges et des pouvoirs de la finance auront notre appui. Pour les mêmes raisons, nous n’en rabattrons pas sur notre exigence de voir le gouvernement répondre aux urgences sociales et de s’en donner les moyens. »

Comment comprendre, comme l’a indiqué Pierre Laurent, que les nouvelles recettes fiscales proposées par le gouvernement se montent à 7 milliards d’euros, alors que lors du débat budgétaire de l’automne 2011 la majorité de gauche du Sénat a voté un ensemble de mesures permettant de récupérer 30 milliards d’euros.

Pourquoi ce qui était possible avec la droite au pouvoir ne le serait-il pas alors que la gauche est aujourd’hui à la direction des affaires ? Le changement n’est-il plus pour maintenant ?

dimanche 15 juillet 2012

Pierre Laurent : " Maintenant ce qui va compter ce sont les actes..."

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, tire de premiers enseignements un mois après l’arrivée de la gauche 
au pouvoir et appelle à la mobilisation sociale et citoyenne pour surmonter tous les obstacles au changement.

Quel regard portez-vous sur le premier mois d’exercice du pouvoir de la gauche ?

Pierre Laurent. Nous n’avons plus affaire à la droite agressive et méprisante qui a dirigé le pays pendant cinq ans. Des millions de salariés le ressentent. Le climat de la conférence sociale en témoigne. Mais devant les urgences, ce qui compte maintenant ce sont les actes. On voit avec PSA que l’heure de vérité est déjà là. Or les premières mesures du gouvernement sont marquées par les contradictions du projet présidentiel, entre une volonté déclarée de justice sociale et de croissance nouvelle et un discours sur la rigueur qui endosse les habits de l’austérité budgétaire européenne.

Trois grands défis ont été fixés par Hollande : le redressement des comptes publics, la compétitivité, le chômage et la précarité. Cette hiérarchie est-elle adaptée à la situation ?

Pierre Laurent. Non. Il y a erreur de diagnostic sur la dette et les déficits. La dépense publique continue d’être désignée comme la cause des déséquilibres et les coupes budgétaires comme la seule voie à suivre. Cette orientation ne résout rien. Elle a déjà nourri l’augmentation du chômage et de la précarité. Il faut changer l’ordre des priorités. La création d’emplois bien rémunérés et utiles répondant aux besoins du pays doit être au cœur de l’action publique. La réponse aux urgences sociales doit devenir le moteur d’un nouveau type de développement social et écologique. Le financement de l’économie, du développement industriel et des services publics doit être au service de cet objectif. La capacité du gouvernement à prendre en compte les propositions venant de toute la gauche, de toutes les forces sociales et syndicales sera décisive. Car le projet présidentiel ne se donne pas pour le moment les moyens de la réussite.

Le Medef est à l’offensive concernant la flexibilisation du travail et des licenciements, comment la gauche doit-elle réagir ?

Pierre Laurent. Sous Nicolas Sarkozy, le pouvoir était au service du Medef. Ce dernier se remobilise pour imposer ses critères de compétitivité et d’austérité comme la seule politique possible. Il entend obtenir du gouvernement et des forces sociales un consensus autour de ses dogmes. Le rôle de la gauche est de riposter et d’aider à basculer le rapport de forces en faveur des salariés car ce sont eux qui ont voulu le changement. Si le pouvoir reste dans les mains des actionnaires, les dés du dialogue social sont pipés. Il faut donc donner de nouveaux droits aux salariés et aux syndicats. Le gouvernement doit se placer du côté des salariés. Regardez chez PSA. Quand il reste muet, les actionnaires frappent d’autant plus fort. Le gouvernement doit refuser un plan qui saigne l’industrie et convoquer immédiatement une table ronde pour élaborer des stratégies industrielles alternatives. Nous le disons clairement : pour sortir de la crise, sortons de l’austérité. La relance des salaires, un moratoire sur les licenciements, l’interdiction des licenciements boursiers, la création d’un pôle public bancaire et financier, la relance des services publics sont des solutions plus efficaces à la crise que celles aujourd’hui annoncées. C’est dans ce sens-là que nous voulons peser sur la politique gouvernementale et que nous lançons une carte pétition que nous ferons signer tout l’été.

Le gouvernement déclare vouloir « faire évoluer notre modèle social pour mieux le garantir ». Dans quelle direction faut-il aller ?

Pierre Laurent. Le modèle social a été systématiquement attaqué par le précédent gouvernement. Le contrat à durée indéterminée est marginalisé et la précarité installée, le niveau de la rémunération est dégradé, les garanties collectives menacées, le droit à la retraite et à la santé mis en cause… Dans ces conditions, la question est de reconstruire des garanties collectives dans tous les domaines, et pour l’ensemble des salariés. Cela passe par la sécurisation de l’emploi et de la formation tout au long de la vie, la reconquête d’une véritable protection sociale, une grande ambition pour les services publics qui sont des piliers de notre modèle social solidaire. Face à un patronat extrêmement agressif, le gouvernement doit s’engager clairement.

Pour les jeunes, particulièrement touchés par le chômage, deux mesures seront mises en place : les emplois d’avenir et le contrat de génération. Quel regard portez-vous sur ces réponses ?

Pierre Laurent. Les emplois d’avenir, qui peuvent répondre à des besoins sociaux réels dans les quartiers, ne peuvent être que transitoires quand nous avons besoin d’emplois pérennes et qualifiés. Quant aux contrats de génération, leur financement repose sur de nouvelles exonérations de cotisations sociales. Cette logique, nous le savons, est contre-productive. Il faut cesser de considérer que la réponse systématique à l’emploi des jeunes est le sous-emploi et la précarité. Ils veulent à juste titre des emplois stables et correctement rémunérés.

Hollande annonce vouloir concilier compétitivité et justice, son ministre de l’Économie affirme qu’il ne faut pas alourdir le coût du travail. Selon vous, le diagnostic sur lequel ils se fondent est-il le bon ?

Pierre Laurent. Nous récusons l’impératif de compétitivité tel qu’il est défendu par le patronat. La thèse du coût du travail qui consiste à penser que la seule manière de développer les emplois et l’appareil productif est de faire pression sur les salaires et la protection sociale conduit à l’explosion du chômage et de la précarité. En dix ans, avec cette logique, nous avons perdu 700 000 emplois industriels. La CGT a raison quand elle demande la remise à plat des 170 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales et fiscales accordées aux entreprises. Une évaluation de ces politiques est nécessaire pour s’orienter vers une meilleure utilisation des fonds publics et des richesses créées par l’entreprise.

Vous appelez à la mobilisation contre le pacte budgétaire européen, pourquoi ?

Pierre Laurent. Le président de la République a reconnu, dans sa campagne, qu’il ne pouvait y avoir de politique de changement et d’inversion des logiques d’austérité sans une renégociation du traité Sarkozy-Merkel. Ce pacte budgétaire impose l’austérité à tous les pays européens. C’est un pacte anti-dépenses publiques, anti-dépenses sociales et anti-souveraineté. Or, à l’issue du sommet européen de juin dernier, aucune modification n’y a été apportée. L’annexe, non contraignante, qui a été adoptée sur la croissance n’est en rien un contrepoids à ce pacte. Nous nous adressons donc à tous les parlementaires de gauche sans exception, à tous ceux qui en votant pour François Hollande et la majorité de gauche à l’Assemblée nationale ont souhaité la renégociation de ce traité. Nous leur disons : vous ne pouvez pas accepter un traité qui n’a pas été modifié, qui nous liera les mains et empêchera les politiques de changement attendues par la majorité des Français. Le pays doit être informé du contenu et des conséquences de ce traité. Nous demandons un débat démocratique transparent et, à l’issue de celui-ci, une consultation des Français par référendum. Aucun parlementaire de gauche ne doit accepter la ratification parlementaire de ce texte sans que cette consultation n’ait eu lieu.

Les députés du Front de gauche se sont abstenus sur le vote de confiance à Jean-Marc Ayrault qui va présenter son projet de loi de finances rectificative pour 2012. Quelle est votre appréciation de ce plan ?

Pierre Laurent. Les motivations de notre abstention sont claires. Toutes les mesures qui iront dans le sens de la justice sociale, d’une relance efficace de l’activité et du recul des privilèges et des pouvoirs de la finance auront notre appui. Pour la même raison, nous n’en rabattrons pas sur notre exigence de voir le gouvernement répondre aux urgences sociales et s’en donner les moyens. Nous ne demandons pas l’impossible mais ce qui nous paraît indispensable pour inverser le déclin actuel de l’économie et du pays et réussir une politique de changement. Par exemple, les nouvelles recettes fiscales proposées se montent à 7 milliards. Or je rappelle que, lors du débat budgétaire de l’automne 2011, la majorité de gauche au Sénat a voté un ensemble de mesures permettant de récupérer 30 milliards d’euros. Pourquoi ce qui était alors possible ne le serait plus aujourd’hui ?

Selon différents sondages, 67 % des Français seraient prêts à faire des efforts pour redresser les comptes du pays, et même 85 % approuveraient le gel des dépenses de l’État pour trois ans. Pensez-vous que le fatalisme gagne du terrain ?

Pierre Laurent. Attention aux sondages qui prétendent figer l’opinion des Français ! Il y a en réalité un débat important parmi les salariés. L’exigence de changement est très forte et cohabite avec le sentiment que des contraintes s’imposent à nous et nous empêchent de le réaliser. La campagne du Front de gauche a montré que les lignes de ce débat pouvaient bouger. Le candidat François Hollande a été conduit à affirmer la nécessité de rompre avec les politiques d’austérité pour favoriser la croissance et renégocier le pacte budgétaire. Aujourd’hui, le bras de fer entre les forces du changement et les forces qui s’accrochent aux dogmes libéraux s’intensifie de nouveau. Notre travail passe par une bataille politique et idéologique pour convaincre que ces contraintes sont, en fait, des dogmes qui font obstacle à la sortie de crise.

Des débats animent le Front de gauche sur le positionnement à adopter face au gouvernement et à la majorité socialiste. Où en êtes-vous et comment, pour vous, faire réussir la gauche ?

Pierre Laurent. Oui, le débat existe. Il porte sur la possibilité ou non d’obtenir la réalisation de changements dans la situation politique actuelle. Les contradictions du programme de Hollande rendent-elles impossibles des avancées sociales et démocratiques ou les lignes peuvent-elles bouger ? Je suis persuadé que tous nos efforts doivent être tendus vers la mobilisation des forces sociales et citoyennes qui ont voulu le changement pour obtenir des avancées significatives. Il faudra pour cela mobiliser des majorités d’idées et d’action. C’est pourquoi le Front de gauche doit, selon moi, s’adresser, à l’ensemble des forces que nous avons mises en mouvement dans l’année écoulée et, au-delà, à l’ensemble des forces et des électeurs de gauche.

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Humilité et modestie

Après quelques jours de repos, nous voici de retour devant notre clavier. La lecture du magazine d'informations municipales nous donne l'occasion de parler un peu d'histoire, mais pas pour la réécrire comme nous avons pu le constater.

Rome ne s’est pas faite en un jour. Romainville non plus. Sans revenir sur certains vestiges qui attestent de l’influence romaine sur notre commune, à l’abolition des privilèges le 4 août 1789 qui priva le marquis de Ségur de sa seigneurie ou encore à la perte du Bois de Romainville, dont les 2000 habitants font sécession en 1867 pour créer la commune des Lilas, les 19ème et 20ème siècles sont riches en évènements locaux et nationaux. En 1871, c’est la Commune. Elle est réprimée dans le sang.


La 1ère guerre mondiale verra 918 habitants sur les 5676 que compte Romainville, y perdre la vie. En 1936, le Front populaire incite au changement. C’est la liste du Bloc Ouvrier et Paysan présentée par le Parti communiste et conduite par Pierre Kérautret qui est élue en 1935. En 1939, les élus municipaux sont destitués et une délégation spéciale est mise en place. La collaboration s’installe mais la résistance s’organise. Le Fort de Romainville devient en 1942 l’annexe du camp de concentration de Compiègne. Il est le lieu de détention d’otages, emprisonnés en représailles d’attentats. Danielle Casanova y est internée avant d’être déportée le 23 janvier 1943 avec 231 des ses compagnes. 11 otages civils y sont massacrés avant la fuite de l’ennemi le 11 août 1944. Romainville se libère le 19 août 1944 et une municipalité composée d’anciens élus et de représentants des mouvements de résistance administrent à nouveau la commune.


La période de l’après-guerre se caractérise par la reconstruction et les grands projets d’aménagement de la ville pour répondre aux immenses besoins des habitants. Cette histoire continuera de s’écrire au fil des générations. Comme toute construction elle est faite d’ombres et de lumières. Avec le recul nécessaire, il est utile de porter un regard critique sur ces morceaux d’histoire, à condition toutefois de les replacer dans leur contexte, pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Cette préoccupation ne semble pas être celle de madame Valls. Le pouvoir l’aveugle. Ainsi un article consacré à la rénovation du « quartier Cachin » nous rapporte son propos : « Romainville n’avait pas bougé depuis l’après-guerre ! La population était paupérisée, l’économie ralentie, l’habitat vétuste. Il fallait réunifier la ville et inscrire ce quartier dans une nouvelle dynamique ». Comment est-il possible que des raccourcis aussi simplistes puissent être tenus par la première magistrate de notre ville ? Elle a certes l’excuse de ne pas avoir vu la joie sur les visages de ces milliers de familles (parmi elles des centaines expropriées pour la réalisation de l’A3), quittant leur taudis, leurs baraques en bois sans eau, sans sanitaire, pour rejoindre leur « palace » à Cachin, Gagarine, Oradour ou Parat. Tirons les leçons de ces expériences, mais n’insultons pas le passé. Dans quelques années, nous aurons à en faire autant pour les réalisations d’aujourd’hui, pourtant considérées comme les plus « innovantes ». Le progrès est à ce prix. Sachons rester humbles et modestes.

Quant à l’économie ralentie, il y a moins de trente ans Romainville comptait plus de 9000 emplois privés. Les noms sont sur toutes les lèvres. Roussel-Hoechst, Lecas, Favo, Picot, Lefranc, Supraliment etc… Aujourd’hui les petites entreprises ferment leurs portes les unes après les autres, comme c’est le cas aujourd’hui avec Panotel pour laisser souvent la place aux promoteurs immobiliers. Alors que le nombre de chômeurs n’a jamais été aussi élevé pour atteindre des records chez les jeunes, que les difficultés des familles vont grandissantes, le paysage est peint en rose. Pour notre part nous ne nous trompons pas dans l’échelle des responsabilités. Cette situation est la conséquence des choix politiques nationaux. C’est pourquoi madame Valls serait mieux inspirée d’appeler ses concitoyens à résister et à agir pour modifier le cours des choses plutôt que d’entretenir la division et générer de graves illusions.

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