LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 30 novembre 2010

Une gauche durable pour la ville de noisy-le-sec (notre voisine)

Hervé Bramy (PCF) et Dominique Voynet (Europe Écologie-les Verts) ont apporté leur soutien à la liste «rouge et verte», conduite par le communiste Gilles Garnier. Son but : le retour à une gestion bien à gauche de cette ville de Seine-Saint-Denis.
« La démocratie est le point cardinal de tout notre projet pour Noisy-le-Sec », a affirmé Gilles Garnier, conseiller général (PCF), qui conduit, avec Anne Déo, responsable d’Europe Écologie-les Verts, à ses côtés, la liste « rouge et verte » pour l’élection municipale partielle, dont le premier tour aura lieu ce dimanche 5 décembre. C’était vendredi dernier et, malgré le froid, les Noiséens étaient venus nombreux à la présentation de cette liste rassemblant, outre des représentants du PCF, des Verts, du Parti de gauche et de Lutte ouvrière, pour près d’un tiers d’acteurs du mouvement social.
À quelques jours du premier tour, les militants de cette liste entendent multiplier la présence sur le terrain pour, comme le dit un habitant, « battre une nouvelle fois la droite et installer à la mairie une gauche fidèle à ses engagements ».

Les engagements ont été «bafoués», selon Anne Déo
C’est effectivement là la cause de cette élection partielle. La droite battue en 2008, la gauche unie au deuxième tour, derrière la socialiste Alda Pereira, avait soulevé un immense espoir. Las, la réalité s’est vite dégradée, selon Anne Déo, qui constate, amèrement : « Nous avions un programme, celui-ci a été bafoué. » La candidate cite des exemples d’occasions manquées, comme ceux des transports, de la politique sociale, avec l’épicerie solidaire ou la sécurité. Et Gilles Garnier de conclure : « Nous n’étions pas venus pour quitter la majorité, mais le manque de démocratie et de solidarité conduisait la gauche dans le mur », favorisant ainsi « un retour de la droite en 2014 ». Leur démission, conduisant à ces élections partielles, vise à « revenir à une gestion pleinement de gauche », expliquent les têtes de liste critiquant en cela la maire socialiste qui, selon eux, flirte avec les conceptions de droite sur les questions de la sécurité et du rôle de la police municipale.
Présente vendredi soir, pour apporter son soutien, Dominique Voynet, maire de la ville voisine de Montreuil et dirigeante nationale d’Europe Écologie-les Verts, affirmait : « Il n’est pas acceptable qu’un maire de gauche aille sur le terrain de la droite. » Pour l’ancienne ministre de l’Environnement, Noisy-le-Sec a « besoin d’une équipe solidaire ». De son côté, Hervé Bramy, secrétaire du PCF de Seine-Saint-Denis et conseiller général, a dénoncé des listes de droite, conduites respectivement par Olivier Deleu (UMP) et Laurent Rivoire (Nouveau Centre), « qui avancent masquées pour ne pas assumer la désastreuse politique du gouvernement Sarkozy ». Le responsable communiste a appelé à la mobilisation pour « élire une équipe porteuse d’une nouvelle façon de faire de la politique et d’un projet de gauche répondant aux besoins de la population ».

Placer la liste en tête de la gauche, le 5 décembre
Les quelques jours qui viennent seront décisifs. Dans une situation où le risque d’abstention est important, chaque voix va compter. Dans une ville où le rapport droite-gauche est serré, chacun le reconnaît, il faut continuer d’expliquer les raisons de cette élection partielle et « la possibilité », que semblent confirmer les enquêtes d’opinion, de placer la liste « rouge et verte » en tête de la gauche le 5 décembre, et « ainsi rassembler ensuite toute la gauche pour remettre Noisy-le-Sec sur de bons rails », conclut Gilles Garnier.

Journée mondiale de lutte contre le sida : le PCF appelle à la mobilisation

Le Parti communiste français - dont le collectif « Fièr-e-s et Révolutionnaires » a signé l’appel d’Act-Up - participera à la manifestation du 1er décembre à 18h30 au départ de la place de la Bastille à Paris dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Sa délégation sera conduite par Marie-George Buffet députée, Présidente de l’intergroupe parlementaire sur le SIDA.
Le PCF exige une nouvelle fois que tous les moyens soient mis en œuvre au plan national et international dans la lutte contre cette terrible pandémie. Cela concerne la recherche et la prévention, les soins à apporter à tous les malades et leur accompagnement dans la vie active. Cela exige des mesures spécifiques à l’égard des populations les plus fragilisées, à la marge et qui sont les plus frappées par le virus, en particulier les femmes dans les situations les plus précaires dans les pays comme le notre, ainsi que les populations les plus démunies sur les autres continents, notamment en Afrique.
La politique de Nicolas Sarkozy va, dans ce domaine comme dans d’autres, dans le sens contraire de la réponse aux exigences humaines les plus élémentaires. Et c’est en nombre de plus en plus insupportable de vies brisées par la souffrance et de morts qu’on en mesure les conséquences. Le PCF appelle ses adhérents et l’ensemble de la population à une participation nombreuse aux manifestations de ce mercredi 1er Décembre.
Parti communiste français
Paris, mardi 30 novembre 2010.

lundi 29 novembre 2010

Conseil général de la Seine-Saint-Denis : Pourquoi les partenariats publics-privés sont-ils dangereux pour le système éducatif ?

Nous publions cette contribution parue dans la rubrique TRIBUNES ET IDEES de "l'Humanité" de ce jour.Financement des collèges : le désengagement de l'Etat signée de Guy TRÉSALLET (FSU 93), MICHEL HERVIEU (FCPE 93) FRANÇOIS DUKAN (FSU 93) CLÉMENT DIRSON (SNES) CATHERINE MANCIAUX (SNUPDEN) SERGE RETCHEISS (SNUIPP) MARIE-FRANÇOISE DAUPRAT (UNATOS) ET RÉMY ADELL (SDU-CLIAS)

Le 17 octobre, l’assemblée départementale de la Seine-Saint-Denis a voté un plan exceptionnel d’investissement pour les collèges, mais près de la moitié (construction de 6 nouveaux collèges et 5 reconstructions) est envisagée en partenariat public-privé, pour 324 millions d’euros.
Ce contrat de partenariat, lancé par le gouvernement Raffarin en juin 2004 dans une logique de désengagement de l’Etat et d’ouverture au privé, vise, selon les termes mêmes du conseil général, « à confier à un tiers une mission globale ayant pour objet le financement, la construction, l’entretien et la maintenance des équipements… La rémunération de l’entreprise fait l’objet du paiement d’un loyer pendant toute la durée du contrat, à partir de la livraison du collège ».
Depuis 2004, on recense 396 projets déposés dans des domaines très différents (équipements urbains, TIC, construction de prisons…) Très peu de collectivités avaient eu recours à ce financement pour les collèges, mais depuis 2009, le phénomène s’accélère, 11 départements l’envisagent à ce jour !
On craint que le conseil général n’ait raison quand il explique qu’avec ces projets, « c’est le visage de la Seine-Saint-Denis qui peut changer ».
Le propriétaire, pour rentabiliser son investissement, pourra être amené à louer ses équipements : gymnase à des associations, salles pour activités diverses, restaurant scolaire…tout cela (on peut l’espérer) hors temps scolaire. Comment feront l’agent d’accueil, qui « doit » 1743 heures annuelles, et l’équipe de cuisine, dans ces conditions d’ouverture élargie ? Une seule solution, recourir à l’embauche, et certainement pas dans le cadre de la fonction publique. Ce qui est annoncé, c’est clairement la fin du recours aux fonctionnaires et la dégradation du service public.
Comment apporter du crédit aux « engagements » pris sur le maintien des personnels et de leurs missions ? De quel poids pourra bien peser le Conseil général dans des négociations face à des groupes financiers dont les seules motivations sont celles du profit, alors qu’il n’a pu boucler le budget 2010 (il manquait 75 millions d’euros) ? D’autant qu’il y aura obligatoirement des pressions du propriétaire sur le collège, chargé de l’entretien courant. Face à un propriétaire privé, quelles latitudes pour les chefs d’établissement, les gestionnaires ?
Les enseignants EPS ont déjà des difficultés à gérer l’occupation des salles (toujours insuffisantes) de sport. Quel sera leur poids pour réclamer des créneaux horaires au nom de la pédagogie et de l’intérêt des élèves, face à un propriétaire décidé à louer les équipements pour cause de rentabilité, surtout lorsque son représentant sera présent au conseil d’administration ?
De grands groupes feraient passer la qualité d’un service public avant la recherche de leur profit ? Comment s’assurer des règles d’utilisation des bâtiments hors temps scolaire, de la qualité du bâti et du sérieux des travaux d’entretien quand l’entreprise n’est propriétaire des murs que pendant une vingtaine d’années ?
En février 2008, Philippe Séguin, président de la Cour des comptes, dénonçait ces projets « qui consistent à aller chercher des tiers financeurs et à bâtir des usines à gaz, en oubliant que celui qui emprunte pour le compte de l’Etat le fait à un coup plus élevé ». Pour exemple, le centre des archives diplomatiques des affaires étrangères, à La Courneuve : L’autorisation d’occupation temporaire du domaine public, consentie à Icade, se traduit par 41% de surcoût à la charge du contribuable. »
Même critique de la part de l’ordre national des architectes : « Procédure très onéreuse en raison de la limitation drastique de la concurrence de milliers d’entreprises à trois ou quatre majors, toujours les mêmes, qui se partagent les marchés, avec des risques réels d’entente et de collusion. » Les artisans et les PME, privés de l’accès à la commande, sont, au mieux, soumis à une sous-traitance sauvage. Les seuls frais de procédure pour mettre au point des contrats aussi complexes dépassent pour certains marchés le million d’euros.
Les taux d’emprunt pourraient être de 9% en partenariats publics-privés, contre 2% pour des emprunts « classiques ». Qui va payer les frais des surcoûts ? Quelle autre solution que de rogner sur les dotations de fonctionnement de tous les collèges du département et de pénaliser l’ensemble des collégiens ?
Comme d’autres départements, la Seine-Saint-Denis a certes grand besoin de poursuivre les investissements en matière de collèges, en particulier pour lutter contre les inégalités. Mais d’autres choix sont possibles plutôt que l’abandon du service public au privé.

dimanche 28 novembre 2010

Service public de l'eau : les communistes de Romainville persistent et signent

Puisque cela semble nécessaire, les communistes de Romainville et leurs élus tiennent à réaffirmer qu’ils se prononcent sans ambiguïté contre une ré-adhésion de la communauté d’agglomération Est Ensemble au Syndicat des eaux d’Île de France. Le faire, même pendant deux ans, comme le proposent certains, c’est se livrer pieds et poings liés à VEOLIA jusqu’en 2023. Dans leur déclaration, en date du 3 novembre, ils se sont prononcés pour le renouvellement d’une convention temporaire de gestion de l’eau avec le SEDIF pour une période de deux années et pour que soient engagées des études sérieuses, précises et impartiales sur toutes les alternatives à la gestion privée. Ils proposaient également qu’au bout du compte la décision soit prise sur la base d’une large concertation publique pouvant aller jusqu’au référendum. La mobilisation citoyenne de mardi dernier, à laquelle ils participaient, ne peut que les conforter dans leur détermination. C’est donc une évidence. Ils ne partagent pas la position qui semble être celle de quelques élus communistes siégeant au conseil communautaire. Nous disons publiquement ce que les élus communistes de notre ville ne peuvent pas faire au conseil communautaire, puisqu’ils en ont été écartés par madame le Maire et sa majorité municipale. Une situation qui rend quelque peu dérisoire l’affirmation de Bertrand KERN selon laquelle « les 91 conseillers communautaires ont été élus démocratiquement ». Pour l’heure la démocratie est restée à la porte du conseil communautaire. Leurs élus doivent le savoir. Ils peuvent continuer à avancer à marche forcée pour imposer leur choix, mais ils ne parviendront pas à empêcher nos concitoyens de continuer à s'investir dans ce grand débat de société. La démarche qui est celle des communistes de Romainville s’inscrit dans une visée plus large, celle de la création d’un service public national de l’eau, affranchi des normes de rentabilité financière, inscrit, dans la préservation de l’environnement et capable de garantir sur l’ensemble du territoire l’égal accès de tous à une eau de bonne qualité et à un tarif transparent.

Des dizaines de milliers d'Irlandais défilent contre l'austérité

Des dizaines de milliers d’Irlandais manifestaient dans le centre de Dublin samedi à la mi-journée contre le plan de rigueur draconien du gouvernement.
Le cortège de 50.000 manifestants, selon une estimation de la police vers 13 heures (14 heures, heure française), est parti au son des cornemuses des quais de la Liffey pour rejoindre le GPO (General Post Office), lieu symbolique où avait été lue en 1916 la déclaration d’indépendance, dans le centre-ville.
Malgré un froid vif et des chutes intermittentes de neige sur Dublin, les Irlandais se sont mobilisés pour dénoncer le plan du gouvernement en difficulté du Premier ministre Brian Cowen, qui devrait soumettre le pays à un régime d’austérité sévère afin d’assurer le sauvetage de son secteur bancaire.
Les manifestants défilaient en chantant «Nous sommes le peuple, nous détenons les votes». Des bannières proclamaient: «Il y a une voie plus juste et meilleure» ou «l’Eire n’est pas à vendre, pas au FMI».
Les mesures d’austérité annoncées mercredi prévoient 15 milliards d’euros de réductions budgétaires et de hausses d’impôts d’ici à 2014, avec de réels sacrifices pour la population. Les allocations chômage et familiales seront réduites, tout comme les retraites des fonctionnaires et le salaire minimum, et près de 25.000 emplois publics seront supprimés. Ce plan vise à ramener à 3% le déficit public irlandais, actuellement de 32% du produit intérieur brut.
L’annonce d’un accord d’aide internationale à l’Irlande, qui devrait atteindre 85 milliards d’euros, est en principe attendue avant l’ouverture des marchés, lundi matin. Selon une source proche du dossier à Paris, les ministres des Finances de la zone euro puis des Vingt-Sept se réuniront dimanche à Bruxelles pour débattre de cette aide.
Selon les médias nationaux, Dublin pourrait devoir rembourser ce prêt à un taux de 6,7%, largement plus que les 5,2% demandés à la Grèce, ce qui ne va pas manquer d’ajouter à la colère de la population. «Un taux d’intérêt punitif», selon l’Irish Independent.
Quelque 700 policiers et un hélicoptère ont été mobilisés pour la marche. Plusieurs attaques ont ciblé ces derniers jours des ministres: l’un a été aspergé de peinture rouge, un autre saisi par la cravate par un électeur mécontent et un large «traîtres» a été peint sur la permanence d’un troisième. Le mécontentement s’est également traduit dans les urnes, avec une cuisante défaite du parti au pouvoir, le Fianna Fail, jeudi, lors d’une législative partielle.
Cette défaite augure mal des élections anticipées que le gouvernement a été contraint d’annoncer pour début 2011, afin d’éviter une implosion de la coalition au pouvoir.

samedi 27 novembre 2010

Le PCF planche sur son calendrier électoral

Le Conseil national du parti communiste français a adopté, hier soir à Paris, la méthode et le cadre politique devant mener à la désignation d’un candidat commun du Front de gauche à la présidentielle de 2012.
Le processus devant mener à des candidatures communes du Front de gauche aux élections de 2012 se précise. Réuni hier, le Conseil national du PCF a retenu un cadre politique et un calendrier scandant les étapes devant mener à la désignation du candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle. La direction communiste entend y répondre en ne se contentant pas de proposer aux adhérents de « choisir un nom », mais aussi d’adopter un « cadre politique et un dispositif collectif de campagne ».

« Le développement d’une dynamique populaire»
Pour Pierre Laurent, il ne faut « ni survaloriser ni sous-estimer » l’enjeu du choix de la candidature : si « le débat est de fait engagé » dans le Parti et qu’il s’agit désormais de permettre « qu’il se déploie sans tabou », « la première des questions est celle de l’ambition » que se fixent les communistes avec le Front de gauche. Celle-ci est de « formuler, avec le peuple, un projet de gauche enfin conforme à ses attentes, pour le porter dans les échéances à venir. Notre objectif central est donc le développement d’une dynamique populaire porteuse d’un tel projet et la conquête d’une nouvelle majorité politique de gauche capable, en 2012, de faire avancer ces objectifs », a rappelé le secrétaire national.
Tel est l’enjeu de l’élaboration du programme partagé, qui débute réellement avec la rencontre nationale à l’initiative du PCF, ce week-end, et la tenue des neuf forums thématiques du Front de gauche, à partir du 2 décembre.

Un nom de candidat pour avril 2012
C’est dans cette démarche que s’inscrit le débat sur la candidature à la présidentielle. Deux personnalités se sont déclarées disponibles : le député communiste André Chassaigne et le président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon.
La proposition soumise au Conseil national est d’engager la discussion à partir d’un texte que le Conseil national devrait adopter et soumettre aux adhérents, début janvier. Celui-ci énoncerait les « principes » qu’une candidature du Front de gauche devrait respecter, les « grands thèmes structurants » du programme partagé, et le dispositif et le style « collectifs de campagne associés à la candidature ».
Ce n’est qu’en avril, après les cantonales, que le Conseil national proposerait un nom de candidature. Il reviendrait alors aux communistes de se prononcer sur cette proposition à l’occasion du congrès de juin.
Sébastien Crépel

Taxer les capitaux !

A Rouen, Patrick Le Hyaric a appelé à un blocage de la spéculation.
Lors du meeting de la Fête de l’Humanité à Rouen dimanche dernier, le directeur du journal, Patrick Le Hyaric, a appelé les participants, et bien au-delà, à se remémorer les arguments développés dans l’Humanité toute la fin de l’année 2004 et 2005 par les actrices et acteurs du « non » au traité constitutionnel sur la nature de l’Europe en cours de construction. « Vous constaterez que nous avons dit la vérité. La seule chose où nous nous sommes trompés est que nous n’avions pas prévu que la crise qui frappe aujourd’hui si durement le peuple arriverait si vite et si fort. »
Il a de nouveau montré que l’efficacité économique appelait la justice sociale, l’augmentation des rémunérations par un autre partage des richesses, une autre manière de la produire, une autre politique du crédit avec un crédit public dominant. Fustigeant les institutions européennes, arcboutées sur les dogmes ultralibéraux qui poussent aux baisses permanentes de la fiscalité sur le capital alors que le travail est sans cesse taxé, il a fait deux propositions populaires dont les citoyens de l’Union européenne pourraient s’emparer ainsi que les forces sociales, associatives et progressistes de l’Union européenne : « Comment peut-on expliquer que la réserve fédérale américaine puisse racheter des dettes d’État et même de certaines entreprises par création monétaire alors que ceci est interdit par les traités à la Banque centrale européenne ? » a déclaré Patrick Le Hyaric.
« Je propose donc que, pour sauver les États en difficulté, la Banque centrale européenne se voie confier la mission de racheter tout ou partie des dettes par création monétaire et impulse un nouveau mécanisme qui permettrait aux États, à de grands services, d’emprunter à des taux quasi nuls pour se refinancer et pour des projets utiles afin de défendre l’emploi, améliorer les rémunérations, lancer des projets stratégiques en matière d’infrastructure de grands services publics européens coordonnés et pour l’innovation environnementale. »
« Deuxièmement, puisque régulièrement nous votons au Parlement européen des résolutions dans lesquelles est incluse l’idée d’une taxation des mouvements de capitaux, puisque certains dirigeants européens prétendent défendre cette idée, puisque M. Sarkozy en a parlé lui-même dans son émission de télévision, je propose que nos concitoyens, avec les travailleurs et les citoyens européens, les associations, les syndicats, les forces progressistes qui voudraient s’y associer, nous lancions une grande initiative publique d’ampleur européenne pour obtenir cette taxation des mouvements de capitaux à l’échelle européenne, a poursuivi le député européen. Cette mesure permettrait de doubler largement le budget de l’Union européenne pour des projets positifs. Cette proposition simple, compréhensible par tous, parce que c’est la spéculation et la loi de l’argent qui étouffent l’Europe, est un moyen d’entrer à nouveau dans le débat européen afin de créer un rapport de forces pour que nous commencions à changer les traités européens. "

Conférence de Cancun : Prolonger le protocole de Kyoto après 2012

Alors que va s’ouvrir lundi 29 novembre la conférence de Cancun sur le climat (convention Climat et Protocole de Kyoto), le risque climatique est confirmé : les émissions de gaz à effet de serre dues aux combustibles fossiles devraient progresser de 3 % en 2010 pour atteindre ainsi un nouveau record. Les températures seraient les plus élevées depuis 1880. Les conséquences risquent d’être gigantesques pour l’humanité avant la fin de ce siècle. Une course de vitesse est engagée pour limiter la croissance de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui limite les risques d’un emballement incontrôlable.
Malgré une intense campagne médiatique des climatosceptiques, le consensus des scientifiques sur le changement climatique et ses origines anthropiques n’est pas remis en cause. En France, 74 % des Français considèrent que l’augmentation de la température est due aux effets de l’activité humaine. Après le succès de la mobilisation citoyenne de Copenhague, le sommet des peuples de Cochabamba a témoigné, une nouvelle fois, de la prise de conscience des peuples des dangers encourus, en particulier par les pays du sud qui sont les plus vulnérables. La Conférence de Cancun n’a pas besoin de nouvelles gesticulations de Nicolas Sarkozy. Le problème est trop sérieux et demande des décisions immédiates d’importance.
La conférence de Cancun doit réaffirmer l’obligation des grands pays capitalistes à tirer les conséquences de leurs responsabilités historiques dans le réchauffement climatique. Leurs émissions de gaz à effet de serre doivent être divisées par 4 d’ici 2050 pour éviter un réchauffement de la planète de plus de 2°C par rapport à la période préindustrielle. Pour cela les chefs d’États doivent s’engager pour une réduction de 30 % en moyenne des émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 1990. Le prolongement de l’accord de Kyoto pour la période s’ouvrant après 2012 est le cadre juridique le plus approprié pour un engagement contraignant. L’intervention des peuples est plus nécessaire que jamais pour contrebalancer l’opposition des grands intérêts capitalistes liée en particulier au secteur des énergies fossiles.
Parti communiste français,
Paris, le 26 novembre 2010.

vendredi 26 novembre 2010

Trois jours pour un projet partagé

Le Parti communiste organise jusqu’à dimanche des rencontres nationales pour une nouvelle politique à gauche, en présence d’une vingtaine d’intervenants de la société civile.
Quelle politique de gauche pour demain, quelles marges de libertés conquérir pour la mettre en œuvre, quels chemins emprunter pour un rassemblement majoritaire ? Ce sont, à grands traits, les trois questions auxquelles les quatre cents participants attendus à la rencontre nationale pour un programme populaire et partagé, organisée par le PCF, vont tenter de répondre, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à samedi, à Paris. Un moment qui se veut la mise en actes de la démarche prônée par le PCF pour construire le projet du Front de gauche en vue, notamment, des échéances électorales de 2012. Le 23 octobre dernier, devant six personnalités de la société civile invitées à débattre avec le Conseil national du PCF, Pierre Laurent, secrétaire national, avait rappelé le sens que les communistes donnent au projet partagé : « Nous voulons permettre au plus grand nombre d’énoncer ensemble le projet collectif que la gauche devra mettre en œuvre en 2012. Aujourd’hui, les conditions se créent pour une défaite de Nicolas Sarkozy, mais pas encore pour une réponse politique à la hauteur de ce qu’exprime la société. C’est ce chemin difficile qu’il faut ouvrir, en amplifiant le travail de popularisation d’autres solutions pour les retraites, en proposant aux acteurs du mouvement d’entrer dans le débat politique en leur disant : nous ne pouvons pas résoudre le problème sans vous. »
La veille, la direction communiste avait lancé une « adresse au peuple de France », qui propose à tous ceux qui le souhaitent de « construire dès maintenant les changements politiques qui permettront à la gauche de rompre avec les logiques libérales que prônent le Medef, la Commission européenne ou le FMI. (…) C’est à vous, à nous ensemble de dire : voilà ce que la gauche devra faire », poursuit le document, qui propose à tous de « construire, ensemble, un pacte d’union populaire ».

Un « point de départ »
Les trois jours de débats participent donc de cette démarche, explique Michel Laurent, en charge du projet au PCF, qui se félicite de l’élargissement du débat à de nouveaux acteurs du changement politique et social, avec une vingtaine d’intervenants. La rencontre accueillera ainsi des personnalités aussi diverses que les syndicalistes Maryse Dumas, Pierre Khalfa, Jean-Christophe Le Duigou, des intellectuels comme le psychiatre Bernard Doray, le cofondateur de l’Appel des appels, Roland Gori, l’écrivain Christian Chevandier, l’économiste de l’OFCE, Henri Sterdyniak, le philosophe et président de l’observatoire de la décision publique, Patrick Viveret, le journaliste Laurent Mauduit, l’économiste Jean-Paul Moatti, etc.
« C’est un point de départ », poursuit Michel Laurent, qui a en tête les échéances à venir : les trois conventions nationales du PCF, mais aussi et surtout les multiples initiatives décentralisées autour des « cahiers du changement » lancés par les communistes. Autant d’événements qui entendent donner corps à la contribution originale du Parti communiste au projet partagé du Front de gauche, lequel débutera le 2 décembre ses neuf forums thématiques, avec la participation de ses trois composantes (PCF, Parti de gauche, Gauche unitaire).
Sébastien Crépel

Le Parlement vote la réforme du marché électrique

Le parlement a adopté définitivement dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi relatif à la nouvelle organisation du marché français de l'électricité (Nome) qui prévoit qu'EDF cèdera jusqu'à 25% de sa production nucléaire à ses concurrents.
Les députés ont adopté en deuxième lecture le texte tel que le Sénat l'avait voté en première lecture. Il est donc définitivement adopté.
Les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté pour. Les groupes de l'opposition de gauche ont voté contre affirmant que cette réforme, qui doit entrer en vigueur début 2011, se traduirait par une augmentation de 11 à 15% des tarifs.
L'UFC-Que Choisir, organisation de défense des consommateurs, a affirmé dans un communiqué publié jeudi dernier que cette réforme risquait d'entraîner une forte hausse des tarifs "de 7% à 11% dès la mise en place de la loi et de 21% à 28% d'ici 2015".
Le texte prévoit qu'EDF cède jusqu'à 25% de la production de son électricité d'origine nucléaire à ses concurrents comme GDF Suez, Poweo ou Direct Energie, afin qu'ils puissent proposer des offres à tarifs concurrentiels.
Il ne précise cependant pas le prix auquel EDF devra céder une partie de sa production nucléaire. Ce prix, qui fait l'objet de vifs débats entre l'opérateur historique et ses concurrents, devra être fixé par décret.
Le texte prévoit également la suppression des tarifs réglementés pour les entreprises à partir du 31 décembre 2015 mais maintient les tarifs réglementés pour les particuliers.

jeudi 25 novembre 2010

Karachi : jean-Jacques Candelier offre de transmettre tous les PV d'auditions

Le député communiste du Nord Jean-Jacques Candelier a fait part jeudi de son intention de remettre au juge d'instruction Marc Trévidic les procès-verbaux de la mission d'information parlementaire sur l'attentat de Karachi.
"J'ai été membre de la mission et j'ai remarqué qu'on allait de rebondissement en rebondissement", a-t-il expliqué sur France-Inter, disant avoir été "un peu choqué" par le refus du président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer de transmettre ces procès-verbaux au juge d'instruction. "J'estime que c'est une attitude inacceptable. J'ai l'impression que l'on veut étouffer cette affaire", a ajouté M. Candelier, précisant qu'il était "disposé" à remettre au juge Marc Trévidic les procès-verbaux de la mission d'information. "J'estime que le dossier doit être ouvert. A partir du moment où le dossier sera ouvert, je pense qu'on verra plus clair".
Le député a adressé un courrier mercredi au magistrat pour lui faire part de sa volonté de lui adresser les verbatims. "Dans notre République, il existe un principe de séparation des pouvoirs, mais cela ne signifie nullement qu'il n'y ait pas de relations entre eux", note-t-il dans cette lettre diffusée sur le site de France-Inter.

Les jeunes communistes chez l'Oréal pour taxer le capital

Vendredi dernier des jeunes communistes d’Ile de France, se sont rassemblés devant le siège administratif de L’Oréal, à Clichy. Ils ont manifesté leur colère contre la réforme des retraites. Ils étaient rassemblés autour d’un mot d’ordre : « Pour financer les retraites, faisons payer les profiteurs, pas les travailleurs ! ».Plus que jamais L’Oréal et la famille Bettencourt sont l’image d’un système où les dirigeants politiques représentent et défendent les intérêts du patronat et de la bourgeoisie.Le pouvoir prétend que les caisses sont vides et il souhaite donc nous contraindre à travailler plus dur et plus longtemps. En réalité de l’argent il y en a et c’est une minorité d’exploiteurs qui l’accaparent sur le dos de ceux qui travaillent.Alors que des millions d’entre nous se tuent à la tâche pour des revenus de misère, que d’autres ne trouvent pas d’emplois, des chèques colossaux sont distribués aux plus riches à coups d’exonérations d’impôts et de bouclier fiscal.L’Oréal, ce qu’il faut savoir :- La capitalisation boursière de L’Oréal atteint aujourd’hui 41,5 milliards d’euros et le groupe a réalisé en 2009, et pour la seconde année consécutive, 17,5 milliards d’euros de chiffre d’affaire.-

C’est Liliane Bettencourt, 3ème fortune de France, et sa seule famille qui détiennent 31% du capital de cet empire économique, qui permet à celle-ci d’entretenir une fortune personnelle de 20 milliards d’euros.
La bataille des retraites n’est pas terminée.
Approprions nous le CAC 40 !Répartissons les grandes fortunes !

mercredi 24 novembre 2010

Discours de François Fillon " Du baratin par paquet de vingt " ( Pierre Laurent )

Le parlement a subi cet après-midi le discours de politique générale du Premier ministre. Discours sans surprise qui a vu François Fillon réciter à la perfection la feuille de route tracée par Nicolas Sarkozy il y a quelques jours. Comme son patron, le premier ministre habite au pays du « tout va très bien »... surtout pour le patronat.
C’est du baratin par paquet de vingt ! La souffrance sociale des Français est sciemment ignorée. Où va un pays pour qui sa jeunesse vit désormais moins bien que les générations précédentes ? Le bilan de ce gouvernement, c’est 1 million de jeunes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Nous sommes dans le déni de réalité. Pire l’aggravation est au rendez vous puisque pour l’emploi, le logement, la santé ou la sécurité, François Fillon propose tout simplement de continuer de faire ce qui ne marche pas. Mais les Français ne sont pas dupes, eux qui sont 68% à se dire mécontents de l’action économique du gouvernement.
François Fillon propose la concertation pour la réforme de la dépendance, et de la sécurité sociale. Tout est à craindre quand on connait la conception de la « concertation » du nouvel-ex premier ministre, déjà expérimentée pendant la réforme des retraites.
Ce gouvernement est un gouvernement plombé. Plombé par son dévouement sans faille aux seuls forces de l’argent et des marchés financiers. Les Français doivent savoir que rien ne leur sera épargné. Le PCF est bien déterminé à l’empêcher de nuire. Ils peuvent compter sur nous.
Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF,
Paris, le 24 novembre 2010.

Renault / Retraites anticipées : Un plan social déguisé

La direction de Renault France a annoncé la proposition de départ à la retraite pour 3000 salariés de plus de 58 ans.
Le patronat de l’automobile aurait-il rejoint le front social de luttes sur les retraites ? Hélas, Non ! Il continue juste de supprimer des emplois industriels, comme il l’a déjà fait en 2008-2009 avec 4000 suppressions de postes. Pour dégraisser ses effectifs et sous couvert de l’argument de la pénibilité, Carlos Ghosn ne fait que déguiser son plan social : la direction de Renault ne compte pas compenser les départs par de nouvelles embauches.
Renault organise un véritable gâchis humain. Des milliers de jeunes ouvrier-e-s et employé-e-s de Douai, de Sandouville, du Mans ou de Vénissieux vont être laissés au chômage. La nécessaire transmission à la jeune génération de l’expérience et de la compétence acquise par ces salariés qualifiés est envoyée aux oubliettes !
Le PCF partage l’inquiétude des syndicats. En délocalisant à tout va comme le confirme l’implantation de future usine de Tanger au Maroc, Renault met méthodiquement en place un démantèlement de ses capacités industrielles sur notre territoire.
La hausse du chiffre d’affaire de 23,1% au premier semestre 2010 a fait rentrer des millions d’euros dans la poche des actionnaires. Le PCF exige que ces départs en retraite anticipée soient compensées par de nouvelles embauches. La sueur des uns continue de faire le profit des autres.
Paris, le 24 novembre 2010.

Violences faites aux femmes : restons mobilisé-e-s !

Demain est la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Notre pensée se tourne vers ces femmes qui subissent des brutalités, des actes de barbarie allant jusqu’à entraîner la mort. Depuis 2006, l’action unitaire des féministes, au sein du Collectif National Droits des Femmes (CNDF) et des partis de gauche, dont le PCF, a permis d’élaborer une loi cadre contre les violences faites aux femmes. La constance et l’unité de notre mobilisation ont débouché sur le vote de la loi promulguée le 9 juillet 2010.
Restons mobilisé-e-s ! Si le gouvernement de Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir faire de ce terrible fléau une « grande cause nationale », il n’a dégagé aucun des moyens nécessaires à l’application de la loi. Pire, il aggrave la situation en diminuant, de manière drastique, les subventions allouées aux associations de terrain.
Les femmes brutalisées n’ont pas besoin de promesses pour se reconstruire mais elles ont besoin d’actes forts. Les parlementaires communistes seront, comme ils l’ont toujours été, aux côtés du CNDF, de l’ensemble des associations féministes, afin d’obtenir des moyens pour que cette grande cause nationale ne soit pas une coquille vide. Nous appelons toutes celles et ceux qui, comme nous, refusent les violences faites aux femmes, à manifester leurs colères et leurs exigences, jeudi 25 novembre à 19H, devant le Ministère des finances, place du Bataillon du Pacifique à Paris.
Laurence Cohen, Responsable des questions « Droits des Femmes/ Féminisme » pour le PCF,
Paris, le 24 novembre 2010.

Le gouvernement sauve les entreprises du versement transport

Un petit tour et puis s’en va. L’Assemblée a d’abord voté à l’unanimité, le 17 novembre, lors du débat sur le projet de loi de Finances 2011, un amendement autorisant les villes de moins de 100 000 habitants à relever le plafond du versement transport des entreprises. Une mesure saluée par tous, notamment par le rapporteur général de la commission des Finances, Gilles Carrez (UMP), qui avait défendu l’amendement en estimant qu’il favoriserait le développement des transports collectifs, conformément au Grenelle de l’environnement. Oui mais, il n’a pas plu au gouvernement. Et le lendemain, l’amendement passait aux oubliettes avec 37 autres, votés par les députés. Le Gart, groupement des autorités responsables des transports, s’en est ému en rappelant que les financements des transports en site propre par l’État ne couvrent que 20 % de l’investissement, hors matériel roulant. « La mise en œuvre d’un projet repose très largement sur l’effort financier des collectivités territoriales. Considérant l’argument du gouvernement d’engager 2,5 milliards d’euros d’investissement à l’horizon 2020 pour financer les transports publics et compte tenu des incertitudes qui pèsent sur le montant de l’enveloppe du second appel à projets », le Gart demande à rencontrer en urgence la nouvelle ministre de l’Écologie, Mme Kosciusko-Morizet. Le groupement revendique le rétablissement de l’augmentation du versement transport pour les agglomérations de moins de 100 000 habitants.

mardi 23 novembre 2010

Affaire Karachi : le gouvernement met des bâtons dans les roues de la justice

Hier, le Premier ministre a refusé d’autoriser une perquisition dans les locaux de la DGSE, sous le fallacieux prétexte que ceux-ci sont des lieux secrets. Aujourd’hui, le Président de l’Assemblée nationale, après avoir dénié communiquer au juge Marc Trévidic les documents de la mission d’information, continue de refuser la constitution d’une commission d’enquête parlementaire. Cette commission est d’ailleurs réclamée depuis des mois par les députés communistes, républicains et du Parti de gauche à l’Assemblée nationale.
Au vu de la gravité des soupçons, ces refus successifs sont inacceptables dans une affaire qui entache gravement les principes élémentaires de notre République. Le PCF réitère sa demande : le secret défense doit impérativement être levé. Le gouvernement doit cesser de mettre des bâtons dans les roues de la justice. 15 personnes dont 11 Français sont morts. Leurs familles, leurs proches réclament la vérité. Elles en ont le droit le plus absolu.
Parti communiste français,
Paris, le 23 novembre 2010.

Sarkozy à la presse : " Amis pédophiles, à demain ! "

Le président Nicolas Sarkozy s’est récemment emporté face à des journalistes à propos du dossier Karachi, affirmant à l’un d’eux: «Il semblerait que vous soyez pédophile, j’en ai l’intime conviction» pour signifier qu’on ne peut mettre en cause quelqu’un sans preuve.
L’échange a eu lieu en marge du sommet de l’Otan à Lisbonne vendredi soir, alors qu’au même moment en France Dominique de Villepin relançait les soupçons de rétrocommissions vers Paris en 1995, dans le cadre du contrat d’armement avec le Pakistan au coeur de l’affaire de l’attentat de Karachi. «On est dans un monde de fous», a déclaré le président. «Il n’y a pas un seul parmi vous qui croit que je vais organiser des commissions et des rétrocommissions sur des sous-marins au Pakistan, c’est incroyable.» Puis il s’adresse à un journaliste, dans une démonstration par l’absurde: «Et vous, j’ai rien du tout contre vous. Il semblerait que vous soyez pédophile… Qui me l’a dit? J’en ai l’intime conviction (…) Pouvez-vous vous justifier?». Le président emploie encore le mot deux ou trois fois, preuve de sa colère. «Amis pédophiles, à demain!», lance-t-il en quittant les journalistes qu’il allait retrouver samedi en conférence de presse.
Une intervention musclée qui aurait été enregistrée "sur le circuit interne du sommet". Selon Mediapart, plusieurs journalistes auraient eu "la possibilité de faire fuiter les sons, ils préfèreront 'les écraser'", l'Elysée ayant exigé que les bandes soient effacées.

Retraite, emploi, salaires: LA BATAILLE CONTINUE

Le dossier des retraites est très loin d'être clos ! Le coup de force du Président de la République et des élus de droite aux ordres de Mme Parisot, patronne du MEDEF, va laisser des traces.
Les français ne sont pas prêts à renoncer à leur revendication de la retraite à 60 ans à taux plein. L'affrontement entre le patronat, le capital financier et le monde du travail est loin d'être terminé.
La droite et le patronat cherchent à faire payer la crise aux salariés avec la remise en cause du modèle social français, issus des acquis du CNR.
Après le dossier des retraites, l’attaque est portée sur les retraites complémentaires, la dépendance, la fiscalité dont le cadeau aux familles fortunées avec la suppression de l’ISF.
La mobilisation (CGT - CFDT - UNSA - FSU - SOLIDAIRES) du 23 novembre se prépare : Rendez-vous à partir de 12h à l'Opéra, métro Opéra, puis marche vers la Bourse des Valeurs, chaîne humaine et conférence de presse, témoignages de luttes et succès.

La bataille sur l'avenir de notre système de retraite et sur le financement de la protection sociale ne fait que commencer, avec un rendez-vous important en 2013 lors de la réforme systémique annoncée.
Les retraites complémentaires sous le coup de la réforme
Les négociations entre le patronat et les syndicats concernant l'avenir des régimes de retraites complémentaires Agirc et Arrco vont débuter le 25 novembre. Une séquence durant laquelle les « partenaires » sociaux doivent négocier un nouvel accord.
Le dernier, signé en mars 2009, arrive en effet à échéance.
L'enjeu est important. L'Arrco et l' Agirc rassemblent 18,5 millions de salariés du secteur privé. Le montant des retraites complémentaires versé représente 55% de la retraite totale des cadres et 35% de celle des non-cadres. Le Medef entend imposer les exigences du capital financier et transposer rapidement le relèvement des deux bornes d'âge de la retraite.


Dépendance : un choix de société
Le gouvernement annonce une réforme du dispositif de prise en charge de la dépendance des personnes âgées. Nous sommes dans la continuité de la réforme des retraites et des restructurations hospitalières. C’est une attaque d’ensemble contre notre système de protection sociale, avec l’ouverture de ce domaine aux assurances privées.
C’est un choix fondamental de société pour les personnes vivant une situation de dépendance et de perte d’autonomie : elles doivent pouvoir continuer à vivre leur vie sociale au travers des dispositifs solidaires, et non être considérées comme des charges à tous points de vue, prises en charge dans le cadre de dispositifs assuranciels en fonction de leurs ressources.

La réforme systémique
La droite a adopté un article qui prévoit, « à partir du premier trimestre 2013, l'organisation d'un débat national sur une réforme systémique, qui consisterait à la mise en place d'un régime universel par point ou comptes notionnels ».
Ainsi les masques tombent. Alors que le gouvernement n'a cessé de faire croire que l'abrogation de la retraite à 60 ans visait à défendre la retraite par répartition, il avoue aujourd'hui vouloir changer de système.
Le principe des comptes notionnels entraînerait un ajustement automatique en liaison avec la croissance et l'espérance de vie. Cela se conjuguerait avec l'introduction obligatoire d'une retraite par capitalisation.
Une part des cotisations sociales payées par les salariés serait placée sur des fonds, généralement en actions. Les promoteurs français de ce système ont un but : drainer vers les marchés financiers les centaines de milliards d'euros des cotisations. C'est la capitalisation, deuxième étage de la fusée de la loi Sarkozy-Parisot.

Les mobilisations sociales doivent trouver une perspective crédible à gauche !
Toutes les formations politiques ne sont pas sur la même longueur d'onde! Le PS s'est prononcé à plusieurs reprises pour l'allongement de la durée de cotisation à 42 ans, Europe Ecologie-Les Verts et leur mentor maastrichtien Cohn-Bendit sont favorables à un allongement de la durée de cotisation à 42, voire 44 ans.
Chaque citoyen peut faire le calcul, une personne qui a fait des études et commencé à travailler à 27 ou 28 ans, ou une personne qui a connu des périodes de chômage ne pourra dans ces conditions ne prendre sa retraite qu'à 68, 70 ou 72 ans!
C'est la raison pour laquelle le PCF demande la prise en compte des années de formation et de galère dans le calcul de la durée de cotisation.
Sur la question du droit à la retraite, comme sur toutes les questions, il s'agit de ne pas céder aux logiques libérales européennes et mondiales.
Retraites: rendez-vous le 2 décembre pour un programme partagé « C'est clair et net, la bataille des retraites n'est pas terminée. Pourquoi attendre 2012 pour discuter d'une autre réforme des retraites », déclarait Pierre Laurent dans un meeting du PCF à Japy le 8 novembre. Dans cet esprit, le Front de gauche a décidé de construire avec les acteurs du mouvement social et les citoyens un « programme partagé » qu'il veut porter en 2012.
Premier rendez-vous sur la question des retraites le 2 décembre à la Maison de la chimie (28 Rue Saint Dominique à Paris) à 19h. Les points principaux de la proposition de loi

1°) Faire cotiser les revenus financiers des entreprises et des banques. Rien que pour l'année 2009, ces revenus s'élevaient à 305 milliards d'euros. Une cotisation au même taux que celle sur les salaires rapporterait 75 milliards d'euros dans les caisses de la Sécurité Sociale dont 24,5 milliards pour les retraites.

2°) Instaurer un Bonus/Malus pour les cotisations patronales (modulation de l'assiette de cotisations), afin d'inciter au développement de l'emploi et des salaires, qui sont la base du financement des retraites.Malus pour les entreprises qui suppriment ou précarisent les emplois, font des placements financiers. Bonus pour les entreprises qui investissent pour créer des emplois.

3°) Suppression des exonérations des cotisations sociales. 33 milliards d'euros en 2009. Depuis 1992, 295 milliards d'argent public ont été donnés aux entreprises sans résultat pour l'emploi.
Nous proposons d'affecter une partie de ces sommes à des Fonds Régionaux pour l' Emploi et la Formation et à un Fond National pour l'Emploi et la Formation. Pour impulser dans les régions et sur l'ensemble du territoire une véritable politique d'investissements créateurs d'emplois en particulier dans les services publics et l'industrie.
Ces trois propositions de financements nouveaux s'articuleraient à la création d'un pôle public financier chargé d'impulser une nouvelle politique du crédit;

lundi 22 novembre 2010

L'Irlande, cuisinée à la sauce grecque, passe à la casserole

L'Union Européenne et le Fond Monétaire International (FMI) sont à la manoeuvre : le pire est à craindre pour l'Irlande.
Après avoir sévit en Grèce, c’est autour des Irlandais de bénéficier – pour leur malheur- des mannes de l’Union Européenne. 90 milliards d’euros vont ainsi être consacrés à ce qu’il est abusivement appelé « sauvetage » de son secteur bancaire, mais qu’il serait plus juste de renommer « destruction » de son économie ! Comme la population grecque le peuple irlandais va payer le prix fort des errements de ses dirigeants. Sa dette colossale est devenu une aubaine pour les marchés financiers qui y voient un formidable terrain de jeu pour la spéculation financière.
La médication à venir est connue. Elle comprend de nouvelles réductions des allocations chômage et familiales ainsi que de nouvelles suppressions d’emplois publics. Le gouvernement irlandais s’apprête même à s’attaquer au salaire minimum. Après la Grèce au printemps dernier, l’Irlande va ainsi devenir le deuxième pays de la zone euro à passer sous les fourches caudines des marchés financiers. Cette potion est pire que le mal. Au bout c’est le désespoir pour les Irlandais, sans que les causes qui ont rendu possible cette situation de déficit abyssal soient résolues. Rien n’est possible s’il n’est pas mis un terme à tous ces mécanismes financiers dédiés aux plus riches et déconnectés de l’économie réelle. La BCE doit être placée sous l’autorité des peuples européens et non l’inverse.
Le PCF dénonce ce plan d’affameur où pieds et poings liés, l’Irlande passe à la casserole à la sauce grecque.

Cambriolage Rue 89 : Qui veut museler la presse ?

Dimanche 21 Novembre 2010, la rédaction du site d’information Rue89 a été victime d’un cambriolage. Ce vol avec effractions de disques durs et d’ordinateurs est le quatrième d’une liste qui n’en finit pas de s’allonger.
Après le cambriolage des rédactions de Mediapart, du Point et du domicile d’un rédacteur du Monde, ce sont les bureaux de Rue 89 qui ont été visités ce week-end. Force est de constater que ces quatre organes de presse se sont distingués dans un passé récent à propos de l’affaire Woert-Bettencourt.
Beaucoup trop de coïncidences... Qui cherche à museler la presse de notre pays ? Ces successions d’affaires sont le signe troublant d’une démocratie en décomposition. Le PCF appelle à la vigilance citoyenne et demande que toute la lumière soit faite sur ces barbouzeries qui n’ont que trop duré. La liberté de la presse doit être préservée et l’enquête doit s’effectuer à ciel ouvert. La presse - particulièrement mise sous pression - doit être placée sous la haute protection de l’opinion publique. Il en va de l’avenir de notre démocratie.
Parti communiste français
Paris, le 22 novembre 2010.

dimanche 21 novembre 2010

Karachigate : les déclarations de Sarkozy "sonnent comme un aveu"

Le président "reconnaît qu'il existe des documents intéressant l'instruction qui n'ont pas encore été transmis", selon la fille d'une des victimes. L'engagement du président Nicolas Sarkozy de remettre à la justice tous les documents relatifs à l'attentat "sonnent comme un aveu", selon Magali Drouet, fille d'un salarié de la Direction des constructions navales (DCN) décédé lors de l'attentat.
"En expliquant qu'il les donnerait "en temps et heure", il ignore cette séparation des pouvoirs qu'il nous opposait avant pour ne pas s'exprimer sur le dossier", ajoute la jeune femme. Mais "ce n'est pas à lui de décider", souligne-t-elle. "Nous exigeons qu'ils transmettent ces documents le plus vite possible".
Panique au sommet de l'Etat
Magali Drouet, qui a signé avec une autre fille de victime, Sandrine Leclerc, un livre intitulé "On nous appelle +les Karachi+", estime aussi qu'"on sent de la panique au plus haut niveau de l'Etat", après les déclarations de Dominique de Villepin se disant prêt à parler avec la justice.
"On sent de la panique au plus haut niveau de l'Etat et on ne peut que se réjouir que M. de Villepin sollicite une audition du juge", déclare la fille de Claude Drouet, chef d'équipe de la DCN, tué le 8 mai 2002 dans un attentat à Karachi . Selon Magali Drouet, "nos pères ne sont pas +morts pour la France+ mais +à cause de la France+", probablement parce que la France avait cessé de verser des commissions promises aux intermédiaires.
Le quotidien révèle en outre la disparition d'"environ 110.000 euros récoltés au lendemain du drame par l'association d'aide aux familles des victimes de l'attentat de Karachi " qui se sont "mystérieusement volatilisés".
Seulement 15.000 euros, sur un total de 123.000 euros de dons recueillis, ont été effectivement reversés aux familles des victimes, selon la même source.
Dominique de Villepin a renforcé vendredi les soupçons judiciaires de corruption pesant sur la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, suscitant une vive réaction de l'Elysée.
Ce dossier pourrait être lié à l'attentat-suicide qui tua en 2002 à Karachi (Pakistan) 15 personnes dont 11 Français qui travaillaient à la construction de sous-marins vendus par la France en 1994.
Dominique de Villepin, secrétaire général de l'Elysée en 1995, a donné du crédit sur TF1 à la piste de la corruption et annoncé qu'il avait demandé à être entendu par le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke.
Pour la première fois, l'Elysée a réagi dans un long communiqué qui dénonce des "insinuations" et qualifie de "rumeur malveillante" la piste mettant en cause Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy fut un des principaux soutiens.
Dominique de Villepin, qui fut Premier ministre de 2005 à 2007 et qui est aujourd'hui un rival politique de Nicolas Sarkozy, a confirmé que Jacques Chirac avait demandé en 1995 de mettre fin aux "contrats qui pouvaient donner lieu à rétro-commissions".
Cela a été fait concernant les sous-marins du Pakistan car, a dit Dominique de Villepin, une enquête avait suscité de forts soupçons sur un retour frauduleux en France d'une partie des quelque 84 millions d'euros de commissions légales convenues.
"Il y avait des commissions qui revenaient vers la France vers des personnalités politiques ou non politiques qui, elles, étaient totalement illégales", a dit Dominique de Villepin.
Il n'a pas cité de noms. L'argent, selon une piste suivie par la justice, pourrait avoir servi à la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.
Un rapport de police luxembourgeois versé au dossier judiciaire montre que des structures ont été constituées au Luxembourg au moment du contrat pakistanais, avec l'aval de Nicolas Sarkozy en qualité de ministre du Budget et celui d'Edouard Balladur, Premier ministre.
Il s'agissait de payer les commissions au Pakistan, mais aussi, pensent les enquêteurs, d'organiser le retour illégal d'une partie des fonds en France.
Dans un communiqué, Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, a répondu à Dominique de Villepin, condamnant "ceux qui n'ont d'autre préoccupation que d'impliquer le chef de l'Etat, par une succession d'insinuations, dans une affaire qui ne le concerne en rien".
Le bras droit de Nicolas Sarkozy dénonce "des allégations calomnieuses, parfois présentées comme de prétendues certitudes,
portées contre la personne ou l'action de Nicolas Sarkozy et qui ne reposent cependant sur aucun commencement de preuve".
L'Elysée conteste toute entrave à l'enquête, assure que Nicolas Sarkozy n'a rien à voir avec les commissions du Pakistan ou le marché en question, et promet que les demandes de levée de secret-défense seront étudiées "au cas par cas".
L'affaire s'est enrichie d'une nouvelle déposition chez le juge Van Ruymbeke jeudi, qui a accrédité l'existence d'un lien avec l'attentat et ont débouché sur une nouvelle plainte des victimes.
Le nouveau témoin, Michel Mazens, un haut fonctionnaire chargé en 1995 de négocier les contrats d'armements, a confirmé au juge que Jacques Chirac avait bien fait cesser les paiements liés aux sous-marins pakistanais.
Michel Mazens dit aussi être allé voir un dirigeant de la branche commerciale de la DCN, Dominique Castellan, pour l'informer de la décision d'arrêt des paiements sur le Pakistan.
"Il a réagi en me disant que, pour lui, c'était compliqué, car c'était faire courir des risques à ses personnels", a dit Michel Mazens, selon le procès-verbal d'audition auquel Reuters a eu accès.
Me Olivier Morice, avocat des familles de victimes, dit voir dans cet élément le fait que l'Etat français savait pouvoir s'exposer à des représailles, ce que Dominique de Villepin a contesté sur TF1.
Une nouvelle plainte pour mise en danger d'autrui et homicides involontaires va donc être déposée et elle visera Dominique de Villepin, Jacques Chirac et les anciens dirigeants de la DCN, dit Me Morice.
Après l'affaire Clearstream, la guerre fratricide entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin se déplace sur le terrain du dossier Karachi, en écho à l'affrontement qui opposa jadis leurs mentors respectifs, Edouard Balladur et Jacques ChiraC.

Hausse de 25% des demandes d'aide alimentaire au Secours populaire en 2009

Les demandes d'aide alimentaire au Secours populaire ont augmenté en 2009 de "plus de 25%" par rapport à 2008, selon le rapport moral et d'orientation de l'organisation caritative, présenté samedi lors de son assemblée générale 2010 organisée à Bourges.
Et pour 2010, "la tendance est encore à la hausse", prévient Julien Lauprêtre, le président du Secours populaire, dans ce rapport.
Au total, plus de 1,89 million de personnes sont venues chercher de l'aide alimentaire en 2009 dans les permanences d'accueil du Secours populaire et l'équivalent de 81,5 millions de repas ont été distribués.
Sur les 40.747 tonnes de marchandises distribuées par l'organisation, 49% provenaient des collectes ou achats réalisés par les permanences d'accueil et 51% de l'Union européenne (UE) et de l'aide de l'Etat français.
Lors de la publication en octobre d'un livre-témoignage sur les pauvres et les précaires, le Secours Populaire précisait qu'en 2010 il avait déjà accueilli 2,4 millions de personnes depuis le 1er janvier, contre 2 millions en 2009.
De son côté, le Secours catholique vient récemment d'annoncer qu'en 2009, et pour la deuxième année consécutive, le nombre de personnes accueillies par ses bénévoles avait augmenté, atteignant 1,48 million, soit 80.000 personnes de plus qu'en 2008, du fait de la crise économique.

samedi 20 novembre 2010

Retraites, emploi, salaires : La bataille continue !

Le dossier des retraites est très loin d’être clos ! Le coup de force du Président de la République et des élus de droite aux ordres de Mme Parisot, patronne du MEDEF, va laisser des traces. L’affrontement entre le patronat, le capital financier et le monde du travail est loin d’être terminé. La droite et le patronat cherchent à faire payer la crise aux salariés avec la remise en cause du modèle social français, issus des acquis du CNR.
Après le dossier des retraites, l’attaque est portée sur les retraites complémentaires, la dépendance, la fiscalité dont le cadeau aux familles fortunées avec la suppression de l’ISF.
La bataille sur l’avenir de notre système de retraite et sur le financement de la protection sociale ne fait que commencer, avec un rendez-vous important en 2013 lors de la réforme systémique annoncée.
Les retraites complémentaires sous le coup de la réforme
Les négociations entre le patronat et les syndicats concernant l’avenir des régimes de retraites complémentaires Agirc et Arrco vont débuter le 25 novembre. Une séquence durant laquelle les « partenaires » sociaux doivent négocier un nouvel accord. Le dernier, signé en mars 2009, arrive en effet à échéance. L’enjeu est important. L’Arrco et l’ Agirc rassemblent 18,5 millions de salariés du secteur privé. Le montant des retraites complémentaires versé représente 55% de la retraite totale des cadres et 35% de celle des non-cadres. Le Medef entend imposer les exigences du capital financier et transposer rapidement le relèvement des deux bornes d’âge de la retraite.
Dépendance : un choix de société
Le gouvernement annonce une réforme du dispositif de prise en charge de la dépendance des personnes âgées. Nous sommes dans la continuité de la réforme des retraites et des restructurations hospitalières. C’est une attaque d’ensemble contre notre système de protection sociale, avec l’ouverture de ce domaine aux assurances privées.
C’est un choix fondamental de société pour les personnes vivant une situation de dépendance et de perte d’autonomie : elles doivent pouvoir continuer à vivre leur vie sociale au travers des dispositifs solidaires, et non être considérées comme des charges à tous points de vue, prises en charge dans le cadre de dispositifs assuranciels en fonction de leurs ressources.
La réforme systémique
La droite a adopté un article qui prévoit, « à partir du premier trimestre 2013, l’organisation d’un débat national sur une réforme systémique, qui consisterait à la mise en place d’un régime universel par point ou comptes notionnels ». Ainsi les masques tombent. Alors que le gouvernement n’a cessé de faire croire que l’abrogation de la retraite à 60 ans visait à défendre la retraite par répartition, il avoue aujourd’hui vouloir changer de système.
Le principe des comptes notionnels entraînerait un ajustement automatique en liaison avec la croissance et l’espérance de vie. Cela se conjuguerait avec l’introduction obligatoire d’une retraite par capitalisation. Une part des cotisations sociales payées par les salariés serait placée sur des fonds, généralement en actions. Les promoteurs français de ce système ont un but : drainer vers les marchés financiers les centaines de milliards d’euros des cotisations. C’est la capitalisation, deuxième étage de la fusée de la loi Sarkozy-Parisot.
Les mobilisations sociales doivent trouver une perspective crédible à gauche !
Toutes les formations politiques ne sont pas sur la même longueur d’onde ! Le PS s’est prononcé à plusieurs reprises pour l’allongement de la durée de cotisation à 42 ans, Europe Ecologie-Les Verts sont favorables à un allongement de la durée de cotisation à 42, voire 44 ans. Chaque citoyen peut faire le calcul, une personne qui a fait des études et commencé à travailler à 27 ou 28 ans, ou une personne qui a connu des périodes de chômage ne pourra dans ces conditions ne prendre sa retraite qu’à 68, 70 ou 72 ans ! Sur la question du droit à la retraite, comme sur toutes les questions, il s’agit de ne pas céder aux logiques libérales européennes et mondiales.
Retraites : rendez-vous le 2 décembre pour un programme partagé
« C’est clair et net, la bataille des retraites n’est pas terminée. Pourquoi attendre 2012 pour discuter d’une autre réforme des retraites », déclarait Pierre Laurent dans un meeting du PCF à Japy le 8 novembre. Dans cet esprit, le Front de gauche a décidé de construire avec les acteurs du mouvement social et les citoyens un « programme partagé » qu’il veut porter en 2012. Premier rendez-vous sur la question des retraites le 2 décembre à la Maison de la chimie (28 Rue Saint Dominique à Paris) à 19h.

vendredi 19 novembre 2010

Sénatoriales : Rien n'est réglé à gauche

Depuis quelques jours le Parti socialiste communique en laissant entendre que des accords seraient conclus entre les formations de gauche sur les élections sénatoriales.
Nous n’en sommes pas là. L’état actuel des discussions n’est pas satisfaisant. Le Parti socialiste ne peut s’arroger le droit d’une répartition unilatérale des candidats éligibles au Sénat. L’enjeu est considérable, il s’agit d’obtenir la majorité au Sénat et plus généralement de développer de dynamiques gagnantes pour la gauche jusqu’en 2012, y compris à l’occasion des élections cantonales.
La bataille des retraites où celle autour de la réforme des collectivités territoriales ont montré combien il serait utile pour notre pays d’avoir une majorité de gauche dans une des chambre du parlement. Mais cette dynamique de reconquête dépend d’accord loyaux, gagnant/gagnant pour l’ensemble des formations qui appellent à construire ces majorités.
19 novembre 2010
Le Parti communiste français ne peut accepter des accords qui aboutiraient à réduire le groupe Front de Gauche, Républicain et citoyen au Sénat alors que dans le même temps d’autres formations verraient accroître leur nombre d’élus. C’est ensemble qu’il faut battre la droite. Les discussions doivent se poursuivre dans le respect de chaque formation.
Francis Parny, Responsable aux relations extérieures pour le PCF
Paris, le 19 novembre 2010

Scandale du Médiator : Les liens entre le pouvoir et les trusts pharmaceutiques existent

La diffusion du Médiator sans respecter toutes les normes et recommandations connues parait avoir occasionnée plus de 500 décès. La réponse de la secrétaire d’État à la Santé, Nora Berra, renvoyant sa prise de position à un long travail d’enquête entre le médicament et ses effets ne peut satisfaire personne.
Les révélations sur le scandale du Médiator confirment que des liens existent entre le pouvoir et les trusts pharmaceutiques sur le dos de la santé de la population. Le rappel de la décoration du patron de ce laboratoire par le Président Sarkozy lui-même en l’élevant au rang de grand-croix de la Légion d’honneur en rajoute sur ces liaisons dangereuses. Ajoutons à cela que Nora Berra, médecin aux Hospices Civils de Lyon tout en étant médecin au sein de trois des principaux groupes pharmaceutiques, cultive à son tour le conflit d’intérêt, qui reste la marque de fabrique des gouvernements de l’ère Sarkozy.
Plus que jamais, la proposition du PCF de créer un grand pôle public du médicament à l’échelle nationale et européenne est d’actualité et a toute sa raison d’être. Il faut un espace libéré du pouvoir de l’argent, répondant réellement aux besoins de santé, contrôlé démocratiquement par les représentants des usagers qui sont des ayant-droit à la santé.

Le coup de force continue

Si tôt nommé et déjà déchainé. Le gouvernement renoue avec son démon favori : le coup de force permanent. Foulant allègrement les droits élémentaires du parlement, le gouvernement a supprimé les quelques modifications au budget 2011 décidées par les députés en première lecture.
Ce budget 2011 fait, consciencieusement, les poches des foyers modestes et des couches moyennes. L’économie française ne souffre pas de trop de dépenses publiques mais de la multiplication de cadeaux fiscaux aux plus riches abusivement appelés « niches fiscales ». Ce n’est pas la France qui est en faillite, c’est la politique du gouvernement qui conduit tout droit à l’aggravation de la crise.
Le pire est encore devant nous au vu des récentes déclarations du Président de la République qui annonce, sans honte, la fin de l’impôt sur les grandes fortunes (ISF). Les plus riches peuvent être rassurés, le gouvernement continue d’être aux petits soins pour eux.

jeudi 18 novembre 2010

Le PCF rend hommage à Abraham Serfaty

Le PCF reçoit avec une très grande émotion la nouvelle du décès d’Abraham Serfaty, un homme de courage qui a consacré sa vie au combat pour la liberté et la démocratie au Maroc. Victime de la répression, il a souffert la torture et des longues années d’emprisonnement sans jamais cesser son combat.
Le PCF rend hommage à l’homme de progrès, au militant infatigable et transmet à sa femme Christine et à ses proches ses plus sincères condoléances. Abraham Serfaty, cette grande personnalité marocaine, restera dans nos mémoires.
Parti communiste français,
Paris, le 18 novembre 2010.

Pas d'emploi pour les fils d'immigrés

le 17 Novembre 2010
D’après l’Insee, le taux d’emploi des Français dont les parents sont nés au Maghreb est de 20 points inférieur au taux d’emploi des autres citoyens français.
Près de trente ans après la Marche pour l’égalité, il n’est toujours pas bon, aujourd’hui en France, d’avoir des parents nés au Maghreb. L’Insee a en effet étudié, pour la première fois, le taux d’emploi des Français selon les origines des parents. Et le résultat est sans appel. En moyenne, 86 % des hommes dont les deux parents sont français de naissance ont un emploi. Une situation qui ne concerne que 65 % des Français dont au moins un des deux parents est originaire d’Afrique du Nord.
Ces 20 points d’écart entre les Français et les « Français de seconde zone » s’expliquent, pour un tiers, par les différences d’âge, le niveau de diplôme ou la catégorie socioprofessionnelle. Pour les deux tiers des cas restants, il n’y a aucun facteur objectif. Prudente, l’officielle Insee estime que les réseaux professionnels et le capital culturel, difficilement mesurables, peuvent expliquer ce navrant constat. Mais le racisme et les discriminations, ces tâches noires qui salissent notre République, sont aussi clairement avancés : « La discrimination à l’embauche à l’encontre des descendants d’immigrés originaires du Maghreb, dont l’existence a été mise en évidence par les études du testing, est une explication plausible », énonce l’étude.
Et comme une discrimination n’arrive jamais seule, l’écart inexpliqué d’emploi entre ceux dont les parents sont nés au Maroc, en Algérie ou en Tunisie et ceux dont les parents sont nés en France est plus important pour les hommes faiblement diplômés que pour la minorité titulaire d’un bac+5. Les Français fils d’immigrés venus du Maghreb, dont 22 % vivent en zone urbaine sensible, sont aussi particulièrement exposés aux difficultés d’emploi lorsqu’ils sont en début de carrière. En ce qui concerne les femmes, la différence de taux d’emploi selon l’origine des parents est à peine moins dramatique que chez les hommes (74 %-56 %).
L’hypothèse d’une importante discrimination envers les Maghrébins est renforcée par l’analyse de l’emploi des Français dont les parents sont originaires d’Europe de l’Est, du Nord, ou du Sud. Comme par hasard, ils ont des taux d’emploi assez proche des Français de parents français. Et ceux dont les parents sont nés dans d’autres pays n’ont pas été étudiés par les statisticiens au motif qu’ils « constituent des groupes trop peu nombreux ou trop jeunes ». On peut donc légitimement s’interroger sur le sort réservé à ceux dont le père ou la mère est originaire d’Afrique subsaharienne…
Pierre Duquesne

L'arnaque !

Encore une fois, Nicolas Sarkozy s’est invité dans nos téléviseurs pour une opération de pure communication. Près de deux heures d’antenne pour un tour de passe-passe : tenter de nous convaincre que ses vieilles recettes ont le goût du neuf. Son tour a raté encore une fois. Le Président a creusé un peu plus le fossé entre ses paroles d’une part, les attentes populaires et les exigences du mouvement social d’autre part. Il y a urgence que la gauche soit à la hauteur, et qu’elle avance de véritables propositions de justice, d’égalité et de liberté pour répondre à la crise du capitalisme.
SARKOZY, BONIMENTEUR
Le Président a pris six mois pour un remaniement gouvernemental que tous considèrent comme un non événement. Mardi soir, sur trois chaines, il aura consacré de longues minutes pour dire, finalement, on continue, on ne change pas une équipe qui perd et qui fait tant de mal à la France et au peuple.
Certains notent son changement de style – encore une fois. Mais, derrière l’opération de com, se révèle un homme qui confond pédagogie et auto-satisfaction, un homme qui méprise et ignore ses concitoyennes et ses concitoyens, leurs souffrances comme leurs luttes.
17 novembre 2010
Pas un mot des difficultés dans lesquelles se débattent les personnes, les immigrés sont encore les boucs-émissaires et les millions de manifestants contre sa réforme des retraites n’ont pas existé.
Mieux, il se vante d’avoir supprimé 135 000 emplois publics, d’avoir eu le courage de mettre fin à la retraite à 60 ans. Et quand il parle d’avenir on frémit. Il aborde le grave problème de la dépendance et, tout de suite ,on voit accourir les assurances privées. Il propose de protéger les licenciés économiques mais pour les contraindre à accepter le premier emploi ou stage proposé. Il propose d’abandonner, enfin, le bouclier fiscal qui coûte 600 millions mais aussi l’Impôt sur la fortune (ISF) qui rapporte prés de 4 milliards, encore un nouveau cadeau à ses amis de la bande du Fouquet’s.
Nicolas Sarkozy méprise le peuple. Il n’a qu’un seul objectif, servir les puissances de l’argent.
CE QUE DEVRAIT FAIRE LA GAUCHE
Toute la gauche critique l’intervention du chef de l’Etat. Mais la critique ne suffit pas. Ségolène Royal tend la main à Borloo et aux centristes ! Daniel Cohn-Bendit parle de « rassembler au-delà de la gauche ». Comment penser des propositions vraiment à gauche avec ceux-là même qui, dans le gouvernement de Sarkozy, ont inventé, mis en oeuvre et cautionné toutes les pires mesures, des lois sécuritaires à la fin de la retraite à 60 ans ?
La politique, ce ne devrait pas être des pions qu’on déplace pour prendre ou garder le pouvoir. C’est le courage de s’affronter à tous ceux qui font obstacle au progrès social et au partage des richesses. C’est proposer et mettre au débat public les solutions pour résoudre les problèmes.
SANS VOUS, RIEN NE SE FERA
Il faut résister, dès maintenant mettre ce pouvoir en échec et préparer la défaite de Sarkozy en 2012. Mais pas pour recommencer avec les logiques libérales, qu’elles viennent du FMI, de la commission européenne ou du MEDEF. Elles ont conduit chaque fois la gauche dans le mur.
Comment faire ? Si vous ne voulez pas une nouvelle fois être déçus, à chacun de faire entendre son idée de ce que la gauche devra faire. C’est le sens de l’initiative prise par le Parti communiste avec le Front de Gauche : lancer un grand débat dans tout le pays pour énoncer ensemble les grandes réformes dont la France a besoin, construire un programme populaire et partagé que les candidats porteront dans les élections de 2012.

mercredi 17 novembre 2010

A propos de la sécurité dans le quartier des Grands Champs

L’actualité, avec l’accident dont a été victime une élève vendredi dernier nous conduit à revenir quelques années en arrière, à l’époque où sans aucune concertation sérieuse, la municipalité décidait de mettre 100 mètres de la rue de Benfleet en sens unique, de la rue Oradour au Bd Barbusse. Plus de 7OO habitants du quartier avaient signé une pétition demandant aux élus de la majorité municipale de revenir sur cette décision absurde et incompréhensible. Dans ce texte, les signataires faisaient remarquer que cette disposition allait inévitablement renvoyer le flux de la circulation vers le Boulevard Barbusse avec les dangers que cela pouvait entraîner. La fin de non recevoir de la municipalité était accompagnée d’un commentaire selon lequel la circulation diminuait sur cette voie, selon les comptages opérés par les services municipaux. Chacun appréciera. Par ailleurs, la situation s’est encore aggravée du fait que de nombreux automobilistes ont du emprunter la rue Irène Joliot-Curie, dont l’aménagement n’est pas des plus judicieux. Les habitants souhaitaient également l’élaboration d’un plan de circulation cohérent prenant réellement en compte la sécurité des piétons. A ce propos le journal d’informations municipales de Juin 2005 rendait compte d’un atelier urbain tenu le 19 mai, où nous apprenions qu’une étude avait été confiée au bureau ETC (Etudes de transport et de circulation) en vue d’établir « un diagnostic dans le cadre du nouveau plan de déplacement urbain ». Puis dans le journal de Romainville de juillet-août 2006 (un an plus tard) il est rendu compte d’un nouvel atelier urbain qui a eu lieu le 30 mai 2006. On y indique « que la ville travaille sur un plan de circulation qui va donner davantage d’harmonie aux modes de déplacements ». On peut encore lire : « L’objectif n’est pas d’imaginer une ville sans voiture, mais de réduire le trafic automobile au profit des déplacements doux. Chaque fois qu’elle sera nécessaire, la modification des sens de circulation s’accompagnera d’une réflexion sur les aménagements urbains, le stationnement et la signalétique…. A LA RENTREE, DES ATELIERS URBAINS SERONT ORGANISES PAR QUARTIER AFIN D’AVOIR UN ECHANGE AVEC TOUT A CHACUN ». Il est possible que de telles réunions se soient tenues dans d’autres quartiers, mais une chose est certaine, aucune n’a été organisée dans le quartier des Grands champs, malgré les demandes des habitants, des parents d’élèves et du conseil de quartier qui existait à l’époque. Et qu’en est-il du plan de circulation sur lequel travaillait un bureau d’études depuis 2005 ? C’est à cette même époque que les communistes et leurs élus soulevaient une autre question. Pour une part essentielle le flux automobile provient de l’Autoroute A3. Et pour cause, Romainville est la seule sortie avant la Porte de Bagnolet. Nombreux sont donc les automobilistes habitant Montreuil et Bagnolet qui sortent à Romainville pour se rendre à leur domicile. Or au niveau de la rue Stalingrad à Bagnolet, il existe bien une entrée de l’autoroute A3, mais pas de sortie. Pourquoi ne pas engager des études sérieuses avec la DDE, en liaison avec les élus de ces villes, pour connaître la faisabilité d’une telle proposition ? Personne ne méconnaît la difficulté d’une telle opération, mais comment prétendre à son impossibilité avant que toutes les pistes, n’aient été explorées ? Enfin pour l’immédiat, au-delà des revendications de la FCPE, que nous partageons, nous souhaitons faire une proposition. Il existe une police municipale. La municipalité ne devrait-elle pas affirmer clairement que sa mission prioritaire est d’assurer la sécurité des enfants à la sortie des écoles ? Au moment où de nombreux habitants de notre ville s’interrogent sur son rôle, son utilité et son efficacité, ce serait une première réponse à leur apporter.

Une soirée télé qui signe un échec

le 17 Novembre 2010
Il n’y a guère plus éclatant aveu d’échec que cette occupation massive des chaînes de télévision par Nicolas Sarkozy pendant la longue, trop longue soirée d’hier. Le discours présidentiel ne passe plus. Trop d’engagements reniés, de tromperies auxquelles des millions de gens modestes ont cru avant de découvrir l’ampleur de l’imposture, ont réduit à néant la confiance, ont avivé la crise politique. Ce serait faire injure au chef de l’État que d’imaginer que celui-ci n’a pas pris la mesure du discrédit. Quand on a épuisé tous les ressorts du storytelling, manière anglo-saxonne de dire qu’on vous raconte des histoires, il ne reste plus à ce président qu’à tenter la méthode du poing sur la table faute de pouvoir séduire et embobiner les Français. 
Ceux-ci, du moins ceux qui ne font pas partie du club 
des happy few du libéralisme, ont beaucoup appris en trois ans, parce qu’ils ont beaucoup souffert.
« La France qui se lève tôt » pensait légitime de « gagner plus », comme l’avait martelé le candidat Sarkozy pendant toute la campagne présidentielle. Cette même France a vu, ébahie, la création du bouclier fiscal pour les plus riches, l’exonération des heures supplémentaires qui ont fait perdre des milliards au budget et contribué à l’augmentation du chômage. La vraie nature du pouvoir façon Sarkozy n’a guère tardé à se révéler comme une machine à organiser une curieuse répartition des richesses… En faisant la poche des pauvres 
pour rétribuer les riches.
L’annonce plusieurs mois auparavant DU remaniement, qui devait marquer en apothéose le dernier acte du quinquennat, faisait partie du dispositif de propagande et de diversion au même titre que l’ouverture de la chasse aux Roms, application pratique du « débat » sur « l’identité nationale ». Mais le scénario a été quelque peu perturbé par la levée en masse du monde du travail contre la remise en cause de la retraite à soixante ans, premier étage de la fusée contre le système solidaire légué le Conseil national de la Résistance et un siècle de lutte du mouvement ouvrier. La loi a été votée, honteusement, par une majorité parlementaire, en dépit de l’évident rejet des Français. L’UMP a imposé sa loi, mais les centristes, qui aujourd’hui font mine de se dresser contre l’humiliation qui leur est faite et plaident pour la restauration d’un second pilier de droite, qu’ont-ils fait sinon accompagner l’UMP dans sa charge contre les retraites ? Aujourd’hui sortis du gouvernement, Hervé Morin et Jean-Louis Borloo permettront à Nicolas Sarkozy de récupérer 
des voix au second tour après un détour par le centre.
Comment faire passer un jeu de chaises musicales autour du même premier ministre pour un remaniement gouvernemental, face à des citoyens incrédules qui se battent pour les retraites, de meilleurs salaires, contre la casse des services publics ? L’équation que devait résoudre un président bousculé dans ses plans était hors de sa portée, quand neuf Français sur dix prévoient que le gouvernement fera la même politique et que Fillon III, avant même son premier Conseil des ministres, était rejeté par 64 % des citoyens ? Squatter les soirées télévisées des Français atteint vite ses limites. L’histoire fourmille d’exemples qui montrent que 
la propagande d’État n’a jamais pu empêcher durablement les changements politiques.
Jean-Paul Piérot

mardi 16 novembre 2010

Remaniement : l'analyse de Pierre Laurent

« Une fuite en avant dans les choix antisociaux en fait de nouvelle phase »
Pour le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, le remaniement du gouvernement est la marque d’une radicalisation du «cap droitier et régressif» du pouvoir sarkozyste.
Vous évoquiez une opération "consternante" à l"annonce de la reconduction de François Fillon à Matignon. Une fois connu le détail du gouvernement, maintenez-vous votre appréciation ?
Pierre Laurent. Absolument. Le décalage entre les intentions que marquent la nomination de ce gouvernement et les attentes de changement et les urgences qu’exprime le pays le confirme : en rassemblant tous les leaders de l’UMP, ce gouvernement se radicalise dans la défense d’un cap droitier et régressif. En butte à son isolement croissant dans le pays, Nicolas Sarkozy choisit de répondre en s’enfonçant dans l’épreuve de force avec notre peuple pour poursuivre coûte que coûte sa politique de régression sociale. C’est un choix aux antipodes de la réorientation complète des choix gouvernementaux qu’imposait la situation. On parle d’équipe resserrée, mais il s’agit en fait d’un commando de l’UMP pour infliger au pays un traitement de choc.
La droite voulait ouvrir une "nouvelle phase" politique après la réforme des retraites. Le remaniement en est-il la concrétisation ?

Pierre Laurent. En fait de nouvelle phase, nous sommes face à une fuite en avant dans les choix antisociaux mis en œuvre depuis 2007, car la situation n’est pas du tout celle que Nicolas Sarkozy avait prévue au départ. La « nouvelle phase » dont il rêvait s’est éloignée avec l’ampleur de la contestation sociale. Il misait, pour faire adopter sa réforme des retraites, sur la résignation populaire, pour ensuite aller encore plus loin dans la mise en œuvre de sa politique. Au lieu de cela, le chef de l’État ressort affaibli politiquement du conflit, les choix faits, loin de sortir le pays de la crise, ont aggravé les difficultés économiques et sociales. Dans ces conditions, la nouvelle phase se résume à tenter d’imposer autrement, et peut-être plus brutalement encore, ce qu’il n’est pas parvenu à faire accepter jusque-là.
Ségolène Royal a appelé, hier à "anticiper les rassemblements de l'entre deux tours de l'élection présidentielle"avec les "centristes" écartés du gouvernement. Y a-t-il un espoir dans cette voie ?
Pierre Laurent. Ceux qui penseraient reconstruire l’espoir à gauche en essayant de recycler les recalés du gouvernement engageraient la gauche dans une impasse. Ce qui choque dans la constitution de ce nouveau gouvernement, ce n’est pas le casting mais l’absence totale d’écoute des préoccupations des Français. Plutôt que de rêver à de nouvelles combinaisons politiciennes, la gauche doit n’avoir qu’une seule boussole : construire le projet politique permettant de rompre avec les logiques capitalistes qui nous ont conduits dans la crise. Si la gauche veut recréer l’espoir, c’est à ces objectifs et à ces réformes de rupture qu’elle doit travailler. Le pays a besoin d’une gauche à l’écoute de ses attentes.
Tandis que Nicolas Sarkozy va diriger le G20, Dominique Strauss-Kahn vantait hier sur les ondes la politique du FMI qu'il dirige...Quelle place pour l'alternative dans le duel Sarkozy-DSK auquel certains voudraient résumer la présidentielle ?
Pierre Laurent. Le pays aura un impérieux besoin d’une alternative de gauche en 2012, d’une politique qui renoue avec la priorité aux dépenses sociales et publiques utiles. Cela n’a rien à voir avec les logiques du FMI qui, comme on le voit en Grèce, consistent à faire payer au peuple le prix de la crise financière. Rien n’est encore joué, la possibilité existe de faire émerger une candidature et un projet de gauche portant cet espoir, et de bousculer les scénarios prévus à l’Élysée ou au siège du FMI. C’est à cet objectif que travaillent les forces du Front de gauche.
Ne faut-il pas pour cela accélérer la construction du projet partagé et la désignation du candidat du Front de gauche ?
Pierre Laurent. Le temps est venu de faire grandir et émerger dans le pays un projet de gauche dans lequel se reconnaissent la grande majorité des participants aux mobilisations sociales sur les retraites. Nous ne répondrons pas aux attentes en nous contentant de désigner un nom, il faut que ce projet se formalise et rassemble celles et ceux qui se reconnaissent dans des objectifs sociaux audacieux. Sinon, la démarche du Front de gauche sera marginalisée par la compétition présidentielle.
Entretien réalisé 
par Sébastien Crépel

Le remaniement ne convainc pas 64% des Français

64% des Français ne font "pas confiance" au nouveau gouvernement Fillon nommé dimanche et ils sont 89% à penser qu'il va poursuivre la politique qui a été menée depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à l'Elysée en 2007, selon un sondage Harris Interactive pour Europe 1.
Selon le sondage réalisé en ligne le 15 novembre, 64% des Français ne font pas confiance au nouveau gouvernement Fillon "pour mener une politique répondant à leurs attentes". 36% lui accordent leur confiance.
89% des personnes interrogées estiment que le nouveau gouvernement va "poursuivre la politique qui a été menée depuis l'élection de Nicolas Sarkozy". 11% disent s'attendre à une politique "différente".
51% des Français, toutes tendances politiques confondues, considèrent que l'entrée au gouvernement d'Alain Juppé est une "mauvaise chose" (49% une "bonne chose"). Xavier Bertrand recueille 58% d'opinions négatives (contre 42%).
En revanche, la présence au gouvernement de Michelle Alliot-Marie recueille 53% d'opinions favorables (contre 47%).
Enfin, 72% des Français pensent que Jean-Louis Borloo a eu raison de ne pas participer au nouveau gouvernement. 28% jugent qu'il a eu tort.
L'enquête a été réalisée en ligne auprès d'un échantillon de 775 personnes de plus de 18 ans représentatif de la population française (méthode des quotas).

Le 16 novembre 2010

  ©Template Blogger Elegance by Dicas Blogger.

TOPO