LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

vendredi 20 avril 2018

« Une mauvaise chose » ; l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !


Quand les scandaleuses surenchères extrémistes de Laurent Wauquiez sur l’immigration et le droit du sol ne suffisent pas à faire un programme, la droite n’a d’autres ressources que de voler au secours de l’action du gouvernement, quitte à prendre ses désirs pour des réalités. Hier l’éditorialiste du Figaro voyait dans la journée d’action « le chant du cygne rouge », autrement dit les soubresauts d’agonie d’une CGT isolée qui serait le « dernier vestige marxiste du XXe siècle, c’est – à – dire du monde d’avant ». Voilà une rhétorique propre à séduire les lecteurs du journal de Serge Dassault, mais la réalité est autre. Hier, l’intersyndicale CGT-CFDT-Unsa de la SNCF annonçait qu’elle suspendait ses rencontres avec la ministre des Transports, Élisabeth Borne. La rupture de l’unité d’action syndicale sur cette question n’est pas à l’ordre du jour. Plus largement, le malaise profond qui travaille la France des retraités, des hôpitaux, des Ehpad, de la fonction publique, des universités, n’a rien à voir avec le chant du cygne.

L’opinion est partagée sur l’action d’Emmanuel Macron. Une part non négligeable le crédite d’une réelle volonté de réformes sans en mesurer la portée en termes de régression sociale et il est exact que, en l’absence d’alternative aujourd’hui crédible, un récent sondage avance qu’il recueillerait 36% des voix si une élection présidentielle avait lieu. Dans le même moment pourtant 52% des Français estiment que son élection est une « mauvaise chose ». Les sondages sont ce qu’ils sont mais l’expression pèse lourd. Elle est le terrain des protestations multiples qui s’expriment, en même temps qu’une sourde inquiétude travaille des millions de Français face à une politique de mise en cause des services publics et des solidarités, favorable aux plus riches. Il ne s’agit pas de vestiges marxistes mais des réalités et si tous ceux-là ne sont pas dans les grèves ou les manifestations, ils ont bien le sentiment que cette politique n’est pas bonne pour eux. Ce n’est pas le monde d’avant, c’est celui d’aujourd’hui et des jours à venir.

jeudi 19 avril 2018

« Train de solidarité », l’éditorial de Paule Masson dans l’Humanité de ce jour !


Il y a huit jours, dans un coup de gueule sur le plateau de C à vous devenu viral sur les réseaux sociaux, l’actrice Corinne Masiero demandait à Emmanuel Macron « d’arrêter ses conneries » et « d’écouter un peu plus les gens ». Après tout c’est ce que demandent les cheminots, les fonctionnaires, les retraités, et toutes celles et tous ceux qui manifestent aujourd’hui dans le cadres de la journée interprofessionnelle organisée par la CGT et SUD. Ils ne refusent pas les réformes, ils veulent qu’elles servent le service public, l’intérêt général, la justice sociale et les perspectives d’une meilleure vie. La réponse, cinglante, est venue hier d’une petite phrase lâchée ^par le président de la République : « si je cède sur les 80 km/h, si lje cède aux cheminots qui râlent, puis sur Notre-Dame-des Landes, on ne tient plus rien, on ne fait plus rien. »

La posture donc, contre l’écoute, antienne des adeptes d’un TGV de réformes qui livre le pays aux appétits du privé. En décidant d’initier des mouvements au long cours de grèves intermittentes, les cheminots (et d’autres) font preuve d’une grande lucidité sur le rapport de forces. Pour assurer les arrières de son traitement de choc libéral, le chef de l’État, lui, cherche de plus en plus ses soutiens à droite. Laurent Wauquiez et le groupe LR ont largement contribué à faire adopter en première lecture le projet de loi de réforme ferroviaire qui anéantit le statut protecteur des cheminots.

Alors, oui, la lutte risque d’être longue et la bataille du rail n’est pas encore gagnée. Mais elle n’est pas perdue. « Chacun est l’ombre de tous », disait Paul Éluard. Un train de solidarité se met en route pour aider les grévistes à dresser une digue de résistance face à la vague de destruction des droits collectifs. Des cagnottes fleurissent et disent aux cheminots qu’il faut tenir, pour le bien de toutes et tous. Celle lancée par des dizaines d’artistes et intellectuels a déjà recueilli plus de 800 000 euros.

mercredi 18 avril 2018

Fret SNCF : une mise à mort sur fond de provocation (PCF)

Fret SNCF : une mise à mort sur fond de provocation (PCF)

En marge de la visite d’Elisabeth Borne, Edouard Philippe et Nicolas Hulot sur le port de Bonneuil-sur-Marne, le gouvernement et la direction de la SNCF ont annoncé la filialisation du fret SNCF.
Alors que les cheminot-es sont en lutte depuis le début du mois d’avril pour défendre le service public ferroviaire, marchandises et voyageurs, cette annonce, faîte par voie de presse, est une véritable provocation.
Cette filialisation, justifiée par la nécessité d’une recapitalisation, marque l’étape ultime de la destruction du fret SNCF engagée depuis 2006, date de son ouverture à la concurrence.
À l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique est une urgence absolue, cette décision aura pour conséquence de multiplier les camions sur les routes. C’est un non-sens absolu.
Depuis le début du conflit, le gouvernement tente de justifier sa réforme par l’amélioration que susciterait l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs.
Plus de dix ans après son ouverture à la concurrence, nous avons avec le fret l’illustration parfaite de cette stratégie : la concurrence n’améliore pas le service.
Depuis 2006, fret SNCF a vu son nombre de salariés divisé par 2.5, plus de 400 gares de triages ont fermé, 1.6 million de camions supplémentaires sont jetés chaque année sur les routes et la part modale de transport de marchandises transportées par rail est aujourd’hui inférieure à 10%. Voilà ou mène l’ouverture à la concurrence.
Le PCF demande au gouvernement d’annuler cette décision et d’engager une grande politique publique concernant le transport de marchandises avec pour objectif d’accélérer le report modal de la route vers le rail.
Le fret ferroviaire doit être déclaré d’intérêt national et rester dans 100% public.

Parti communiste français,

Macron à Strasbourg : "Somnambule quand même"

Macron à Strasbourg : "Somnambule quand même" (PCF)

Le Président vient de s’exprimer devant le Parlement européen affirmant son refus d’appartenir à « une génération de somnambules ». Mais tout dans son discours est dangereux pour la paix, la démocratie et la coopération des peuples européens. Il ne suffit pas d’appartenir à une nouvelle génération pour avoir des idées neuves.
La forme était choyée. Les mots de « souveraineté », « démocratie », « protection », utilisés jusqu’à l’overdose. Mais les propositions concrètes consistent à poursuivre l’agenda néolibéral de ses prédécesseurs : orthodoxie budgétaire, poursuite des libéralisations, dumping social, remilitarisation du continent. Et je ne parle pas du simulacre de démocratie dont le verrouillage des conventions citoyennes en France est symptomatique. Tous les ingrédients sont là pour aggraver le rejet de cette Union européenne par les peuples, et pour nous emmener dans de nouvelles tourmentes.
Pour rendre leur souverainetés aux peuples, pour protéger les travailleurs.ses et les secteurs stratégiques, il faut rompre avec la primauté accordée aux intérêts des marchés sur les intérêts populaires. Ces derniers s’expriment avec fracas dans les facs, les hôpitaux et les EHPADs, à la SNCF, sur les barrages hydrauliques, dans la 4e vague féministe, dans la solidarité avec les migrants.
Pour combattre la politique de Macron, en France comme en Europe, le PCF appelle à l’unité des forces progressistes dans la rue et à travers une plateforme et une liste issues des luttes aux élections européennes.

Parti communiste français,

Européennes : le PCF décline l'invitation du Premier ministre à participer au "comité de surveillance"

Vous trouverez ci-dessous le courrier de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, au Premier ministre Édouard Philippe concernant son invitation à participer au comité de surveillance transpartisan.

"Monsieur le Premier Ministre,

Je vous remercie de votre courrier nous invitant à désigner un représentant du Parti communiste français dans la « commission de surveillance » du processus de concertation sur l’avenir de l’Union européenne, dont votre gouvernement a pris l’initiative.
Notre parti est, par principe, très favorable à l’idée d’un débat citoyen, libre et pluraliste, tant à l’échelle de la nation qu’à celle de l’Union européenne, sur ce qui doit changer dans les politiques comme dans le fonctionnement de l’UE pour sortir par le haut de la profonde crise de confiance et de légitimité que traverse la construction européenne.
L’une des propositions emblématiques du PCF, depuis la campagne des élections présidentielles de 2012, est, au demeurant, dans cet esprit, l’organisation d’ « États généraux de la refondation de l’Union européenne ». L’expérience de démocratie citoyenne -sans équivalent à ce jour- que fut la campagne pour le « non de gauche » au projet de traité constitutionnel de 2005, que nous nous honorons d’avoir initiée, a montré ce que pouvait être la créativité politique des citoyennes et des citoyens dès lors que les moyens leur sont donnés de s’investir en connaissance de cause dans le débat sur les enjeux européens. On ne dira, d’ailleurs, jamais assez combien le mépris de la souveraineté populaire qui a suivi cet authentique débat démocratique à l’échelle de toute une société a miné la crédibilité des dirigeants politiques français et européens, en matière de « consultation » des citoyens !
C’est dans ce contexte que nous avons étudié votre proposition. Or, nous constatons que la démarche proposée comme le questionnaire envisagé sont doublement sujets à caution. D’abord, l’alternative « plus d’Europe - moins d’Europe », à laquelle vous vous référez, nous paraît biaisée, la vraie question étant, à nos yeux : « Quelle Europe ? » Ensuite, le libellé des questions suggéré -et leur ordre- ne sont pas anodins : commençant par le thème de la lutte contre le terrorisme, jugé consensuel, la liste proposée relègue à l’arrière-plan les enjeux sociaux, tout en les détachant des politiques économiques dont ils sont pourtant indissociables, et les laissent dans le flou.
La « convergence sociale et fiscale » n’a, en effet, d’intérêt que si elle est orientée vers le haut ! Quant à la question, si sensible, des services publics, elle est purement et simplement évacuée.
J’ajoute que la commission à laquelle vous nous proposez de nous associer est chargée de la seule « surveillance » du processus, non à l’élaboration de celui-ci. Oserais-je enfin rappeler que l’expérience des « consultations » menées par votre gouvernement en France-même, qui ne laisse guère de marge d’initiative aux consultés, tout comme les nouvelles règles -particulièrement inéquitables- que votre gouvernement vient d’édicter concernant l’expression des différentes formations politiques dans les media durant la campagne des prochaines élections européennes, ne sont pas de nature à lever nos préventions au sujet du déroulement effectif de votre projet de « consultations » européennes.
Dans ces conditions, nous sommes malheureusement au regret de devoir décliner votre invitation à nous joindre à ladite commission.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma considération distinguée. 

Pierre Laurent"

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