LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

dimanche 31 octobre 2010

Européens sous tutelle

Vingt-sept états à souveraineté limitée
Le Conseil européen a décidé avant hier de renforcer le pacte de stabilité : les budgets devront être visés par Bruxelles avant de passer devant les Parlements nationaux. Le traité de Lisbonne sera modifié pour pérenniser le Fonds de stabilisation.
Un nouveau serrage de vis contre les Européens. Voilà ce qui ressort du Conseil européen qui s’est tenu jeudi et vendredi à Bruxelles. Les chefs d’État et de gouvernement se sont alignés sur la proposition formulée le 18 octobre à Deauville par la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy : un changement minime des traités.
Pour quoi faire ? La déclaration franco-allemande consistait en deux points. Le premier, la suspension des droits de vote pour les pays ne respectant pas les règles du pacte de stabilité, a été renvoyé aux calendes grecques. Le président du Conseil, Herman Van Rompuy, est chargé d’examiner la question. Divers dirigeants européens s’étaient élevés contre une telle perspective. Pour le moment, il n’y a qu’en cas d’atteinte aux droits de l’homme qu’une telle sanction peut être prise.
Sur le deuxième point de la proposition franco-allemande, les Vingt-Sept se sont pliés aux arguments d’Angela Merkel. Il s’agit de modifier le traité de Lisbonne afin de permettre au Fonds européen de stabilisation financière de perdurer au-delà de 2013. Car en cas de nouvelle crise, l’UE veut disposer d’un tel instrument, qui impose une cure d’austérité drastique aux États qui y ont recours. Ce mécanisme avait été instauré après le plan de sauvetage de la Grèce, pour venir en aide aux autres États européens endettés qui mettraient en danger la survie de l’euro. La chancelière a fait valoir que ce mécanisme risquait d’être invalidé par la Cour constitutionnelle allemande si les textes européens n’étaient pas modifiés.
Le fait du prince
Comme lors des précédentes ratifications, on s’achemine vers une mascarade de démocratie. Interrogé par la presse, Nicolas Sarkozy a dit « compter sur la créativité juridique » des fonctionnaires européens pour rédiger une proposition législative qui n’oblige pas à passer par l’option référendaire. C’est pourtant ce qui risque d’arriver en Irlande, où les citoyens ont dû voter à deux reprises pour les traités de Nice (2001 et 2002) et de Lisbonne (2008 et 2009).
La veille du Conseil, certains eurodéputés, y compris de droite critiquaient le choix d’une procédure de modification des traités qui les empêche d’avoir leur mot à dire.
Le social mis à l'écart
Pis, cette réunion a été l’occasion pour le Conseil européen de « renforcer le pacte de stabilité » : dicter aux États leur politique d’austérité. Au premier semestre de chaque année, les propositions de budgets nationaux seraient visées par les institutions européennes avant leur approbation par les parlements nationaux. Et des sanctions pourraient être prises contre des États même avant qu’ils ne dépassent les seuils de déficit maximum (3 % du PIB) et de dette maximale (60 % du PIB) !
C’est la même construction financière que celle qui a échoué que veulent poursuivre les Vingt-Sept. Celle d’un euro fort, à même d’attirer les capitaux étrangers. Et cela au prix d’une absence de solidarité. Pour remporter l’adhésion britannique, Paris et Berlin ont dû accepter pour 2011 que le budget européen bénéficie d’une augmentation de 2,91 %, loin des 6,2 % souhaités par le Parlement. La politique des régions, qui permet de transférer des fonds des zones les plus prospères vers celles plus en difficulté, risque d’être atteinte. Et les pays de l’Est seront les premiers à payer le prix.
Lors de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er décembre 2009, les Vingt-Sept avaient poussé un « ouf » de soulagement, car cela mettait fin à dix ans de négociations sur les institutions européennes. Les voilà embarrassés par un nouveau processus qui ne prendra fin qu’en 2013. La Gauche unitaire européenne appelait hier à changer les traités, mais pour y inscrire une clause de progrès social.
Gaël De Santis

samedi 30 octobre 2010

Une France malade du "reaganisme" de Sarkozy

La contre-réforme des retraites accentue 
le sentiment d’injustice et de régression qu’a fait avaler un régime sarkozyste 
« brutal et indigne » 
aux Français. Ils en témoignent à Paris.
Un malaise profond de la société française. C’est le sentiment qui prime. Dans les cortèges, comme à Paris, de plus en plus de slogans, de pancartes, d’affiches pointent d’autres sujets de mécontentement : baisse du pouvoir d’achat, des pensions et des aides sociales, liens affichés entre pouvoir et argent… Points de crispation sous-jacents depuis des années, que la présidence Sarkozy a exacerbés.
Sur le gilet de chantier de Catherine, 65 ans, la même question que celle qui tourne en boucle dans sa tête : « La France, pays des droits de l’homme ? » Pas vraiment « malheureuse », cette Thiaisienne compte pourtant les coups : « Divorcée, ma demi-part fiscale va être supprimée, comme l’a été mon allocation logement, quand on m’a mise à la retraite à 63 ans, après deux ans de chômage. » Un pouvoir d’achat en baisse malgré les promesses sarkozyennes, et le loyer qui augmente… de quoi provoquer une froide colère qui « ne s’éteindra même pas » en 2012.
Les problèmes d’emploi et de salaire restent des « préoccupations majeures, malgré ce mouvement qui les a éclipsées – dans les médias plus que dans le quotidien des gens », sourit Antoine, chômeur, la quarantaine sportive. Mais dans le mille-feuille antisocial, on trouve toujours un problème plus grave qui chapeaute le précédent. « Le problème des salaires passe derrière celui de l’emploi, qui cède devant celui des retraites, plus universel. » Mais celui dont « tout découle », c’est « l’inégalité de la répartition des richesses ».
L’idée d’une « meilleure répartition des richesses » s’ancre dans la population. « On commence à ouvrir les yeux, à voir que tout se connecte pour revenir aux bourses mondiales », lâche un cadre, « primo-manifestant », au pied d’une affiche sur laquelle trois « Sylvestre » des Guignols, caricatures de capitalistes, se partagent la planète. Mireille Guérin est facilement repérable sous son panonceau « Union des magouilleurs pourris : rendez l’argent de la vieille ! » « Tout est détourné au profit des riches. Bouclier fiscal, exonération des heures supplémentaires, maintenant disparition programmée de l’ISF… » Son ras-le-bol fait écho à ce que confiait un peu plus tôt Catherine : « C’est comme si Sarkozy portait une grosse étiquette sur son front : “Je vous méprise”. »
Hans Brodersen, professeur d’allemand à HEC, a l’avantage de pouvoir comparer avec la situation européenne. Sur la pancarte qu’il tient à bout de bras, le slogan qui retient l’attention dénonce l’utilisation du produit national brut : « 15 % pour la rémunération du capital, 1,5 % pour les salaires. » « Le capital ne s’est jamais autant développé que ces vingt dernières années, sous l’impulsion des sociaux-démocrates, avec Blair au Royaume-Uni et Schröder en Allemagne. C’est lui qui a imposé la flexibilité au marché du travail allemand et, aujourd’hui, 7 à 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. La coalition actuellement au pouvoir n’a fait que poursuivre cette politique. » La France suit le même processus : « On coupe la Sécu, la santé, les services publics par tranches, livrés au privé. »
L’expérience d’Alain Sciaravello, contrôleur à la RATP, confirme cette vente à la découpe de l’État par « le passage de plusieurs services de contrôle – un par entité, métro, bus ou tram – à un seul service global. Les effectifs sont passés de 1 200 contrôleurs à 800, avec perte de primes et de salaires (jusqu’à 1 000 euros par mois pour lui et sa femme, également contrôleuse – NDLR). Le but, c’est de créer un service qui fait du rendement, et d’ici deux ou trois ans, de le vendre à Veolia, comme ça s’est fait ailleurs »…
« Un pouvoir brutal, indigne. Sarkozy, qu’as-tu fait de la France ? », a écrit en gros cet ouvrier. Restriction du périmètre de l’État, collusion avec les grands industriels et affairistes auxquels « on livre des pans entiers des services publics, voire pour qui on prépare les réformes ». L’offensive néoconservatrice à grande échelle menée par le régime sarkozyste depuis son élection a un air de déjà-vu. « C’est la petite musique du reaganisme » qu’on rejoue en France. Avec les conséquences que l’on sait. « Si Sarkozy – ou Strauss-Kahn, c’est kif-kif – repasse en 2012, on ne pourra pas dire que nous n’étions pas prévenus… »
Grégory Marin

vendredi 29 octobre 2010

Conseil municipal du mercredi 27 octobre 2010 : Intervention de Sofia Dauvergne

La révision simplifiée du Plan Local d’Urbanisme-Lancement de la procédure : Objectifs poursuivis- Modalités de la concertation.

"Cette délibération a pour objet de décider de la procédure de révision simplifiée du Plan Local d’Urbanisme pour le secteur des Bas-Pays. Plus précisément dans le périmètre de la ZAC de l’horloge et de lancer les modalités de la concertation.
Lors du dernier conseil municipal, un programme prévisionnel de la ZAC a été adopté. L'opération a été confiée à la société "Sequano Aménagement". Un programme qui, a semble t-il, été préparé sur la base de nombreuses réunions de concertation avec la population ainsi qu’avec les acteurs locaux.
Suite à ma demande d’informations complémentaires sur la teneur des échanges et des propositions, M. Champion m’a adressé la synthèse de 3 workshops qui se sont tenus au mois de juin 2009. Débats et échanges qui ont concerné les acteurs économiques de ce quartier, et je vous en remercie.
Mais à la lecture des documents, il apparait une chose essentielle : un tel projet doit être un projet partagé par la population du quartier concerné, mais surtout par l’ensemble des habitants de notre ville.
La transformation urbaine de cette zone peut avoir incontestablement un impact économique et social important.
Cependant, cette question est développée trop souvent avec comme seule référence l’ouverture de la base de Loisirs, aujourd’hui devenue une « base de plein et air et de loisirs » et dont la finalité du projet a été remise en cause par le désengagement de l’Etat.
L’absence d’alternative industrielle, sur le Site de Sanofi- Aventis dont les dirigeants malgré des profits de 8,5 milliards d’euros ont décidé sa fermeture définitive, depuis le 1er avril 2010.
Le développement et l’existence de services publics doit tenir une place importante. En plus de notre volonté de voir la construction d’un lycée général sur notre commune, les équipements de proximité ne sont pas clairement identifiés, n’y sont pas abordés à l’heure actuelle. Qu'il s'agisse des structures de la petite enfance, de la santé, de la culture, de l’école, à l’exception d’une possible extension du groupe scolaire Paul Langevin,… et dans les nouvelles constructions de logements, l’équilibre entre logement privatif et social n’est pas acquis.
Pour notre part nous estimons que la construction d’un tel projet appelle une information large et participative de la population.
Si nous approuvons cette délibération, ce sera sous réserve du projet de révision du PLU qui nous sera proposé au printemps 2011".
Sofia Dauvergne, conseillère municipale
Présidente du groupe communiste

Retraites : Le Parti socialiste affiche ses contradictions idéologiques

"Il est bon d'être crédible lorsqu'on s'approche de la présidentielle" assure Marisol Touraine, en charge des retraites au PS et proche de Strauss-Kahn. Est-ce en allant à l'encontre de ce que porte le mouvement social qu'on devient crédible ? Au PS, poser la question ne suffit visiblement pas à y répondre. Le point sur les débats en cours.
C'est en plein coeur du conflit sur les retraites que, paradoxalement en termes d'image politique, le Parti Socialiste affiche ses contradictions idéologiques. L'impopularité du président de la République et du gouvernement, l'ampleur de la mobilisation, intacte après six journées de grèves et de manifestations successives depuis la rentrée (fait inédit dans l'histoire des mouvements sociaux en cette période de l'année), devraient pousser le principal parti de l'opposition de gauche à coller au maximum de ce que l'on appelle la "rue" : les salariés en fait, mobilisés déjà depuis le printemps dernier contre la réforme des retraites, rejoints aujourd'hui par les lycéens et les étudiants qui se font eux aussi plus nombreux et plus actifs à mesure que se multiplient les journées d'action. Or, c'est en plein coeur de ce mouvement dont toutes les enquêtes montrent qu'il va bien au delà de la réforme en cours, que la toute première dirigeante de ce parti, Martine Aubry, choisit d'afficher une position qui a fait (et fait encore) grincer beaucoup de dents...Sur France 2, le 14 octobre dernier, elle se prononce pour un maintien de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans, et pour un rallongement de la durée de cotisation à 41,5 ans voire 42 ans. Autrement dit, les 60 ans deviennent une barrière symbolique puisque la plupart des salariés n'auront jamais atteint 42 années de cotisation à 60 ans. Par cette "nuance", elle semble aligner la position du PS sur celle des libéraux qui depuis des années essaient de nous faire avaler qu'il est nécessaire de travailler plus longtemps pour préserver le système de retraite par répartition. Il ne s'agit pas d'une erreur de communication ou d'un dérapage. Cette position du PS n'est pas nouvelle et ne vient pas surgir comme une sorte de compromis dans une situation bloquée. En début d'année, Martine Aubry avait déjà fait grincer des dents au sein de la gauche en levant le "tabou" de la retraite à 6O ans. Mais si ce tabou est à nouveau ouvertement levé sur un plateau de télévision à un moment où les salariés défilent par millions dans les rues et sont donc particulièrement attentifs aux prises de position sur ce dossier, la perspective de l'élection présidentielle et le bras de fer que se livrent plus ou moins directement les éléphants présidentiables n'y sont pas étrangers...Les tenants de l'aile droite et du social-libéralisme au sein de la direction, discrets en cette période de mouvements sociaux, n'en font pas moins pression. Le premier d'entre eux, directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, dirige donc une organisation internationale qui vient de remettre un rapport favorable à la réforme des retraites en France. Certains de ses soutiens au sein du PS le pousseraient à se prononcer rapidement sur son éventuel retour en France, forts de sondages le plaçant comme le meilleur candidat pour battre Sarkozy...Le rapport du FMI sur les retraites et ses recettes "anti crise" en Grèce et dans les pays Baltes devraient pourtant donner à réfléchir. Ainsi, si DSK réalise l'exploit d'être bien placé pour battre le président le plus impopulaire de la Vème République, ce n'est donc pas sur le fond, c'est à dire sur la nature de l'alternative politique que devra porter la gauche si elle revient au pouvoir. Le fond semble en revanche davantage préoccuper la gauche du PS. Benoît Hamon, a délicatement invité la première secrétaire, Martine Aubry, à tenir compte du mouvement social pour revoir la position des socialistes sur l'allongement de la durée de cotisation. Dans le sillage du porte-parole la gauche du PS, d'Henri Emmanuelli à Pascal Cherki, dénonce une faute politique de la première secrétaire et réclame un recadrage de la position du parti. Manuel Valls, dans le camp opposé puisqu'il redoute une "mélenchonisation du PS", réclame lui aussi de la clarté : "Les socialistes doivent être clairs. Nous ne reviendrons pas à la retraite à 60 ans de type 1981" assène-t-il dans les colonnes du "Figaro". Mieux encore, dans le même quotidien, Marisol Touraine, chargée des retraites au PS et proche de Dominique Strauss-Kahn, livre l'enjeu de ce bras de fer dans le parti : "Il est bon d'être crédible lorsqu'on s'approche de l'élection présidentielle, ne pas être uniquement dans la posture de contestation". Bref, ce bras de fer, nouveau seuil annonçant le débat des primaires socialistes, semble résumer presque à lui seul les contradictions idéologiques d'un Parti socialiste dont la direction n'a décidément pas encore tourné la page de la social-démocratie européenne...
Diégo Chauvet
Article paru dans "l'Humanité Dimanche" du 28 octobre 2010

Même votée, la réforme ne passe toujours pas !

Nicolas Sarkozy peut-il recevoir sa bonne note de la part des marchés financiers ? Peuvent-ils s'estimer satisfaits de voir votée la réforme des retraites qu'ils attendaient ? Car c'est bien cela qui se joue dans cette bataille sans précédent depuis des années. Oh, bien sûr, on ne sera pas étonné de ce qu'on lit dans la presse et de ce que l'on entend dans les médias. De fait, la mobilisation hier était inférieure à ce qu'elle fut lors des manifestations précédentes. Mais quand a-t-on vu, pendant les vacances et après un vote du parlement censé en finir avec une loi, une mobilisation qui reste à ce niveau ? Est-ce fini ? Non, évidemment non. D'une part, parce que la prochaine journée d'action, le 6 novembre peut susciter une nouvelle vague populaire. Ensuite parce que les Français, à 66% toujours, continuent de soutenir les actions décidées par les syndicats. Chacun sait qu'il s'agit d'une bataille majeure et particulièrement âpre. Non seulement parce que la retraite est un enjeu de civilisation, mais parce que c'est un affrontement direct avec le capital. A la question de savoir si la France prend la voie du progrès social ou celle de la récession, s'ajoute celle qui s'est posée dès 2009. Est-ce le capital qui doit conduire les peuples ? La réponse des Français, qui rappelle celle qu'ils ont opposée à l'Europre de la libre concurrence, c'est non. et la crise financière lui a donné plus de profondeur encore. Le Fouquet's, les épisodes Woerth-Bettencourt, les parachutes dorés et les retraites somptuaires, les bonus et les traders ont choqué l'opinion.

Les syndicats restent unis. La CFDT a dénoncé vivement l'instrumentalisation "inacceptable"de ses propositions sur l'emploi des jeunes et des seniors que le gouvernement présente comme le signe qu'elle serait prête à passer à autre chose. L'intersyndicale doit se retrouver le 4 novembre et ses différents membres évoquent de nouvelles formes d'action. L'autocollant "Je lutte des classes" continue à faire un tabac dans les manifs, car il exprime l'engagement intime de chacun, avec son intelligence et son coeur, dans cette grande bataille de notre temps. Nicolas Sarkozy, comme les marchés financiers, n'a toujours pas gagné.

jeudi 28 octobre 2010

Vote/Retraites : "La démocratie, c'est de respecter la volonté populaire"

Après le Sénat, la réforme des retraites vient d’être votée à l’Assemblée Nationale. Monsieur Woerth affirmait quelques heures avant ce vote, lors des questions d’actualité que « la démocratie, c’est le Sénat ; la démocratie c’est l’Assemblée Nationale ; la démocratie c’est le gouvernement de la Ve République ».
Non, Monsieur Woerth, lorsque une majorité du peuple français s’oppose à une réforme, lorsque des millions de citoyens, de salariés manifestent et décident de faire grève pour faire valoir leur droit à la retraite à 60 ans à taux plein, la démocratie, c’est de les écouter, c’est de respecter la souveraineté populaire. Or, depuis des mois, les salariés et leurs représentants syndicaux sont méprisés et l’éteignoir est mis sur la question du financement du système de retraites pour préserver les intérêts privés et donner des gages aux marchés financiers.
La démocratie aura été de bout en bout bafouée sur un enjeu majeur pour l’avenir de nos concitoyens. Le vote qui vient d’avoir lieu ne répond en rien à cet enjeu et entache grandement la légitimité du gouvernement. Je demande solennellement au Président de la République de ne pas promulguer la loi et j’appelle les Français-e-s à participer massivement à la journée de mobilisation de demain et à celle du 6 novembre pour faire entendre leurs exigences.
Les élu-e-s et militant-e-s communistes seront mobilisés dans les rues de France. A Paris, le Front de Gauche (PCF, PG, GU) sera présent à Paris, à la Porte Saint-Martin.
Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF
Paris, le 27 octobre 2010.

mercredi 27 octobre 2010

Municipales partielles de Noisy-le-sec : "Bartolone soutient la sortante, au risque de faire basculer Noisy à droite"

Lu dans Libération du 27 octobre 2010.« Le bureau national du PS doit trancher ce soir le bras de fer opposant Elisabeth Guigou et Claude Bartolone, tous deux députés de Seine-Saint-Denis et proches de Martine Aubry.
Guigou soutient Jean-Paul Lefebvre, candidat investi par la section PS locale à la municipale partielle de Noisy-le-Sec (elle est numéro 2 sur sa liste). Tandis que Bartolone, président du conseil général, pousse en sous-main la maire sortante, Alda Pereira-Lemaitre, pourtant contestée par les Verts et le PCF, qui ont provoqué l’élection en démissionnant.
« Derrière, c’est la guerre pour les circonscriptions aux législatives. Bartolone soutient la sortante comme point d’appui pour 2012, au risque de faire basculer Noisy à droite, car il n’y aura pas de rassemblement derrière elle », assure Lefebvre. »
Loin de ce climat tendu et des combinaisons politiciennes dont la ville a déjà trop souffert, les militants communistes et verts ainsi que des personnalités du monde associatif et syndical noiséen, ont distribué ce matin dans toute la ville un premier matériel, qui reçoit un très bon accueil dans l’électorat de gauche et plus largement dans la population noiséenne.
Un blog de la liste de rassemblement conduite par Gilles Garnier et Anne Déo est désormais en ligne.

Le billet de Maurice Ulrich : Un héritier !

Guy MÔQUET, fusillé par les nazis à dix-sept ans, communiste, enrôlé par les jeunes de l’UMP pour la réforme des retraites ! Dans une incroyable déclaration, leur leader Benjamin LANCAR, a salué « La France de Guy MÔQUET qui a cru en son avenir », le jour même de son assassinat, à Châteaubriant. Mais c’était pour affirmer que « la jeunesse de 2010 s’engage comme la jeunesse de 1940. (…) L’engagement, la croyance dans certaines valeurs restent le courage, le réalisme, la liberté, une certaine dose de rébellion ». Et, dans la France actuelle, le courage « c’est celui de tenir le cap des réformes ». On croit être déjà au comble de l’obscénité et de l’ignominie, mais il va plus loin, en citant, dans cette même déclaration, Pierre LAVAL comme membre d’une classe politique « courageuse » ayant redressé économiquement la France en son temps. Pierre LAVAL, chef de gouvernement de Pétain, créateur de la milice, fut un militant actif de la collaboration avec les nazis, fusillé à la libération. Pour faire court, c’était un salaud. Il a des héritiers.

Retraites : Le Parti communiste présent à la manifestation- jeudi 28 octobre

Le Parti communiste français présent à la manifestation du jeudi 28 octobre. La manifestation se tiendra de République à Saint- Augustin-Départ à 13h30.
Le point de présence principal du PCF sera situé à la Porte Saint-Martin.

lundi 25 octobre 2010

Rassemblement des élu-e-s de gauche, demain à 12 h00, près de l'Elysée

Le PCF et ses partenaires du Front de Gauche appellent au rassemblement de tous les élu-e-s de gauche, demain à 12h00 près de l’Élysée, pour manifester leur refus de la réforme des retraites.
Les parlementaires communistes et du parti de gauche ont mené une bataille sans nom pour faire échouer la réforme des retraites : dépôt d’une proposition de loi alternative pour le financement de la retraite à 60 ans et à taux plein, initiatives répétées dans les hémicycles et dans les rues pour faire entendre le refus des Français-e-s du projet gouvernemental, collectes pour soutenir les salariés grévistes... le Front de gauche prend toute sa place dans la mobilisation sur les retraites.
Appel au rassemblement de tous les élu-e-s de gauche, mardi 26 octobre 2010 à 12h00
A l’angle des avenues de Marigny et des Champs Élysées (devant le Théâtre de Marigny et à proximité de l’Élysée),
En présence des leaders du Front de Gauche, de parlementaires et d’élu-e-s des partis de gauche, pour exiger que le projet de loi soit retiré et que les discussions avec les organisations syndicales reprennent sur de nouvelles bases.
Une délégation demandera à être reçue à l’Élysée.
L’intersyndicale a appelé à deux nouvelles journées de mobilisation les 28 octobre et 6 novembre contre la réforme Woerth/Sarkozy. Derrière les syndicats, le PCF, le Parti de gauche et la Gauche unitaire se mobiliseront et seront présents sur les lieux de manifestations, partout en France.
Parti communiste français,
Paris, le 25 octobre 2010.

Quelle légitimité ?

Pour novembre, le remaniement est annoncé et les bruits courent dans les allées du pouvoir. François Fillon va se succéder à lui-même ou bien laissera la place à Jean-Louis Borloo. A moins que Nicolas Sarkozy ne sorte de son chapeau un troisième larron. La question semble animer quelques rédactions et passionner surtout...ceux qui sont directement intéressés. Il semble même qu'ils pensent essentiellement à ça. Mais les millions de salariés et de jeunes qui, d'une façon ou d'une autre, ont participé aux manifestations et aux grèves contre la réforme des retraites et les dizaines de millions de Français qui soutiennent ou se sentent proches de ce mouvement ne semblent en rien concernés. Sans doute parce que ce pouvoir, qui ne manie que le déni et le mépris, a perdu l'essentiel de sa légitimité. Il ignore les protestations et l'opinion publique. Il insulte, comme Jean-François Copé parlant hier dans le "Parisien" "d'une poignée d'extrémistes", de "prise d'otages","d'irresponsables" et des jeunes "qui n'ont rien à faire dans la rue".

Selon le sondage du journal du Dimanche, 70% des Français sont mécontents du président de la République, qui bat un record d'impopularité. Et quand, même après le vote de la loi par le Parlement, le mouvement continue à s'ancrer dans le paysage, les syndicats convoquent de nouvelles journées d'action. Quand les Français, comme le montrent les derniéres enquêtes d'opinion, continuent à soutenir ce mouvement. On peut se poser la question de savoir si, avec un exécutif en pleine dérive autoritaire et une opposition aux droits amputés, les institutions elles-mêmes conservent leur caractère légitime.

vendredi 22 octobre 2010

Rapport Bérès sur la crise : le PS et les verts pactisent avec la droite !

Intervention de Jacky Hénin, Député Européen (PCF)
« Le rapport de Pervenche Berès[1] (Député PS européen) sur les recommandations concernant les mesures et initiatives à prendre dans le cadre de la crise financière économique et sociale a été voté ce matin au Parlement Européen.
Depuis des mois, les mobilisations syndicales et populaires se succèdent en France et en Europe, pour s’opposer à la casse des droits et acquis sociaux, à la privatisation des retraites et de la sécurité sociale, au gel des salaires et des retraites, pour refuser de faire payer aux peuples une crise dont ils ne sont pas responsables.
Si ce rapport s’émeut de la crise et tente de "moraliser le marché"[2], il soutient les plans d’austérités dans les différents pays Européens. L’ensemble du rapport constitue en effet un éloge au pacte de stabilité et demande des mesures plus contraignantes encore, assorties de sanctions aux états membres et l’obligation de réduire les déficits[3].
C’est pourtant tout le contraire qu’il faudrait faire. En effet, depuis de nombreuses années au nom de la recherche du profit, on a compressé les salaires, diminué les impôts et cotisations des entreprises et des banques pour accroître la part des richesses revenant aux prélèvements financiers (intérêts et dividendes). Se faisant on fait grossir les déficits publics, on a recouru à l’emprunt sur les marchés financiers, on a favorisé l’essor des placements financiers et de la spéculation. Pendant ce temps le crédit à été rationné pour l’emploi et les productions nationales tandis qu’il a été facilité pour les OPA et les exportations de capitaux, la politique monétaire de la BCE n’ayant servit qu’à défendre le taux de profit. C’est cette logique qui est responsable de la crise systémique que nous vivons.
21 octobre 2010
Hier encore, ce sont 3,5 millions de personnes qui manifestaient en France contre la réforme des retraites imposée par le gouvernement Sarkozy. Pourtant le rapport " considère que le financement des pensions ne peut être entièrement laissé au secteur public, mais doit reposer sur des systèmes à trois piliers, comprenant des régimes de retraite publics, professionnels et privés, [...] considère que l’allongement de la durée de vie soulève des questions transversales en termes d’organisation de la société qui n’ont pas été anticipées"[4].
Ce n’est ni plus ni moins que la fin de la retraite par répartition et le soutien à la politique de Sarkozy que nous proposent les socialistes et les verts en votant ce rapport !
On ne peut pas s’élever contre ces mesures en France et les préconiser au niveau Européen. Nous demandons que cesse cette hypocrisie et qu’une clarification soit faite quant aux positions des uns et des autres.
Pour notre part, nous soutenons plus que jamais les salariés européens et nous continuerons à dénoncer et lutter contre les plans d’austérités, les politiques néolibérales de l’Union Européenne et pour une profonde réorientation de la BCE. La crise sociale ne sera dépassée que par une utilisation de cet argent qui coule à flot en Europe, au profit des populations. »
[1] Rapport A7-0267/2010 de Pervenche Berès, Commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale
[2] Article 6

3 Article 68,91,101,103 etc...
4 Article 77 du rapport

jeudi 21 octobre 2010

Front de Gauche : De nouvelles et importantes initiatives annoncées

Les forces du Front de Gauche ont tenu ce matin à 9 heures à Paris une importante conférence de presse en présence de Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Christian Piquet, Marie-George Buffet, Nicole Borvo et Martine Billard.
Au cours de la conférence de presse, Pierre Laurent a souligné « le moment majeur que traversait notre pays. Le refus de la réforme des retraites est plus que jamais général. Le pays ne reculera pas et aucun vote du parlement imposé par le gouvernement n’arrêtera le mouvement actuel. Nicolas Sarkozy et le gouvernement ne
sont plus légitimes à imposer la réforme. Un mandat présidentiel n’ouvre pas de parenthèses dans la souveraineté populaire. Ce n’est pas une carte blanche donnée à un homme qui pourrait s’arroger les pleins pouvoirs. Le gouvernement n’a qu’une seule issue : retirer le projet et ouvrir la discussion avec les organisations syndicales sur d’autres bases. »
Trois nouvelles et importantes initiatives ont été annoncées par les forces du Front de Gauche.
Premièrement, un week end de collecte nationale en solidarité avec les salariés dans l’action les samedi 23 et dimanche 24 octobre. A Paris, un point de collecte central sera organisé avec prises de paroles à 15 heures sur le parvis de Beaubourg. Toutes les organisations du Parti doivent prendre des dispositions pour relayer et organiser des initiatives sur les marchés et dans les lieux publics au cours du week end.
Deuxièmement, les forces du Front de Gauche lancent un appel à l’ensemble des élus de gauche à l’organisation de rassemblements d’élus mardi 26 octobre.
Troisièmement, un programme d’initiatives et de forums dans plusieurs villes de France est en préparation pour contribuer au déploiement populaire. 7 thèmes de travail et de débat ont été arrêtés : République, Europe, argent, écologie, travail, service public et politique internationale.
Pour ce qui est du Parti communiste français, l’adoption d’une adresse au peuple de France ; la tenue d’un meeting national du Parti avec Pierre Laurent et tous nos parlementaires, le 8 novembre à Paris ; et la tenue de la première rencontre nationale sur le projet, lors de rencontres nationales du projet les 26, 27 et 28 novembre à Paris.
Paris, le 21 octobre 2010

Urgence : Défendons ensemble le logement social !

A différentes reprises, et encore récemment, les communistes de Romainville et leurs élus ont alerté la population de notre ville, et plus particulièrement les locataires de l’OPH, sur les néfastes projets du gouvernement en matière de logement social. Méthodiquement, Nicolas Sarkozy se livre à une guerre au peuple, une chasse aux pauvres. Le logement social ne pouvait s’extraire du viseur élyséen. Au cœur de l’été, le secrétaire d’Etat au logement annonçait une ponction de 340 millions d’euros par an, entre 2011 et 2013 sur les organismes HLM. Ce hold-up de 1 milliard d’euros représente 2,5% des loyers collectés. Les premières victimes en seraient les familles modestes, ainsi que les locataires ou demandeurs d’un logement social. Ce hold-up s’ajoute au nouveau et très grave désengagement que s’apprête à opérer l’Etat avec la diminution du budget logement de la Nation, de 160 millions d’€ en 2011. Par ailleurs, comme nous n’avons cessé de le dire, les nouvelles règles de majoration du surloyer vont aggraver la difficulté au maintien de la mixité sociale. La hausse spectaculaire des prix de l’immobilier rend illusoire le fait que ces nouvelles règles de surloyer facilitent un parcours résidentiel. La vente des logements sociaux, à laquelle s’opposent les communistes, ne sert qu’à cacher le désengagement financier de l’Etat concernant l’aide à la pierre. L’Etat doit prendre conscience que le droit au logement pour tous et partout passe par la construction de logements sociaux, y compris dans notre ville où les besoins demeurent criants.
Hier, les locataires ont pris connaissance d’un courrier de monsieur le président de l’OPH, leur demandant de signer une pétition contre la nouvelle taxe sur les loyers, le surloyer et la vente systématique des logements HLM. Les communistes et leurs élus approuvent cette démarche. Ils entendent en effet contribuer au rassemblement le plus large pour mettre en échec les projets destructeurs du gouvernement Sarkozy. Evidemment, chacun peut mesurer le fossé qui sépare les propos tenus dans ce courrier, et ceux que tenait monsieur le président de l’OPH le 29 mars dernier. En laissant entendre que les locataires s’acquittant du surloyer « déclareraient des revenus allant de 120.000 euros à 450.000 euros, privant ainsi des familles salariées et modestes d’accéder au logement », et en divulguant le nombre de locataires concernés, cité par cité, on prenait le risque d’opposer les « privilégiés » aux demandeurs de logement, alors que nous avons surtout besoin de solidarité, de mise en commun et de rassemblement pour contraindre le gouvernement à revenir sur ses projets. D’aucuns verront, dans ce changement de ton, le moyen de déplacer le curseur « à gauche » à quelques mois des élections cantonales. Pour leur part les communistes et leurs élus préfèrent le mettre au compte de la protestation et de l’action unie des locataires. C’est ce qui les conduit à formuler les propositions suivantes :

Le gel des loyers pour l'année pour l'année 2011.

Dans son courrier du 29 Mars monsieur le président de l’OPH écrivait « j’ai décidé avec le conseil d’administration de diminuer ce surloyer notamment pour les tranches les plus basses. Cela sera chose faite quand monsieur le préfet aura signé la convention d’utilité sociale ». Est-il possible de savoir où en est la mise en œuvre de cette disposition ?


La revue nationale de la CNL du mois de mai nous apprend que la ville de Paris a demandé aux bailleurs-et-obtenu de baisser les surloyers de 200 à 300 euros. Ne serait-il pas opportun que la direction de l’OPH se rapproche de la ville de Paris ?



De nombreuses communes ont décidé d’adopter un programme local de l’habitat, document déclarant notamment « le territoire de la commune zone de non application du surloyer ». Pourquoi la ville de Romainville ne s’engagerait-elle pas dans cette démarche ?



Agir pour faire appliquer la loi SRU dans toutes les communes.

Sarkozy veut déclarer la guerre ; les Français, rassemblés, veulent dialoguer

Alors que le pays est plus que jamais rassemblé pour la poursuite du mouvement, alors que huit Français sur dix demandent l’ouverture de négociations sur le projet de loi des retraites, Nicolas Sarkozy leur adresse une fin de non-recevoir assujettie de menaces à l’encontre des salariés en lutte et de remise en cause du droit de grève.
Les agressions policières visant à débloquer les dépôts ne feront pas craquer les salariés déterminés à ne pas répondre aux provocations.
Sarkozy espère le désordre. Il choisit la tension, l’agression, la provocation. Personne ne lui donnera cette satisfaction.
Le fossé existant entre la volonté populaire et les actes du pouvoir montre à quel point le Président de la République a perdu tout contact avec la réalité. Il faut se rendre à l’évidence. Nicolas Sarkozy ne se comporte plus comme le Président de tous les Français. La droite doit avoir conscience des conséquences d’un tel divorce avec le pays. Force doit rester au dialogue. On ne gouverne pas contre la volonté populaire.
Pierre Laurentsecrétaire national du PCF
Paris, le 20 octobre 2010

mercredi 20 octobre 2010

Un président casseur

le 20 Octobre 2010
L'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité.
«J’en appelle à la responsabilité de l’ensemble des acteurs », a osé déclarer, hier, Nicolas Sarkozy. Comme si lui-même en faisait montre ! Que dire d’un président qui, au mépris de la souveraineté populaire qui fonde la République, tente de passer en force pour briser le droit à la retraite des salariés ? Que penser d’un chef d’État qui fait truquer les chiffres des manifestants ou des grévistes à la SNCF ? Comment qualifier un premier ministre qui prétend contre toute réalité que « le mouvement social plafonne » et qu’il « n’y a jamais eu plus d’un million de personnes dans les rues » ? Comment prendre au sérieux les bonimenteurs UMP qui prétendent qu’il n’y a pas de problème d’approvisionnement en carburant quand des centaines de milliers de Français galèrent pour faire un plein ?

Ce pouvoir a élevé la fausse nouvelle au rang d’industrie, la seule qui se développe sous son règne. Plus, il fait de la provocation à la violence un recours face à la puissance du mouvement de protestation. Là, il dépêche des hordes de CRS contre les salariés des raffineries. Ici, il fait donner la matraque et les lacrymogènes contre les lycéens qui pacifiquement manifestaient sur les Champs-Élysées. Partout, par sa fermeture aux préoccupations sociales, il fait naître de tristes vocations et donne du grain à moudre aux casseurs. Ne cherchez pas ces derniers dans les rangs des manifestants, vous n’en trouverez pas. Les salariés en grève démontrent un sang-froid que pourraient leur envier les snipers de l’UMP, tandis que les syndicats veillent à repousser hors des cortèges ceux qui veulent en découdre. C’est d’ailleurs la préoccupation constante des lycéens en lutte. Si, ici ou là, des élèves – exaspérés par l’absence d’écoute gouvernementale – se laissent entraîner par des groupes violents et sans doute par des provocateurs dépêchés par des officines coutumières du fait, ils sont une minorité qui ne peut cacher l’immense foule résolue et combative qui arpente les pavés. Hier encore, elle était plus nombreuse que la fois précédente. Nicolas Sarkozy a bien enrôlé Angela Merkel pour une séance de propagande, lundi soir sur France 2, rien n’y a fait. Sa cote de popularité plonge vers des abysses et même ses commanditaires du Medef s’inquiètent d’une dégradation de l’économie. Mme Parisot, qui a mis le feu aux poudres en réclamant cette contre-réforme, souhaite désormais que « le climat s’apaise le plus vite possible »…

Dans la comédie de la dramatisation, de grands médias jouent de piètres rôles, décrivant un pays en proie à la « guérilla urbaine ». La vieille ficelle de la peur est agitée. C’est toujours le recours ultime de la droite. L’honnêteté dans le traitement de l’information devrait conduire à constater que l’unité syndicale donne toujours le ton, que personne ne cède aux sirènes du conflit de générations qu’actionne Rama Yade et qu’au contraire salariés et jeunes se retrouvent puissamment solidaires. À chaque étape, le mouvement est décidé démocratiquement à la base. Ses formes s’adaptent au temps long imposé par le pouvoir et adoptent une plasticité nouvelle. Le temps passant et le pouvoir s’enfermant dans l’autoritarisme, la critique s’aiguise et se précise. Souvent, le rejet va au-delà du texte porté par Éric Woerth. Cette mobilisation va avoir des suites. Dans la rue. Et dans les urnes.
Patrick Apel-Muller

mardi 19 octobre 2010

"Les jeunes se mobilisent contre les casseurs d'avenir"

Pierric Annoot, secrétaire général du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF): La priorité est bien de faire entrer tous les jeunes dans la bataille est donc de ne pas céder aux tentatives de division de la droite en rassemblant tous les lycéens dans l'action, tout en menant un débat politique de fond.
Le gouvernement dit que ce projet de loi est fait pour les jeunes. Quelle est votre réponse?
Pierric Annoot : En effet, depuis le mois d'avril Eric Woerth ne cesse de répéter que c'est pour les jeunes qui ont 20 ans aujourd'hui que cette réforme est faite.Or une fois de plus ce qui est fait en notre nom est fait sans nous et surtout contre nous. En reculant l'âge de départ à la retraite, ce sont autant d'emplois en moins qui seront libérés et donc une aggravation du chômage des jeunes, qui culmine déjà à 25%. C'est donc une véritable aberration qui cache en fait un vrai mensonge. La droite dit vouloir sauver le système solidaire par répartition, mais sa réforme vise au contraire à pousser les salariés d'aujourd'hui et de demain à la capitalisation. Alors que les conditions de travail se dégradent, que de nombreux salariés se retrouvent au chômage avant 60 ans, ou encore que l'accès au premier emploi stable pour les jeunes se fait aujourd'hui en moyenne à 27 ans, il s’agit donc de faire baisser le niveau de pension de chacun car les gens n’auront pas cotisé assez. Avec cette attaque, la solution qui va nous être présentée pour avoir une retraite digne c’est la capitalisation, pour nourrir les fonds de pensions et la spéculation qui nous ont pourtant menés à la crise et ont ruiné des centaines de milliers de retraités aux Etats Unis. Ce que n'ose pas dire la droite c'est que cette réforme n'est pas faite pour les jeunes, mais pour les appétits financiers de la bande du Fouquet's et du Medef. Mme Parisot est d'ailleurs bien silencieuse en ce moment vu que ce sont bien les intérêts de ses amis patrons et actionnaires du CAC 40 qui seront satisfaits si cette réforme venait à passer.
Quel genre d'action menez-vous dans les lycées ?
Pierric Annoot : nos actions dans les lycées sont variées. La priorité est donnée aux discussions, aux interventions dans les classes et aux assemblées générales. Puis au passage au blocage lorsque celui ci est décidé par les lycéens eux mêmes, ou encore à des manifestations ou rassemblement dans des lieux symboliques. La priorité est bien de faire entrer tous les jeunes dans la bataille est donc de ne pas céder aux tentatives de division de la droite en rassemblant tous les lycéens dans l'action, tout en menant un débat politique de fond.
Comment garder la cohésion du mouvement face au gouvernement et aux éléments extérieurs ? Pierric Annoot : le MJCF est l'organisation politique de jeunesse la plus présente dans les lycées. Dans tous les départements les camarades sont donc très mobilisés pour empêcher les forces de l'ordre de multiplier les provocations et la répression et les casseurs de s'introduire dans la mobilisation. Cette droite a tellement humilié les jeunes, au point d’être en train de faire de nous une génération sacrifiée sur l'autel de l'argent roi, que l'envie d'en découdre est profonde. Au delà même de la question des retraites et du travail, c'est bien la question de notre avenir et du devenir de la société toute entière que les jeunes posent avec force dans cette mobilisation. Le racisme d'état, les expulsions de lycéens sans papiers, la répression, l'explosion des inégalités scolaires avec les réformes de la droite, la précarité qui rongent nos vies, alimentent une profonde colère. Au fond, on sent bien que ce qui se joue, c'est la question du choix de société qu'il y a derrière cette réforme et l'ensemble des politiques capitalistes, à savoir : concurrence contre solidarité, précarité contre sécurité, réponses aux besoins du marché contre réponses aux besoins sociaux.Ce sont toutes ces questions qui se cristallisent dans ce mouvement et qui traversent notre génération. C'est bien ce qui fait peur à la droite et c'est donc pour cette raison qu'elle durcit le ton et la répression. Pour garder la cohésion il faut donc ne pas céder aux provocations et répondre par la détermination et la démonstration de force dans des mobilisations pacifiques.Déjà pendant le CPE la droite organisait le désordre et cherchait l'affrontement pour discréditer le mouvement. La force de la politique a finalement triomphé sur la politique de la force
On voit les jeunes communistes très actifs dans ce mouvement, comment voyez-vous la perspective du mouvement des jeunes, lycéens et étudiants dans les jours à venir?
Pierric Annoot : Les assemblées générales d'étudiants se massifient et les lycéens restent très mobilisés. Nous saurons déjouer ce piège de la violence que la droite essaie de nous tendre et massifier encore plus les mobilisations de jeunes. C'est ce à quoi travaillent au quotidien les jeunes communistes de manière unitaire et rassembleuse.La colère est tellement profonde qu'elle continuera de s'exprimer. L'entrée des jeunes dans la lutte ces dix dernières années a toujours été bénéfique et porteuse de progrès, que ce soit contre le Pen en 2002, contre la guerre en Irak, les réformes du lycée, la constitution européenne ou encore le CPE. Les jeunes sont aujourd'hui profondément responsables et se mobilisent contre les casseurs d'avenir, et ils seront encore plus nombreux demain. Le mépris de la droite à notre égard ne la grandit pas, mais fait en tout cas grandir la mobilisation.

Entretien réalisé par Abrahim Saravaki

samedi 16 octobre 2010

Collecte des déchets ménagers par pneumatique...suite et sans doute pas fin !

Depuis la découverte, en janvier 2007 du projet de collecte des déchets ménagers par aspiration, nombreuses ont été les interrogations qui se sont exprimées sur la pertinence de ce système, tant au plan économique, écologique que financier. De nombreuses voix se sont élevées pour contester le caractère prioritaire d’un projet aussi coûteux que démesuré. Les habitants de notre ville ont pu prendre connaissance des initiatives et des arguments développés par l’association « Halte à la pompe à ordures ». Mais, plutôt que d’engager une réelle consultation sur ce dossier pour aboutir à une décision partagée, les élus de la majorité municipale l’ont purement et simplement imposé, murés qu’ils étaient dans leur tour d’ivoire. Les propos tenus par madame le Maire, lors du conseil municipal du 31 mars consacré au vote du budget laissent rêveurs. Nous la citons : « Le dossier a été minutieusement étudié ; les prestataires ont été scrupuleusement évalués ; d’importants cofinancements ont été sollicités, mobilisés et désormais acquis ; LE PROJET A ETE MAINTES ET MAINTES FOIS PRESENTE ET DEBATTU, AMELIORE ET AMENDE, PREPARE ET DELIBERE, DECIDE ET PRECISE, PUIS LANCE ET RENFORCE …Les récriminations et les stigmatisations, quant à elles ont continué à caricaturer les légitimes préoccupations des riverains du projet…Devrais-je dire qu’ils sont manipulés »( fin de citation). Ainsi émettre des doutes sur « l’excellence environnementale » de ce système, considérer que son coût est énorme en regard des avantages qu’il présente ou estimer qu’il n’était pas une priorité, « ce serait manipuler les esprits ». Il se trouve qu’en visitant la toile romainvilloise (merci), nous apprenons que la société ENVAC va installer son premier système MOVAC de collecte par aspiration à Issy-les-Moulineaux. Ce système de collecte par aspiration des déchets permet le dépôt et stockage temporaire des ordures ménagères dans des réservoirs souterrains d’une capacité de 8m3 placés à proximité des usagers, et interconnectés à des points d’aspiration où se connectera le camion MOVAC aspirant alors les déchets. Ainsi, plus de tuyaux et plus de centrale d’aspiration. Nous apprenons encore, sur le site d’ENVAC, que l’installation du système MOVAC à Issy-les-Moulineaux représente un investissement de 4,3 millions d’euros pour 3430 logements. Trois fois moins que celui retenu à Romainville. Combien de fois avons-nous répété, avec beaucoup d’autres, qu’un tel procédé engageait l’avenir et qu’il était bien difficile de prétendre qu’il serait encore adapté dans 15 ou 20 ans ? Et combien de fois avons-nous dit que cette technologie restait très controversée sur le plan écologique et sur les économies qu’elle permettait ? Or, on peut lire sous la plume de Célia FONTAINE, dans le « journal de l’environnement » du 12 octobre 2010 (rendons à César ce qui lui appartient), nous la citons : « Le système de collecte pneumatique des déchets n’est pas dénué d’inconvénients. A commencer par son prix qui sera répercuté sur l’usager. Le coût de mise en place d’un réseau flirte avec les 4000 euros par logement. Côté exploitation, le coût est près de deux fois supérieur à celui de la collecte classique, expliquent les services de la mairie de Barcelone. La longévité du système peut également être mise en cause. ENVAC avait dans un premier temps annoncé une durée de vie de 50 ans. Désormais, l’entreprise suédoise table sur 30. Mais au vu de l’état de détérioration des bornes au bout de 15 ans (toujours en Espagne), on est en droit de se demander si cet objectif sera atteint. Autre problème : l’incapacité du système à collecter le verre et les encombrants ». Madame FONTAINE aurait-elle été manipulée ?

Retraites et capitalisation : Petites affaires en famille

Avec la réforme des retraites en débat, resurgit une affaire que l'Humanité évoquait dès le 4 septembre dernier : Les intérêts bien compris de SARKOZY (Nicolas) et de SARKOZY (Guillaume, son frère) à l'aboutissement de la réforme actuelle. Revoici ce que l'Humanité avait publié alors.
"Dans un atelier sur « l’esprit d’audace », la réforme 
des retraites a reçu le soutien discret mais appuyé 
de Guillaume Sarkozy, le frère du président de la République. « Nous allons passer d’un système de protection monopolistique à un système complémentaire plus efficace, plaide-t-il. Le Medef et les syndicats devront s’entendre 
pour trouver de nouveaux équilibres. » Un point de vue 
pour le moins opportuniste quand on sait que Guillaume Sarkozy n’est autre que le PDG du principal groupe français de prévoyance, Malakoff Médéric, par ailleurs plus gros sponsor, avec Michelin, de l’université d’été du Medef. Et le soutien à son frère est d’autant plus intéressé que Guillaume Sarkozy mijote la création d’une nouvelle entreprise d’assurances qui vise à proposer des produits de retraites par capitalisation et pourrait atteindre un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2019. Autant dire que dans la famille Sarkozy, on se serre les coudes… 
Et le portefeuille" !

vendredi 15 octobre 2010

Montée en puissance du mouvement social : le gouvernement responsable

Hier, en restant inflexible sur les retraites devant les députés Nouveau centre, Nicolas Sarkozy a adressé une nouvelle fin de non recevoir au français-es, pourtant majoritairement opposé-e-s à sa réforme des retraites. Il multiplie les réunions à l’Élysée pour cadrer les parlementaires de sa majorité et colmater les fissures du gouvernement.
En réalité, Nicolas Sarkozy s’applique la méthode Coué et martèle une position intenable face à la montée en puissance du mouvement social.
Aujourd’hui, 10 des 12 raffineries métropolitaines sont en grève.
Depuis près de 3 semaines, les salariés des terminaux pétroliers de plusieurs ports de France tentent de dire leur refus des conditions dans lesquelles se met en œuvre la réforme portuaire : privatisation de leurs activités, et mise en cause de leur statut. Le mouvement s’étend et s’amplifie dans les ports et les raffineries.
Alliant des revendications spécifiques, et celles concernant le droit à la retraite, cette grève converge avec le grand mouvement national contre le projet de réforme des retraites.
L’attitude du gouvernement conduit la France et son économie, droit vers un durcissement du mouvement dont il porte l’entière responsabilité !
Il faut tenir bon ! Les parlementaires communistes, réppublicains et du parti de gauche se mobilisent, dans les hémicycles et dans les rues, pour faire échouer ce projet injuste et inefficace.Le PCF appelle à une très large mobilisation samedi 16 octobre partout en France.Citoyen-ne-s, salarié-e-s, jeunes, élu-e-s et militant-e-s se retrouveront toujours plus nombreux, derrière les syndicats pour crier leur refus du projet gouvernemental sur les retraites.
Parti communiste français,
Paris, le 14 octobre 2010.

A PARIS ON DEFILE DE REPUBLIQUE A NATION.
RENDEZ-VOUS DES MILITANTS COMMUNISTES DU 93 A PARTIR DE 14H, PLACE DE LA BASTILLE.

L'Elysée, hanté par l'entrée en lutte de la jeunesse, crie au populisme

Incapable de contester l’ampleur grandissante des mobilisations, la droite dénie aux jeunes le droit de manifester contre une réforme qui, entre autres, pénalisera l’emploi.
Populisme ? Au lendemain d’une journée de grèves et de manifestations de grande ampleur, la droite s’essaie à la contre-attaque. La veille, elle avait été sonnée par la rue. Hier, obsédée par sa tentation démagogique développée au cours de l’été, en particulier avec l’affaire des Roms, elle développe une accusation de cour de récréation à l’encontre des syndicats et des partis politiques de gauche : relayer le mouvement populaire dans son rejet de la réforme des retraites serait tout simplement « populiste ».
Mardi soir, sur RTL, Yvan Rioufol, porte-parole de l’ultradroite et chroniqueur au Figaro, avait vendu la mèche sur la conception de la droite du droit à manifester : constatant la force du mouvement populaire, il y voit un danger « pour la démocratie », une « dictature de la rue ». « Nous ne sommes pas un pays dirigé par la CGT, nous ne sommes pas un pays dirigé par des comités d’étudiants et de salariés ou de syndicalistes », a éructé Thierry Mariani (UMP), rapporteur général de la commission des Finances du Sénat. L’outrance est à mettre sur le compte du dépit face à un constat politique d’échec. Discréditer la légitimité du droit de grève et de manifestation semble désormais le dernier recours. Ainsi s’explique l’acharnement à mettre en doute la capacité de la jeunesse à contester la réforme.
Car le sarkozysme a désormais une hantise : l’entrée en lutte massive de jeunes qui cumulent les inquiétudes sur l’échec scolaire, la formation et le chômage, quand est demandé aux plus anciens de continuer à travailler jusqu’à 67 ans. Lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, Jean-François Copé est lui-même monté au créneau. Il a dénoncé une gauche qui « instrumentalise » et « l’irresponsabilité » du PS. Aussitôt suivi par le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui a focalisé sur les incidents enregistrés au moment de la dispersion des rassemblements. Pour se contredire dans la même foulée en annonçant seulement 45 mises en examen pour quelque 3,5 millions de manifestants. À croire que si les rares débordements n’avaient pas réellement existé, il les aurait inventés. Ou suscités ? La palme du mépris revient à Thierry Mariani. « Il y a un côté festif, il faisait tellement beau mardi, c’était une tellement belle journée d’automne... »
La contre-attaque avait été peaufinée dès mardi soir dans le bureau du président de la République en présence de quelques ministres affidés. Lesquels ont été en outre investis d’une mission : décider leurs collègues à mettre leurs doutes dans la poche et à monter au front médiatique. Sur le fond, l’Élysée n’a pas à l’évidence l’intention de manœuvrer en recul dans l’immédiat et attend la mobilisation de samedi et son éventuelle poursuite après le prochain week-end. Nicolas Sarkozy, en Conseil des ministres, a donné le ton : « Ce n’est pas la protestation de la rue qui fait qu’on doit revenir sur une réforme qui est indispensable », aurait-il déclaré. Ajoutant : « Quelles que soient les difficultés de mise en œuvre d’une réforme aussi importante, le gouvernement doit, dans l’intérêt général, poursuivre avec détermination et sang-froid. » Intérêt général ou tentation totalitaire quand 71 % des Français contestent la réforme ?
Dominique Bègles

jeudi 14 octobre 2010

Conseil général : "communiqué du Groupe communiste et citoyen pour une alternative à gauche "

NOUS PUBLIONS LE COMMUNIQUE DU GROUPE COMMUNISTE ET CITOYEN POUR UNE ALTERNATIVE A GAUCHE.

"NOUS AVONS QUITTE LA SEANCE DU CONSEIL GENERAL"

Dès le 30 septembre, nous avons écrit au Président Bartolone que nous demandions, dans le cadre du Plan Exceptionnel d’Investissement en faveur des collèges, qu’une concertation ait lieu avec les acteurs de l’enseignement, les syndicats, les associations de parents d’élèves, les maires ainsi que les conseillers généraux, avant la séance. Nous lui avons également demandé de scinder le débat en deux séances distinctes : une première consacrée à une remise à plat du précédent Plan Pluriannuel d’Investissement dans les collèges et une seconde permettant une discussion sur le financement du PEI.

Nous avons essuyé deux refus successifs. Soucieux d’un débat efficace et rapide sur une question aussi importante que celle de la construction/rénovation des collèges de notre département, nous avons renouvelé cette requête ce matin en séance. Une nouvelle fois, le Président Bartolone s’y est refusé.

Attaché à la réussite scolaire, nous lui avons à nouveau fait part de notre volonté d’organiser sans attendre des Etats généraux de l’Education en Seine Saint Denis, avec tous les acteurs concernés pour déterminer les mesures à prendre en ce sens. Le Président Bartolone est resté sourd à cette proposition pourtant attendue par les syndicats d’enseignants et de parents d’élèves.

Les règles du débat démocratique n’ont pas été respectées dans le cadre de l’élaboration de ce PEI tel que proposé aujourd’hui par Claude Bartolone. Nous ne pouvons voter sur cette délibération tant que nous nous verrons opposés un tel refus de concertation et tant qu’il restera des interrogations sur le choix des collèges, sur les conséquences de partenariats public/privé sur les finances de notre département et pour les contribuables de la Seine Saint-Denis, ainsi que sur une Education Nationale de plus en plus ouverte au privé.

Le Président Bartolone a mis fin à la séance et convoqué le Conseil général dimanche matin pour une nouvelle réunion. Comment pourrions-nous participer à une séance qui ne répond pas à la nécessité d’un réel débat démocratique ?

Nous regrettons de n’avoir pas pu être entendus du Président Bartolone et d’avoir ainsi été contraints à en venir à de telles mesures. Cependant, nous renouvelons notre demande et restons ouverts à toute proposition allant dans le sens d’une meilleure concertation.


Les élu-e-s du groupe communiste et citoyen pour une alternative à gauche du Conseil général de la Seine Saint Denis.

B. Bagayoko, J. Bernard, H. Bramy, G. Garnier, S. Gatignon, F. Haye, J. J. Karman, P. Laporte, J. Ch Negre, N. Roland-Iriberry, J. Rouillon, A.M. Sadi, A Taïbi.

Bobigny le 14 octobre 2010

La grosse ficelle du bouclier fiscal

Sarkozy s'avance sur la suppression du bouclier fiscal...le jour de la mobilisation. Comment continuer à ne rien lâcher sur la réforme des retraites tout en donnant l'impression que la droite "respecte" et "entend" les manifestants, comme l'a prétendu François FILLON, hier, devant les députés ? La question qui taraude l'UMP et l'Elysée, en butte à un mouvement croissant, a trouvé un début de réponse, mardi : en faisant mine de se préoccuper de justice fiscale. Nicolas SARKOZY a en effet choisi ce jour de mobilisation pour annoncer ce qu'il a toujours refusé de faire depuis son élection à la tête de l'Etat : envisager la suppression du bouclier fiscal, devenu, selon l'aveu même de son ministre du budget, un "symbole d'injustice". Au cours d'un déjeûner avec des députés de la majorité, mardi, le président de la République a laissé filtrer l'idée d'une "loi de finances rectificative" en juin 2011, pour réformer la fiscalité du patrimoine.

Officiellement, la volte-face sur le sujet est justifiée au nom de la "convergence franco-allemande" de la fiscalité. En réalité, la coïncidence de cette annonce avec la contestation sociale dévoile la grosseur de la ficelle employée pour tenter une ultime manoeuvre de diversion. Car sur le fond il n'est en fait pas du tout question de justice fiscale. Au contraire, le projet consiste à supprimer tout bonnement l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et donc, dans la foulée, le bouclier fiscal devenu sans objet. "Si on a un ISF, on a un bouclier. S'il n'y a plus de bouclier, il faut avoir le courage d'affronter le dossier, lui aussi symbolique, de l'ISF, a expliqué crûment, hier, François BAROIN. Le résultat serait un cadeau supplémentaire de près de 3 milliards d'euros annuels au profit exclusif des plus riches, selon les données de 2009.

mercredi 13 octobre 2010

La jeunesse n'est pas une "classe dangereuse" !

Fébrile et inquiet au lendemain de la journée du 12 octobre, le gouvernement tente une nouvelle et misérable manœuvre. Après avoir méprisé les salariés, c’est maintenant au tour des jeunes d’être dénoncés à la vindicte populaire comme des classes dangereuses. Le gouvernement cherche à infantiliser les jeunes, c’est inadmissible. Mais quel danger y a t-il à voir des milliers de jeunes se préoccuper de leur avenir et manifester leur désaccord avec cette réforme des retraites ? En vérité, le pouvoir tente d’enrayer un mouvement qui ne cesse de s’élargir.
Arrêtons avec les faux procès ! Les jeunes n’ont ni besoin de tuteurs syndicaux, ni de professeurs de politique pour s’engager en toute conscience dans la lutte contre la fin de la retraite à 60 ans. Les jeunes ont toutes les raisons d’être inquiets : le recul de l’âge légal va priver les jeunes d’un million d’emplois potentiels. Voilà pourquoi ils sont dans la rue !
13 octobre 2010
Résistance, Mai 68, mobilisation anti-Le Pen en 2002, CPE, l’engagement de la jeunesse dans les mobilisations a toujours été un gage de progrès dans la société. Ne nous inquiétons pas de cette irruption citoyenne. Bien au contraire, notre société a besoin de cette solidarité d’actions entre générations. Les jeunes peuvent compter sur les communistes pour être à leurs côtés et défendre leurs droits à agir librement.
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Une mobilisation historique

Malgré les votes au canon à l’Assemblée nationale, malgré les manoeuvres dilatoires au Sénat, malgré les menaces physiques du ministre de l’éducation envers les lycéens, c’est une immense mobilisation qui a déferlé sur toutes les villes de France. Plus nombreuse, plus déterminée, plus jeune et plus joyeuse que jamais, historique !
Le gouvernement désormais ultra minoritaire voit ses mensonges s’écrouler un à un. Les arguments d’autorités de la droite ont vécu. Une autre reforme des retraites doit voir le jour, une reforme qui ne soit pas dictée par le MEDEF. Aujourd’hui c’est un peuple sûr de lui et sûr de son droit qui vient de dire son fait à Nicolas Sarkozy.
Le président n’a plus le choix. S’enferrer d’avantage serait irresponsable. Président de tous les français, il doit se rendre à l’évidence et abandonner sa reforme. Le débat parlementaire doit être stoppé. La discussion avec les syndicats doit reprendre depuis le début.
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

mardi 12 octobre 2010

Retraites : la force de gagner

- le 12 Octobre 2010
Les cortèges ont partout rassemblé plus de manifestants que les 2 octobre et 23 septembre. Les taux de grévistes sont à la hausse. La journée est marquée par l’entrée en scène des jeunes et des grèves reconductibles.
La France a la réputation d’être un des pays où la contestation sociale est capable de tout emporter sur son passage. Hier, les touristes en visite à Paris ont eu un aperçu de ce que la colère peut déclencher : la Tour Eiffel a dû fermer en début d'après-midi en raison de la grève d'une partie du personnel. Voilà qui donne le ton d’une journée de mobilisation exceptionnelle contre la réforme des retraites, en tous points plus importante que les précédentes, les 2 octobre, 23 et 7 septembre. Les manœuvres du gouvernement et de l’UMP, qui se sont empressés de faire voter au Sénat le recul de l’âge de départ, n’y ont rien fait : les cortèges ont été partout plus gros, déterminés et joyeux, confiant dans la possibilité, devenue réelle, de gagner. Petit dialogue pris sur le vif dans le cortège parisien : « Pensez vous que Sarkozy va céder ? ». « Oui ». « Qu’est ce qui vous rend si sûr ? ». « On est forts ». Une certitude, qui a gonflé les cortèges et montre que le gouvernement ne parviendra plus à convaincre du bien fondé de sa réforme. « Le pouvoir avait comme tactique d’user le mouvement social. Aujourd’hui c’est le mouvement social qui est en train d’user le gouvernement », constate Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Le ministère de l’intérieur est, du reste, obligé de reconnaître que la vague de manifestants a été bien plus puissante. Le gouvernement comptait à midi, « environ 500.000 personnes », soit, une « participation légèrement supérieure due à la forte présence de lycéens ». Les syndicats eux, parlent d’un total supérieur de 20 à 25%, soit entre 3,5 et 4 millions de personnes. Les chiffres livrés par les syndicats sont tous en hausse : Marseille bat un nouveau record (230.000), de même que Toulouse (140.000), Grenoble compte plus de 70.000 manifestants, ils étaient 10.000 de plus à Lyon (45.000), 60.000 à Rennes, là aussi un record, 20.000 au Puy en Velay en Haute Loire, alors que la ville, dirigée par Laurent Wauquiez compte…. 20.000 habitants. A Paris, la préfecture de police a évoqué 85.000 manifestants contre 40.000 le 23 septembre dernier. Les syndicats eux, en ont compté 330.000, soit 30.000 de plus. IL s’agit de "la plus grosse journée depuis le début du processus", s’est réjouit Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT. « On n’est pas dans un baroud d’honneur, la mobilisation monte d’un cran », a assuré le président de la CFTC Jacques Voisin.
Une des forces du mouvement tient précisément dans cet ancrage démocratique
Les taux de grévistes ont été quasiment partout plus importants que la 23 septembre. C’est le cas à la SNCF (53,75% pour la CGT, 40,4 pour la direction), dans le réseau de transports urbains en province, à Marseille, Montpellier, Clermond-Ferrand, Rennes ou Nantes. Dans ces deux villes, les routiers ont organisés des blocages. A la RATP, la plupart des assemblées générales ont, à mi journée, largement reconduit la grève pour demain.Dans la fonction publique, la CGT a recensé près de 35% de grévistes, un niveau qualifié de « très haut » par Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’UGFF. Les enseignants, à La Poste ou encore à EDF, les taux de grévistes s’annonçaient à peu près similaires au 23 septembre. La grande différence réside dans l’organisation partout d’assemblées générales pour décider des suites du mouvement. Beaucoup sont d’ailleurs organisées dans le secteur privé, dans la métallurgie, les raffineries etc. Le gouvernement se tromperait à ne communiquer que « sur la base des grévistes dans le public », avertit Bernard Thibault pour qui « la caractéristique c'est le nombre d'entreprises privées touchées par le mouvement de grève ».
Plus de jeunes
La journée est aussi marquée par une mobilisation plus franche et plus massive des jeunes, lycéens et étudiants, ce que redoute par-dessus tout le gouvernement. De nombreux établissements ont été bloqués. Le ministère a recensé 357 lycées touchés par la grève. L'UNL, première organisation lycéenne en a dénombré 400. Une des forces du mouvement tient précisément dans cet ancrage démocratique. Plus le temps passe, plus la décision sur la poursuite revient aux salariés. Les syndicats parviennent à concilier radicalisation des formes d’action et élargissement à de nouvelles forces, salariés du privé, fonctionnaires, jeunes ou étudiants. Une première, qui donne aussi au mouvement social une dynamique propre. Pour la première fois depuis le début du processus de mobilisation, des grèves se mettent à durer et des initiatives propres se font jour, provoquant un feu roulant de rendez-vous d’ici samedi, date de la prochaine journée interprofessionnelle. Une manifestation est par exemple prévue mercredi à Paris, une autre jeudi à Toulouse, ou en Isère devant le siège du Medef. Le 23 septembre avait marqué le basculement très majoritaire de l’opinion contre la réforme du gouvernement. Depuis hier, le mouvement social pense qu’il est possible de gagner.
Paule Masson






Un petit clin d'oeil : Les gascons sont dans la rue !

Dans le Gers aussi la mobilisation s'amplifie. La manifestation départementale, ce mardi matin à Auch, a rassemblé 9.000 personnes, un niveau exceptionnel ici, au coeur de la Gascogne. Le défilé a pris naissance devant le siège local de l'UMP, a ensuite zigzagué dans la ville basse puis la ville haute avec une revendication bien rectiligne : retrait de la contre-réforme du système des retraites. Le succès de la manifestation gersoise s'explique par la présence d'un demi-millier de lycéens, mais pas seulement. Selon David Aylies, "de nouveaux salariés ont rejoint le mouvement". Le secrétaire départemental de la CGT constate que "la mobilisation repose sur le triptyque Emplois- Salaires-Retraites". Hôpitaux et fonction publique territoriale, principaux employeurs, ont produit une large part des salariés manifestants, mais à Auch, chef-lieu d'un département rural, agriculteurs actifs et retraités ont aussi pris place dans le défilé. Celui-ci s'est terminé dans une ambiance tendue : devant la préfecture un cordon de policiers a projeté des gaz lacrymogènes sur les manifestants. Cet événement, c'est du jamais vu à Auch de mémoire de syndicaliste. Vers 13 heures, une partie des manifestants, surtout des lycéens, n'avait pas l'intention de se disperser.
Auch (Gers), correspondance.
Bruno Vincens

Pierre Laurent : C'est dans la rue que nous répondrons à la provocation gouvernementale

Vendredi soir, le gouvernement et sa majorité ont usé de tous les artifices de procédure pour arracher au Sénat le vote de l’article 5, mettant fin à la retraite à 60 ans. Cette attitude, dénoncée par les sénateurs du groupe CRC -SPG, affiche le mépris que le gouvernement a pour l’ensemble des salariés, aujourd’hui très largement opposés à son projet. Demain c’est dans la rue, derrière les syndicats, que nous répondrons à la provocation gouvernementale. La mobilisation devra être plus forte que jamais. Cette réforme profondément injuste n’est pas la nôtre, nous n’en voulons pas !
13h30 : Pierre Laurent, des élu-e-s et militant-e-s communistes seront présents à la manifestation à hauteur du Metro Rennes 15h30 : Pierre Laurent, des élu-e-s et militant-e-s communistes seront présents à la manifestation à hauteur du Metro Vavin
La semaine dernière, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO, organisme sous l’égide de la cour des comptes) a publié un rapport : 173 milliards d’euros, c’est le manque à gagner pour les finances publiques, dues aux niches applicables aux entreprises. Qu’on ne nous dise pas que l’argent n’existe pas pour les retraites, il suffit d’aller le piocher là où il est, dans les caisses des grandes entreprises du CAC 40.
Malgré cela, la droite cherche à faire payer l’addition aux salarié-e-s alors qu’un autre financement des retraites est possible. Les parlementaires communistes et du Parti de gauche en ont fait la démonstration en déposant un projet de loi.
Je serai demain, aux côtés des élu-e-s et des militant-e-s communistes à la journée de mobilisation pour défendre nos retraites et j’appelle à une large mobilisation de tous les salarié-e-s et citoyen-ne-s, derrière les syndicats. C’est dans la rue que nous répondrons à la provocation gouvernementale !
Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF,
Paris, le 11 octobre 2010.

lundi 11 octobre 2010

Une autre réforme est possible : les preuves !

Demain dans l'Humanité, numéro spécial. Dix pages sur la mobilisation contre la réforme des retraites:
L'état des lieux, l'emploi au coeur du problème, quelle contribution des revenus financiers ?

Projet contre projet : analyse, chiffres et propositions.
Reportages chez les cheminots, à la RATP ou à EDF à la veille de la journée d'action.
La mobilisation croissante des jeunes qui fait peur à la droite.
En direct du Sénat avec la sénatrice Eliane ASSASSI
Le regard du cinéaste Robert GUEDIGUIAN sur le mouvement social.

Demain : Journée nationale d'action sur les retraites

POUR LA SEINE-SAINT-DENIS, LE RENDEZ-VOUS EST PREVU METRO VAVIN (ANGLE BD DU MONTPARNASSE ET DU BD RASPAIL) SUR LE DEFILE DE MONTPARNASSE A BASTILLE, VIA PORT-ROYAL/ST MARCEL/BD DE L'HÔPITAL/LEDRU-ROLLIN.

CE PARCOURS EST CELUI DE LA CGT-CGC-CFDT-SOLIDAIRES

Retraites : Quand Eric Woerth se réclame du FMI...

Depuis hier soir, grâce au « bons soins » d’Éric Woerth, on connait les propositions du FMI en matière de financement des retraites : « une hausse de l’âge légal de la retraite suffirait à stabiliser les dépenses pour les retraites, exprimé en part du PIB à son niveau 2010 sur les deux prochaines décennies ».
Le ministre du travail, en difficulté avec sa réforme impopulaire, a beau jeu de se réclamer du soutien du directeur du FMI et futur présidentiable, Dominique Strauss Khan.
Hélas la surprise serait que l’avis du FMI et de son directeur soit de taxer les marchés pour qu’ils participent à l’effort de solidarité nationale. Mais la réalité est toute autre.
Le FMI est en première ligne pour mettre le couteau sous la gorge des peuples du monde, en témoignent les nombreux plan d’austérité en Europe.
Qu’Éric Woerth se rassure, le mouvement sur les retraites qui s’amplifie chaque jour et gagne de l’influence ne fondait pas de grand espoir sur le directeur du FMI. On a les soutiens que l’on mérite.
Olivier Dartigolles, Porte-parole du PCF,
Paris, le 8 octobre 2010

Information du Secours Populaire Français

La pauvreté n’est pas une fatalité, c’est à la fois la conséquence et la cause de violations des droits humains, partout dans le monde.

A l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, le Secours populaire de Romainville organise une collecte de produits première nécessité,

le Samedi 16 octobre 2010
entre 10h et 18h

dans le magasin Simply Market de Romainville
(97 rue de la République)

Aidez nous, venez nous rejoindre :
Vous pouvez participer à l'amélioration du quotidien des Romainvillois-es en difficulté en venant nous aider le 16 octobre,
en diffusant ce message auprès de vos amis et contacts Romainvillois.

Secours Populaire Français
Comité de Romainville


Maison des associations
22 rue des Chantaloups
93230 Romainville
Tél : 01 41 50 62 40

Ouvert le mardi et le jeudi de 10h à 16h30

vendredi 8 octobre 2010

Retraites : un nouveau rendez-vous pour le 16

Le gouvernement reste sourd ? Après la journée de mardi prochain, les syndicats ont décidé d'appeler à une nouvelle journée de manifestations, le samedi 16 octobre contre le projet de réforme des retraites. Le mini recul du gouvernement au Sénat ne désamorce pas la colère des salariés. Sur le coeur du projet, le recul de deux ans de l'âge de départ, "pour l'essentiel le gouvernement ne bougera plus, a déclaré le conseiller social de l'Elysée, Raymond Soubie. Non pas parce qu'il est obstiné, entêté mais tout simplement parce qu'il ne peut pas faire autrement".
Les huit organisations de l'intersyndicale nationale (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO, FSU, Solidaires et Unsa) se sont retrouvées vendredi à la mi-journée au siège de l'Unsa à Bagnolet (Seine-Saint-Denis).
Une journée interprofessionnelle de grèves et manifestations a déjà été programmée mardi prochain, le 12 octobre, avec des préavis de grève reconductible dans de nombreux secteurs, dont les transports.
La journée du 16 octobre sera la seconde journée de manifestations organisée un week-end depuis le début de la mobilisation contre le projet gouvernemental.
Après les deux amendements du gouvernement en faveur des mères de 3 enfants et parents d'handidapés annoncées jeudi, "il peut y avoir des amendements au Sénat sur des problèmes beaucoup moins importants qui seront votés dans les prochains jours mais, encore une fois, rien qui changera aujourd'hui l'architecture du projet sur les mesures d'âge et sur l'équilibre financier", a-t-il insisté.

jeudi 7 octobre 2010

Les conseillers régionaux communistes proposent 800 m€ de recettes nouvelles pour financer une zone unique au taux de la zone 1-2...

LES CONSEILLERS REGIONAUX COMMUNISTES PROPOSENT 800 M€ DE RECETTES NOUVELLES POUR FINANCER UNE ZONE UNIQUE AU TAUX DE LA ZONE 1-2 ET UN RENFORCEMENT DE L'OFFRE DE TRANSPORT.

À l’initiative des élus régionaux Front de Gauche PCF-GU-AC, les administrateurs de la majorité de gauche du STIF ont adopté un vœu interpellant le gouvernement pour qu’il dégage enfin les nouvelles ressources nécessaires aux investissements et au développement de l’offre indispensables pour les transports franciliens.
Ils demandent ainsi que soient décidés au plus vite :
le transfert du FARIF (Fonds d’aménagement de la Région Île-de-France). Il s’agit d’une taxe sur les bureaux, centres commerciaux et entrepôts. Destinée à l’Île-de-France, l’État la détourne depuis 10 ans ce fond ! Un hold-up de 1,7 milliards d’€ qui auraient dû profiter aux transports franciliens. Le gouvernement n’a visiblement que faire des conditions de voyage des Francilien-nes, et comme dans d’autres secteurs - éducation, santé, logement… il mène une véritable politique de casse des services publics.
Le transfert d’une part de l’éco-redevance poids lourds que perçoit l’État.
Une hausse significative du versement transport (VT), payé par les entreprises d’au moins 10 salariés. Cette volonté politique fait défaut à la majorité présidentielle qui refuse ainsi de dégager des millions d’€ supplémentaires. Pourquoi une telle attitude du gouvernement, lui qui est si prompt à faire passer en force des réformes dévastatrices comme celle, plus que controversée, sur les retraites ?
Au-delà de ces revendications rassemblant la majorité des administrateurs de gauche au STIF, le groupe Front de Gauche PCF-GU-AC et sa représentante au STIF Laurence Cohen, vont plus loin en proposant une zone unique du VT à un taux de 2,6 % - le taux actuellement en vigueur à Paris et dans les Hauts-de-Seine.
6 octobre 2010
Cela dégagerait 800 millions d’€ supplémentaires par an, permettant de financer une zone unique au taux de la zone 1-2 (sans augmentation) et un renforcement de l’offre de transport. Il est donc urgent d’obtenir cette mesure !
Ils en appellent à une large mobilisation pour soutenir ces propositions, qu’ils porteront lors des débats publics Arc Express/Grand 8. La question des financements est déterminante pour un réseau de transport public de qualité. C’est l’affaire de tous !

mercredi 6 octobre 2010

Retraites : Suivez en direct la bataille des sénateurs communistes et du Parti de gauche

Retrouvez l’ensemble des interventions et des actions des sénateurs du groupe CRC-SPG, ainsi qu’un résumé des débats et la vidéo « décryptage » du jour sur le site http://www.groupe-crc.org/. En s’abonnant gratuitement en ligne, les internautes pourront par ailleurs recevoir quotidiennement une édition spéciale de la lettre d’information électronique du groupe reprenant ces différents éléments.
Durant ces débats, les sénateurs communistes et du Parti de gauche se mobiliseront pour faire entendre dans l’hémicycle « la voix de toutes celles et de tous ceux qui refusent qu’on leur impose une réforme injuste ».
Ils défendront environ 600 amendements et feront la démonstration qu’il est tout à fait possible de garantir la retraite à 60 ans et à taux plein. Ils entendent également dénoncer les mensonges du gouvernement qui continue, contre l’évidence, d’affirmer que sa réforme est « juste et nécessaire ».
Le nouveau succès des manifestations du 2 octobre constitue pour eux un formidable encouragement et donnera sans conteste plus de force à leurs interventions.

mardi 5 octobre 2010

Pierre Laurent : " L'intervention populaire peut faire bouger les choses "

Pour le secrétaire national de Parti communiste français, le projet partagé du Front de gauche doit être le fruit d'un débat public et transparent afin d'énoncer ce que la gauche devrait faire pour réussir à changer vraiment la vie en 2012.
Pensez-vous qu'il est encore possible de faire reculer le pouvoir sur la réforme des retraites ?

Pierre Laurent. Le gouvernement a perdu la bataille des idées. La journée du 2 octobre a montré que l’élargissement du nombre de personnes dans l’action se poursuit. C’est la clé de la victoire, qui sera possible si la majorité d’idées qui unit le pays contre cette réforme se transforme en majorité dans l’action. Les jours à venir, la grève du 12 octobre et ses suites seront décisifs.

La nouveauté à gauche est que, désormais, toutes ses composantes se rencontrent et parlent de rassemblement. Est-ce un signe positif pour l'alternative en 2012 ?
Pierre Laurent. Ça bouge à gauche parce que ça pousse dans tout le pays. Mais ces manifestations d’unité, essentielles pour battre Sarkozy, ne résolvent pas à elles seules tous les défis posés à la gauche. Pour crédibiliser une alternative, il faut que la gauche ait du courage face aux marchés financiers et s’accorde sur les objectifs politiques à réaliser. Or le débat demeure, comme on le voit sur les retraites. La lumière ne jaillira pas du face-à-face entre formations. Seule l’intervention populaire peut faire bouger les choses. C’est le sens du Front de gauche. De même que leur entrée dans l’action contre la réforme des retraites change la donne, l’irruption des citoyens sur le terrain politique peut déplacer les lignes à gauche.

Quelles sont les conditions pour que la gauche gagne les élections de manière durable et ne se contente pas d'une victoire par défaut ?
Pierre Laurent. N’allons pas trop vite en besogne, ce n’est pas parce qu’un pouvoir est en grave difficulté qu’il a perdu. Non seulement les gens qui souffrent ont besoin de gagner tout de suite, mais ce sont ces victoires qui peuvent le mieux préparer celle de 2012. Donc, ne lâchons rien sur les retraites. Ensuite, pour construire une victoire solide et durable, il faut énoncer les grandes questions auxquelles la gauche ne doit plus se dérober : la construction de nouveaux droits sociaux contre les marchés financiers ; la nécessité de redonner du sens au travail, à la production, aux missions publiques, aux choix de développement pour faire reculer la dictature des logiques de profit sur nos vies ; le besoin de reconstruire la démocratie en reconquérant des pouvoirs contre l’argent, en réorientant les richesses vers les dépenses publiques utiles via la fiscalité, en se réappropriant le crédit et la banque grâce à un pôle public financier, en changeant la politique européenne.

Vous partagez donc l'idée qui s'exprime à gauche quez l'antisarkozysme ne suffit pas ?
Pierre Laurent. Quand on est face à un pouvoir qui démolit la France, lui résister est un devoir. Si l’antisarkozysme ne suffit pas, il est indispensable. Mais il doit être conséquent, c’est-à-dire aller au bout de la critique et être capable de dire par quelle politique nous voulons remplacer la sienne. Je n’oppose donc pas l’antisarkozysme à la construction d’une alternative.

Où en est le front de gauche après le lancement de son projet partagé à la fête de l'Humanité ?
Pierre Laurent. À la Fête de l’Humanité, plusieurs milliers de personnes ont souhaité s’associer à cette démarche. Des initiatives de lancement se préparent dans les départements et nous éditons des « cahiers » du projet pour élargir le processus. Des initiatives nationales sont prévues avec nos partenaires du Front de gauche sur les retraites et sur la République, les droits et les libertés. Des fronts thématiques sont envisagés sur les enjeux économiques et la jeunesse. Les 27 et 28 novembre, le PCF tiendra un colloque national très ouvert pour enrichir sa contribution. Ces travaux convergeront progressivement pour aboutir au projet partagé.

Vous engagez avec le front de gauche ce projet partagé et, simultanément, le PCF propose un pacte d'union populaire. Pouvez-vous préciser la place respective de ces offres ?
Pierre Laurent. Il n’y a pas deux mais une seule démarche. Nous voulons construire un projet partagé. Pour dire quoi ? Ce que la gauche devrait faire pour réussir vraiment à changer la vie. Nous parlons de projet partagé parce qu’il doit, à nos yeux, être établi en commun par les forces du Front de gauche et par toutes celles et tous ceux qui partagent des ambitions claires sur le contenu d’un projet de gauche. Comment construire ce projet ? Nous pensons au PCF qu’il faut le faire dans un débat public, populaire et transparent. C’est cela le pacte d’union populaire, l’outil du rassemblement qui permettra à toutes les forces mobilisées dans la société de s’engager dans ce débat pour exprimer ensemble le contrat qui devrait lier toutes ces forces et ces citoyens.

Vous vous êtes porté garant de l'absence de guerre des égo au Front de gauche concernant la candidature à la présidentielle de 2012. Comment allez-vous faire concrètement ?
Pierre Laurent. D’abord en approfondissant cette démarche sur le projet qui, si nous n’y prenons pas garde, sera marginalisé par la mécanique présidentialiste. La désignation d’une candidature commune pourra alors s’appuyer sur un contrat politique partagé et des objectifs qui nous réunissent. C’est la garantie d’une ambition collective. Que ce soit Jean-Luc Mélenchon, André Chassaigne ou une autre personnalité, ce dispositif collectif permettra que nos formations et leurs adhérents effectuent un choix sur la base d’un contrat clair, sans conduire à la guerre des ego ou à l’éclatement du processus.

Ne craignez-vous pas une répétition de l'échec des collectifs antilibéraux en 2007 ?
Pierre Laurent. Ce que nous construisons avec le Front de gauche est d’ores et déjà très différent et peut devenir plus solide encore si nous parvenons à franchir les étapes souhaitées. Vous savez, je suis le premier à ne pas vouloir revivre 2007. Je peux vous dire qu’au PCF nous abordons cet enjeu dans un esprit constructif, sans arrogance et avec l’envie d’aboutir à une construction réellement partagée.

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