LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mercredi 24 août 2016

" Sarkozy sort du buisson ", l'édito de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour



L'Éditorial par Patrick Apel-Muller : "Le logiciel Buisson est toujours là. Exaltation d’une identité surannée, alimentation des peurs"
Le logiciel Buisson est toujours là. Exaltation d’une identité surannée, alimentation des peurs pour faire naître le besoin d’autorité, stigmatisation des populations venues de l’immigration, détestation de la démocratie sociale… Le conseiller occulte avait, on le sait, beaucoup écouté Nicolas Sarkozy, mais c’est l’ancien président qui a retenu la leçon. À peine sorti du bois, il repart aux trousses du FN. Il a même repris le slogan du groupuscule d’extrême droite les Identitaires, « Maintenant on ne recule plus ». Sa dénonciation de l’islam, assimilé à un intégrisme qu’il a souvent encouragé comme le montre notre enquête, œuvre à la dissolution de la République, réduite à des communautarismes hostiles, à des libertés enserrées de barbelés, à des citoyens de première ou de seconde classe.
Cet acharnement à diviser les milieux populaires est à ses yeux le plus sûr chemin pour accélérer la régression sociale engagée par le pouvoir actuel : suppression des 35 heures et même d’une durée légale du travail, report de la retraite à 64 ans, doublement du CICE, cette allocation pour grandes fortunes dont l’usage n’est jamais vérifié, suppression de 300 000 emplois de fonctionnaires, réduction de 100 milliards d’euros des budgets des services publics et de la fonction publique… Dans la frénésie libérale qui s’est emparée des postulants de droite, Nicolas Sarkozy tient sa place et rivalise avec Alain Juppé ou François Fillon. Il y ajoute une si forte dose de populisme sécuritaire que François Hollande l’a, sans délai, désigné comme son rival préféré. Comment mieux faire oublier le bilan calamiteux de ce quinquennat qu’en agitant l’épouvantail qui pourrait faire pire encore ? Comme si Nicolas Sarkozy n’avait pas puisé l’énergie pour faire un deuxième tour de piste dans la conversion libérale du président ou les dérives autoritaires du premier ministre ! Soyons-en sûrs, l’intérêt bien compris de l’Élysée et le choix de la saturation médiatique vont nous servir du Nicolas Sarkozy matin, midi et soir. Décidément, il est temps de changer de régime…

mardi 23 août 2016

" L'Europe de la lâcheté ", l'édito de Maurice Ulrich dans l'Humanité d'aujourd'hui


L'éditorial de Maurice Ulrich : "Angela Merkel, Matteo Renzi et François Hollande souhaitent rendre plus hermétiques les frontières de l'UE. Pendant ce temps, chaque jour en Syrie, en Méditerranée, victimes des bombes ou de la faim, meurent des enfants dont on ne verra jamais les visages."
Les images du petit Omram en sang ont fait le tour du monde la semaine passée. Sans doute n’est-ce pas vain. L’émotion de centaines de millions d’hommes et de femmes dans le monde participe, croyons-le, espérons-le, de la construction d’un monde commun, et nous revient en mémoire cette citation qui inspira Hemingway : « Nul homme n’est une île complète en soi-même. Tout homme est une part du continent, une part du tout. Et si tu entends sonner le glas, ne demande pas pour qui il sonne, il sonne pour toi. » Mais on le sait bien, l’image qui révèle la violence peut aussi masquer la réalité des chiffres : à ce jour, 4,3 millions de Syriens ont fui leur pays. 42 % d’entre eux sont en Turquie, 27 % au Liban. Combien en a accueillis la France ? Quelques dizaines.
De quoi ont discuté hier Angela Merkel, Matteo Renzi et François Hollande ? De la mise en place rapide, selon les mots de l’AFP « d’un corps européen de gardes-frontières pour renforcer les frontières externes de l’UE et les rendre plus hermétiques ». Ah oui, l’Europe est en train de bâtir un plan. Le nombre de réfugiés par pays sera décidé en fonction de divers critères comme le taux de chômage, le revenu par habitant, mais pour un objectif qui est une honte : l’accueil de 120 000 migrants supplémentaires. Pendant ce temps, chaque jour en Syrie, en Méditerranée, victimes des bombes ou de la faim, meurent des enfants dont on ne verra jamais les visages. On sait bien sûr que l’accueil ne peut suffire, qu’il faut d’autres politiques de paix, de développement que celles d’aujourd’hui, menées au nom de sordides calculs d’influence, de marchandages, au gré des flux financiers et de la spéculation mondiale.
Mais la lâcheté de l’Europe d’aujourd’hui, sa démission face à cette crise qui n’est pas celle des migrants mais une crise du monde, son refus d’affronter les replis identitaires et les extrêmes droites qui en prospèrent d’autant mieux, nous mènent à une impasse. Il nous faut aujourd’hui penser le monde et, pour paraphraser Paul Éluard, si l’écho des voix de ses enfants martyrs faiblit, nous périrons.

lundi 22 août 2016

" Le vide et le trop-plein ", l'édito de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour


L'Éditorial par Patrick Apel-Muller  « L’élection présidentielle, ce n’est pas la chasse aux Pokémon. » 
« L’élection présidentielle, ce n’est pas la chasse aux Pokémon. » Le premier secrétaire du PS n’a pas trouvé mieux pour conjurer la candidature d’Arnaud Montebourg, lancée à Frangy-en-Bresse, et un sondage qui montre l’image calamiteuse de son parti. Étrange rentrée qui voit le ministre de l’Économie vanter en Philippe de Villiers la droite la plus réactionnaire, les proches du président répéter un « ça va mieux » auquel nul ne croit, tandis que le premier ministre sort de ses vacances pour dénoncer un burkini que personne n’a vu sur la plage corse. De ce côté-là, c’est le trou noir où disparaissent les valeurs de la gauche.
Mais en France la politique a horreur du vide. Le récent mouvement contre la loi El Khomri atteste l’attachement au progrès social et la fin d’une sorte de sidération face aux trahisons des engagements du pouvoir. Les candidatures de Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche à la primaire socialiste, celle de Cécile Duflot pour EELV, la campagne de Jean-Luc Mélenchon bien sûr, la mise en route de l’ancien ministre du Redressement productif veulent toutes occuper l’espace déserté par François Hollande, « au bilan indéfendable ». Ces paroles font écho aux sentiments de l’électorat progressiste mais, chez ce dernier, c’est l’impression de trop-plein qui domine.
Comment éviter que la dispersion conduise à l’élimination de la gauche critique – et même de la gauche tout court – au second tour de l’élection présidentielle ? Comment parvenir à ce que les mots doux d’avant-scrutin deviennent des actes forts ?
Le meilleure voie pour éviter l’impasse serait de conduire avec l’opinion un débat précis sur les axes de transformation. À son tour, Arnaud Montebourg a apporté sa pierre en avançant vingt-cinq propositions. Elles seront, comme toutes celles de la gauche de progrès, au cœur du forum géant que constituera la Fête de l’Humanité, dans une douzaine de jours.

" Le vide et le trop-plein ", l'édito de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour


L'Éditorial par Patrick Apel-Muller  « L’élection présidentielle, ce n’est pas la chasse aux Pokémon. » 
« L’élection présidentielle, ce n’est pas la chasse aux Pokémon. » Le premier secrétaire du PS n’a pas trouvé mieux pour conjurer la candidature d’Arnaud Montebourg, lancée à Frangy-en-Bresse, et un sondage qui montre l’image calamiteuse de son parti. Étrange rentrée qui voit le ministre de l’Économie vanter en Philippe de Villiers la droite la plus réactionnaire, les proches du président répéter un « ça va mieux » auquel nul ne croit, tandis que le premier ministre sort de ses vacances pour dénoncer un burkini que personne n’a vu sur la plage corse. De ce côté-là, c’est le trou noir où disparaissent les valeurs de la gauche.
Mais en France la politique a horreur du vide. Le récent mouvement contre la loi El Khomri atteste l’attachement au progrès social et la fin d’une sorte de sidération face aux trahisons des engagements du pouvoir. Les candidatures de Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche à la primaire socialiste, celle de Cécile Duflot pour EELV, la campagne de Jean-Luc Mélenchon bien sûr, la mise en route de l’ancien ministre du Redressement productif veulent toutes occuper l’espace déserté par François Hollande, « au bilan indéfendable ». Ces paroles font écho aux sentiments de l’électorat progressiste mais, chez ce dernier, c’est l’impression de trop-plein qui domine.
Comment éviter que la dispersion conduise à l’élimination de la gauche critique – et même de la gauche tout court – au second tour de l’élection présidentielle ? Comment parvenir à ce que les mots doux d’avant-scrutin deviennent des actes forts ?
Le meilleure voie pour éviter l’impasse serait de conduire avec l’opinion un débat précis sur les axes de transformation. À son tour, Arnaud Montebourg a apporté sa pierre en avançant vingt-cinq propositions. Elles seront, comme toutes celles de la gauche de progrès, au cœur du forum géant que constituera la Fête de l’Humanité, dans une douzaine de jours.

vendredi 19 août 2016

" Déchéance de postérité ", l'édito de Maud Vergnol dans l'Humanité de ce jour


L'éditorial de Maud Vergnol.
« Le drame, c’est quand vous laissez la place et que vos traces sur le sable s’effacent elles-mêmes »… Figurez-vous que François Hollande a du vague à l’âme. « C’est dur, beaucoup plus dur que ce que j’avais imaginé. » Comme tous les monarques républicains en fin de règne, le président s’est prêté au jeu du livre testament, estampillé « pour la postérité », histoire de conjurer le sort d’un quinquennat dont lui-même doute de ce que l’histoire en retiendra… Aidons-le un peu.
D’abord avec cette carte postale estivale, sombre photographie d’une République délabrée, dans laquelle en moins d’une semaine les plages de Corse sont devenues le théâtre inquiétant d’affrontements communautaires, un commerçant chinois est mort sous les coups du racisme, et un camp de Roms attaqué au cocktail Molotov à Marseille. Autant de stigmates du plus grand gâchis politique de la Ve République. En 2012, François Hollande a été élu pour panser les blessures du sarkozysme, pour que Marianne embrasse de nouveau sur le front tous les citoyens. Mais, non content de ne pas avoir fait progresser l’égalité, d’avoir laissé au bord de la route les Français les plus fragiles, déroulant le tapis rouge au populisme, François Hollande porte la responsabilité d’avoir creusé un peu plus les plaies béantes du vivre-ensemble. Il l’a fait en toute conscience, laissant le soin à la droite et son extrême d’empoisonner le débat public avec des polémiques montées de toutes pièces pour diviser le pays, (le « burkini » est un cas d’école), jusqu’à l’hystérie collective qui aura conduit des députés de la nation à envisager la création d’apatrides.
Ce funeste testament est celui d’un monarque engoncé dans le fauteuil d’une Ve République agonisante, qui voudrait condamner les progressistes à rester les spectateurs malheureux d’une démocratie en apnée, dont il faudrait redouter à chaque élection la dernière convulsion. C’est le piège tendu par ce quinquennat. Et il reste peu de temps pour le déjouer. 

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