LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

lundi 30 novembre 2009

Restos du coeur : cette question doit devenir l'affaire de tous

Les restos du cœur ouvrent leurs portes pour la 25ème année. C’est dans un pays ravagé par le chômage, la précarité et une exclusion grandissante que les restos commencent, aujourd’hui, à distribuer des colis alimentaires aux plus démunis. Jamais en 25 ans, les restos du cœur n’ont connu une situation aussi dramatique. La crise et la politique agressive du gouvernement pour entretenir la peur sociale et prêcher la résignation sont responsables de cette misère sociale toujours plus grande au fil des ans.
Cette question doit devenir l’affaire de tous. Face à ce constat, il est plus que nécessaire de travailler à l’affirmation d’une alternative politique capable de combattre durablement la pauvreté en France.
Parti communiste français,
Paris, le 30 novembre.

vendredi 27 novembre 2009

Martine Aubry : clins d'oeil au Modem et projet de gauche ne font pas bon ménage

Martine Aubry, hier soir invitée sur le plateau d’Arlette Chabot, fait un petit tour par les Pyrénées-Atlantiques, en déclarant : « François Bayrou est béarnais, moi je suis basque, on peut s’entendre ». Vu d’ici, où un rassemblement de la gauche sur des bases claires avec un beau projet municipal a battu le président du Modem lors des élections de mars 2008, la recette « basco-béarnaise » proposée par la secrétaire nationale du PS apparaît comme une cuisine politicienne peu alléchante. Elle ferait perdre la gauche en accompagnant la droite dans un brouillage des repères et des valeurs orchestrée par Sarkozy. Plus que jamais, face à une droite agressive et très déterminée, le chemin à prendre n’est pas celui d’une impasse avec une alliance d’une partie de la gauche avec une partie de la droite. Pas de renoncement. Nous devons construire des majorités de gauche claires pour des politiques régionales courageuses face à la crise.
Lors de son prochain séjour en Pays basque, j’invite Martine Aubry à ne pas confondre sa gauche et sa droite, elle risquerait de se perdre. Une solution : suivre la direction « Pau », nous lui indiquerons la bonne route à prendre.
Le 27 novembre 2009,
Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, élu palois.

25 ans : bon anniversaire au salon du livre et de la presse jeunesse

Personnages étonnants et histoires à dormir debout, aventures et découvertes en stock, rêves et imaginations en vrac et des pays du monde entier à découvrir : depuis 25 ans, le Salon du livre et de la presse jeunesse met les livres au plus près de nos enfants, ici en Seine Saint-Denis. Né de la volonté d’élus communistes, notamment George Valbon et Jean-Pierre Brard et de l’engagement imaginatif de professionnels de la lecture publique et de l’édition, le Salon fait évènement chaque année à Montreuil. Son existence demeure cependant fragile : il aura fallu du temps à l’Etat pour y prendre part et la réduction obsessionnelle des dépenses publiques, notamment dans le champ de l’éducation et de la culture que nous constatons, est un péril permanent. Nous n’oublions pas qu’il a fallu défendre le Salon face à ceux, y compris à gauche, qui en jugeaient les budgets trop élevés ou proposaient de réduire son ancrage dans les écoles, pour n’en faire qu’une vitrine d’avant Noël. Nous sommes heureux qu’il fête cette année ses 25 ans et serons vigilants pour l’avenir. C’est pourquoi nous nous alarmons de la réduction des subventions départementales enregistrées cette année.
Il est temps de mettre l’accent sur l’éducation et la culture !
Il faut des moyens bien sûr, et en priorité : la baisse des budgets publics entame l’avenir, elle pèse dès maintenant sur l’éducation de nos enfants et sur l’avenir du pays. Mais il faut aussi redonner au savoir et à la connaissance toute leur place, dans les médias et dans l’espace public. Assez de marketing et de publicité, assez de la dictature de l’argent et de la réussite faciles constamment exhibés devant nos enfants. Les communistes proposent un grand effort national pour la culture et que le budget national soit indexé sur le PNB pour se situer vers 1%.
A l’heure des bouleversements technologiques et devant les modifications des comportements qu’ils induisent, il importe de préserver, moderniser et adapter le réseau de lecture publique. Loin d’être rendu caduc, il doit permettre, notamment par la présence de personnels qualifiés, d’aider les usagers dans leurs choix et dans leurs découvertes. Les salles de bibliothèques, lieux privilégiés de transmission du savoir ont de l’avenir, si on en prend soin. Les communistes militent pour un renforcement des outils de la culture publique, comme ils appellent à combattre la tentative de Google et d’autres groupes des industries culturelles de mettre la main sur la BNF et les patrimoines littéraires de notre pays. Pour nous communistes, la culture doit être placée hors du champ des affaires. C’est cela l’exception culturelle.
Liberté de création, liberté d’expression !
C’est tout le contraire de la société rêvée de Nicolas Sarkozy et de la droite. L’ambition avouée du chef de l’Etat de réduire la vie culturelle à l’espace confiné du commerce culturel se heurte à de vives résistances : les créateurs, les professionnels de la culture et les structures culturelles de notre pays n’acceptent pas de se laisser instrumentaliser par les diktats de la rentabilité selon les rites du Medef. C’est sans doute pourquoi un de ses plus fidèles lieutenants, le député UMP et Maire du Raincy Eric Raoult, s’est livré à une grossière attaque contre la liberté de création et les artistes, en contestant à Marie Ndiaye, lauréate du Goncourt 2009, le droit de s’exprimer librement. Totalement absent de la vie culturelle, domaine pour lequel il n’a jamais fait une proposition, Eric Raoult révèle sa nature profonde : qu’intellectuels et artistes soient aux ordres et ne mouftent pas : telle est la conception de ce pourfendeur des libertés.
Défendons la vie culturelle !
C’est avec la plus grande fermeté que les communistes alertent devant cette attitude aux relents totalitaires et menaçants pour les libertés individuelles. Liberté de création et liberté d’expression sont à nos yeux indissociables. Nous sommes d’autant plus inquiets que la réforme des collectivités locales imposée par M. Sarkozy et les chefs de l’UMP/Nouveau Centre fait peser un danger mortel sur la vie culturelle de notre pays. Asphyxiées financièrement, privées de leur liberté de décision, les collectivités locales seraient contraintes de décrocher de la vie culturelle, dont elles sont responsables dans la proportion d’environ 70%. Combinée avec la baisse des dépenses publiques, garantes de l’égalité républicaine, cette réforme signerait la liquidation de pans entiers de la vie culturelle et une désertification artistique. Elle rime d’ailleurs avec la réforme du régime de l’intermittence qui conduit des milliers d’artistes et techniciens du spectacle à remiser leur métier et leur désir. C’est pourquoi les élus communistes, avec des milliers de Maires et élus de toutes tendances s’opposent à cette réforme liberticide.
La fédération de la Seine Saint Denis du PCF.




jeudi 26 novembre 2009

Léon Mérino vient de nous quitter

C’est avec une immense tristesse que je viens d’apprendre le décès de Léon MERINO, survenu la nuit dernière. Je le savais malade, c’est pourquoi, lorsque j'ai eu sa fille Michèle au bout du fil, j’ai tout de suite compris que Léon venait de nous quitter. Toutes celles et tous ceux qui l’ont connu se souviennent de l’homme chaleureux et dévoué qu’il a été. Son accent marseillais faisait plaisir à entendre. Léon a été un homme qui a compté dans l’histoire de notre ville. Premier responsable du Parti Communiste de 1967 à 1971 après avoir été durant de longues années le collaborateur de Jacques DUCLOS, il a été élu conseiller municipal en 1971, il le restera jusqu’en 1983, après avoir assumé la responsabilité de premier adjoint auprès de Gérard MACHELART. C’est en 1967, à la création de la Seine Saint Denis que Léon MERINO deviendra conseiller général du canton de Romainville, auquel s’ajoutait à l’époque la partie nord de Montreuil . Il le restera jusqu’en 1985. Président de la commission des affaires économiques, dans une période marquée par la désindustrialisation il mettra toute son énergie au service de la défense des salariés et de leurs emplois dans notre département. J’ai personnellement eu le privilège de militer avec lui de nombreuses années. Comme beaucoup de mes camarades j’ai beaucoup appris à ses côtés. Une chose surtout. Ne jamais oublier d’où nous venons. Au nom des communistes de notre ville,et de toutes celles et tous ceux qui l’ont connu et apprécié, je tiens à dire à Lucette, son épouse, à ses enfants Michèle et Marcel,et à ses petits enfants que je partage leur douleur et les assure de toute mon affection.

Robert Clément

Les obsèques se dérouleront le lundi 30 novembre. La levée du corps aura lieu à 9h45 à l'hôpital Pierre Bérégovoy de Nevers et l'inhumation au cimetière de Billy- Chevannes.

INTERCOMMUNALITE Romainville : LE MAIRE DIT « NON, OUI, SI, PEUT-ETRE…»

DECLARATION DES ELUS COMMUNISTES ET CITOYENS DE ROMAINVILLE
INTERCOMMUNALITE : LE MAIRE DIT « NON, OUI, SI, PEUT-ETRE…»
Le Conseil Municipal de Romainville devait débattre, lors de sa séance du 25 novembre 2009, de la création de l’intercommunalité « Est ensemble » (Bagnolet, Bobigny, Bondy, Les Lilas, le Pré Saint Gervais, Montreuil, Noisy le Sec, Pantin et Romainville), sous l’angle de l’adoption des statuts et de l’élection des conseillers communautaires.
Le maire de Romainville a annoncé, en préambule de séance, son choix de retirer le dossier de son ordre du jour, en accord avec sa majorité municipale (PS, Verts, PRG, Forum, MGC).
Elle a expliqué être en désaccord avec les 8 autres maires sur l’inflation des représentants élus au sein de la future agglomération et l’importance des indemnités allouées aux vices présidents. Elle a précisé que cette situation était la conséquence des exigences du maire de Montreuil. Elle a ajouté également être en désaccord avec le choix du nombre de compétences optionnelles. Elle a conclu en affirmant qu’aucun projet de territoire n’avait émergé des 8 mois de rencontres entre les 9 maires. Cependant, elle a ajouté qu’elle continuerait à participer aux réunions des maires…
Depuis le début, les élus citoyens et communistes de Romainville ont soutenu la pertinence du périmètre de regroupement qui mettait les élus et la population au défi de construire collectivement un projet solidaire de territoire partagé.
Depuis le début, ils insistent sur la nécessité d’associer en amont les habitants à l’élaboration dudit projet et s’insurgent du choix du maire de ne pas respecter la représentation des oppositions en fonction des résultats obtenus lors des élections municipales, comme c’est le cas dans les 8 autres villes de la future agglomération.
Cette décision, et nous le déplorons, affaiblit considérablement la position et le statut de Romainville dans la future intercommunalité, autant qu’elle constitue une marque de défiance à l’égard des autres partenaires. C’est pourquoi nous nous interrogeons sur les réelles motivations du maire.
Au moment où le gouvernement porte atteinte à l’existence de la souveraineté des communes et des départements par le projet de réforme des collectivités territoriales et sa vision du « Grand Paris », cette intercommunalité doit être un lieu d’actions et de résistances aux politiques de droite.
Quoi qu’il en soit, nous restons pleinement investis et disponibles dans ce travail de création intercommunale qui nécessite de sortir d’une culture du « chacun pour soi » et une confiance réciproque. Nous sommes de sensibilités différentes et nous avons besoin de tisser du commun, de prendre en compte l’intérêt général de ce nouveau territoire et de ses populations.

Romainville, le 25 novembre 2009

Sofia DAUVERGNE
Laurent PAGNIER
Chantal GUYARD
Stéphane WEISSELBERG

mercredi 25 novembre 2009

Sauvons Mumia Abu-Jamal !

Pétition pour sauver Mumia !
Les menaces d’éxécution, d’ici début décembre, du journaliste Mumia Abu Jamal se précisent aux Etats-Unis. Journaliste noir américain, Mumia Abu-Jamal a été condamné à mort en 1982 à l’issue d’un procès truqué.
Accusé du meurtre d’un policier, il a toujours crié son innocence. Il est aujourd’hui l’une des figures emblématiques du combat pour l’abolition universelle de la peine capitale.
D’un continent à l’autre, sa situation suscite une mobilisation continue depuis une quinzaine d’années, notamment en France sous l’impulsion du PCF et de la JC.
Aujourd’hui, Mumia est en danger : une pétition adressée au Président américain est en ligne, à laquelle les communistes s’associent
24 novembre 2009
Vous pouvez signer la pétition en allant sur le site de la fédération de la Seine Saint Denis:

mardi 24 novembre 2009

Grand Paris: l'Etat se donne les moyens de décider seul

Les débats sur le projet de loi très controversé, du « Grand Paris » débutent aujourd’hui, à l’assemblée nationale. En juin 2007 Nicolas SARKOZY se fixait l’objectif de faire de la métropole parisienne unes des premières places économiques et financières du monde. Déjà la lutte contre les inégalités sociales et territoriales dont souffre ce territoire, y tenait peu de place. Après deux ans de travail de son secrétaire d’Etat, Christian BLANC, sans réelle concertation avec les collectivités territoriales concernées, ce que lui reprochent les élus, le gouvernement présente un premier projet de loi, qui sera suivi d’autres, pour parvenir aux objectifs de Nicolas SARKOZY.

Premier élément de ce puzzle, la construction d’un nouveau réseau de transports automatiques en Île de France long de 130 kilomètres, dont la vocation essentielle est de relier entre eux les pôles d’excellence, les aéroports, le centre d’affaires de la Défense et les centres économiques et de recherche en périphérie de Paris ; Les élus locaux, et pas seulement de l’opposition, ont fustigé ce projet de métro qui oublie le maillage des territoires et les besoins des populations pour les déplacements habitat travail.

Deuxième élément du projet, la création de la « société du Grand Paris ». Dans l’article 7 du projet de loi, cette société, qui sera sous le contrôle de l’Etat, « peut acquérir, au besoin par voie d’expropriation ou de préemption, les biens de toutes natures…nécessaires à la création du réseau de transport » ainsi qu’à « l’aménagement » autour des futures gares ; D’où l’inquiétude de nombreux élus qui refusent de voir mis en question leurs prérogatives pour répondre aux besoins de leurs populations.

UN PROJET QUI NE RESOUDRA PAS LES INEGALITES
Pierre GOSNAT, Député du Val de MARNE dénonce la logique même du projet.
ENTRETIEN:
L'assemblée nationale examine le projet de loi sur le Grand Paris. Quel est votre regard?

Pierre GOSNAT: Nous sommes loin des ambitions portées par Nicolas SARKOZY lors de la présentation des travaux, sur l'avenir de la métropole, travaillés par les dix équipes d'architectes qu'il avait nommés. Le projet de Christian BLANC, c'est essentiellement un nouveau réseau de transports en commun. Alors que le schéma de développement de l'Île de France, élaboré avec les collectivités territoriales par le conseil régional, pouvait être un point d'appui, Christian BLANC dépose un projet qui, à priori, se résume à un métro.

Cependant, ce métro reliera presque exclusivement neufs pôles d'excellence...Cela ne dessine-t-il pas le projet de Nicolas SARKOZY?

Pierre GOSNAT: C'est pourquoi je disais "à priori". J'ai toujours considéré que la notion de pôles d'excellence était dangereuse. Les "clusters" bénéficient de toutes les aides publiques, A côté c'est, trop souvent, des territoires laissés pour compte; Le projet de Christian BLANC, avec son métro, répond aux besoins de développement des pôles, pas aux besoins des populations.

Pour réaliser ce métro, le projet crée la société du Grand Paris...

Pierre GOSNAT: Cette société vise à financer le réseau de transports. Elle aura des droits de préemption autour des futures gares. Ainsi, l'Etat reprend en main les politiques d'aménagement que les lois de décentralisation avaient confiées aux communes. Car même si les collectivités seront membres du conseil de surveillance, l'Etat restera majoritaire et... le gouvernement gardera, quoi qu'il en soit, un droit de véto sur les décisions.

En commission vous avez proposé purement et simplement de supprimer ce projet de loi, pourquoi?

Pierre GOSNAT: Nous allons à l'assemblée nationale déposer des amendements exprimant un certain nombre de besoins, comme, par exemple, sur les transports pour exiger que les moyens soient mis sur un réseau maillé, sur le logement pour qu'il y ait, en coeur de métropole, 30% de logements sociaux, sur le développement économique équilibré sur tout le territoire, sur une véritable péréquation financière entre collectivités; Mais, sur le fond, c'est la logique même de ce projet qui est en cause. Il ne résoudra pas les inégalités sociales et territoriales dont souffre la région capitale.

dimanche 22 novembre 2009

Quand la France bafoue les droits de l'enfant

Pour Dominique Versini, défenseure des enfants, les lois répressives votées en France menacent les principes de la Convention qui entend favoriser l’éducatif et le préventif.
La défenseure des enfants remet aujourd’hui son rapport annuel au président de la République. Alors que son poste est menacé par un projet de loi, Dominique Versini ne sera pas reçue par Nicolas Sarkozy, pour la deuxième année consécutive. Visiblement, le discours de l’ancienne secrétaire d’État de Jacques Chirac dérange… Vingt ans après l’adoption 
de la Convention internationale, quel constat dressez-vous de la situation 
des droits de l’enfant en France?
DOMINIQUE VERSINI: Il y a eu beaucoup de progrès. La France est un pays qui, globalement, respecte les droits de l’enfant. Comme avancées, nous pouvons citer la loi sur la protection de l’enfance de 2007 et la loi sur le handicap de 2005. Mais il y a des bémols. L’État se désengage en décentralisant la protection de l’enfance aux conseils généraux. La secrétaire d’État à la Famille a refusé de signer les décrets d’application du fonds national pour la protection de l’enfance. Même constat pour la loi sur le handicap de 2005. Il ne suffit pas de voter une loi, il faut des politiques publiques derrière. Aujourd’hui, on nous dit que 80% des enfants handicapés sont scolarisés. C’est vrai, mais certains seulement quelques heures par jour.
Quels sont les reculs majeurs de 
ces dernières années dans le domaine 
de la protection de l’enfance  ?
DOMINIQUE VERSINI: Il y a deux grands sujets régaliens  : justice et immigration. Concernant la justice des mineurs, la France était en avance sur la Commission internationale des droits de l'enfant avec son ordonnance de 1945, qui privilégiait la prévention et l’éducation. Depuis quelques années, il y a un retour sur ces principes. Le 5 mars 2007, la France a voté le même jour la loi sur la protection de l’enfance et la loi sur la prévention de la délinquance qui pose tous les principes inverses  : davantage de répression et la suppression de l’excuse de minorité dans certains cas. C’est très grave et en contradiction absolue avec la Commission internationale des droits de l'enfant. Deux conceptions de la société s’opposent. La Norvège, qui a beaucoup investi dans l’éducatif et le préventif, compte cinq mineurs en prison. Nous en avons 900. Avec le renforcement des lois répressives actuelles, la France fait exactement les choix inverses.
Dans le domaine de l’immigration, vous soulevez le problème des mineurs étrangers…
DOMINIQUE VERSINI: Je répète que ce n’est pas l’intérêt supérieur de l’enfant d’être dans un centre de rétention. Je propose que soit assouplie la procédure d’assignation à résidence, le temps que les parents justifient de leur situation. On sait que les familles avec enfants ne sont pas expulsées. Pourquoi les enfants séjourneraient-ils dans ces lieux privatifs de liberté avec tous les traumatismes que cela entraîne  ? Votre poste de défenseure des enfants est menacé par un projet de loi.
Où en êtes vous?

DOMINIQUE VERSINI: Le texte est au Sénat, on attend le débat parlementaire. 42 000 personnes ont signé la pétition. Mais serons-nous soutenus suffisamment ? Le vingtième anniversaire de la Commission internationale des droits de l'enfant est obscurci par cette interrogation.

samedi 21 novembre 2009

Les finances locales: un sujet qui a besoin de clarté et de transparence

Les finances locales sont aujourd’hui sous les projecteurs de l’actualité. Qu’elles permettent un large débat impliquant nos concitoyens et les communistes ne pourront que s’en féliciter. Ce sera la meilleure des réponses à apporter à toutes celles et tous ceux qui spéculent sur leur ignorance et le peu d’intérêt qu’ils accorderaient à des questions considérées comme « techniques ». Contrairement à ce que nous pouvons lire dans le journal de Romainville, la « réforme de la taxe professionnelle n’est pas bâclée » et malheureusement nous pouvons « avec certitude en décrire le contenu ». Que dit à ce sujet la résolution adoptée à l’unanimité par le congrès des Maires de France, nous la citons : « Cette réforme réduit le lien entre les entreprises et leur territoire d’application, elle affaiblit l’autonomie fiscale des communes et des communautés, elle engendre des disparités importantes de ressources et risque de se traduire par un transfert de la charge fiscale locale des entreprises vers les ménages ».
La réforme de cet impôt se soldera par un cadeau de 11,7 milliards d’euros aux entreprises en 2010. Le président de la République vient d’annoncer qu’il va compenser cette perte par une dotation d’Etat. Comme toutes les autres compensations, elles sont appelées à décliner lentement mais sûrement. De plus ces dotations proviennent du budget de l’Etat, donc des recettes de l’impôt principalement payé par les ménages. C’est donc un nouveau transfert au profit des entreprises et du capital. Non seulement il ne faut pas supprimer la taxe professionnelle, mais il faut la faire évoluer pour la rendre intelligente : l’entreprise qui investit dans la recherche, dans la formation, dans une autre forme de production pour répondre aux besoins aurait le droit au bonus, mais une entreprise qui fait de la financiarisation, elle, se verrait appliquer un malus. Que les entreprises financent l’investissement public local serait plus utile que d’engouffrer leur argent sur les marchés financiers.

Dans l’éditorial du journal de Romainville, on peut encore lire « que les efforts de la municipalité ne peuvent enrayer les augmentations décidées à l’Assemblée nationale ». Ainsi on fait mine de découvrir en novembre ce que l’on sait depuis février. La valeur locative est en effet actualisée et revalorisée par un coefficient voté annuellement par le parlement. Pour 2009 les valeurs locatives ont ainsi été majorées de 2,5%. Lorsque le budget a été voté, les élus de la majorité municipale connaissaient donc cette décision. Comme tout le monde, Ils savaient que la baisse des taux annoncée serait fatalement annulée par cette majoration. On savait, mais nous avons cependant été l’objet d’une campagne démesurée sur le « pouvoir d’achat qu’on allait rendre aux citoyens contribuables.»

Nos concitoyens ont besoin qu’on leur tienne un langage de vérité et de responsabilité. A la lecture de leur avis d’imposition ils ont en effet pu constater que l’augmentation de leurs impôts provenait de la part départementale. Madame le Maire, par ailleurs vice-présidente du conseil général est pourtant bien placée pour le savoir puisqu’elle a voté un budget départemental avec une augmentation des taux d’imposition de 7%. Comme l’ont exprimé récemment les élus du groupe communiste et citoyen, qui se sont opposés à cette augmentation : « Ne serait-il pas plus efficace de la part de la présidence de privilégier le rassemblement et les luttes plutôt que la communication. Ils en appellent à « une riposte politique associant les salariés et les usagers du service public ainsi que les populations. » « Ce sont des sujets suffisamment graves, poursuivent-ils, pour que la population soit informée de manière plus participative et associée aux ripostes indispensables. Les mauvais coups portés au budget du conseil général exigent une gestion plus transparente, plus démocratique et plus combative. »

vendredi 20 novembre 2009

Congrès des maires de France


jeudi 19 novembre 2009

Hommage à Jean René Boursier: un communiqué du SNU-IPP

Jean René Boursier était notre camarade à Romainville.
Pendant des années et des années, il a représenté le SNUipp, s'est battu pour ses élèves de la cité Marcel Cachin, s'est battu pour les élèves de la Seine Saint Denis, pour nos conditions de travail à toutes et tous.

Toujours présent dans les manifs, dans les réunions, participant activement à l'élaboration de nos positions et stratégies au Conseil Syndical, sa disparition pendant le mois d'août nous a beaucoup touchés.

Les camarades de Romainville ont organisé un hommage :

LUNDI 23 NOVEMBRE 2009 à partir de 18H
Ecole élémentaire MARCEL CACHIN
Cité Marcel Cachin
93230 - ROMAINVILLE

Ils ont choisi cette date - veille de l'action nationale Education Nationale du 24 novembre - comme une symbolique du combat syndical qu'il a mené durant toute son activité professionnelle.

La section départementale du SNU-IPP sera présente. Toutefois, toutes celles et ceux qui l'ont connu sont invités à participer par leur présence à ce moment de pensée collective pour celui qui fut des notres. Merci !

Pour le bureau départemental,
François Cochain

Agissons pour le gel des loyers en 2010 !

C’était au début de l’année 2009, nos responsables municipaux ne trouvaient plus quels qualificatifs employer pour vanter une baisse des impôts. Il s’agissait de rendre « du pouvoir d’achat aux citoyens contribuables ».Mais à la lecture des « feuilles » qui arrivent avec l’automne, les Romainvillois font ce constat : «Beaucoup de bruit pour pas grand-chose ». Ce mois-ci, sous la plume de madame le Maire nous retrouvons les mêmes antiennes : « Nous entendons poursuivre notre engagement à préserver, dans les limites de nos prérogatives, votre pouvoir d’achat, vos conditions de vie et votre environnement » Un terme retient notre attention « nos prérogatives.» Or le conseil d’administration de l’OPH vient de décider une augmentation des loyers de 1,8% à partir du 1er janvier 2010. Cette année, pour une famille s’acquittant d’un loyer de 300€, l’augmentation a été de 72€. Le coût supplémentaire pour l’année à venir serait de 66€. Pour justifier les augmentations qui se sont succédées ces dernières années, la raison opposée aux locataires était celle de l’inflation. En 2010, le gouvernement avance l’argument de la déflation pour geler les prestations sociales. Alors pourquoi pas les loyers ? Unanimement, toutes les associations de locataires réclament ce gel dans le secteur social et privé. Revenir sur la décision prise par le conseil d’administration de l’OPH honorerait les élus de la majorité municipale. Ce serait un geste fort en faveur du pouvoir d’achat. Ce serait également un encouragement pour tous les locataires de la ville, du social comme du privé qui agissent pour dire : PAS DE HAUSSES DE LOYERS EN 2010

L’UMP TOMBE LE MASQUE: Ils projettent l’éclatement de la RATP!

Communiqué de la section RATP du PCF
Vendredi 13 novembre, à l’initiative de deux députés UMP, Yves Albarello et Gilles Carrez (ce dernier également administrateur de la RATP), la Commission du développement durable de l’Assemblée Nationale a adopté un amendement au projet de loi « Grand Paris » scindant la RATP en deux entités « juridiquement séparées » : l’une chargée de la gestion des infrastructures du métro, l’autre de l’exploitation des réseaux de transport.
Autrement dit, il s’agit d’appliquer à la RATP le modèle imposé il y a douze ans à la SNCF avec la création de RFF.

Et tout cela pourquoi ? Pour que « la création d’un gestionnaire d’infrastructure du réseau métro affecté au transport public urbain de voyageurs en Ile-de-France ne devienne pas un obstacle à la concurrence de l’exploitation dudit réseau », précise l’exposé des motifs de l’amendement.
Cette réforme n’a donc rien à voir avec la recherche d’une meilleure qualité du système de transport.
Elle n’est justifiée que par la volonté de permettre à des groupes privés comme Véolia de venir concurrencer plus facilement la RATP sur son territoire, notamment dans la perspective de l’extension du métro induite par le Grand Paris.
Pourtant, la séparation SNCF-RFF fait chaque jour la preuve de sa nocivité : elle a débouché sur une ribambelle de dysfonctionnements, tout en engendrant des procédures bureaucratiques. L’efficacité, c’est l’entreprise intégrée, pas la multiplication des sociétés et des contrats.
Ajoutons que le règlement européen OSP – que les communistes continuent de dénoncer et de combattre – n’impose nullement une telle séparation physique, mais seulement la tenue de comptes distincts entre les activités mentionnées.
Avec cet amendement, l’UMP tombe le masque. C’est l’unité de la RATP, soit disant « garantie » par le gouvernement, qui se trouve brutalement remise en cause.
Sans doute la Droite se sent-elle encouragée dans sa frénésie libérale par le fait que le PS ait utilisé les mêmes arguments pro-concurrence dans sa critique des modalités de mise en oeuvre du règlement européen en Ile-de-France.
Cependant, les dés ne sont pas jetés. La procédure parlementaire n’est pas achevée et le projet de loi définitif sur le Grand Paris dans lequel s’inscrit cet amendement ne sera adopté définitivement qu’au printemps, après les élections régionales.
Les communistes de la RATP appellent les défenseurs du Service Public et de l’entreprise publique à mettre cette période à profit pour faire entendre leur refus de l’éclatement projeté.
En particulier, le vote pour la liste du Front de Gauche qui est en cours de constitution en Ile-de-France sera en mars prochain le moyen de peser positivement dans le rapport des forces, avec l’ambition de doter la région et le STIF d’élus et d’une majorité qui fassent barrage aux logiques libérales et agissent dans le sens du Service Public.

samedi 14 novembre 2009

L'anniversaire de la mort de Yasser Arafat doit rappeler à la communauté internationale sa responsabilité pour construire une paix juste et durable

Alors que les tensions et les dangers s’accumulent au Proche Orient, le 5e anniversaire de la disparition de Yasser Arafat doit être l’occasion de rappeler le légitime combat du premier Président de l’Autorité palestinienne pour la paix et pour les droits du peuple palestinien.
La France, les Européens, les États-Unis, plus généralement ce que l’on appelle la Communauté internationale, se sont engagés à l’édification d’un État palestinien indépendant dans le cadre d’un règlement négocié, pour l’application du droit international et des résolutions de l’ONU. Qu’en est-il aujourd’hui ? Où sont les initiatives politiques et diplomatiques dont tous les peuples de la région ont un urgent besoin, en premier lieux les Palestiniens, mais aussi les citoyens d’Israël ? Où sont les décisions et les actions pour en finir avec la colonisation, l’occupation et le blocus de Gaza ? Les simples discours pour imposer les conditions d’une solution juste et durable ne font plus illusion. L’anniversaire de la mort de Yasser Arafat doit rappeler à la Communauté internationale sa responsabilité dans la construction d’une paix juste au Proche orient.
Dans ce contexte marqué par l’inquiétude, le PCF demande instamment aux autorités françaises d’engager avec détermination les initiatives nécessaires pour une voie à la paix et à la justice.
Parti communiste français
Paris, le 13 novembre 2009.

Ces murs dont on ne parle pas...assez

La fin des murs ?
Celui de Berlin est démantelé. C’est l’échec définitif d’une expérience d’alternative au capitalisme qui aura tourné le dos à l’espoir soulevé au début du XXème siècle. Mais l’Europe qui a intégré les pays de l’Est en leur imposant une cure ultralibérale dévastatrice, transforme ses frontières extérieures en une enceinte de forteresse érigée de scandaleux centres de rétention. Et que dire du mur à la frontière du Mexique, du mur de la honte construit par Israël ou de ceux des enclaves espagnoles de Ceuta et Melila ? Chaque jour, dans le monde, la dignité de millions de migrants est bafouée, ils sont traqués, enfermés dans des camps. L’asile leur est refusé.
17 murs de la honte dans le monde
On recense aujourd’hui 7 500km de murs et si les projets annoncés sont menés à terme ils atteindront les 17000 km. Dits « Anti-immigration », ces murs d’acier, parfois électrifiés sont de véritables barrières sociales, culturelles, économiques et politiques. Ces murs cloisonnent le monde à l’échelle des territoires comme des quartiers. On les trouvent entre le Pakistan et l’Afghanistan, l’Inde et le Cachemire, la Chine et la Corée du nord, les États Unis et le Mexique, Israël et la Palestine, l’Afrique du sud et le Zimbabwe, l’Arabie Saoudite et le Yémen, Chypre... Ils attisent la haine, la peur d’autrui, la crainte et le repli.
Le mur entre les États-Unis et le Mexique
Ce mur doit atteindre les 1 200 km. Il s’inscrit dans une politique anti-immigration mise en place par l’administration Bush. Les inégalités sociales et la pauvreté poussent des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants à franchir chaque jour la frontière du pays de l’oncle Sam. Les migrants sont surveillés et traqués, quelquefois assassinés par des milices frontalières pas toujours officielles. Ce rempart est vécu comme une honte pour les mexicains, une atteinte à leur dignité et ne fait qu’augmenter leur haine envers les États Unis.
Le mur entre Israël et la Cisjordanie
Cette clôture, 3 fois plus haute et 2 fois plus large que le Mur de Berlin est une humiliation de plus pour le peuple palestinien. Les communistes dénoncent le maintien et la poursuite de la construction de ce mur qui a été jugé illégal par la Cour internationale de Justice (CIJ) dans un avis rendu le 9 juillet 2004. Nous désirons un véritable processus de paix pour en finir avec l’occupation, la colonisation et le mur d’annexion. Le peuple palestinien a droit à un État souverain dans les frontières de 1967, avec Jerusalem-Est pour capitale, avec la libération des prisonniers, avec le droit au retour pour les réfugiés, en application des résolutions de l’ONU.
Le mur de l’argent
Invisible et pourtant très marqué, le mur de l’argent ne cesse d’augmenter les inégalités. Il se dresse dans le monde telle une barrière infranchissable, insurmontable. Il traverse tous les continents et notre pays. Sommes nous certains que ce mur est inébranlable ? Le mur de l’argent n’est pas une fatalité ! Travaillons à contrer les inégalités induites par le système capitaliste et nous abattrons ce mur.

vendredi 13 novembre 2009

Le Front de Gauche s'adresse aux autres formations de gauche


"Suite à la réunion du 10 novembre, nous vous confirmons notre proposition d’une réunion de l’ensemble des organisations qui souhaitent partir de la proposition stratégique du texte proposé par le Front de Gauche le 28 octobre.
Nous répétons que la proposition d’amendement du NPA sur les exécutifs dont Olivier Besancenot a fait une lecture claire mercredi soir (« nous n’irons pas dans une majorité de gestion avec le PS et les Verts ») n’est pas conciliable avec l’offre que nous vous avons faite. Nous regrettons cette position et considérons que le rassemblement peut toujours s’élargir dès lors que le triple objectif que nous fixons de façon indissociable dans la déclaration du 28 octobre sera vraiment affirmé et partagé par toutes les composantes du rassemblement : changer les rapports de force à gauche en faveur de la ligne de transformation sociale, battre la droite et rassembler une majorité autour d’un projet vraiment alternatif à la logique du système. Ce qui signifie d’aller jusqu’aux accords de gestion avec les autres forces de gauche dès lors que les conditions politiques que nous avons décrites dans notre déclaration le permettront.
Nous vous proposons une réunion mercredi 18 novembre au siège PCF, Place du Colonel Fabien. Cette réunion permettrait de discuter concrètement de ce que pourraient être le cadre et les modalités de notre travail : forme du rassemblement respectant chacune et chacun, réflexion sur les axes forts de notre projet commun, intitulés, etc…
Nous avons enregistré bien sûr, que nombre d’organisations ont besoin de consulter leurs adhérents sur la situation nouvelle aujourd’hui. En même temps, les actes de campagne se multiplient au plan national et de toutes parts. Nous pensons donc qu’il faut travailler sans tarder et permettre à celles et ceux qui le veulent de venir à tout moment dans ce rassemblement dès lors qu’ils partagent les grandes lignes de la stratégie affirmée. Sur ces bases nous sommes et nous resterons ouverts à tous en respectant les rythmes et les modalités de décision de chacune des forces du groupe de travail."



Front de Gauche (Gauche unitaire, Parti de Gauche, Parti communiste français)
Paris, le 12 novembre 2009.

Un front de gauche rassemblé face aux dérives du présidentialisme, par Georges SEGUY

Pourquoi le premier tour des régionales peut-il cristalliser l’espérance républicaine ?
De longue date, persuadé qu’il est vain d’espérer le changement auquel aspire la majorité de notre peuple, sans l’émergence d’une initiative novatrice inédite, capable de promouvoir un large rassemblement populaire et un nouveau rapport de forces, je rallie l’idée de la constitution de listes du Front de gauche, dès le premier tour des élections régionales. Dans la situation actuelle, lourde de nouveaux dangers de régression sociale et démocratique en tout genre, mais forte de la résistance, de la colère et de la profonde volonté de changement du monde du travail, cette offre du Parti communiste revêt une signification nouvelle qui dépasse les classiques accords électoraux au lendemain desquels les dissidences partisanes et les clivages politiques refont stérilement surface. Une offre de nature à prolonger le vaste mouvement social du printemps dernier et à stimuler une dynamique politique sans précédent sous la Ve République, ouvrant la perspective, enfin crédible, d’une alternative économique, sociale et culturelle, mobilisatrice des nouvelles générations, plus sensibles à l’innovation qu’à la tradition.
L’étape du premier tour des régionales prend donc la double importance d’une victoire de la gauche et de l’éclosion d’une nouvelle espérance républicaine, d’où l’intérêt de l’élaboration de programmes régionaux proches des préoccupations citoyennes, mais aussi de projets de transformation profonds en rupture avec la voracité du capitalisme. À cet égard, bien que le syndicalisme ne soit pas impliqué dans les élections politiques, son indépendance ne saurait le laisser indifférent quant à la signification de leurs résultats, et je pense que les cinq propositions économiques, sociales et fiscales contenues dans la déclaration commune des huit organisations syndicales du 5 janvier 2009, approuvées par tous les partis politiques de gauche, restent d’une brûlante actualité. Je suis sûr que les huit signataires de ce texte apprécieraient que l’approbation unanime de ces partis se prolonge en soutien concret dans leur programme et leurs actions. D’ailleurs, la votation citoyenne pour la poste publique à laquelle ont participé plus de soixante organisations est instructive des dynamiques possibles à créer.
Les débats engagés à l’approche du scrutin des 14 et 21 mars 2010 devraient permettre d’éclairer certaines des différences, voire des divergences subsistant entre les tendances de la gauche et nuisant à leur cohésion, à propos notamment de l’édification de l’Europe sociale, des réformes structurelles et fiscales dont dépendent l’emploi, le pouvoir d’achat, la Sécurité sociale, les retraites et les services publics. Ces débats devraient également s’étendre aux traits les plus antidémocratiques de la Ve République, sous la domination de N. Sarkozy, et spécialement la question de savoir si le moment n’est pas de remettre en cause l’élection du président de la République au suffrage universel. Quand, en 1962, Charles de Gaulle proposa aux Français d’adopter ce système par référendum, la majorité pensait que ce mode d’élection garantirait l’équilibre du pouvoir, dans des circonstances fortement perturbées par l’écroulement de l’empire colonial français et la faillite de la IVe République. De plus, le prestige personnel du Général écartait toute crainte d’atteinte à la démocratie, que dénonçaient les adversaires de cette institution du pouvoir présidentiel.
Un siècle après, la situation dans laquelle se débat la Ve République démontre, de toute évidence, que les adversaires de ce présidentialisme étaient loin d’avoir tort. On pourrait, certes, épiloguer sur l’envergure d’homme d’État du président des années 1960, comparée à celle de Nicolas Sarkozy, mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel réside dans les évolutions économiques, sociales et politiques, nationales et internationales de ces cinquante dernières années durant lesquelles les fameuses trente glorieuses ont lamentablement dérivé vers une crise mondiale du capitalisme sous la protection, en France, d’un pouvoir outrancièrement personnalisé qui, par réformes constitutionnelles, ordonnances, décrets ou charcutage électoral, est en train de se transformer en monarchie sous la haute autorité d’un autocrate. Quand on sait que, pour la partie la moins politisée de l’électorat, certes infime mais réelle, le look et le bagout des candidats à l’Élysée séduisent plus que leurs idées ou leurs programmes, on comprend qu’un petit pourcentage de ces électeurs puisse au second tour plébisciter, dans l’exercice des pleins pouvoirs, l’un des deux outsiders. Drôle de démocratie  ! Sans aller jusqu’à boycotter ce scrutin tant qu’il existe, il faut bien admettre, aujourd’hui, que l’élection du président de la République au suffrage universel est incompatible avec la participation citoyenne à la vie publique et caricature la République. Voilà pourquoi il me paraît incohérent et illusoire de vitupérer les abus de pouvoir de N. Sarkozy tout en laissant entendre que désormais l’élection présidentielle est le seul moyen de lui succéder. Cette singulière stratégie strictement consacrée au meilleur candidat vedette anti-Sarkozy concourt à valoriser la nocivité du présidentialisme et tourne le dos au rassemblement unitaire, seule force capable de sortir le pays du marasme.
Alors, avec ou sans appartenance politique, syndicale, associative, écologique, militants de toutes sensibilités du Front de gauche, unissez vous !

jeudi 12 novembre 2009

Le PCF demande une condamnation immédiate des propos d'Eric Raoult par le ministre de la culture

Eric Raoult a écrit à Frédéric Mitterrand sur le « nécessaire devoir de réserve » dont doivent faire preuve les Lauréats du Prix Goncourt, en l’occurrence Marie N’Diaye, actuellement montrée du doigt pour avoir exprimé sa critique à l’égard du Gouvernement et du Président en août dernier.
Ces propos sont inadmissibles. Le gouvernement, parce qu’il se lasse déjà de taper sur les libertés des citoyens et des salariés, cherche maintenant à museler les artistes et à censurer leur liberté d’expression. Il s’agit là d’une grave atteinte à la liberté de parole des créateurs.
Le PCF demande que Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture, condamne immédiatement et publiquement les propos odieux du Député Raoult et réaffirme le principe de la liberté pleine et entière des créateurs. La liberté d’expression est la base, le fondement de notre démocratie et le fait qu’un élu de la République se permettre de la remettre en cause doit être condamné fermement. Le devoir de réserve devrait parfois s’appliquer à certains politiques, députés, tentés de remettre en cause la liberté d’expression et la liberté de création !
Parti communiste français
Paris, le 12 novembre 2009

mardi 10 novembre 2009

Promouvoir les droits de la jeunesse ou se réjouir de la chance d'un heureux élu?


Le Conseil Général de la Seine-Saint-Denis et la chaîne TF1 ont signé en juin 2009 une convention Médias et diversité.
"Grâce" à celle-ci, six jeunes du département vont vivre au rythme de TF1 Academy afin de tenter de réaliser leur rêves : « Obtenir le carnet d’adresses d’un cadre de l’entreprise ». Tout au long de "l’aventure" , les "apprentis" (le terme est moins choquant que "candidats") devront se surpasser afin de tenter de décrocher une proposition d’embauche.
Un concept élaboré sous le label de "l’entrepreneuriat" et de "l’égalité des chances" (chance que n’aurons pas eu les 209 candidats non retenus) !!!
Décidément, quand la gauche n’a que la communication et les modèles des leaders du CAC 40 en guise de projet, elle foule du pied les aspirations de la jeunesse à de vrais droits, en matière d’emploi, de formation... et de respect !
9 novembre 2009
C’est révoltant ! La recherche d’un emploi n’est ni un jeu, ni une loterie. Un emploi, c’est un droit.
Oui, la Seine Saint Denis a des talents. Oui, elle est riche de diversités et d’ambitions. Oui, ce département, le plus jeune de France, est porteur d’avenir !
Mais la coupe est pleine, la démagogie dépasse les limites du supportables :
-Quand plus de 13 000 jeunes sont inscrits au Pôle Emploi de la Seine Saint Denis,
-Quand en un an le chômage des jeunes diplômés augmente de 35% pour les titulaires du bac plus 2 et de 54% pour ceux qui ont le bac + 3 ou 4,
-Quand 29,1% de la population de ce département à moins de 20 ans, il y a besoin d’un plan d’ensemble de qualification et d’emploi de toute sa jeunesse.
Après les insultes de Sarkozy, qui voulait passer le département au « karcher » pour le liquider de sa « racaille », nous n’avons pas besoin d’une « loterie » mettant en concurrence une poignée de jeunes, mais d’une politique qui se tourne résolument vers toute la jeunesse. Dignité et respect sont les objectifs portés par cette jeunesse qui ne se résigne pas, qui lutte et se bat pour un avenir autre que celui des ornières de la télé réalité.
La Fédération de la Seine-Saint-Denis du Parti Communiste Français renouvelle, à l’occasion de ce triste spectacle, son exigence d’une table ronde départementale afin de traiter des questions soulevées par la jeunesse de ce département et d’y apporter des solutions globales et démocratiques.
E-mail du 1er destinataire E-mail du 2e destinataire E-mail du 3e destinataire E-mail du 4e destinataire Votre e-mail Votre nom et prénom Y joindre un message
Veuillez recopier le code, les lettres en majuscule Convention TF1 - Conseil général de Seine-saint-Denis Promouvoir les droits de la jeunesse ou se réjouir de la chance d'un heureux élu ?
Le Conseil Général de la Seine-Saint-Denis et la chaîne TF1 ont signé en juin 2009 une convention Médias et diversité.
"Grâce" à celle-ci, six jeunes du département vont vivre au rythme de TF1 Academy afin de tenter de réaliser leur rêves : « Obtenir le carnet d’adresses d’un cadre de l’entreprise ». Tout au long de "l'aventure" , les "apprentis" (le terme est moins choquant que "candidats") devront se surpasser afin de tenter de décrocher une proposition d’embauche.
Un concept élaboré sous le label de "l'entrepreneuriat" et de "l'égalité des chances" (chance que n'aurons pas eu les 209 candidats non retenus) !!!
Décidément, quand la gauche n'a que la communication et les modèles des leaders du CAC 40 en guise de projet, elle foule du pied les aspirations de la jeunesse à de vrais droits, en matière d'emploi, de formation... et de respect !


lundi 9 novembre 2009

Tract Identité nationale: Les bons français ? Les fantasmes pétainistes de Besson/Sarkozy

Une odieuse machination est à l’œuvre, 
mise en scène par le ministre des basses œuvres. Éric Besson, ce transfuge du PS prêt à tout pour témoigner à son nouveau maître son zèle de néo converti, est chargé de lancer un « débat » sur « l’identité nationale ». En montrant du doigt l’immigration.


Les Français ne penseraient qu’à çà !

L’ « identité nationale » serait-elle devenue le sujet le plus grave, la préoccupation la plus prégnante des Français ? Le chômage qui n’en finit pas d’étendre ses ravages, bagatelle ! La protection sociale plombée par les hausses du forfait hospitalier, les médicaments dé remboursés, balivernes ! L’école mise à mal par les 16 000 suppressions d’enseignants, broutille ! L’insolente richesse des tenants du bouclier fiscal voisinant avec la pauvreté de salariés déclassés et précarisés, le mal de vivre qui conduit au suicide chez France Télécom ou chez PSA, foutaises… Le soir en famille, le samedi entre amis, les Français n’auraient qu’un seul sujet en tête : « l’identité ».

Un rappel des périodes sombres

Quelques jours après que furent renvoyés vers une possible mort trois Afghans qui voulaient échapper à la violence des talibans, après qu’une lycéenne ait été raflée, cartable sur le dos et expédiée à Brazzaville, on nous annonce des causeries et un colloque, rien que cela ! Et peut-être pourrait-on suggérer à M. Besson d’organiser une exposition où l’on expliquerait comment distinguer un individu porteur de l’identité française et celui qu’on doit dénoncer pour le prochain charter ? La France a connu de sombres périodes, au cours desquelles ce qui paraît inimaginable peut devenir abjecte réalité.

Détourner l’attention

En agitant le spectre d’une « identité nationale menacée », le gouvernement espère détourner l’attention des résultats de sa politique, jugée majoritairement négative. Et faisant d’une pierre deux mauvais coups, il drague à nouveau dans la boue du Front national. Marine Le Pen avait lancé une campagne nauséabonde à partir d’un livre de Frédéric Mitterrand. Sarkozy reprend l’offensive sur le thème bien connu des immigrés qui poseraient problème à l’identité de la France. Cette notion « d’identité nationale » va à l’encontre de la nation forgée par la Révolution française, elle est inacceptable pour quiconque est attaché aux valeurs républicaines. À la vision ouverte et progressiste de la nation, héritage de la Révolution, « l’identité nationale » de Nicolas Sarkozy oppose une conception étroite et conservatrice, inégalitaire, avec ses fantasmes d’ancienne puissance coloniale, vision du monde selon laquelle l’étranger, le jeune, l’ouvrier constituent potentiellement une classe dangereuse.

Les démons de la haine

Décidément, rien, aucun scrupule de moralité politique ne retient l’imagination débordante des stratèges de l’Élysée, au risque de réveiller les démons de la haine. Au nom des mêmes ressorts de pensée d’une France agressée de l’intérieur, on a connu l’affaire Dreyfus à la fin du XIXe siècle, et pire encore au XXe. Refuser d’entrer dans ce « débat » miné, faire prévaloir la lutte des classes sur l’impasse de la haine des « races ». Telle doit être la meilleure réplique au piège de M. Besson.

La ficelle est grosse

La droite est partie dans une campagne proprement frénétique sur le thème de « l’identité nationale ».
Dans Le Figaro de vendredi 30 octobre, cette question est l¹objet d¹un traitement en « Une », d¹un long papier de Max Gallo en page 14 (une demi page), d¹un édito page 15 du directeur adjoint de la rédaction et du bloc-notes, encore une demi page, d¹Ivan Rioufol.
Ce dernier donne les clés de cette fièvre nationaliste, relancée il y a un mois, alors même que cette droite prenait la mesure des difficultés rencontrées à déployer sa politique libérale, et qui devrait mobiliser tous les moyens propagandistes de l¹Etat jusqu¹au printemps prochain, avec la tenue d¹un « grand colloque de synthèse ». Rioufol reconnaît que la prose « nationale » fonctionne comme un leurre : voilà enfin « un débat passionnant, au coeur des préoccupations existentielles des gens, bien davantage que le pouvoir d¹achat. » Il désigne l¹ennemi : la gauche et plus particulièrement le PCF montré du doigt avec son « oppressant antiracisme », « son idéologie aveugle du mélangisme, indifférente à l¹âme des peuples européens » . Il appelle à battre en brèche les notions de « diversité », de « métissage », de « non discrimination ». Et il espère que ce tintamarre permettra, en bout de course, de remettre en cause « le droit du sol ».
En même temps, lucide, le bonhomme soupire : attention, toutefois, à ce que cette agitation n¹apparaisse pas comme une « grosse ficelle électorale » à la veille des régionales. On ne saurait mieux dire.

vendredi 6 novembre 2009

Copenhague 2009, l'urgence climatique !


La négociation engagée au sein de l’ONU s’achèvera en décembre à Copenhague et doit déboucher sur des engagements concrets pour une réduction des gaz à effets de serre. Le texte adopté remplacera le protocole de Kyoto aux résultats décevants et non ratifié par les Etats-Unis.
Comment penser la vie des hommes et des femmes sur une planète dont les ressources naturelles sont devenues si rares qu’il faut que les populations se battent pour y accéder ? Pour le PCF, justice sociale et environnementale ont partie liée. Une délégation du PCF participera à la conférence de Copenhague.

LES EFFETS DEVASTATEURS DU RECHAUFFEMENT

Selon le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le réchauffement pourrait atteindre jusqu’à 4° à la fin du siècle. Les principaux pays pollueurs doivent impérativement réduire leurs émissions de 25 à 40% d’ici 2020 pour contenir le réchauffement à moins de 2° en moyenne. Et, donc, ralentir ses effets négatifs : désertification, famine, épidémies, inondations, migrations de populations...
Le Forum Humanitaire Mondial chiffre l’impact du réchauffement à 300 000 décès par an et selon l’Observatoire International pour les Migrations le nombre de « migrants environnementaux » atteindra 200 millions d’ici à 2050.
Les défis de Copenhague
Pour 2050, diviser par 4 les émissions des pays industrialisés et par 2 celles de l’ensemble du monde. Bien que désireux de limiter le réchauffement climatique à 2°, Etats-Unis et Japon proposent des objectifs de réduction des émissions de GES pour 2020 bien insuffisants. L’Union européenne est, elle, un peu plus ambitieuse mais ne s’engagera pas sans l’appui des principaux pays pollueurs.
Cette situation d’urgence amène les pays émergents et en développement à insister sur la responsabilité des pays industrialisés. L’opinion publique et le mouvement social doivent eux aussi prendre en compte ces enjeux environnementaux pour exiger de la part de chaque État des engagements en matière de réduction des gaz à effets de serre.
Le PCF exige à ce sujet de la France et de l’Union européenne des propositions précises et chiffrées.
Que proposent les communistes ?
Il faut remettre en cause le capitalisme qui impose des fonctionnements économiques néfastes pour l’environnement. Les communistes souhaitent que les ressources naturelles soient considérées comme biens communs de l’humanité et non comme marchandises et sources de profits.
L’urgence est au développement de toutes les énergies non productrices de gaz à effets de serre. Pour autant, le droit à l’énergie doit être garanti à tous. Le PCF se prononce pour un vaste plan de développement des énergies renouvelables, développé et organisé dans le secteur public qui assurera une véritable sureté et transparence. Cela s’accompagne de moyens pour l’émergence d’une 4ème génération de centrales nucléaires, plus sures, plus économes et moins productrices de déchets.
Il est impératif de stopper les directives européennes de libéralisation qui visent à soumettre l’énergie aux exigences des marchés financiers. Une mobilisation financière conséquente est indispensable pour développer les transports en commun de service public et les transports propres (rail, fluvial), l’isolation des bâtiments, la voiture de l’après pétrole… Le PCF refuse tout nouvel impôt qui, telle la taxe carbone, viserait de façon injuste, inefficace et inégalitaire les ménages. Il suffirait d’imposer les super-profits des groupes pétroliers comme Total, la spéculation financière et de réduire les dépenses nucléaires militaires.
A l’échelle du monde, un nouveau mode économique et financier est nécessaire pour accompagner les pays les plus pauvres dans une démarche de coopération et de développement. A cette fin, les communistes proposent la création d’une Agence Mondiale de l’Environnement qui rendrait cohérent le développement durable de la planète en matière sociale et environnementale.
Il y a urgence à ce que chacune et chacun s’empare de ces enjeux. Les communistes sont disponibles pour ouvrir des espaces publics de débat, de confrontation, de rassemblement et de luttes, dans le respect des opinions des uns de des autres.

mercredi 4 novembre 2009

Débat sur "l'identité nationale": Benjamin Stora nous livre son point de vue


« Cette initiative est très curieuse : elle ne correspond à aucune demande de définition de l’identité nationale émanant de la société. Cette question, en réalité, ne préoccupe ni le mouvement associatif, ni les partis politiques, ni les syndicats et ce que l’on appelle le mouvement ouvrier. C’est une proposition de débat qui vient d’en haut, de l’Etat. Là se situe le problème. Je me suis toujours méfié des initiatives étatiques relatives à l’écriture de l’histoire de la nation. On se souvient de la mobilisation des historiens contre la loi du 23 février 2005 définissant le système colonial comme « positif ». Ce genre d’initiative trahit une sorte d’obsession de l’Etat, qui veut à tout prix encadrer, régir l’écriture de la nation française. Le « débat » voulu par Eric BESSON va, en outre, se tenir dans des lieux hautement symboliques : les préfectures. Participer à un débat sur la nation française, sur l’histoire de France, en se rendant à des convocations en préfecture, là où sont délivrés ou refusés les papiers aux étrangers, voilà qui est franchement très spécial.
Personnellement, je ne répondrai pas à une telle convocation. En revanche, je suis favorable à l’ouverture d’un débat sur l’histoire de France, jusque dans ses aspects -osons le mot !-négatifs. De Vichy à la guerre d’Algérie, il y a beaucoup à dire sur l’histoire de France. Sur ses lumières, celles de la Révolution française, comme sur ses ombres celles de la collaboration ou de la colonisation. Pour cela les enseignants, qui sont en première ligne, ont besoin de moyens, et non d’injonctions ; Ils n’ont pas besoin d’aller dans les préfectures pour transmettre l’histoire de ce pays et ses valeurs républicaines.

On ne peut pas nier les interrogations sur le devenir de la nation française dans le monde, dans l’espace européen ou dans l’espace méditerranéen. Ce sont là de vraies questions politiques géostratégiques. Il faut redéfinir la question nationale en France au regard de ces nouvelles données. C’est une évidence. Mais faire de l’immigration l’unique facteur de définition ou de redéfinition de l’identité nationale est très problématique, pour ne pas dire plus ; D’autant qu’est mobilisé, ici, un champ lexical dangereux, celui de la « fierté d’être français », un mot d’ordre aux visées xénophobes introduit par l’extrême droite française il y a une trentaine d’années.

Ce débat ne vise malheureusement pas à unifier, à produire de la cohésion nationale. Il risque au contraire de procéder par stigmatisation. Aux antipodes de la recherche de boucs émissaires, il faudrait, au contraire, essayer d’agréger, d’intégrer toutes les mémoires, y compris les mémoires blessées, dans un même récit national. L’enjeu central et difficile est celui de la construction d’un nouveau récit républicain. Je plaide, pour ma part, pour l’ouverture et l’enrichissement de ce récit national, pour une transmission des valeurs de la République. Mais dans le refus de toute stigmatisation »

lundi 2 novembre 2009

Le cynisme ultra-libéral des promoteurs immobiliers, par J.J. Porcheron, responsable national Logement de l’ANECR

Le dernier congrès de la très libérale Union Nationale des Propriétaires Immobiliers (UNPI) a marqué une étape de plus dans le cynisme affiché par les nombreux représentants de chambre de propriétaires et autres fédérations de promoteurs, tous spécialisés dans la construction et la promotion de logements privés.Alors que la crise du logement en France atteint un niveau sans précédant, que notre pays compte plus de trois millions de mal-logés, que la part du logement dans le budget des Français explose, que le Droit Au Logement Opposable (DALO) est loin de tenir ses promesses de procurer un toit à ceux qui en ont le plus besoin, que toute l’année des personnes meurent dans la rue faute de toit, il semble n’être ressorti qu’un seul sentiment de cette rencontre : l’Etat construit trop de logements sociaux, et ceux-ci entrent en concurrence directe avec les logements privés.Selon ces tristes sires, ce serait le marché de l’immobilier qui serait en crise, et non le logement. La preuve selon eux : les logements qu’ils mettent à prix d’or sur le marché peinent à trouver preneurs.Certains osent même se poser la question de savoir « pourquoi met-on huit mois à trouver un locataire pour le privé alors qu’il y a la queue devant les OPHLM ? ».

Un tel mépris affiché, couplé avec une méconnaissance feinte de la réalité du logement en France, sont aussi inacceptables que scandaleux.Car chacun sait qu’un logement privé, c’est un loyer qui peut être jusqu’à trois fois plus élevé que celui d’un logement social, pour une qualité souvent équivalente (sans même parler des nombreux cas de malfaçon ou de livraison en mauvais état de logement privés vendus sur plan par certains promoteurs peu scrupuleux). Cela place de fait ces appartements privés hors de la capacité financière d’une majorité de Français.Mais plutôt que de considérer que ces loyers trop élevés sont la source de leurs problèmes, les propriétaires souhaiteraient que l’on arrête de construire des logements sociaux, de façon à ce que les Français n’aient d’autre choix que d’intégrer ces appartements à loyers exorbitants, quitte à s’endetter sur 40 ou 50 ans, avec une part logement dans leur budget toujours plus importante.Et de tirer à boulet rouge sur l’État, dont la politique de construction de logement est qualifiée de « concurrence déloyale ». Quand on connaît les cadeaux que ce dernier a fait aux propriétaires privés (dispositifs Borloo, Robien ou Scellier, directement responsables de la flambée des loyers), maison à 15 euros, niches fiscales et bouclier fiscal pour les plus aisés d’entre eux, on se demande où va s’arrêter la voracité capitaliste de ces promoteurs. D’autant que la récente loi Molle porte les traces de leur lobbying forcené (réduction du délai d’expulsion, surloyer et délit de sous occupation pour obliger les locataires sociaux à basculer dans le privé).L’Association Nationale des Élus Communistes et Républicains dénonce donc fermement les propos qui se sont tenus lors du dernier Congrès de l’UNPI, qu’elle considère comme une insulte faite à tous les Français qui ont des difficultés à trouver un logement ou à en assumer la charge.Au lieu de dénoncer une « logique stalinienne « de l’État en matière de construction, les auteurs de ces propos indignes feraient mieux d’adapter leur offre aux capacités réelles des Français, plutôt que de ne viser que le profit immédiat en cherchant à éliminer l’offre alternative que constitue le logement social, une offre qui est loin de constituer la majorité du parc immobilier français (il y a seulement 71 logements sociaux en France pour 1 000 habitants).

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