LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 23 novembre 2017

" Rudevalois papers..." Ou le bradage du ministère de la culture ", une déclaration du PCF !


                          

En pleine discussion au Parlement de la loi de finance pour 2018, au chapitre culture et audiovisuel public, une bombe à retardement explose : trente et une pages d'un « document de synthèse » confidentiel destiné à nourrir le « plan de refondation » lancé par le Premier Ministre Édouard Philippe le 13 octobre dernier : CAP 2022. Après Emmanuel Macron, Christophe Castaner et Muriel Pénicaud, c'est au tour de Françoise Nyssen de brandir des menaces faisant fi de la protection des sources des journalistes dont elle est pourtant garante par sa fonction. Décidément ce pouvoir a un problème avec la liberté de la presse.
Ce rapport est une rupture totale et de grande envergure avec les politiques publiques même mises à mal. Il préconise externalisation, rentabilisation, stagnation et reculs budgétaire, transformation d'agents du public en agents du privé…. C'est la donnée économique qui domine, le politique est réduit à la finance et les politiques culturelles deviennent des politiques marchandes. Que ce soit dans les musées ou les lieux du spectacle vivant il est préconisé une forte incitation à la baisse des ambitions culturelles sous couvert d'une rotation plus rapide et d'une réponse mieux adaptée aux attentes supposées du public. Lorsqu'il n'y a plus de place pour l'imaginaire humain, pour le désir, pour la découverte de l'inconnu, c'est la démocratie qui est menacée.
Madame Nyssen a beau jeu de prétendre n'avoir pas « validé » cette note. Quoi qu'il en soit, validé ou pas, ce document élaboré dans le secret des cabinets ministériels sans aucune concertation avec les organisations syndicales, les créateurs, les actrices et acteurs culturels est une insulte à la démocratie. Et quoiqu'en dise la ministre, il connaît déjà un commencement d'application, puisque l'audiovisuel public subira dès 2018 une coupe budgétaire de l'ordre de 50 millions d'euros et y perdra plusieurs centaines d'emplois.
Les experts du Ministère de la Culture ont été zélés : administration centrale, champ muséal, aides à la création, politique des archives et l'audio-visuel de service public ont été passés au crible de l'ultralibéralisme dont les mots-clés sont mutualisation, rationalisation, reconfigurations, gouvernance, efficacité, synergies… mots glissants dont la principale fonction est de faire des économies, de réduire les assiettes et les effectifs. Comme le disait sur France-Inter la réactive Charline Vanhoenacker : « Un gouvernement qui veut dégager des synergies, c'est qu'il veut dégager des personnels… ».
L'argumentaire s'articule autour de trois motivations :
  • « La montée en puissance des collectivités territoriales, qui investissent davantage dans l'animation de la vie culturelle locale ». S'il est vrai que les collectivités locales, tous échelons confondus, jouent et ont joué un rôle déterminant, la réduction des crédits et la baisse des dotations mettent ces collectivités face à des choix cornéliens : social ou culture ou éducation...
  • « L'affirmation d'une autonomie croissante de ses opérateurs, notamment les grands établissements publics, porteurs de politiques publiques nationales ». Ces établissements (grands musées, théâtres nationaux, etc.) disposent d'une autonomie mais le désengagement de l'État depuis presque deux décennies, les oblige à rechercher d'autres financements (recettes propres, mécénat, privatisations…). C'est cela que le document veut pérenniser et aller plus loin dans la marchandisation de la culture et la privatisation d'une part des emplois par la sous-traitance.
  • « La transition numérique, avec ses effets sur les industries culturelles, dans un monde ouvert et concurrentiel dont la régulation s'inscrit dans un cadre européen ». Le ministère de la culture doit céder la place à un « ministère de l'économie et des industries culturelles », à l'instar de ce que préconisait Olivier Henrard, Conseiller de Nicolas Sarkozy, dès octobre 2010 … Nous y voilà.
Il s'agit donc de recadrer tout ce qui relève des missions traditionnelles du ministère de la culture (création, spectacles, livre, musées, patrimoine, archives…) avec toujours le même argument : les économies budgétaires. Pour cela c'est la sous-traitance au privé, le désengagement vers les collectivités locales, le recentrage de l'administration sur les industries culturelles, la concurrence et la « compétitivité », autant de préconisations qui traduisent parfaitement l'ambition libérale et technocratique.
Les personnels du Ministère de la culture, comme l'ensemble des acteurs culturels et des forces syndicales de notre pays ne s'y sont pas trompés. Ils parlent d'une entreprise de dépeçage du service public de la culture et de l'audiovisuel, de ses structures, de ses établissements, de ses services centraux ou déconcentrés qui est engagée. Il s'agit aussi de rendre les aides à la création plus « sélectives », au prétexte qu'il y aurait trop de spectacles, trop de projets, trop de créations…
Si les « préconisations » de cette note devaient voir le jour, cela amènerait les politiques culturelles publiques à une régression sans précédent sur le lit de la marchandisation de l'humain, déjà amorcée dans les deux quinquennats antérieurs.
On sait la place minime qui fut celle de la culture dans la dernière campagne présidentielle, et notamment le laconisme du programme électoral de l'actuel président de la République. Sans doute notre responsabilité collective est-elle engagée ; sans doute payons-nous la sous-estimation de cette question par les forces politiques de la gauche de transformation du pays. Le Parti communiste, propose une politique culturelle alternative à celle que l'ultralibéralisme tente de nous imposer depuis ces dernières années, mais force est de constater qu'elle reste très peu connue. Nous ne pouvons nous en satisfaire.
Retrouvons notre capacité de combat. Mobilisons-nous tous pour défendre les conquêtes de la Libération et des années qui ont suivies en matière de politiques culturelles publiques. Mais cela ne suffira pas. Des enjeux nouveaux surgissent. La révolution numérique, entre aliénation et émancipation, bouleverse le rapport au travail en général, artistique en particulier, mais nous devons lutter contre l’emprise financière mondialsée des GAFA. La fin du 20 siècle a vu une considérable expansion de la décentralisation, et une importante montée en puissance des collectivités locales dans le champ culturel. Mais les récentes réformes institutionnelles, redécoupage régional, remise en cause des départements, « métropolisation », ainsi que l'étranglement des budgets des collectivités suite aux transferts de charges, conjugués aux baisses des dotations, ont dangereusement fragilisé la capacité d'intervention des collectivités.
Mobilisons-nous aussi pour de nouvelles avancées. Nous pensons la création artistique et l'éducation populaire comme condition de l'émancipation! Il s'agit de libérer l'imaginaire pour nous libérer des aliénations que nous impose le système dominant et ouvrir la voie à une alternative de progrès. Portons pour cela un nouveau rapport entre l'art, la culture, la démocratie et la politique, entre les créations et l'éducation artistique, entre les œuvres, les artistes et l'éducation populaire. Ouvrons une nouvelle ère où l'universalité intégrerait la diversité culturelle du monde. Portons l'ambition de refonder un nouveau service public de l'art, de la culture et de l'éducation populaire pour en faire un véritable bien commun. Remettons nous au travail !
Pour notre part nous avons décidé de fonder un Réseau national et décentralisé pour l'art, la culture et l'éducation populaire afin de préparer une Convention nationale qui se tiendra fin septembre 2018 ouverte à tous ceux et toutes celles qui veulent mener avec nous ce combat décisif pour l'avenir.

" Mot à mot ", l'éditorial de Maurice Ulriuch dans l'Humanité de ce jour !


«  On a beau ne rien leur donner, ces bougres-là en demandent toujours plus », aurait dit un riche bourgeois ou peut-être un aristocrate du grand siècle à propos des gens du peuple. Agnès Buzyn, la ministre de la santé, l’a bien compris, stoppant net la soif de luxe effrénée des Français attendant le remboursement à cent pour cent des frais d’optique promis par Emmanuel Macron… « On n’est pas là pour offrir des montures Chanel à tout le monde. » Et les chômeurs, donc, Christophe Castaner a été clair la semaine passée. C’est fini, les cocotiers, le champagne qui coule à flots : « La liberté, ce n’est pas de se dire que finalement je vais bénéficier des allocations chômage pour partir en vacances. »

Le langage du macronisme fait tache d’huile. Fainéants, illettrés, alcooliques, on en oublie désormais. C’est une vision du monde, un mépris de classe partagé par la caste au pouvoir. Les égards vont aux riches, à ceux qui réussissent. La violence des mots va à ceux « qui ne sont rien ». Le président des riches ne l’est pas seulement dans ses choix économiques et fiscaux. Il l’est structurellement, idéologiquement. Et que dire à propos de cette femme immigrée, marocaine, visitant les restos du cœur, il assène brutalement qu’elle doit rentrer chez elle, alors même que ses parents vivent en France. Combien de temps faudra-t-il supporter ces insultes, cette morgue d’Ancien régime ?


Mais il ne s’agit pas que de cela. Ces mots sont un projet politique. « Le progrès social, c’est celui qu’on peut se payer soi-même », disait la semaine dernière Emmanuel Macron en banlieue, comme en écho à cette autre phrase quelques jours auparavant : « La protection sociale doit désormais se fonder sur l’individu. » Ce projet, c’est celui d’une atomisation des solidarités collectives, fondées sur la partage, la reconnaissance de l’autre comme un soi-même. La macronisme distille mot à mot une « philosophie » de chacun pour soi, inégalitaire, destructrice du lien social. À la régression sociale s’ajoute une régression de la pensée.

mercredi 22 novembre 2017

" Les chantiers du communisme du 21e siècle " (Olivier Mayer)


L’assemblée nationale des animatrices et animateurs des sections locales du Parti communiste français ne déparait pas samedi dernier de la Cité des sciences de Paris, un lieu plutôt tourné vers le futur. Le futur et tout ce qui se porte à la pointe du progrès.

934 animateurs s’y sont réunis, d’abord pour écouter l’introduction de Pierre Laurent, puis pour travailler, répartis dans 91 « ruches ». Le numérique et les nouvelles technologies ouvrent à la démocratie des champs inégalés. Toutes les ruches transmettaient en direct les résultats de leurs débats à la commission chargée de les synthétiser et de les prendre en compte pour la rédaction finale de le « feuille de route » qui prépare le congrès extraordinaire de 2018. Une feuille de route approuvée après débat en séance plénière par près de 72,8% des participants.

Dans un paysage mondial et politique bouleversé, les communistes se donnent le temps et la méthode pour tenir à l’automne 2018 leur congrès. Oui, pour être extraordinaire, devra apporter réponses à une attente qui monte dans les soubresauts du moment : l’heure est à concevoir et engager le processus d’une nouvelle civilisation. Ces réponses ne peuvent être que neuves, tant les enjeux auxquels l’humanité est confrontée sont interdits.

On dit que l’appétit vient en mangeant et il s’est aiguisé dans la consultation qui a vu 13843 communistes répondre au questionnaire qui préparait l’assemblée et plusieurs milliers supplémentaires participer à des réunions en bas. Lutte contre les inégalités, révolution au travail, révolution numérique, écologie, lutte pour un monde de paix, démocratie, tiennent le haut du pavé des défis auxquels les communistes veulent se consacrer. Et dans le débat, le féminisme, la lutte contre le racisme y font une irruption remarquable comme identifiants du combat communiste. A tous ces enjeux, les communistes sont appelés à concevoir des réponses neuves. Dans ces réponses doivent émerger une nouvelle démarche communiste de rassemblement et les traits d’un parti communiste transformé.

Il faudra, pour y parvenir, un travail intense de réflexion, et il est fait appel à l’intelligence et l’expérience des dizaines de milliers de communistes, mais aussi de tous les « experts du quotidien », syndicalistes, militants des associations, comme des chercheurs, femmes et hommes de culture…
Mais la seule réflexion n’y suffira pas, elle devra se nourrir de toute une expérimentation concrète. La volonté des communistes d’animer la contestation dans tous les domaines de la politique Macron en fournit la matière. La préparation d’États généraux du progrès social à Paris et le lancement d’une plateforme de rassemblement alternative à la politique du Président de la République, se veut un carrefour de convergence de toutes les luttes. La feuille de route adoptée samedi liste également une série d’initiatives d’envergure, qui feront à la fois actions concrètes, luttes politiques et champs nouveaux d’expérimentations.


« Rien n’est simple et tout est possible », la formule de Pierre Laurent fixe l’ambition d’un congrès où les communistes sont invités à réinventer leur combat et leur parti.

" Fantômes", le billet de Gérard Streiff !



Samedi dernier se tenaient deux rencontres politiques significatives. Celle du parti de Macron et celle du PCF. Le « Journal du Dimanche », qui exerce un quasi-monopole le jour du Seigneur, consacrait dimanche six pages politiques sur sept [la une comprise] au parti de Macron. On comprenait vite à la lecture qu’il ne s’y était rigoureusement rien passé. Citations : c’est un parti « fantôme », un « objet politique non identifié » ; on sait pas bien « à quoi il sert » ; c’est un « écran de fumée », un « ventre mou », un « maillon faible », un « parti qui s’est vidé » où 10% des inscrits seraient « actifs » et où « il y a clairement de la démotivation », du « verrouillage », où « les militants ont un peu l’impression de ne pas avoir leur mot à dire », etc.,etc. 

Bref, les bobos de Macron, le-patron-qui-décide-tout, ont brassé du vent à leur petite sauterie. Et les journalistes aussi. N’empêche. Le JDD consacre à ces foutaises 6 pages sur 7. Sur les 900 communistes réunis à Paris pour préparer leur congrès, rien ! Zéro ! Oualou macache ! La censure est totale. Une vraie canaillerie. Le JDD va nous dire, faux-cul ; pardon, pardon, mais on a fait une quart de page sur les Insoumis qui prépareraient quelque chose pour la semaine prochaine…Çà fout la rage, ce mépris, cette désinvolture. JDD, encore un effort et vous serez bientôt aussi bons que « La Pravda » de Brejnev.    

" L'Europe de la City ou de la cité de l'Europe ", l'éditorial de Pierre Chaillan dans l'Humanité de ce jour !


Ça y est. L’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) a été définitivement vidé de sa fonction redistributrice , il sera remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Ce n’est qu’un symbole puisque le manque à gagner est de près de 3,2 milliards d’euros ! Et ce n’est pas tout…Soumis au vote de l’Assemblée nationale en première lecture, le budget 2018 est « medefiquement » correct. Baisses multiples de cotisations sociales pour le patronat, augmentation de la CSG pour les salariés et les retraités, attaque massive des lieux et des acteurs culturels, coupes claires dans les aides publiques au logement, pour les associations et les contrats aidés, etc.

Pour tenir ses « engagements européens » du déficit public des 3% (prétexte toujours facile pour les décideurs politiques du respect des recommandations de la commission européenne et son carcan ultralibéral), le gouvernement veut réaliser 15 milliards d’euros d’économies. Sept seront ponctionnés sur le périmètre de l’État, et…cinq sur la sécurité sociale ! Trois milliards seront réclamés aux collectivités locales, via un « contrat », sans compter les pertes de la suppression de la taxe d’habitation.


Ces choix budgétaires sont humainement insupportables ! Ils se traduiront par davantage d’inégalités sociales, de précarité et de chômage. Après avoir laminé l’industrie, les politiques austéritaires poursuivies en donnant la conduite de la politique industrielle aux cercles financiers doivent être combattues. Plutôt que de se féliciter du déménagement de l’Autorité bancaire européenne de la City à Paris, institution de surveillance au service de la doxa capitalistes et des actionnaires, la France en recherchant des alliances avec le Portugal ou la Grèce, doit favoriser des politiques répondant aux enjeux sociaux et environnementaux avec la création d’un fonds de développement, une harmonisation sociale et fiscale et être à l’initiative d’une taxation effective sur les transactions financières et dans la lutte contre la fraude fiscale.

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