LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

vendredi 23 février 2018

« Libérez Gramsci » (Pierre Chaillan)



Un coup de com ! Dans Valeurs actuelles, Marion-Maréchal Le Pen indique participer à « une académie de sciences politiques » afin d’enraciner les thèses des « droites conservatrices », et ce en appliquant « les leçons » de Gramsci. C’est un grand classique : se réclamer de manière abusive du camp adverse en piochant dans les analyses pertinentes chez l’ennemi pour créer la confusion et en rendre inopérante la portée. Faut-il rappeler dans quelles conditions le philosophe a élaboré sa théorie de l’émancipation rapidement résumée sous l’expression d’« hégémonie culturelle » ? Le dirigeant communiste italien Antonio Gramsci a passé les onze dernières années de son existence en prison sous le régime fasciste de Mussolini. Arrêté fi 1926, le procureur déclare alors : « Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant vingt ans »…En fait, sa condamnation n’empêchera pas l’intellectuel sarde de poursuivre son œuvre. Il écrira ses « Carnets de prisons », qui renouvelle l’analyse critique du libéralisme.

C’est en marxiste que Gramsci élabore des concepts comme « hégémonie culturelle », « bloc historique », « révolution passive », « national-populaire », etc. Et ses travaux permettent si bien de se saisir des réalités du combat politique en cours et des enjeux idéologiques que nombre de courants et clubs de réflexion s’en inspirent. Il en est de l’extrême-droite dès les années 1970, récemment encore de la droite sarkozienne ou du « populisme de gauche ». Pourtant, si tous reprennent volontiers la dimension d’une bataille des idées à mener, ils semblent ignorer que le champ de la lutte des classes contre toutes les dominations avec les concepts moins mis en avant de « classe fondamentale » ou de « classes subalternes ». Gramsci restera en prison jusqu’en 1937 et sa mort. Il faut maintenant les sortir des geôles de la pense dominante et régressive pour rendre vivante son analyse de justice sociale et de dignité humaine.

« Des pâtes », le billet de Maurice Ulrich !



Invité hier matin de France Inter, le président du Sénat, Gérard Larcher, a été clair et intransigeant à propos de l’Assemblée nationale et du respect des élus de la nation : « Je pense qu’il y a des attitudes qui ont conduit à des drames dans la démocratie. » 

Non, non il ne parlait pas de Laurent Wauquiez traitant les députés de guignols mais il répondait à Nicolas Demorand qui venait d’évoquer des députés en maillot de foot, brandissant des paquets de pâtes…

Les pâtes, une arme nouvelle contre la démocratie. Comment y faire face ? Faudra-t-il installer des détecteurs de spaghettis, faire appel à des chiens renifleurs de coquillettes ? Inscrire au fronton du Palais Bourbon, pâtes attention, danger ? 

Alors sans doute, Nicolas Demorand aurait pu demander par exemple à Gérard Larcher ce qu’il pensait du rejet la veille d’une proposition de loi sur la fraude fiscale déposée par un député communiste…mais qu’est-ce que c’est, comparé aux pâtes.

« Il gèle sur la ferme France », l’éditorial de Paule Masson dans l’Humanité de ce jour !



En matière de politique agricole, Emmanuel Macron marche sur des œufs. L’an dernier il en avait un sur la tête. Il se fait fort, cette année, d’arpenter les allées du Salon  de l’agriculture en battant le record de la journée la plus longue passer à tâter le cul des vaches. Ou des poules. Face à la colère des agriculteurs, dont un tiers gagne moins de 350 euros par mois, et à la méfiance des consommateurs sur la qualité de l’alimentation, le président de la République a promis un « printemps agricole ». Pour l’heure, il gèle encore sur la ferme de France. Le « prix juste » pour les producteurs était annoncé comme « l’étape de base ». Mais la grande distribution écrase de sa puissance les négociations en cours. Au bout de la chaîne, les paysans restent les dindons de la farce.

Devant 700 jeunes agriculteurs, invités à l’Élysée pour l’occasion, le chef de l’État a piétiné le champ de toutes ses incohérences, de l’annonce d’un plan « ambition bio », quand les aides sont supprimées, à la coexistence de plusieurs modèles, quand l’étalon productiviste conduit à la malbouffe et aux scandales alimentaires. « L’industrie ou les paysans, il faut choisir », interpellent les éleveurs, mobilisés depuis plusieurs semaines contre l’accord de libre-échange qui se négocie entre l’Europe et les pays latino-américains du Mercosur. Ils posent la vraie question. Et le problème est moins de jurer que jamais « il n’y aura jamais de bœufs aux hormones en France » que d’empêcher une concurrence déloyale qui inonde le monde d’aliments low-cost et nourrit la spéculation sur les matières premières.

En matière d’alimentation, le flou n’est plus de mise. Il faut repenser un modèle durable permettant de nourrir mieux un plus grand nombre d’habitants. Contrairement à la logique de la PAC, les aides financières doivent favoriser la transition vers le développement d’une agriculture fermière, écologique, créatrice d’emplois et de bien-être social. Au pays de la gastronomie, la revendication d’un droit au bien-manger pour tous est encore un objet de lutte.

jeudi 22 février 2018

Débat sur les orientations budgétaires : Intervention de Sofia DAUVERGNE au Conseil municipal du 15/02/2018




Intervention : Sofia DAUVERGNE
Conseillère Municipale de Romainville

Madame la Maire, Chèr-e-s collègues, j'aimerais aborder tout d'abord le contexte dans lequel nous sommes appelés à nous prononcer sur le rapport d'orientation budgétaire de notre ville,
De fait, on ne peut pas débattre de l’avenir des finances et des projets d’une collectivité en abstraction de notre environnement, qu’il soit financier, politique, social, économique ou institutionnel.
C’est pourquoi, je souhaite avant d’en venir à la situation de Romainville, éclairer sur les différents enjeux auxquels nous allons être confrontés à l’avenir et exposer certains faits :
82% de la richesse créée l’an dernier dans le monde a terminé entre les mains du 1% le plus riche de la population de la planète.
Depuis 2010, la richesse de cette «élite économique» a augmenté en moyenne de 13% par année, avec un pic atteint entre mars 2016 et mars 2017, période où «s’est produit la plus grande augmentation de l’histoire en nombre de personnes dont la fortune dépasse le milliard de dollars, au rythme d’un nouveau milliardaire tous les deux jours»
En France la fortune totale des milliardaires a bondi de 21 % par rapport à 2016, s’élevant désormais à 245 milliards de dollars, selon le magazine Forbes.
La fortune cumulée des 10 Français les plus riches a progressé de 1 100 %, selon des chiffres publiés par Le Parisien en 2017 passant de 20 milliards en 1996 à 245 milliards en 2017.
Nous possédons donc la preuve chiffrée que, dans notre pays, les « ultra-riches » prospèrent.
Cette richesse insolente n’est pas suffisante comme en atteste le dernier scandale finançier des Paradise Papers ou l’affaire Lactalis un système hyper-productiviste visant le profit, toujours plus de profit, est devenu le plus bel exemple qu’écologie et social ne font aujourd’hui qu’un.
Ou encore la suppression de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune) 3,2 milliard d'euros de cadeau au 300 000 ménage les + fortunés,
Voilà où est l’argent qui manque aux budgets publics, aux salaires, aux cotisations sociales. Et que fait le gouvernement ?
Il précarise l’emploi et facilite le licenciement avec les ordonnances Macron,
Il pique 5 euros par APL, dans la poche de ceux qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois.
Il offre 4,6 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches et il prend dans la poche des retraités via la CSG. 
La modernité d’Emmanuel Macron c’est la version colorisée des vieux scénarios d’exploitation au service de la finance.
Et çà se verra de plus en plus. Son projet de loi des finances 2018 a été fait pour les riches et au  service de la casse du modèle social français.
Et au détriment de l’intérêt général par le biais de montages financiers obscurs, le gouvernement demande aux collectivités de diminuer leurs dépenses de fonctionnement et d’investissement et finalement d’affaiblir le service public. Elles se verraient privées de près de 25 milliards d'euros en moins de 10 ans.
C’est une honte. Les baisses de dotations que nous subissons depuis des années étouffent la gestion des collectivités au service de l’intérêt général,
À titre d’illustration, un rapport d’une commission d’enquête sénatoriale avance le chiffre de 60 milliards par an, pour évaluer le coût de l’évasion fiscale sur les finances publiques. 
C'est pour cette raison que nous ne partageons pas l'analyse du rapport présenté ce soir qui fait un constat positif des mesures gouvernementales, il atteste même  de l'accélération des créations d'emploi dans un contexte macro-économique favorable.
Face à ce monde, à cette société, notre collectivité, n’est pas un territoire isolé, épargné par les conséquences des politiques publiques, bien au contraire.
On sait que la population de notre ville est touchée fortement par le chômage 19, 5% et notamment les jeunes  34% que cette courbe ne fléchit pas, en sachant que les taux de chômage publiés aujourd'hui exclut les jeunes en recherche de leur 1er emploi et les chômeurs de longue durée.
D’autres mauvais coups se préparent en coulisse. Comme par exemple, l'avenir du Grand Paris. Une région métropole, la suppression des départements de la petite couronne parisienne, des communes devenues des coquilles vides.
Le président Macron nous prépare sa métropole des riches. Ce sujet n’est pas une affaire institutionnelle, réservée aux élus et aux spécialistes.

L'Action des élus départementaux « la journée sans départements » du 7 février a permis d'alerter les habitants sur le risque de leur disparition et sur les conséquences  de la recentralisation des pouvoirs. 
Et c’est de nouveau le service public qui se trouverait gravement atteint si une telle décision était prise,
Par conséquent, si nous exprimons notre inquiétude quant aux évolutions territoriales à venir, c’est parce qu’il existe un contexte politique où la tendance est celle du « big is beautiful », c’est-à-dire, tout ce qui est grand est magnifique,  des grandes régions et des grandes intercommunalités, probablement élus, un jour, au suffrage universel direct.
Nous voyons donc bien que la commune et que le département,  sont menacés par ce dogme, comme le nez au milieu de la figure. Il faut tout faire pour l’éviter.
Les conséquences des politiques nationales ne s’arrêtent pas aux portes de Romainville. Les dotations n'ont jamais été aussi incertaines qu'aujourd'hui.
Au nom de la poursuite de la maîtrise des dépenses publiques, les victimes restent les populations et les agents du service public.
Le budget 2018 de la ville de Romainville est dans la continuité des autres.
Aucune augmentation sur la section de fonctionnement, alors que des classes supplémentaires et des équipements sont construits ou vont l'être. Que nous avons des difficultés à faire face aux intempéries, inondations, neiges,,,,
C'est l'occasion pour nous  de souligner le dévouement des agents des services publics qui se dépensent sans compter mais chacun sent bien que de cure d'austérité en cure d'austérité, les reculs des services publics dans notre pays affectent nos capacités à faire face aux fléaux des intempéries.
Comment accéder aux hôpitaux, aux écoles aux entreprises lorsque les voies deviennent impraticables ? Les services de transports à l'arrêt ?
Le réchauffement climatique génère des dérèglements climatiques qu'il va falloir aussi intégrer dans les politiques de préventions à mettre en place.
L'autofinancement reste très élevé pour un budget d'investissement sous perfusion d'emprunt depuis  plus de 10 ans.
En ce qui concerne les recettes, nous survivons par les dotations et les subventions contractuelles grâce à notre titre de ville pauvre, Plus de 50% des Romainvillois ne sont pas assujettis à l'impôt.
Au lieu d'engager une réforme d'ampleur qui aurait rendu la Taxe d'habitation plus juste pour les ménages. La mesure du dégrèvement progressif de la taxe d'habitation  par le gouvernement pour 80% des ménages reste une proposition électorale qui ne fait que signer la fin des départements et des communes.
Une attaque en règle contre la libre décision des élus locaux,
Si aucune recette ne rentre comment répondre aux attentes des agents, aux besoins des habitants, à la création, aux associations ??
Il est indispensables de relancer de la dépense publique pour développer tous les services publics : promouvoir un statut des fonctionnaires rénové au lieu d’en réduire le nombre (120 000 en 5 ans), sécuriser l’emploi et le progrès des qualifications pour tous avec un nouveau rôle pour la formation, d'utiliser les fonds publics comme levier d’une nouvelle orientation du crédit bancaire.
Il faut Mettre fin à la prédation de la finance avec une réforme profonde de la fiscalité des entreprises. Elle passe par un impôt sur les sociétés modulé selon des critères sociaux et environnementaux, un impôt local sur leur capital, un ISF modulé intégrant les biens professionnels.
Il faut œuvrer à la liberté d’administration des collectivités territoriales

Il est temps de  réinvestir dans le développement des capacités humaines, reconquérir le pouvoir de décider dans sa ville, voilà comment, selon nous, il convient d’agir pour résister et s'engager vers de nouvelles audaces sociales et démocratiques pour tous les romainvillois,

L’AMENAGEMENT DE LA DALLE DE LA COUVERTURE DE L’A3 (François ANDRE)



NOUS PUBLIONS CE TEXTE QUE NOUS A FAIT PARVENIR FRANCOIS ANDRE

"En 1969, était inauguré le tronçon de l’autoroute A 3, reliant la porte de Bagnolet, à Rosny. Sa configuration en tranchée a eu pour effet d’isoler un secteur de notre ville qui déjà souffrait d’un morcellement compliqué, du fait de la topographie du terrain ( lien entre le centre et les’’ bas pays’’). Ce fut le début d’une demande incessante de nos élus pour que l’ouvrage soit couvert. Un premier tronçon le fut au droit de Bagnolet et ce n’est qu’en 2010 qu’une partie fut couverte sur Romainville.

Les élus crièrent victoire. Enfin c’était la fin de cette horrible saignée qui coupait la ville en deux. Déjà à l’époque, la communication venant des élus étant des plus sommaires, nombreux étaient les Romainvillois qui avaient imaginé qu’ils ne verraient, ni n’entendraient plus les véhicules et que leur ville pourrait vivre tranquillement comme avant ‘’la grande fracture ‘’. Malheureusement, le tronçon couvert ne s’étendait que sur 220 m. C’était déjà pas mal, en tout cas moins que rien.

Notre Maire, heureuse de cette victoire, nous promettait des aménagements mirobolants. Sept ans après, c’est-à-dire aujourd’hui, l’emprise des talus a été achetée par la Ville à l’Etat et cédée aux promoteurs pour bien évidemment bétonner un max. Heureusement que la dalle n’est pas conçue pour être constructible ! Son aménagement restait à la charge de notre ville.

A ce jour, côté Jean Lemoine. Tout est bâti et l’aménagement ludique  de la dalle est en voie d’être terminé. Ce qui est fort intriguant, est que côté Route de Montreuil, au ras de la dalle a été réalisé un mur en bois, qui de par sa conception, s’apparente difficilement à une palissade provisoire en attente de travaux futurs. Certains habitants de la cité Charles de Gaulle se sont légitimement  offusqués, se demandant si l’aménagement de la dalle n’était pas réservé aux seuls habitants du secteur Jean Lemoine. Voulait-on les isoler des immeubles vendus en accession à la propriété, eux les mal nantis? Une fois de plus la cohésion sociale à la mode Valls écartait les acquéreurs de biens immobiliers, des habitants des cités HLM (la cité C de Gaulle conservant le même nombre d’habitants, malgré la démolition de deux tours).

N’est-il pas étonnant  Monsieur l’Architecte que le bâtiment le plus haut (11 étages) ait été implanté en bordure immédiate du pont P.Kérautret, avec une vue imprenable sur l’autoroute. De celui-ci,  on profitera au maximum de toutes les nuisances ! Je suppose que cet immeuble sera réservé prioritairement aux habitants de l’OPHLM).

Madame le Maire, pour le bétonnage du quartier encore BRAVO ! Expliquez-vous, dites-nous pour une fois la vérité, le mur de la honte n’est pas définitif. Aurait-il été payé par les promoteurs afin de mieux commercialiser l’opération Jean Lemoine ? Est-il acceptable de construire des immeubles donnant directement sur l’autoroute extrêmement fréquenté" ?


 François  ANDRE                                        Février 2017


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